Coucou,
Je sais que ça fait très longtemps que je n'ai pas mis cette fic à jour et pourtant je ne l'ai pas abandonnée. Voici la suite !
Pour vous rappeler le début : dans cette version, Kazuya est un adolescent ordinaire adopté par la famille Kimura. Son père vient de se suicider et sa mère ne l'a pas supporté, du coup elle s'est faite interner. Livré à lui-même, Kazuya cherche du soutien auprès de sa camarade de classe et amie Jun Kazama mais se heurte à l'insensibilité du petit ami de cette dernière (un OC appelé Shino) et de Lee Chaolan, qui le déteste.
Maintenant que vous avez bien tout en mémoire (lol), je vous laisse découvrir la suite des malheurs de ce pauvre Caliméro de Kazuya. Je pense que vous allez être surpris, voire déconcertés mais surtout pas de panique, je n'ai pas oublié que le Tekken à la base était un jeu de combat ^^
Merci de me lire, de me laisser des reviews et bonne lecture !
Chapitre 3 : Gala de bienfaisance
Cela faisait un bon quart d'heure que Kazuya jouait avec ses nouilles sans en avaler une seule bouchée. Il avait beau n'avoir pratiquement rien dans le ventre, son cerveau était bien trop déconnecté du reste de son corps pour prêter attention à la protestation sourde de son estomac. Du reste, les perfidies de Lee lui avaient totalement coupé l'appétit et la vue de Jun et Shino à quelques mètres de lui n'arrangeait rien. Dans cette ambiance morose, le jeune homme reçut une visite inattendue.
- Bonjour Kimura, murmura une voix douce, est-ce que cela t'ennuie si je m'assois avec toi un moment ?
C'était mademoiselle Midori Yamada, le professeur de danse de la MHS, une discipline, qui, comme tous les autres sports enseignés à l'école, n'était pas à prendre à la légère. Plutôt jeune mais expérimentée, Mlle Yamada dégageait une grande force de caractère et une autorité indiscutable, qui lui avait permis de se hisser au rang des professeurs de l'école les plus respectés. C'était une chance pour Kazuya car sans elle, il n'aurait assurément jamais pu poursuivre son cursus scolaire dans l'établissement.
- Oh c'est vous, professeur Yamada ! s'exclama-t-il sincèrement surpris.
En général, Kazuya ne la voyait guère ailleurs qu'au studio de danse. La jeune femme prit sans doute cette réaction spontanée pour une marque d'approbation car elle prit place face à lui. Comme elle ne portait aucun plateau repas, il était clair qu'elle n'avait pas l'intention de s'éterniser et qu'elle était sans doute venue uniquement pour lui transmettre un message. Message dont l'adolescent avait une hypothèse sur le contenu.
- Je te présente mes plus sincères condoléances pour ce qui est arrivé à ton père, attaqua-t-elle tout de go comme il n'était pas dans ses habitudes de tourner autour d'un sujet médullaire pendant des heures.
Hypothèse confirmée. Kazuya enfourna enfin une poignée de nouilles dans sa bouche pour se dispenser de répondre immédiatement. En toute honnêteté, cette marque de sollicitude de la part de cette enseignante l'agaçait beaucoup moins que lorsqu'elles venaient de la part d'autres gens. Kazuya appréciait vraiment cette femme et le fait qu'elle l'eût sauvé de l'exclusion définitive ou qu'elle fût particulièrement jolie pour une « vieille » n'y était pour rien. Mlle Yamada inspirait la sympathie naturellement, un peu comme Jun.
- Merci, marmonna l'adolescent lorsqu'il n'eut plus d'autre choix que celui de dire quelque chose.
- J'imagine que tu dois entendre ça à longueur de journée et que tu en as assez, devina-t-elle avec un léger sourire malicieux.
- Un peu, avoua Kazuya sans lever les yeux de son assiette, mais je comprends que tous ceux que je croise se sentent obligés de me présenter leurs condoléances. Je sais bien que ça part d'une bonne intention.
Mis à part si les condoléances en question venaient de Shino ou Lee mais Kazuya garda cette remarque pour lui-même. Il ne voulait pas jouer au pauvre petit Caliméro devant son professeur. Il avait déjà suffisamment l'impression d'être un gamin pleurnichard, surtout depuis ces derniers jours. Mlle Yamada eut un faible sourire affable.
- Moi aussi, j'ai perdu mon père, révéla-t-elle à mi-voix, je comprends donc ce que tu peux ressentir.
