Chapitre 15 : Adieux

Il y eut un mouvement de foule effrénée quand la pièce se termina.

Quand Sakuno, Tomoka, le trio de Première année, et les filles Titulaires arrivèrent aux loges, ils trouvèrent l'endroit encore pire que les fameux Harrods ou Macy lorsqu'il y a 50 pourcents de réduction dans le magasin. Les filles se poussaient et se pressaient les unes contre les autres, criant pour leurs Titulaires préférés, et les flashs des appareils photos et des téléphones portables apparaissaient toutes les deux secondes. Si Ryuzaki Sumire n'était pas en train de parler au principal de l'école, elle aurait du les éloigner. Mais il semblait que les garçons étaient destinés à être molestés – un inoubliable souvenir pour les seniors, d'ailleurs.

« Sakuno-chan ! » Une magnifique jeune femme toucha le bras de Sakuno. C'était la plus grande sœur de Fuji, Yumiko. « As-tu vu Syusuke ? »

Sakuno secoua la tête. « C'est très difficile de le trouver dans cette foule. »

« J'aurais préféré ne pas venir ici. » murmura Yuuta soudainement. Mizuki et Yanagisawa l'avaient sans cesse embêté sur le rôle de Fuji, et avaient même suggéré que Yuta porte un kimono dans le festival de leur école.

« Syusuke ! » appela Yumiko, remarquant enfin Fuji.

Quand celui-ci entendit la voix de sa sœur, il s'esquiva rapidement de la foule environnante, et vint jusqu'à eux.

« Merci d'être venu, nee-san » sourit Fuji. « Et Yuuta, tu n'imagines pas à quel point ta présence ici me fait plaisir. »

Yuuta lui lança un regard noir. « Je ne voulais pas venir, mais nee-san m'a menacé. »

« Prenons une photo ensemble. » proposa Yumiko. Elle s'approcha de Yuuta et lui attrapa le bras avant qu'il ne puisse s'échapper, et plaça son autre bras autour des épaules de Fuji. « Sakuno-chan, s'il te plaît peux-tu nous faire l'honneur de la prendre. »

Sakuno appuya sur le bouton, et montra la photographie aux frères et sœurs Fuji.

« Est-ce que c'est bon ? Je dois en prendre une autre? »

« C'est parfait. » dit Yumiko dans un grand sourire. « Je pense que mes amis me demanderont d'où me vient cette si mignonne petite sœur ! »

Le sourire de Fuji ne vacilla pas. Il avait un look remarquable dans un kimono. Tomoka (et plusieurs autres filles) essayait de prendre autant de photos de lui que possible.

Eiji était parfaitement heureux. Il sautait partout dans son costume de chat, posant pour les photos et signant des autographes ici et là.

Tandis que Sakuno et Tomoka étaient parties prendre des photos avec Inui, une ombre rouge passa à toute vitesse et se cacha derrière Inui, le plus grand des Titulaires de Seigaku.

« Désolé, Inui-sempai ! » fit Momo. « Laisse moi me cacher un moment, seulement jusqu'à ce qu'elle parte… »

« Qui ? » demanda Tomoka.

« Il y a 99 pourcents de chance que la personne qui effraie à ce point Momo soit la petite sœur de Tachibana-san, Ann. »

Inui avait raison. Ann, accompagnait de son frère et de Kamio, était en train de demander à tout le monde « Avez-vous vu Momoshiro-kun ? Je voulais lui dire bonjour et le féliciter ! »

« Aw allez viens, Momoko-chan ! » fit Eiji. « Elle t'a déjà vu dans une robe pendant une demi-heure, ça ne fera plus une grande différence maintenant ! »

Tezuka, Kaidoh, et Ryoma étaient trois statues de sel. De nombreuses photos étaient prises, mais aucun d'entre eux ne battit un cil. Ils auraient tous trois préféré faire face à un dragon que rester debout ici et être tourmenté par autant de filles, mais Ryuzaki Sumire leur avait dit d'attendre dans les coulisses jusqu'à son retour.

Kaidoh était spécialement photographié pour sa mignonnitude (xD); une senior allant même jusqu'à hurler « Kaidoh ! Plus tard je veux un fils aussi mignon que toi ! »

Quand Ryoma vit Sakuno dans la foule, il rougit profondément. Bien qu'il n'y ait rien qui puisse l'embarrasser, comme être habillé en kimono ou porter un costume d'animal. Il n'avait pas eu à se changer pour monter sur scène, juste à paraître plus gamin que d'habitude.

« Sugoi, Ryoma-kun ! » le félicita Sakuno. « J'ai beaucoup aimé la pièce ! »

« Ussu. » Qu'était-il supposé dire ? Content que tu l'aies aimé?

Tezuka avait les bras croisés, son expression identique à celle qu'il avait lorsqu'il raccrochait le téléphone au nez d'Inui quand celui-ci l'appelait au sujet de la vie sentimentale de ses coéquipiers. Chaque seconde semblait être une minute de plus en enfer. Il aurait préféré avoir un long, long match avec Atobe que d'être entouré de ces fans complètement folles.

En parlant d'Atobe…

« Tezuka » une personne familière en pantalon blanc et veste apparut. « Ore-sama ne s'attendait pas à ce que de tous, toi, tu figures dans la pièce. »

Tezuka grogna, presque audiblement.

« Qui est-ce ? » Juste un sursaut venant de la foule. La plupart des filles avaient déjà compris que le costume blanc porté par Atobe indiquait que celui-ci n'était pas un élève ordinaire.

