Résumé des chapitres précédents:
Treize ans après que son frère Itachi ait tué leurs parents, Sasuke entre en lettres modernes à l'Université de Konoha et se dispute dès la rentrée avec Naruto. Celui-ci se fait réprimander par Sakura et Tenten. Ino, en rentrant du bar où elle travaille comme serveuse, manque de se faire violer mais est sauvée par un mystérieux jeune homme... qui se révèle être dans sa classe! Quand à Neji et Hinata, les relations entre eux sont froides, chacun des deux voyant ses rêves brisés, Neji héritant de la maison d'édition familiale à la place d'Hinata.
Elle s'efforçait de ne pas le regarder, parfaitement consciente de son regard insistant posé sur elle. Une semaine qu'il venait ici chaque soir, pour prendre l'un de ces immondes cafés que Kyo, le barman, avait l'habitude de servir. Pourtant Ino savait qu'il n'appartenait pas à son monde. La coupe élégante de sa chemise noire tranchait fortement avec tous les T Shirt maculés de poussière des autres clients, son port de tête imposait le respect, son teint de porcelaine, sans imperfection, ses mains soigneusement manucurées montraient qu'il ne travaillait pas en plein air, comme la majorité des hommes qui venaient ici.
Mais il était là, tous les soirs, assis à la même table sale, sur les mêmes sièges en faux cuir déchirés. Soit il la suivait depuis l'université, soit il rejoignait le bar avant ou après elle lorsque leurs cours différaient. Quand elle finissait son service, il la raccompagnait chez elle, la laissant toutefois sur le pas de la porte. Jamais il n'avait tenté d'entrer chez elle, et elle ne lui avait jamais proposé. Autant éviter les questions de Natsuko.
Aucun d'eux ne pipait mots lors du trajet. Sauf la première fois où elle l'avait remercié de lui être venu en aide. Il s'était contenté de hocher la tête, comme pour signifier que ce n'était rien, son éternel sourire aux lèvres. Ino se demandait souvent comment il faisait pour ne pas s'en départir. La veille, un client avait renversé sa choppe de bière sur le pantalon probablement hors de prix de l'étudiant, mais ce dernier n'avait pas cessé de sourire. Même lorsque le type, bien éméché, avait commencé à lui hurler dessus. Le brun s'était contenté de lui répondre calmement et froidement afin éviter un esclandre, tandis que l'autre, effrayé par une curieuse lueur dans les yeux de son vis-à-vis avait préféré rebrousser chemin.
Ce soir-là, Ino finit son service plus tôt que prévu.
- Merci pour votre travail, s'exclama-t-elle avant de quitter l'établissement.
Comme elle s'y attendait, elle trouva Sai près de la porte de derrière, adossé contre mur. Elle lui adressa un petit sourire et ils se mirent en route. Ils marchèrent côte à côte pendant quelques minutes, seul le bruit de leurs pas sur le trottoir rompant le silence. Puis:
- En fait Sai...
- Hn?
- Tu n'as dit à personne ce qu'il s'était passé la dernière fois?
Voila ce qui inquiétait la jeune femme depuis qu'elle avait constaté que Sai, celui qui avait mis en déroute les types qui avaient voulu la violer aussi facilement, était dans sa classe. Elle ne voulait surtout pas que les autres apprennent ce qu'il s'était passé, désirait garder pour elle la précarité de sa situation sociale. Même si elle était pauvre et devait lutter pour joindre les deux bouts, Ino restait superficielle et refusait que cela se voit. Aussi avait-elle eut peur que Sai révèle à tout le monde qu'elle habitait en réalité dans l'un des quartiers les plus mal famés de Konoha. Bien sûr, il ne s'agissait là que d'orgueil, mais c'était bien là tout ce qui lui restait.
Aussi fut-elle rassurée lorsqu'il secoua la tête en signe de dénégation.
- Merci, souffla Ino.
Le silence se réinstalla entre eux, mais la jeune femme n'osa pas le briser. Il se dégageait de Sai un elle-ne-savait-quoi de rassurant, qui l'incitait à se taire et à profiter simplement du temps passer avec lui. En réalité, ça ne la dérangeait pas que Sai l'accompagne partout, bien au contraire. Toutefois...
- Pourquoi fais-tu tout ça?demanda-t-elle soudain.
- Tout ça quoi?
- Me raccompagner après le travail, veiller à ce que je n'ai pas de problème pendant mon service.
Sai détourna le regard, s'assombrissant soudainement.