Kazuya eut un léger sursaut et leva les yeux vers elle, interloqué de recevoir une telle confidence de la part d'une enseignante. Certes Mlle Yamada ne cachait pas qu'elle avait une réelle affection pour lui mais de là à lui confier quelque chose d'aussi personnel… Le jeune homme se sentit un instant mal à l'aise, sans savoir s'il devait à son tour présenter des condoléances après ce qu'il venait d'en dire une seconde auparavant.
- Tu te demandes pourquoi je te dis ça, chuchota Midori avec sagacité, je sais que tu te sens très seul. Lorsqu'on perd un être cher, on se sent forcément seul au monde mais ne crains rien ! En réalité, tu es loin d'être seul, Kazuya. Si jamais tu ressens le besoin de parler… de ton père ou d'autre chose… tu peux venir me trouver.
Kazuya ressentit pour elle une immense vague de reconnaissance mais n'eut pas le cran de le lui avouer et se contenta d'acquiescer discrètement, la gorge serrée. En effet, il se sentit soudain moins seul cette perspective lui réchauffa le cœur et lui rendit un semblant d'appétit. Pensant qu'elle lui avait dit ce qu'elle voulait, Kazuya se remit à manger avec plus d'avidité cette fois mais constata bien vite que le professeur ne quittait pas les lieux.
- Vous… vouliez me dire autre chose ? s'enquit Kazuya d'un ton hésitant.
Non pas qu'il voulût la congédier, bien au contraire : il appréciait sa compagnie. Cependant, comme tout élève qui se respecte, il n'était pas vraiment rassuré de susciter autant d'intérêt de la part d'un professeur. Midori réfléchit quelques secondes, les sourcils froncés et le front criblé de petites rides soucieuses puis se détendit peu à peu et retrouva partiellement son sourire.
- En fait, confessa-t-elle, ça va peut-être te sembler évident mais je voulais te confirmer que tu ne figurais plus sur la liste de participation au gala de charité de Heihachi Mishima.
Kazuya se figea comme une statue, les baguettes en l'air. Les nouilles en profitèrent pour s'échapper et replonger illico dans l'assiette, savourant leur bref répit.
- Q-quoi ? bredouilla le jeune homme, persuadé de n'avoir pas bien saisi les propos de son enseignante.
- Tu n'es sans doute pas en état de continuer à participer aux répétitions et encore moins de te produire sur scène dans deux jours, précisa Midori d'une voix indulgente, presque maternelle.
Kazuya fixa la jeune femme comme si elle était une étrangère, les mains tremblantes crispées sur ses baguettes qu'il semblait sur le point de broyer comme de vulgaires cure-dents. Il n'en croyait pas ses oreilles.
- Vous me virez de la troupe ? s'étrangla-t-il le teint blême.
C'était la dernière catastrophe qui pouvait s'abattre sur lui. L'hécatombe était complète, ni plus, ni moins. Kazuya sentit sa courbe de morale, déjà fort basse, décliner un peu plus dans les flammes de l'enfer. Pourquoi tant de haine ? Quel mauvais génie s'acharnait donc sur lui de la sorte ?
Kazuya entretenait un rapport affectif très étroit avec la danse, il convient de le préciser. A la Mishima High School, le sport était cultivé comme une vertu et outre l'apprentissage obligatoire d'un art martial, le choix d'une seconde discipline sportive entrait également dans le programme d'étude. La majorité des garçons choisissaient le base-ball, le football, le tennis ou toutes sortes de jeux collectifs ou individuels fondés sur la compétition. C'était là le mot d'ordre de l'école. La Mishima High School était l'agôgè spartiate des temps modernes : l'émulation entre les étudiants allait même au-delà du sport et encourageait chaque élève à donner le meilleur de lui-même. Les récompenses accordées aux champions étaient conséquentes. C'est pourquoi la MHS pouvait se vanter d'être chaque année en tête de la liste des écoles possédant le plus fort taux de réussite. Tout était prétexte au défi et à la volonté de surpasser l'adversaire et dans ce domaine, le sport en était le terrain privilégié.
Kazuya était différent lui ne possédait pas ce gène de compétiteur. Il n'aimait pas se battre et se fichait pas mal d'être un chiffre dans un tableau. Peu lui importait d'être plus faible ou plus fort que son voisin. Les autres l'indifféraient. Le jeune homme avait suffisamment à faire à ne s'intéresser qu'à lui-même. Lorsqu'il était entré dans la Mishima High School pour sa première année, il avait choisi de s'inscrire au cours de danse un peu par dépit parce qu'il s'agissait à ses yeux de la seule discipline noble et élégante, qui ne réclamait aucune concurrence entre ses participants. Bien sûr, il y avait des concours. On appelait cela des Battle mais c'était plus des jeux organisés pour le plaisir et dans une ambiance bon enfant. Certains danseurs prenaient cela très au sérieux, à croire qu'ils jouaient leur vie mais de manière générale, un concours de danse était considéré comme une plaisanterie à côté d'un tournoi de base-ball ou pire encore, d'arts martiaux.