« Il est de Hyoutei ! » dit une fille. « Il s'appelle Atobe Keigo et il est extrêmement riche ! »

« OOH ! »

Instantanément, la foule de filles près de Tezuka se retrouva près d'Atobe. Atobe se délectait de cette nouvelle attention, étant le gros egocentrique et narcissique de base. « Soyez émerveillés par ma beauté » pensa-t-il, se caressant le menton et les cheveux…

Pour la première fois de sa vie, Tezuka ressentait une étrange gratitude envers le capitaine de Hyoutei, qu'il avait longtemps considérait comme le fléau de son existence.


Sakuno n'eut pas beaucoup de chance de voir ses grands frères après le festival de l'école. La première raison étant qu'il y avait le tournoi du district à venir. L'autre raison était que les seniors avaient leur dernier voyage scolaire avant d'être diplômés, ce qui lui rappelait que très bientôt, ils ne seraient plus sur les terrains de Seigaku.

Motoko avait finalement quitté le club de tennis des filles après sa confrontation avec Sakuno et Ryoma dans les couloirs. Elle ne pouvait plus longtemps faire face à Sakuno sur les terrains de tennis. Après tout, pour Motoko, le tennis n'était qu'un hobby, et elle n'avait pas un très grand esprit de compétition. De plus, elle aussi devrait bientôt être diplômée. De ce fait, Hinata revint dans l'équipe. Elle avait du déclarer forfait au cours du tournoi à cause de la blessure que lui avait infligé Neji, mais maintenant que Motoko était partie, Hinata était la plus forte joueuse des filles non titulaires. Les autres titulaires lui souhaitèrent la bienvenue Hinata était une bien plus plaisante personne que cette arrogante de Motoko.

Alors que Sakuno était en train de s'entraîner avec Shizune un jour, penser à ses grands frères lui fit perdre sa concentration. Shizune smasha la balle sur le bord du filet, et Sakuno, prise par surprise, rata la balle, sa raquette lui échappant des mains.

« Tu vas bien, Sakuno ? » dit Shizune.

« Sakuno ! » fit Tsunade sévèrement.

« Gomen ! » Sakuno s'inclina profondément. « Je ferai mieux la prochaine fois! »

« Tu as dit ça deux fois déjà. » répondit Tsunade. « Mets ta raquette de côté et viens avec moi. »

Sakuno obéit silencieusement, ses yeux fixant le sol. Après avoir travaillé si dur pour devenir titulaire, comment avait-elle pu se relâcher ?

Tsunade conduit Sakuno dans un endroit isolé près de quelques arbres, et se tourna vers la petite fille.

« Quelque chose te tracasse ? »

« Non. »

« Allez accouche, maintenant. »

« Mais j'ai dit… »

« Sakuno, on ne m'a pas choisi en tant que capitaine pour rien. Mes capacités d'analyse peuvent bien être loin de celle d'Inui, je peux sentir quand une fille est troublée. Parle moi, afin de pouvoir jouer normalement par la suite. Ta façon de jouer, jusqu'à présent, n'est pas celle d'une Titulaire. »

« Gomen. » Sakuno s'inclina une nouvelle fois. Elle aurait du savoir qu'il était inutile de mentir à Tsunade. A bien y réfléchir, elle aurait du savoir qu'il était inutile de mentir à quiconque.

Alors dans les minutes qui suivirent, Sakuno confessa ses craintes, qui semblaient plus que pathétiques quand on en parlait de vive voix. Bien sûr que les séniors devaient être diplômés. C'était stupide d'espérer qu'ils restent à Seigaku pour toujours.

Quand Sakuno ne put plus rien dire, elle se mordit les lèvres et attendit que Tsunade se mette à rire et lui dise qu'elle n'était qu'une petite sotte.

Tsunade décroisa les bras. « Je comprends ce que tu ressens. Avoir quelqu'un, que tu connais seulement depuis peu de temps, et le voir partir brusquement. Mon petit ami, Dan, est parti en Angleterre après qu'on soit sorti ensemble pendant trois mois. »

« Tsunade-buchou… »

« J'ai eu une terrible dispute avec lui » continua Tsunade. « Mais au final, j'ai réalisé que se disputer était inutile. Même s'il ne partait pas, il avait un an de plus que moi et aurait été rapidement diplômé. Et même s'il ne s'était rien passé, nous aurions pu nous quereller et rompre, c'était la même chose. »

Une rafale de vent souffla sur elles. Une mèche des magnifiques cheveux blonds de Tsunade flottait dans l'air, et elle la remit derrière son oreille.

« Je sais que ça doit être difficile pour toi, et je ne te blâmerai pas de te sentir au trente sixième dessous. Mais souviens toi ce que tu as dit : ' ils ont pris sur leur temps pour m'aider à devenir une titulaire'. Est-ce la bonne façon de leur rendre la pareille ? En ne faisant pas de ton mieux sur le terrain ? »

Les lèvres de Sakuno tremblèrent. « Je… »

« Je n'ai pas était une très bonne capitaine. Pour te dire la vérité, lors de ma deuxième année, je préférais jouer aux cartes et boire du saké (quand je pouvais en voler !) que diriger les filles. Mais après une rencontre inattendue avec un garçon, j'ai changé. Le club des filles est reconnu comme étant plus faible que celui des garçons, mais je veux que ce concept change. C'est la raison pour laquelle j'ai besoin de toi, Sakuno, pour devenir le pillier de Seigaku. » (Tiens ça me dit quelque chose, pas vous ? xD)

« Moi ? Tsu...Tsunade-buchou… »

« Ne doute pas de toi, Sakuno. Lorsque ton potentiel se réveille, tu es forte. Lorsque que tu réussis la Chute du Lotus, tu es plus forte que n'importe qui d'autre dans l'équipe, moi mis à part. » (Bah tiens…)

« Demo… »

« Deviens plus forte, Sakuno. » Tsunade la regarda droit dans les yeux. « Tu devras me surpasser et diriger le club des filles. Montre à l'école qu'il n'y a pas que le club des garçons qui peut remporter des trophées. Je voudrais voir ce jour arriver. Et je suis sur que tes 'grands frères', comme tu les appelle, voudraient la même chose. N'est-ce pas la meilleure façon de les remercier ? »

A ce moment là, des larmes coulèrent le long des joues de Sakuno. Elle les essuya d'un revers de la main, acquiesçant.