- Parce que j'en ai envie, finit-il par répondre simplement , son faux-sourire réapparaissant sur ses lèvres.
La blonde comprit qu'elle ne saurait rien de plus. Du moins pour l'instant. Une fois de plus, Sai laissa la jeune femme au pied de son immeuble. Lorsqu'elle ouvrit la porte de son appartement, le son de la télévision émanait du salon. Elle s'y rendit et trouva Natsuko assise sur le canapé, les genoux ramenés contre sa poitrine.
- Tu n'es pas encore couchée?
- Je n'arrivais pas à dormir.
Ino s'assit à côté de sa petite sœur et se tourna vers l'écran. En quelques secondes, elle reconnutComme Cendrillondans le film que regardait l'adolescente. Elle s'installa plus confortablement dans le canapé et sourit lorsque Natsuko vint se blottir contre elle. Bientôt, la respiration de la cadette se fit plus calme, plus profonde, tandis que ses paupières papillonèrent. Elle finit par s'endormir dans les bras de son ainée. Celle-ci laissa couler les larmes sur ses joues pâles en se reconnaissant un peu dans l'héroïne du film. Elle aussi devait trimer nuit et jour pour allier études et job. Sauf qu'elle aucun prince charmant ne viendrait la délivrer.
Au moins n'avait-elle pas à porter ces affreux patins à roulettes lorsqu'elle effectuait le service.
Il s'efforçait de ne pas le regarder, parfaitement conscient de son regard insistant posé sur lui. Un regard scintillant d'envie, de désir. Un regard auquel Gaara aurait répondu sans hésiter s'il n'avait pas été en cours. Il tentait vainement d'oublier le brun assis à côté de lui et qui paraissait vouloir le rendre fou. De temps en temps, sa main venait « innocemment » effleurer la sienne lorsqu'il se penchait pour lui emprunter une gomme dans sa trousse, permettant à l'ancien étudiant de Suna d'inhaler son parfum animal. Un parfum de ceux qu'il aimait, un parfum naturel et sauvage. Un parfum animal. Il sentait une douce chaleur émaner de son bas-ventre aux contacts de Kiba, qui feignait l'ignorance.
Lorsque son compagnon fut de nouveau tourner vers le professeur, ce fut au tour de Gaara de poser le céruléen de ses yeux sur lui, attiré par la courbe douce de ses lèvres. Comme pour le provoquer d'avantage, l'Inuzuka se lécha « innocemment » sa lèvre inférieure du bout de la langue, signe d'une concentration intense. Gaara du se mordre à sa propre lèvre pour se retenir. Il n'en pouvait plus.
Une semaine. Une semaine que cet idiot de Kiba s'amusait à l'allumer. Il venait s'assoir à côté de lui en cours, trop près de lui, de manière à pouvoir l'effleurer au moindre petit geste. Il se tenait devant lui dans les couloirs, offrant au No Subaku une vision parfaite sur sa nuque appétissante et son postérieur rond et ferme, mis en valeur par des jeans qui paraissaient taillés sur lui. Quand à ses T-Shirt, ils soulignaient parfaitement les muscles bien dessinés de son torse, avec lesquels il jouait sans retenue quand il savait que Gaara le regardait. Quand leurs yeux se croisaient, une curieuse pulsation électrique crépitait entre eux.
Gaara décida qu'il était temps de passer aux choses sérieuses. Ces regards, ces effleurements ne lui suffisaient plus. Il voulait gouter à la douceur des lèvres pleines de Kiba, sentir son corps ferme et frémissant contre le sien, voir ses yeux bruns se troubler de désir, inhaler son odeur lorsqu'il le ferait sien, le sentir se tendre brutalement entre ses bras avant de s'affaisser contre lui, telle une poupée de chiffon.
Il le voulait.
Quand leur dernier professeur de la journée leur annonça qu'ils pouvaient partir, Gaara décida d'attendre le brun, adossé à la porte. Celui-ci bavardait gaiment avec Naruto tout en rangeant ses affaires.
- Gaara?dit Temari d'un ton interrogateur en passant à côté de son petit frère.
- Passez devant, je vous rejoindrais.
Les deux autres No Subaku échangèrent un regard perplexe, avant de comprendre en remarquant les yeux verts de leur frère assombris par l'envie posés sur l'un de leurs camarades.
- S'il te plait...commença Temari.
- Vous n'avez pas à vous en faire.