Tous les ans, la Mishima High School organisait un tournoi d'arts martiaux par niveau et les résultats déterminaient en grande partie la destinée d'un élève au sein de l'établissement. Une victoire au tournoi assurait à l'élève le titre de major de la promo, même si sa moyenne de mathématiques ou de littérature était catastrophique. Ce système était fortement critiqué par les parents et les autres établissements scolaires mais personne n'était assez fou pour oser faire remarquer à Heihachi Mishima combien ce fonctionnement avait quelque chose de barbare et de rétrograde. Voulait-on préparer les élèves à devenir des futurs citoyens ou des futurs soldats du Tekken ?
Kazuya se moquait éperdument de tout cela. Par chance, il n'était pas mauvais en arts martiaux, ce qui lui avait permis de toujours s'assurer une place correcte dans les tournois scolaires mais ces joutes organisées l'intéressaient moins que la danse. Il s'était véritablement pris de passion pour cet art, surtout lorsqu'il s'était rendu compte qu'il était plutôt doué. Ce n'était pas un sport ou un cours contraignant pour lui mais une bouffée d'oxygène, une manière de s'évader l'espace d'un instant du quotidien étouffant. La danse ouvrait une fenêtre sur un monde sensible et magique où le seul affrontement qui s'opérait était celui du danseur avec son propre corps pour le dompter et le forcer à produire l'effet désiré. Ainsi les cours de danse était ce que Kazuya préférait à la Mishima High School car ils lui permettaient pendant un moment d'oublier tous ses tracas : que ses parents n'avaient pas d'argent, que Jun aimait Shino, que Lee Chaolan était une tête à claques et un fils à papa. Le studio de danse était une bulle fermée aux soucis du monde extérieur, un endroit dans lequel on se sentait en sécurité. Et assurément, le professeur Yamada n'était pas étrangère à cette atmosphère de liberté.
Frappée par les paroles de son jeune élève, celle-ci rejeta sa tête en arrière en écarquillant des yeux comme des soucoupes.
- Te virer ? répéta-t-elle ahurie. Jamais de la vie ! Tu es l'un de mes meilleurs éléments. Comment peux-tu croire ça ?
- Mais si vous ne voulez plus que je participe aux répétitions…
- C'est pour te laisser le temps de récupérer, expliqua Midori d'une voix douce, tu dois être bien trop bouleversé pour avoir envie de danser.
- Au contraire, répliqua Kazuya d'une voix presque suppliante, j'en ai plus besoin que jamais. Laissez-moi continuer s'il vous plaît !
Midori parut d'autant plus effarée.
- Tu veux quand même danser au gala de bienfaisance ? s'étonna-t-elle. Mais… tu… enfin d'après ce que j'ai entendu dire… tu veux vraiment te retrouver face à Heihachi Mishima ?
Kazuya avala sa salive de travers et ne put réprimer la grimace hideuse que lui inspirait ce nom. Il n'avait pas réfléchi à cette possibilité. Heihachi Mishima ressemblait à un être omniscient : partout et nulle part à la fois. L'adolescent avait du mal à imaginer qu'il allait le voir en chair et en os, même s'il s'agissait de son propre gala de charité. Par ailleurs, il avait totalement oublié la préparation du spectacle ces derniers temps, étant donné les récents événements et n'avait, de ce fait, nullement pris la peine de songer à ce qu'il voulait faire. Mlle Yamada, elle, y avait pensé.
- Kazuya, il est peut-être un peu tôt pour songer à reprendre l'entraînement.
- Justement non, trancha le jeune homme avec conviction, je ne m'en sortirai jamais si je m'apitoie sur mon sort. Traitez-moi comme n'importe quel élève ! C'est la seule façon pour moi de reprendre une vie normale.
La conviction qu'il mit dans sa voix le surprit lui-même. Mlle Yamada eut un sourire appréciateur.
- Tu es très courageux, commenta-t-elle, j'aime cet état d'esprit. Puisque tu y tiens tant, je t'attends ce soir à l'endroit habituel, à l'heure habituelle… mais je te préviens : je ne te ferai pas de cadeaux.