« Je…Je ferai de mon mieux, Tsunade-buchou. Merci. »

Tsunade sourit et lui tapota gentiment la tête.

« Okay, okay, pas la peine d'être si mélodramatique. De plus… » Tsunade la regarda avec un air de malice dans les yeux. « …pas tous les titulaires vont être diplômés. J'ai entendu dire qu'il y a un premier année qui est plutôt considéré comme l'idole de… »

« Tsunade-buchou ! »


Même ainsi, Sakuno ne pouvait s'empêcher d'être triste alors que la cérémonie de remise des diplômes approchait. Tomoka suggéra de commander des fleurs pour les seniors, et Sakuno accepta immédiatement.

Le problème, c'est qu'elle avait dépensé beaucoup ces derniers jours en achetant un nouveau grip, une nouvelle raquette, et des genouillères. Sakuno pris sa tirelire en forme de cochon rose de sur son bureau et la brisa sans aucune hésitation.

Le jour de la remise des diplômes, Sakuno, Tomoka, Ryoma, et le trio de Première année se rendirent dans les classes de leurs aînés, chacun portant un magnifique bouquet de fleurs tout droit sorti de la boutique d'Ino.

Quand ils arrivèrent dans les couloirs, ils furent surpris par des filles hurlant, « Ne cours pas, Oishi ! » « S'il te plaît donnes moi ton deuxième bouton, Fuji ! » « Eiji ! Où étais-tu passé ? »

« Ah… » fit Tomoka. « Le très convoité deuxième bouton. »

« Pourquoi ce deuxième bouton est-il si important ? » demanda Ryoma.

« Ha ! Pas étonnant que tu ne saches pas, puisque tu as grandi en Amérique. » fit Horio. « Le second bouton qui se trouve sur la chemise est considéré comme le plus proche du cœur d'un homme, donc si une fille désire posséder le deuxième bouton d'un garçon, cela signifie qu'elle désire posséder son cœur ! »

« Je ne pensais pas que tu en saurais autant, Horio ! » dit Tomoka. « Ca vient aussi de tes deux ans d'expérience au tennis ? »

« Stupide… » fit Ryoma.

« Hmmm… » Momo apparut soudainement, se grattant le menton. « Je me demande combien de filles voudront mon deuxième bouton avant que je sois diplômé ? »

« Comme si une fille voudrait de ton bouton puant. » fit Kaidoh.

Kawamura tenait ses mains devant lui en signe de défense. « Maintenant… s'il te plaît… » il essayait de refuser les demandes incessantes, quand Momo se glissa furtivement à ses côtés et lui donna une raquette.

« BURNING ! » Kawamura grimpa sur une table. « QUI VEUT UN BOUTON ? COME ON, BABY ! »

Les filles hurlèrent de plaisir.

« Tu as empiré la situation, Momo. » fit Fuji, souriant. A leur grande surprise, il portait un T-shirt sans aucun bouton.

« Fuji-sempai ! Pourquoi portes-tu ça ? »

« Oh. Je savais que ça arriverait, donc je leur ai donné ma chemise et je porte ça à la place. » répondit-il en haussant les épaules. « C'est plus simple de les laisser se battre pour un bouton que de le faire moi-même. »

Horio trembla. « Fuji-sempai est effrayant, comme d'habitude. »

« Ah, Sakuno-chan, qu'est ce que je vois là ? » dit Fuji dans un sourire. « Voulais-tu toi aussi mon second bouton ? Parce que si c'était le cas, tu aurais du me le dire, et je l'aurais gardé pour toi. »

« Non ! Ce n'est pas ça ! » Sakuno rougit furieusement, tandis que Ryoma lançait un regard noir à Fuji.

« Nous sommes venus vous donner ceci ! » dit Tomoka en lui tendant son bouquet. « Félicitations, Fuji-sempai ! »

« Merci beaucoup. » dit-il, souriant à nouveau.

« C'est donc là que vous étiez. » fit Inui. Il portait lui aussi un T-shirt. Il était clair qu'Inui et Fuji étaient bien plus malins que les autres.

« Voici pour toi, Inui-sempai. » dit Sakuno, tendant son bouquet au plus grand des Titulaires.

« Merci. Je savais qu'il y avait 100 pourcents de chance que je recevrais quelque chose. » dit-il.

Comme Eiji et Kawamura étaient toujours perdus au beau milieu de la foule, Fuji et Inui proposèrent de leur donner leurs bouquets plus tard.

« Et, où est buchou ? » demanda Momo en regardant autour d'eux.

« Ah. » fit Fuji. « Tezuka est le premier de la promo. Il prépare son discours dans le bureau des professeurs. C'est plus sûr pour lui d'être là-bas. »

« Oh… »

Mais, mis à part l'engouement certain pour les seconds boutons des diplômés, la cérémonie de fin d'année se déroula très bien. Sakuno, Tomoka, et Horio versèrent des larmes quand Tezuka fit son discours.

« A nos kouhais… » le regard de Tezuka resta quelque seconde sur Ryoma. « … J'espère sincèrement que vous garderez précieusement ce que vous avez aujourd'hui, et qu'un jour, vous deviendrez meilleur et plus fort. »

A l'insu de l'autre, Sakuno et Ryoma promirent silencieusement à Tezuka, qu'à partir d'aujourd'hui, ils feraient tout leur possible pour accomplir son souhait.