Kankuro laissa échapper un petit grognement peu convaincu tandis que sa sœur soupirait. Elle finit par le prendre par le bras, le tirant vers la sortie. Toutefois, elle se tourna vers Gaara.
- J'espère que tu sais ce que tu fais.
Il ne répondit pas, se contentant de fixer Kiba qui sortait enfin de la salle de classe.
- Je peux te parler?
L'Inuzuka, croyant que son ami souhaitait lui parler de leur exposé de méthodologie, accepta et le suivit dans l'un des couloirs. Ne comprenant pas pourquoi il l'emmenait dans un endroit aussi isolé, Kiba se tourna vers son compagnon.
- Gaara? Qu'est-ce...
Il s'interrompit en voyant l'autre s'avancer vers lui, l'obligeant à reculer jusqu'au mur. Lorsqu'il sentit le contact dur et froid contre son dos, le jeune homme tressaillit en remarquant que Gaara ne s'arrêtait pas. Bientôt, il put sentir la chaleur de son corps au travers de leurs T-Shirts, son souffle mentholé contre ses lèvres, ses yeux mi-clos qui le fixaient, brumeux. Surpris, Kiba ne réagit pas lorsque les lèvres de son compagnon se posèrent sur les siennes.
Il savoura un instant leur douceur, la dureté du corps de Gaara contre le sien, la fermeté de sa cuisse contre son entre-jambe. Lorsqu'il sentit la langue du No Subaku titiller ses lèvres pour les entrouvrir, il fut tenté, pendant un instant, de passer ses bras autour de son cou et d'approfondir leur baiser. Mais une petite voix lui souffla tout autre chose.
- Arrête ça! s'écria-t-il en repoussant violemment Gaara.
Avant qu'il n'ait pu s'en empêcher, son poing atteignit brutalement la mâchoire de celui-ci. Sous le choc, le jeune homme aux cheveux roux recula de quelques pas, portant la main à sa lèvre inférieure. Kiba put sentir l'odeur métallique du sang qui coula en un mince filet le long du menton de Gaara.
- Qu'est-ce que...bredouilla ce dernier.
- Nan mais qu'est-ce qui t'a pris?s'écria l'Inuzuka avant que son compagnon ne puisse finir sa phrase.
- Mais je croyais que tu... que je...
Les yeux de Gaara étaient écarquillés. Kiba comprenait parfaitement ce qu'il voulait dire. Il savait que l'attitude qu'il avait eu toute la semaine avait été ambiguë... Oui, l'ancien étudiant de Suna lui plaisait. Oui, il sentait une curieuse chaleur poindre au creux de son aine lorsqu'il le voyait. Oui, il avait envie de l'embrasser, de le caresser, de sentir de nouveau son corps chaud et dur contre le sien.
Non, il ne cèderait pas à ses pulsions.
Il ne pouvait pas, tout simplement.
- Eh bah tu te trompais, lâcha-t-il brutalement en s'écartant de Gaara.
Il ne se retourna pas, ne croisant pas ainsi le regard hébété de l'autre.
Temari soupira en refermant son livre. Une fois de plus, ce fainéant de Nara ne se trouvait pas à la bibliothèque, alors qu'il lui avait promis d'y être. Cela faisait une semaine qui lui faisait régulièrement faux-bond. Pour dire vrai, cela faisait une semaine qu'il ne venait pratiquement pas en cours. Et quand il daignait faire l'honneur de sa présence aux sensei, il s'endormait au bout d'une dizaine de minutes. La jeune femme, exaspérée, ne pouvait s'empêcher de lui donner un coup de coude dans les côtes lorsqu'elle se trouvait à côté de lui.
Mais ce qui l'agaçait le plus n'étant pas temps le fait qu'il allait rater son semestre en agissant ainsi, mais aussi qu'il allait lui plomber sa note en paysage contemporain. Ils n'avaient que trois mois pour composer un dossier sur les différentes œuvres proposées au jeune public. Cela faisait une semaine que Temari étudiait la liste des romans sortis lors de la rentrée littéraire, cherchant d'abord à retrouver ceux qui s'adressaient à des collégiens et lycéens. Mais il y en avait tellement qu'elle savait qu'elle ne s'en sortirait pas seule.
