Bonsoir !
Après des mois d'absence, voici un nouveau chapitre. Son écriture a été tumultueuse, j'espère qu'il vous plaira.
L'inspiration est de nouveau là, j'espère ne pas la quitter!
Tous vos commentaires sont les bienvenus, j'ai hâte d'avoir des retours :)
A très bientôt !
Deeks n'était pas si doué que ça pour les relations sociales. Faire le clown, il savait. Mais quand il avait compris qu'avoir une partenaire, ce n'était pas que couvrir quelqu'un, il a presque eu peur. Et c'était contenté de faire comme d'habitude. Mais ce qui s'était passé aujourd'hui changeait tout. Il avait eu peur pour elle. Il s'était surpris à tout tenter.
Il regarda la jeune femme qui se tenait devant lui. Elle était méconnaissable, les traits tirés par l'angoisse. Ses yeux traduisaient ce que jamais elle ne pourrait raconter.
Il était arrivé jusqu'ici sans trop savoir comment. Il avait senti qu'il devait faire quelque chose. Qu'elle en avait besoin, même si elle ne l'avouerait jamais. Il avait eu cet élan inexplicable de protection. C'était quelque chose qu'il se refusait d'analyser, par lâcheté.
- Je sais, il est tard...
Après quelques secondes de flottement où chacun observait l'autre, et pour seule réponse, elle se décala pour le laisser entrer. Dans l'entrée, un meuble réceptionnait clefs et monnaie. Les chaussures qu'elle portait ce jour-là étaient jetées dans le couloir. Ils se dirigèrent vers le canapé en silence. Une fois assise, elle se retourna rapidement vers lui.
- Une bière, ça te dit ?
Sans lui laisser le temps d'ébaucher une réponse entière, elle se leva. En entrant dans la cuisine, elle se passa la main sur le visage, puis soupira en ouvrant le frigo. Elle ne se doutait pas un instant que Deeks faisait exactement la même chose, en s'appuyant sur le dossier du canapé.
Reprenant une certaine assurance, elle commença à parler en sortant de la cuisine.
- Quand j'ai entendu la sonnette, je m'attendais à une catastrophe. Je n'imaginais pas que ça pourrait être pire !
En s'asseyant sur le canapé, elle s'en voulut d'être aussi sur la défensive. Le rire tonitruant de Deeks envahit la pièce pendant qu'il décapsulait les deux bières.
- J'étais sûr que j'allais avoir droit à un truc dans ce genre.
Il lui tendit une des deux bouteilles en lui souriant. L'atmosphère était presque pesante. Deeks parvenait toujours à apporter une légèreté saugrenue dans des situations extrêmes. Mais là, il n'avait pas les mots. Ni l'envie. La jeune femme le regarda, puis détourna la tête. Son regard accrocha les motifs du tapis.
- Je sais pourquoi tu es là.
Elle se retourna vers lui. Une angoisse étrange lui torturait l'estomac. Elle détourna de nouveau la tête, puis débita d'une voix se voulant assurée.
- Il n'y a rien à dire. Je n'ai pas besoin de dire quoique ce soit. Je suis forte. Et professionnelle. Tout ça arrive parfois.
Elle plongea son regard dans le sien.
- Ça arrive. Et je vais bien.
Presque gênée, elle détourna la tête, puis porta la bouteille de bière à ses lèvres. Le liquide frais parcourut sa gorge, un frisson électrique anima son dos. Deeks posa ses yeux sur elle, puis murmura presque tendrement.
- Ça arrive. Mais tu ne vas pas bien.
A court d'arguments, Kensi se contenta de le regarder brièvement. Décontenancé par le mutisme de sa co-équipière, Deeks prit sur lui. Il laissa son regard se fixer sur les mains de la jeune felle.
- Il faut que tu arrêtes ça. Que tu arrêtes de nous faire croire, de me faire croire, que tout va bien. Tu essaies de te persuader que tu ne ressens rien, mais ça ne marche pas. Tu n'es pas vide, Kensi. C'est peut-être malgré toi. Je sais que tu as les larmes aux yeux, dans certaines situations merdiques, je sais que tu as déjà eu mal.
Kensi se mordait les lèvres, fixant ses doigts s'agitant sur le goulot de la bouteille. Quasi brusquement, elle le regarda. Sans prévenir, un torrent de larmes se déversa sur ses joues. Deeks l'attira contre son épaule.
- Allez..
Souriant à travers ses larmes, la jeune femme pressa un peu sa tête contre lui et l'avertit :
- Un seul mot sur ça demain et je te tue.
Tout en lui caressant amicalement le dos, il murmura en souriant :
- Je te fais confiance pour ça...
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Ce soir-là, ils se moquèrent des implants capillaires du présentateur d'une émission de jardinage. Les remarques de son partenaire faisaient rire Kensi Blye aux éclats. Elle était presque détendue, les pieds sur la table basse. Elle agitait ses orteils vernis en rouge, buvait de petites gorgées de bière. Cette ambiance bon enfant était le meilleur moyen pour éviter de dire les choses capitales, ces choses qui vous percutent quand le danger est là. Chacun le savait. Se dire je tiens à toi, ces quelques mots qui lient une vie à une autre, il en était hors de question. Il ne s'agit pas de mentir. Mais de ne rien dire, de rire, de se charrier. En somme, de montrer à l'autre combien on a peur.
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En le raccompagnant à la porte, Kensi mesura combien le silence était déjà en train de reprendre ses droits. Sur le perron, Deeks se retourna.
- Ne fais rien de stupide, du style manger cinq muffins en dix minutes.
Kensi le regarda, faisant mine d'être outrée.
- C'est une façon très saine de compenser !
Elle leva les yeux au ciel, un sourire au coin des lèvres. Deeks fit demi-tour en riant, descendit les escaliers.
- On parle de muffins, Kensi !
Il devinait sa mine mi-réjouie, mi-exaspérée. Tous deux aimaient leurs joutes verbales, même si ils préféraient mourir que de l'avouer à quiconque.
Une fois la porte fermée, Kensi sentit de nouveau son cœur se serrer. Elle se glissa dans son lit, sachant pertinemment qu'elle allait dormir d'un sommeil fiévreux et agité. Alors qu'elle regardait le plafond depuis plus d'une demi-heure, son portable vibra. Après avoir sélectionné le texto de Deeks, elle lut, surprise et émue :
Je ne te laisserai pas.