« LE FESTIVAL D'ETE ? » cria Tomoka à travers le téléphone. « Ils nous invitent à aller au festival ? »

« Hai ! Il aura lieu au XX temple, et il y aura aussi des feux d'artifices. »

« Ca a l'air super ! C'est quand ? »

Sakuno lui fit part de la date, et Tomoka gémit. « Oh Sakuno, je ne peux pas y aller, mes parents nous amènent à Hokkaido pour la semaine. »

« Oh. Je suis désolée, Tomo-chan. »

« Ils ne peuvent pas le remettre à plus tard ? »

« Je suis désolée, » dit elle encore. « mais j'ai entendu Oishi-sempai dire que c'était la seule date où tout le monde était disponible. Tu sais, Kawamura-sempai va partir pour Kyoto après ça, son père a trouvé un autre endroit où ouvrir son restaurant de sushis. »

Tomoka se tourmenta encore quelques instants avant de se calmer.

« Dans ce cas, Sakuno, tu dois faire quelque chose pour moi ! »

« Eh ? » Tomoka voulait-elle qu'elle lui achète quelque chose au festival ?

« Tu porteras un yukata, pas vrai ? »

« Er… ce n'est pas obligatoire, mais Eiji-sempai a insisté sur le fait que tout le monde en porte un. Donc je suppose que oui, mais je pense ne pas rentrer dans mon ancien yukata. La dernière fois que je l'ai porté j'avais sept ans. »

« Alors prends en un nouveau ! » fit Tomoka. « Je veux dire, ce serait le moment idéal pour séduire Ryoma-sama ! »

« Tomo-chan ! »

« Ecoute, je sais que tu l'aimes et c'est réciproque. Et depuis qu'il t'a sauvée de cette sempai remplie d'illusions, je n'arrive pas à croire qu'il n'ait encore rien fait en ce qui te concerne. Promets-moi, Sakuno, que tu lui sauteras dessus cette fois-ci ! »

« Tomo-chan ! Je ne peux pas sa…sauter… »

« Juste au figuré ! Voyons voir… tu pourrais trébucher et il t'attraperait, ou pendant les feux d'artifices, prétends avoir peur et attrape lui le bras ! Là, ça ne devrait pas être trop difficile. »

Tomoka continua à déblatérer n'importe quoi tandis qu'une goutte perlait derrière la tête de Sakuno. Comment pouvait-elle, petite et timide Ryuzaki Sakuno, attirer l'attention du garçon qu'elle aimait ?

« Sakuno ? Sakuno, tu m'écoutes ? »

Sakuno soupira lourdement. « Oui. »

« Sakuno, tu ne peux pas fuir plus longtemps ! Je crois que c'est la meilleure chose pour toi que de lui avouer tes sentiments ! Dis ce que tu veux, mais mon instinct me dit que Ryoma fait plus que t'apprécier. Souviens-toi du regard qu'il a lancé à Okayasu ! »

« Hai. »

« Peu importe ce que tu feras, quand l'école reprendra, je veux vous voir ensemble ! Ce sera le plus important de tes devoirs de vacances ! »

Nouvelle goutte de sueur pour Sakuno. Elle pouvait déjà dire que ce serait la plus difficile tâche qu'elle ait à accomplir.


Comme elle le pensait, le vieux yukata de Sakuno était trop petit pour elle. Il lui arrivait juste un peu au dessous des genoux, mais une grande partie de ses jambes était à découvert. Sa grand-mère lui conseilla d'en acheter un nouveau. Alors le jour suivant, Sakuno partit à la recherche d'un nouveau yukata. Tomoka voulait y aller avec elle et l'aider à en choisir un, mais elle devait une fois de plus s'occuper de ses petits frères.

« Sois certaine d'en prendre un be-yoo-tiful ! » lui fit promettre Tomoka. « Ryoma-sama réalisera alors que s'il ne se déclare pas bientôt, quelqu'un d'autre le fera ! »

Sakuno soupira. Même si Tomoka lui avait assuré que Ryoma était amoureux d'elle, et que depuis leur brève conversation après l'épisode 'Motoko' Sakuno avait senti que Ryoma l'aimait bien, au moins en tant qu'amie il ne lui avait pas encore avoué ses sentiments pour l'instant, alors elle n'était pas sûre du fait qu'il puisse l'aimer plus que comme une simple amie. Elle avait remarqué qu'il la fixait quelques fois, mais peut-être qu'elle avait juste quelque chose sur la tête.

Tomoka lui avait conseillé un quartier où il y avait un grand nombre de magasins vendant des vêtements traditionnels. De plus, à cause d'une féroce compétition entre les différentes boutiques, les prix étaient moins chers que dans les autres quartiers. Sakuno se promena dans les rues, admirant les yukatas aux vives couleurs. Tous semblaient jolis, ce qui ne l'aida pas à choisir.

Après quelque temps à marcher sans but aucun, la soif se fit ressentir. Elle chercha une boutique où elle pourra s'acheter à boire, et lorsqu'elle en trouva une, s'acheta une bouteille d'eau. Lorsqu'elle sortit du magasin, elle n'avait plus aucune idée de l'endroit où elle se trouvait.

« Je crois que je suis passée par là… » Sakuno commença à marcher, puis s'arrêta. « Non, je crois que c'était plutôt par là… »

« Excusez-moi, mais êtes-vous perdue ? » fit une douce voix.

Sakuno fut prise par surprise. Une jeune femme habillée dans un ravissant uniforme de soubrette –une robe bleue marine et un tablier blanc- l'observait l'air concernée.