Elle regarda sa montre, désespérée de constater qu'il était l'heure de se rendre au cours de latin. Elle avait grandement envie de sécher mais se ressaisit. Son père tenait absolument à ce qu'elle et ses frères donne l'image d'étudiants exemplaires, pour faire à honneur à sa réputation d'avocat. Il était déjà suffisamment furieux à cause de la reconversion de Kankuro, qui avait brutalement mis fin à ses études de droit lorsqu'ils avaient quitter Suna. C'était sa façon à lui de montrer son désaccord. Elle quitta donc la bibliothèque, se jurant de faire passer un sale quart d'heure à Nara lorsque celui-ci pointerait le bout de son nez.
Elle reconnut immédiatement la haute queue de cheval brune et l'éternel air endormi. Un sourire sadique sur le visage, elle vint s'assoir à côté de lui. Shikamaru garda son air blasé, ne semblant pas s'en rendre compte. Temari attendit un instant puis, alors que le sensei déclinait la première déclinaison latine, elle se tourna vers lui.
- Tu n'as pas l'impression d'avoir oublier quelque chose? lui souffla-t-elle d'une voix faussement douce.
- Hm?
La jeune femme se retint, éprouvant une forte envie de frapper Nara. Le cours devait avoir commencer depuis une dizaine de minutes et il était déjà endormi. Elle respira profondément avant de reprendre.
- On était censés se voir à la bibliothèque il y a deux heures.
- Ah oui?
fit Shikamaru d'une voix endormie.
- Tu te moques de moi là?
- Hn?
Cette fois-ci, elle ne parvint pas à se retenir et cogna dans le pied de la chaise de Shikamaru, le faisant sursauter.
- Non mais ça va pas? S'exclama-t-il.
- Shikamaru? Pourriez-vous faire un peu moins de bruit? demanda Ebisu-sensei d'un ton strict.
- Pardon, répondit Shikamaru avant de chuchoter à sa voisine. C'est quoi ton problème?
-Mon problème? Ca fait une semaine que tu n'arrêtes pas de me faire faux-bond!
- Galère! Et c'est pour ça que tu crises?
- Oui, parce que j'aimerai bien pouvoir avancer ce dossier! Si toi tu t'en fous de tes études, pas moi!
- Il y a d'autres choses plus importantes.
Shikamaru rangea vivement ses affaires et sortit au beau milieu du cours, sous l'œil ahuri de ses camarades.
Naruto regarda Shikamaru quitter la salle, stupéfait. Il savait pourtant qu'il s'agissait d'un étudiant sérieux, obtenant toujours les meilleurs résultats. Il se passait quelque chose. Son caractère curieux le poussait à savoir ce qu'il se passait mais...
Son regard se posa sur Sasuke.
Il avait une autre priorité.
Lorsque le cours de latin se finit enfin, il attendit le jeune homme brun, adossé près de la porte.
- Alors, on le prépare ce commentaire? fit-il avec un grand sourire.
- Hn, se contenta de répondre le brun.
Naruto retint un soupir. Oui, Uchiha était aussi taciturne qu'on lui avait dit. Pourquoi fallait-il que cela tombe sur lui? maugréa-t-il intérieurement. La réponse était simple: il voulait suivre les traces de son père et achever son travail. Il sourit tendrement en pensant à Minato, ce père qu'il n'avait jamais connu, qu'il n'avait vu qu'en photo. Mais Jiraya-sama, son supérieur et sensei, qui avait aussi tout appris à Minato, n'avait cessé de répéter à Naruto tous les exploits que son premier élève avait accompli. Il lui avait aussi dit pourquoi il était mort le jour de sa naissance.
Le regard de Naruto se posa sur la nuque de l'Uchiha, prenant une teinte rougeoyante.
Oui, il désirait suivre les traces de son père et pour cela il devait se rapprocher d'Uchiha Sasuke, coûte que coûte.
Sasuke sentait que le regard d'Uzumaki ne le quittait pas. Au début, il avait feint l'ignorance mais:
- Pourquoi tu me fixes comme ça? demanda-t-il soudain en se retournant.
Il lâcha un petit rire narquois en voyant Naruto sursauter avant de se reprendre.
- Je suis bien obligé de te regarder puisque je ne sais pas où tu habites.
Enorme mensonge s'il en est. Naruto savait parfaitement où habitait le brun. D'ailleurs, il savait pratiquement tout de lui.
- Parce que tu crois qu'on va aller travailler chez moi? grogna le brun.
- Bah, y a pas trop le choix, j'habite avec Sakura et elle a décidé d'inviter toutes ses copines à l'appart'.