Kazuya lui adressa un léger sourire en signe de remerciement. L'entretien s'acheva ainsi. Il n'aurait guère pu durer plus longtemps de toute façon car la cloche sommait déjà les élèves de retourner en classe. Kazuya contempla son plateau encore bien garni avec une pointe de regret. Tant pis, il s'achèterait une barre énergétique après le devoir de maths. Misère le devoir de maths ! L'adolescent n'y pensait même plus. Et dire qu'il avait espéré profiter de la pause de midi pour relire ses cours… enfin les lire tout court d'ailleurs ! La sonnerie de son téléphone portable le tira brutalement de ses pensées et manqua de peu de lui provoquer un arrêt cardiaque tant il ne se rappelait pas avoir oublié de le mettre sur vibreur.
- Allô ?
- Monsieur Kimura Kazuya ?
Encore une voix dure et métallique, comme celle du docteur Nakamura ! Le jeune homme fronça les sourcils pour son interlocuteur invisible et répondit avec prudence.
- Oui, c'est moi. Qui est à l'appareil ?
- Maître Tanaka, avocat se présenta la voix sèche.
Enchanté, songea Kazuya avec ironie.
- Bonjour, répondit-il plutôt.
- Je devais procéder à l'ouverture du testament de votre père à 13h mais votre mère ne s'est pas présentée au rendez-vous et je ne peux la joindre à aucun des numéros qui m'a été donné.
Au moins, il était direct. Ce n'était pas plus mal.
- Ma mère est à l'hôpital, expliqua Kazuya en priant pour que l'avocat ne demandât pas plus de détails sur ce qu'elle avait exactement, je ne sais pas encore quand ils vont la laisser sortir.
- Il faut pourtant s'occuper de ce testament, monsieur Kimura rétorqua Tanaka non sans impatience mon emploi du temps ne me permet pas de vous recevoir quand bon vous semble, vous savez.
- Désolé, maugréa Kazuya qui n'appréciait pas du tout d'être ainsi réprimandé par un homme qu'il ne connaissait ni d'Adam ni d'Eve, je n'étais même pas au courant que ma mère avait rendez-vous.
- Voilà qui est étonnant, commenta Tanaka, parce qu'étant donné que vous êtes le seul destinataire qui figure sur le document, votre présence était obligatoire.
Kazuya marqua un temps d'arrêt pour essayer de comprendre le jargon de ce juriste insensible.
- Vous voulez dire… qu'il n'y a que moi sur le testament ? balbutia Kazuya interloqué.
- Tout à fait.
Sympa pour maman !
- Alors ça veut dire que je peux venir seul au rendez-vous ?
- Vous êtes perspicace.
Ouh ils n'allaient pas bien s'entendre s'il continuait ainsi ! Kazuya eut envie de l'envoyé promener mais la curiosité de savoir ce qui figurait sur le testament le poussa à résister à la tentation. Certes son père ne possédait quasiment rien mais il lui avait tout de même laissé un héritage. Une simple montre de gousset ramenée d'Europe serait une belle attention.
- Alors quand est-ce que je peux venir ?
- J'ai consulté mon planning et je peux vous proposer un créneau jeudi prochain à 15h.
En plein milieu des cours évidemment. Qu'importe ! Le moment était mal choisi pour jouer les difficiles.
- C'est d'accord, accepta Kazuya sans prendre le temps de réfléchir plus longtemps, à jeudi !
Il raccrocha sans prendre la peine d'attendre la réponse de l'avocat comme la salle de mathématiques était en approche.
Lentement mais sûrement, je tisse la toile de l'intrigue.
Bon je reconnais que faire de Kazuya un danseur émérite, c'est un peu space lol. Je comprendrais que vous vous disiez quelque chose comme « elle a craqué ou quoi ! » mais en fait ça va peut-être vous surprendre mais j'imagine très bien un Kazuya ado danser comme un dieu. J'adore la danse (même si je suis loin d'exceller dans ce domaine) et c'est la première fois que j'ai l'opportunité d'exploiter cette discipline dans une fic alors j'en profite. Même si dans mon début, Kazuya n'apparaît pas à priori comme un guerrier en puissance, j'ai l'intention de le faire combattre et plus vite qu'on ne le pense lol.
Alors ça vous a plu ? J'attends vos avis.
Titre du prochain chapitre : « Une rencontre au sommet »… très évocateur, je vous laisse imaginer quel autre personnage du Tekken fera son apparition ^^
Merci d'avoir et à bientôt !