« Hai. Desolée, mais pouvez-vous me dire où est la XXavenue ? »

« Pas de problème. Suivez-moi ! »

Même si Sakuno pensait que cette femme avait l'air étrange (venait-elle d'un manga?), elle ne savait pas quoi faire d'autre si ce n'est que de lui faire confiance pour le moment.

« Est-ce que vous cherchez quelque chose en particulier ? » dit la femme. « Comme un magasin bien spécifique ou quelque chose de ce genre ? »

« Pa-pas vraiment. J'ai besoin d'un yukata pour le festival d'été. »

Sakuno aurait pu jurer avoir vu une lueur folle derrière les lunettes de la jeune femme.

« C'est génial ! Si vous n'avez pas de magasin particulier en tête, pourquoi ne viendriez-vous pas avec moi ? Je travaille dans une boutique de vêtements, et je pense que j'ai le yukata parfait pour vous ! »

« Non…Je… »

« S'il vous plaît ! Quand je vois une jolie fille, je ne peux pas m'empêcher de l'habiller dans des vêtements mignons ! Et en plus, on est arrivé ! Entrez donc et voyez par vous-même ! »

Et avant que Sakuno ne le sache, la jeune femme la poussait à l'intérieur de la boutique. Une chance que la femme disait vrai, ou dieu seul sait ce qui aurait pu arriver à Sakuno.

« Mine, tu es finalement rentrée ! » fit une voix chaleureuse. « Je veux ton opinion sur cette robe…ohoho ! Où as-tu déniché une si mignonne petite fille ? »

Sakuno fut encore plus secouée que lorsqu'elle vit un homme, très grand, avec de longs cheveux argentés qui lui arrivaient à la taille faire son apparition dans une magnifique robe blanche de mariée et tenant dans ses mains un bouquet de fleurs.

« Dans la rue, tencho ! » fit la femme prénommée Mine. « Elle doit acheter un yukata pour le festival d'été, alors j'ai pensé qu'on pourrait sûrement l'aider ! »

« Tu as pris la bonne décision en venant ici ! » dit l'homme en adressant un sourire à Sakuno. « Pas besoin de prendre cet air effrayé, petite fille ! Je suis le maître en matière d'art et de beauté, et je peux t'assurer que n'importe quel tissu sous mes mains fera de toi une princesse ! Quel est ton nom ? »

« Ryu-Ryuzaki, desu. »

« Mon nom est Souma Ayame, et voici mon assistante, Mine Kuramae. Enchantée de faire ta connaissance, Ryuzaki-chan! »

« H-Hai. »

« Afin de te démontrer mon incroyable professionnalisme, je me dois d'être au courant de tous les détails concernant ta situation. Pour ce festival d'été, vas-tu, ou ne vas-tu pas, être escortée par une personne du sexe masculin ? »

« Eh ? »

« Est-ce que ton petit-ami va venir au festival, Ryuzaki-chan ? » demanda Mine en voyant que Sakuno était incapable de comprendre les expressions enflammées d'Ayame.

« Non! Non! Je—Je n'ai pas de petit-ami. » bafouilla Sakuno en rougissant.

« Aha ! Mais en prenant en compte le fait que tes joues sont anormalement rouges et que tes yeux sont fuyants, je peux deviner qu'il y a quelqu'un qui a capturé ton coeur pas vrai? »

« Je… »

« Donc il y a quelqu'un ! Et cette personne si spéciale va venir au festival avec toi ? Pas besoin de me le dire, j'ai compris, j'ai compris ! Ne désespère pas, Ryuzaki-chan ! » Ayame lui tapa gentiment l'épaule. « Avec ma sublime habilité à créer beauté et romance, tu devrais être capable d'attirer l'attention de l'homme de tes rêves ! Mine, je suppose que ça sera parfait pour elle ? »

« Oui ! » Mine hocha la tête avec ferveur. « Ca sera vraiment parfait pour Ryuzaki-chan ! »

Sakuno sentait qu'elle était sur un terrain glissant. Mine lui prit la main et l'emmena dans une autre pièce, refermant la porte sur elles. Tandis que Sakuno protestait, Mine fouilla dans un coffre et en sortit une pièce de tissu.

Mine secoua l'ensemble et Sakuno découvrit le plus beau yukata qu'elle avait jamais vu. Il était d'un délicat et pâle rose, orné de bourgeons d'un blanc plus pur que la neige, complété par un étincelant obi mauve.

Mine insista pour que Sakuno essaye le yukata. Sakuno était un peu hésitante au début, mais la beauté du yukata fit taire ses protestations. Quand elle finit de se changer derrière le rideau et se montra à Mine, celle-ci poussa un léger cri de plaisir et la força à se regarder dans le miroir.

Sakuno ne put se reconnaître. Le dégradé de rose était parfait sur elle cela faisait ressortir ses yeux marron et ses longs cheveux bruns.

« Excellent ! » dit Ayame quand Mine amena Sakuno hors de la pièce. « Ca te va parfaitement bien Ryuzaki-chan ! L'image parfaite d'une jeune fille, douce et innocente, avec un délicat petit éventail en papier, des sabots de bois blancs et un petit sac à mains en perles ! »

« Oui ! » répondit Mine enthousiaste. « Ca me fait penser aux chrysanthèmes, un petit pont en bois au dessus d'un étang, et des saules effleurant l'eau ! »

« Pour ce magnifique travail, je te fais mes compliments ! »

« Oh monsieur ! C'est un honneur! »

« Bon c'est décidé, Ryuzaki-chan, tu dois porter ça pour le festival ! » fit Ayame. « Oh, et peut-être que ce serait mieux que tu viennes ici d'abord, afin que Mine puisse s'occuper de ta coiffure et te maquiller ! Comme ça celui qui occupe tes pensées te fera sa déclaration ! Par expérience, je peux te dire que le cœur d'un homme peut facilement vaciller devant une jolie robe ! »

« Mais… »

« Pas de mais ! Si c'est un problème d'argent, je m'arrangerai à ton budget ! C'est si triste qu'une si mignonne petite fille comme toi ne puisse pas s'habiller comme il faut pour le festival d'été ! »

Sakuno abandonna. Le yukata était absolument irrésistible, et il semblait qu'Ayame ne se tairait jamais à moins qu'elle accepte.