Encore un autre mensonge. Pour des questions pratiques, Tenten, Sakura et Naruto partageaient un studio plutôt spacieux, qui aurait largement suffit à accueillir toute leur promotion pour une soirée. Mais les jeunes femmes étaient seules ce soir-là, probablement en train de préparer le prochain plan d'attaque. La dernière chose que Naruto souhaitait était que Sasuke découvre qui ils étaient tous les trois maintenant. Il devait d'abord obtenir sa confiance, tracer autour de lui une toile dont il ne pourrait s'échapper.
Lorsqu'ils arrivèrent chez Sasuke, Naruto ne put s'empêcher de laisser échapper un hoquet de stupeur. Tout simplement gigantesque! La bâtisse aurait pu héberger tous les orphelins de Konoha. Elle était bien trop grande pour une personne seule.
- Tu vis seul là-dedans? prétendit s'étonner Naruto.
Il connaissait parfaitement l'histoire des Uchiha, savait que Fugaku et Mikoto, les parents de Sasuke, avaient été retrouvés mort des années plus tôt et que lui-même avait été retrouvé sous le choc et affamé, recroquevillé près du corps de sa mère. Il savait exactement ce qu'il s'était passé ce jour-là. Mais il devait feindre l'ignorance pour réussir son projet.
Un « hn »d'acquiescement fut la seule réponse qu'il obtint. « Eh bah, ça ne va pas être simple », songea-t-il. Il suivit Sasuke à l'intérieur, lui tendant sa fine veste lorsque son hôte le demanda. Puis il se laissa guider jusqu'au salon, soigneusement agencé. Design moderne, tout en courbes, un canapé rond en cuir blanc, une table basse ovale, en verre, un home-cinéma accroché au mur, une baie vitrée ouvrant sur un jardin intérieur où poussait un immense cerisier à côté d'un bassin... Tout respirait le luxe. Mais aucune trace d'effets personnels, pas la moindre photographie, le moindre portrait accroché au mur. Tout était impeccablement rangé, nettoyé. Probablement l'œuvre d'une femme de ménage. Alors qu'il n'aurait pas du, Naruto commença à éprouver de la pitié pour Sasuke. Au moins lui avait ses amis.
- On commence? demanda le brun en sortant le texte de son sac.
- On a pas le choix, soupira Naruto en sortant sa propre copie des Chatiments d'Hugo.
Ils disséquèrent le texte pendant près de deux heures, se chamaillant lorsque leurs avis divergeaient, riant quand l'autre sortait une bêtise visant à se détendre. Sans qu'ils s'en rendent compte, une complicité naquit entre eux, que ni Naruto, ni Sasuke n'avaient envisager. Ils ne suivaient plus que sur une feuille, celle du blond ayant fait les frais d'une crise de fou rire alors que Naruto tenait un verre d'eau à la main. Leurs genoux se frôlaient parfois, ils regardaient le visage de l'autre à la dérobée de temps en temps, leurs souffles se mêlaient peu à peu.
Soudain, leurs regards se croisèrent. L'union de la roche et du ciel, de l'onyx et du saphir. Une fusion irrésistible. Naruto s'humecta inconsciemment les lèvres tandis que Sasuke suivait des yeux ce mouvement à la fois innocent et excitant. Ses joues pâles rosirent, provoquant une douce chaleur dans le ventre de son camarade. Celui-ci posa sa main sur la joue du brun, pour sentir sa chaleur. Et l'autre se pencha doucement vers lui, son souffle chatouillant les lèvres de Naruto. Qui les entrouvrit alors que son vis-à-vis fermait les yeux. Seuls quelques millimètres les séparaient encore, une distance si infime mais en même temps si longue, que l'on ne peut s'empêcher de franchir lentement, pour mieux savourer le baiser...
Une distance suffisamment longue pour que Naruto pense. Qu'il se souviennent. De qui il était. De qui il allait embrasser.
Et de se figer, ses lèvres frôlant à peine celles de Sasuke.
Il ne pouvait pas faire ça.
Uchiha perçut son hésitation et rouvrit les yeux, pour croiser le regard désemparé de Naruto.
- Naruto? Qu'est-ce que...
- Désolé, je dois y aller.
Et il saisit son sac, sortant précipitamment de la maison, laissant derrière lui un Sasuke désemparé.
Voici le chapitre 3 de Konoha no Chi no Namida. Très Yaoi, je dois l'avouer. Petite précision quant au terme UE: il s'agit en fait du nom donné aux matières à la fac. En espérant que cette partie vous ai plu.
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Yuki~