« Arigatou Ayame-san, » Sakuno s'abaissa humblement. « Mais… pourquoi faites-vous tout ça pour moi ? Je ne vous connais que depuis aujourd'hui… »

« Parce que tu me rappelle quelqu'un. » Ayame posa un doigt sous son menton. « Une fille qui a apporté beaucoup de joie dans ma famille. » (Tohruuuuuu =p)


Ryoma était particulièrement de mauvaise humeur rien qu'à l'idée de porter un yukata Nanako se vit forcer de le corrompre avec une semaine entière de petit-déjeuner japonais. Il se renfrogna de plus en plus lorsque Rinko l'habilla et l'obligea à se montrer à toute la famille.

« N'est-il pas adorable ? » fit Rinko d'un air fier.

« Hai ! » affirma Nanako enthousiaste. Ryoma s'attendait à moitié à ce qu'elle lui tende un sac de sucettes.

« Yo, seishounen, » fit Nanjiroh en s'appuyant contre la porte. « Amuse toi bien, et ne fais rien que je ne ferais pas. »

Ryoma lui lança un regard noir. « Tu veux dire que je ne devrais pas faire ce que tu ferais. »

Nanjiroh le fixa pendant un moment et commença à rire.

Lorsque la porte se referma derrière Ryoma et que Nanako partit à l'étage, Rinko et Nanjiroh se regardèrent.

« Sakuno-chan sera là aussi, non ? » dit Rinko.

« Oh, je suis sûre qu'elle sera la » fit Nanjiroh. « Si Ryoma ne se trouve pas une mignonne petite-amie bientôt, j'aurai honte de lui. »

Ryoma arriva à l'endroit où se déroulait le festival. En fait, il n'avait pas du tout hésité à y aller. Les Titulaires étaient importants pour lui, et il n'avait jamais été à un festival traditionnel avant. En plus, il aimait la nourriture et les feux d'artifices.

La place était éclairée par un nombre incalculable de lanternes, la foule se rejoignait devant les différents stands, il y avait beaucoup de bruit à cause du nombre incroyable de visiteurs. Les aromes tentant des yakitoris, du riz au curry, des yaki-soba flânaient dans l'air, et il y avait aussi de la barbe à papa, du pop corn, et de la glace pilée pour ceux qui n'avaient pas peur de se geler les dents. On pouvait aussi acheter des cadeaux artisanaux, de la plus insignifiante bagatelle à la bague tressée, et attraper des poissons avec une loupe en papier.

« Yo Echizen ! » Momo lui fit signe. « Tu veux acheter à manger ? »

« Plutôt intérêt. »

Bientôt les autres Titulaires arrivèrent. Ryoma devait admettre que c'était quelque chose d'intéressant de voir tout le monde dans un yukata. Il ressentit un léger pincement au cœur en pensant que des occasions comme celle-ci ne se représenteraient pas de si tôt. Quand les seniors étaient partis en voyage pour célébrer leur remise des diplômes, cela lui avait laissé une drôle d'impression de n'avoir que Momo et Kaidoh comme adversaires de valeur sur les courts de tennis.

Mais toutes ces pensées furent bannies de son esprit lorsque Sakuno arriva, en retard comme d'habitude. Si les yeux perçants d'Inui ne l'avaient pas repérée de la foule, elle ne les aurait jamais trouvés.

Sakuno était habillée d'un yukata rose pâle, deux sabots de bois apparaissant derrière les plis de soie. Sa chevelure brune était tirée en arrière par deux baguettes argentées (bien qu'une mèche bouclée s'échappait du reste de la coiffure et pendait le long de son front), ses paupières légèrement colorées d'un mauve brillant, ses lèvres peintes tel un bouton de rose. Deux boucles d'oreilles argentées pendaient à ses lobes, et elle tenait dans sa main un éventail en papier orné de libellules et de fleurs de lotus.

« Omondieu ! C'est vraiment la Sakuno qu'on connait ? » la bouche de Momo était grande ouverte d'ébahissement.

« MAGNIFIQUE ! » hurla Kawamura, balançant son eventail dans les airs. « SAKUNO-CHAN EST UNE PRINCESSE ! »

« Bien dis, Taka-san ! » fit Eiji. « Tu n'es pas d'accord que Sakuno ressemble à une princesse, Ochibi ? »

« Sakuno-chan est vraiment très belle, » sourit Fuji. Il prit son appareil photo. « Puis-je prendre une photo ? »

Après lui avoir adressé une montagne de compliments, ils commencèrent à explorer les stands. Eiji acheta un grand nombre de barbe à papa et les partagea, bien que Tezuka et Kaidoh refusèrent avec véhémence. Momo et Kaidoh firent une bataille de pêche, le résultat se rapportant à des poches vides et une pile de loupes en papier trouées. Il y eut aussi un concours de sushi aux wasabi auquel Fuji participa joyeusement. Il termina vainqueur et gagna une douzaine de boites de gâteaux aux haricots rouges, tendant une boîte à chacun d'entre eux. C'est à ce moment qu'ils remarquèrent que Sakuno manquait à l'appel.

« Où est Sakuno-chan ? » dit Fuji, en fronçant les sourcils. « Je ne lui ai pas encore donné de boite. »

« Elle a dit qu'elle devait aller aux toilettes. » fit Eiji. « Oh non ! Elle doit être perdue ! »

« Fssh, encore. » Kaidoh avait déjà fait l'expérience du mauvais sens de l'orientation de Sakuno pendant ses matinées de jogging.

« Allons la chercher maintenant. » fit Oishi, son front se plissant, préoccupé. « Avec autant de monde atour, il peut lui arriver n'importe quoi ! »

« Gardez vos téléphones allumés. » ordonna Tezuka. « Prévenez nous immédiatement si vous la trouvez. »

« Okay ! » fit Eiji. « Ochibi, tu as entendu ? Eh ? Il est déjà parti ! »

« Il doit vraiment être inquiet. » dit Momo dans un sourire.


Momo avait raison. Une fois qu'Oishi avait proposé qu'on parte à la recherche de Sakuno, Ryoma était d'emblée parti dans un « onsevoitplustard » que personne n'avait entendu. Il se fraya un chemin entre la foule, scannant avec ferveur ces deux longues tresses. Alors qu'il réalisa que les cheveux de Sakuno étaient tirés en arrière, Ryoma se frappa mentalement.

Tout à coup, il entendit la voix de Sakuno, « S'il vous plaît, laissez moi passer ! »

Ryoma ne pouvait pas courir assez vite vers elle. Deux hommes bloquaient le passage à Sakuno, se penchant vers elle.

« Laissez moi passer. » répéta-t-elle fermement.

« Et si je dis non ? » fit un des hommes dans un sourire découvrant une rangée de dents pourries.

« Une jolie fille comme toi ne devrait pas se promener toute seule. » fit l'autre homme. On aurait dit qu'il n'avait pas pris de douche depuis des jours.

« Exactement. » dit Ryoma, et par pur instinct, il mit un bras autour des épaules de Sakuno.

« Ryo—Ryoma-kun ! »

Ryoma éleva la voix. « Vous manquez pas d'air, bande de losers, à effrayer une jeune fille. »

D'autres personnes entendirent Ryoma et se tournèrent vers la bande. Les deux hommes qui avaient tenté d'amener Sakuno avec eux s'éloignèrent en murmurant « Sale gosse » « Attends et tu verras ».

« Gomen, Ryoma-kun. » Sakuno s'éventa.

Ryoma retira son bras. Cependant il lui prit la main et l'incita à le suivre. Sakuno rougit furieusement.

« Ano…Ryoma-kun, je peux marcher toute seule… »

« Je ne compte pas te reperdre dans la foule. » la coupa-t-il.

Ce qu'il venait de dire était vrai, en partie. Ryoma essayait encore de ne pas admettre qu'il avait trouvé une ridicule excuse pour lui tenir la main. Sa paume était incroyablement douce et chaude dans sa main, et il admit secrètement qu'il aimait ça. (les perverses, calmez vous lol)

« Je me demande où sont passés les autres » marmonna Sakuno.

Le fait est que les senpai-tachi étaient en train de se cacher derrière un grand arbre. Eiji les avait vu le premier et avait demandé aux autres de ne rien tenter.

« Laissez les seuls ! » siffla-t-il. « Je veux qu'Ochibi finisse avec notre petite princesse avant que j'aille au lycée ! »

« Je suis d'accord ! » fit Momo. « Echizen, montre nous le pouvoir de la jeunesse ! »

Après un certain temps, Sakuno commença à composer le numéro de Fuji, mais pas de réponse. Elle essaya d'appeler Eiji et Momo… même résultat.

« Pas de réponse. » dit-elle inquiète. « Tu penses qu'ils n'ont pas pris leurs téléphones à cause de leurs yukatas ? »

« J'sais pas. » Ryoma était pratiquement sûr que les senpai-tachi avaient éteint leurs portables dans un but bien précis. Il savait qu'ils avaient apporté leurs téléphones, et il était impossible que par coïncidence Fuji, Eiji et Momo ne répondent pas.

Ryoma poussa un soupir. Il lança un regard à Sakuno la façon dont elle tenait son éventail était mignonne, et elle était vraiment bien dans ce yukata. Ryoma pensa soudain que ce n'était pas plus mal qu'il soit seul avec elle.


Les haut-parleurs annoncèrent que les feux d'artifices commenceraient dans dix minutes. Sakuno et Ryoma se regardèrent.

« Peut-être qu'on devrait trouver une place où s'asseoir ? » suggéra Sakuno. « Je veux dire, si on reste au même endroit pendant un long moment, ce sera plus facile pour eux de nous retrouver. »

« Un. »

« Et si on allait en haut de la colline ? » L'arène était remplie de monde venant des stands, mais le temple était situé un peu plus haut. « On peut mieux voir les feux d'artifices, et les gens aussi. »

Ryoma s'en fichait, du moment que plus aucun mec louche ne vienne s'en prendre à Sakuno.

Ils trouvèrent un grand rocher plat et s'assirent dessus. Le cœur de Sakuno battait de plus en plus fort. Ryoma n'avait toujours pas lâché sa main. Autour d'eux, plusieurs couples étaient arrivés et s'installaient dans l'herbe, les rendant encore plus mal à l'aise. Elle regarda autour d'elle à la rechercher des senpai-tachi, mais ils semblaient avoir disparus avec la nuit.

Les feux d'artifices commencèrent. Sakuno mit ses craintes de côté pendant un moment et se concentra sur le spectacle se déroulant devant elle. Des missiles se dirigeaient vers le ciel pour exploser en laissant une trace étincelante. Le ciel était un kaléidoscope d'énormes fleurs scintillantes.

« C'est magnifique, n'est-ce pas ? » dit-elle en se tournant vers lui.

Ryoma confirma d'un signe de tête, la dévisageant. Au même instant, bang ! un feu d'artifice explosa dans le ciel, et un mélange de rouge, vert et bleu se reflétèrent dans ses yeux.

Au diable les feux d'artifice. Elle était beaucoup plus belle.

Sans même réfléchir, Ryoma se pencha vers elle et l'embrassa.

Les yeux de Sakuno s'élargissèrent lorsque ses lèvres touchèrent les siennes.

Une seconde plus tard, Ryoma se recula, lui-même choqué. Qu'est-ce qu'il avait fait ? Oh, que les stupides gènes hormonales que son père lui avait transmis soient maudites !

« Desolé. » mumura-t-il.

« C'est…c'est pas grave. » Le coeur de Sakuno était sur le point d'exploser. Avait-elle rêvé?

Les applaudissement derrière eux lui confirmèrent que tout était vrai. Sakuno et Ryoma se retournèrent et virent leurs bruyants senpai-tachi sortir de derrière un Buisson.

« GENIAAAAAAL ! » fit Kawamura, brandissant une énorme barbe à papa. « FELICITATIONS ! »

« Ca t'aura pris du temps, Echizen. » dit Momo, souriant.

« Le premier baiser d'Echizen Ryoma. » inscrivit Inui sur son carnet. « S'est déroulé à huit heures seize minutes et huit secondes, le 3 août. »

Fuji rabaissa son appareil photo. « Une superbe photo, Echizen. Je devrais la développer et l'accrocher dans le vestiaire de notre club, près de celle de ta fête de bienvenue »

Si Ryoma pouvait choisir le moment le plus embarrassant de sa vie, ce serait celui-là.

Eiji se glissa à côté de son Ochibi, mais n'exprima aucune joie ou larmes.

« Ryoma. » C'était la première fois qu'Eiji appelait Ryoma par son nom, ce qui signifiait qu'il était plus que sérieux. « Promets-moi une chose. »

« Quoi ? »

« Tu dois me laisser être le parrain de votre premier enfant avec Sakuno-chan ! Hoi-hoi ! »

Ryoma s'effrondra sous le choc, et Eiji éclata de rire.

Sakuno ne savait pas si elle devait rire ou pleurer. Au moins, il semblait qu'elle avait complété le travail que lui avait assigné Tomoka.


Il fut bientôt l'heure de rentrer. Tous les Titulaires raccompagnèrent Sakuno jusque chez elle (il n'était PAS QUESTION qu'ils la laissent rentrer toute seule habillée comme ça). Aux portes de la résidence Ryuzaki, Sakuno se sentit sur le point de pleurer.

« Eh bien, c'est à toi de prendre soin de Sakuno pour nous, » dit Oishi à Ryoma.

« Fais nous savoir si il te traite bien ou pas. » fit Kaidoh d'un ton bourru.

« Tiens, Sakuno-chan, » Fuji lui donna sa boîte de gâteau aux haricots rouges. « J'ai oublié de te donner ça. »

« Si vous venez à Kyoto, vous êtes les bienvenus dans mon magasin de sushis ! » dit Kawamura.

A ce moment-là, Sakuno ne put se retenir. Une larme coula le long de sa joue.

« Pleure pas, nyah ! » Eiji la prit dans ses bras.

« Il y a 102 pourcents de chance qu'on se revoit un jour. » fit Inui.

« Mais… » renifla Sakuno. « mais ce sera pas pareil… »

Tezuka lui tapa gentiment le dessus de la tête. « Tout ira bien. »

Peu à peu, les autres se regroupèrent et les Titulaires de Seigaku entourèrent Sakuno dans un énorme câlin de groupe. Quand ils s'éloignèrent, Sakuno s'abaissa pour les remercier.

« Domo arigatou, pour…pour tout. »

Quand elle releva la tête, elle put apercevoir que les yeux de Kaidoh, Momo, Kawamura, Oishi et Eiji étaient humides. Fuji était toujours en train de sourire mais ses yeux étaient ouverts. Les visages de Tezuka et Ryoma montraient une inhabituelle tendresse.

« Eh bien, bonne nuit, Sakuno-chan ! » dit finalement Eiji en brisant le silence. « Et souris ! Je ne veux pas partir en te voyant en pleurs ! »

« Ha-hai. »

Sakuno sourit et leur dit aurevoir.

Adieu, mes grands frères, pensa-t-elle. Je ne vous oublierais jamais. Chacun d'entre vous.


NotedeFaraway : Et voilà, le chapitre final est écrit ! J'ai eu quelques difficultés avec la partie sur le festival mais quoiqu'il en soit c'est le mieux que je puisse faire ! J'espere que vous avez aimé ce chapitre et le moment guimauve avec Ryo/Saku. Ps. C'était TROP dur de les mettre ensemble ! Ryoma est vraiment un sale gosse borné !

NotedeZai : OMG ! Tout d'abord, je tiens une fois de plus à m'excuser pour ce retard inconsidéré !... Le fait est que et les fanfics sont sortis de ma vie pendant un long moment, j'ai été très occupé et c'est maintenant, une fois que je me retrouve en Australie que l'envie et surtout le temps de reprendre cette traduction est arrivé !... J'espère que vous continuerez à reviewer cette fanfic, non pas pour moi, mais pour Faraway et son travail incroyable… =)… Il reste encore l'épilogue, qui ne saurait tarder (vu qu'il est déjà traduit haha) ! Biyouuuu à tout le monde !