Jeu dangereux
Epilogue
COMPLOT.
Voilà le mot qui résonnait inlassablement dans sa tête. Ce devait être sa mère, aidée par les gens qui la détestaient le plus, qui l'avaient fourré dans cette histoire insensée. Ou encore Hugo, qui avait voulu se venger de la diète qu'elle lui avait imposé quelques jours plus tôt parce qu'elle avait envie de lui faire payer toute la frustration qu'elle avait accumulé quand il était parti en reportage à Venise avec une blondasse de son bureau qu'elle ne pouvait pas encadrer.
Elle, dans un repas du dimanche familial. Et pas dans celui de n'importe quelle famille respectable d'anglais, non. Il fallait évidemment qu'elle se coltine les Potter et les Weasley, au grand complet. Et Hugo lui souriait, innocemment, devinant sans peine toutes les pensées qui l'agitaient... enfin, presque toutes.
C'était la première fois après sept mois -sept mois !- de relation exclusive avec Hugo Weasley qu'elle rencontrait officiellement sa famille, et accompagnée de la sienne de famille, merci Merlin, son père était là pour la soutenir dans cette fosse aux lions. Mais elle rencontrait surtout la mère de son compagnon, Hermione Weasley, la si fameuse et la si renommée Hermione Weasley. Celle qui avait réussi d'une certaine manière à faire cesser la relation qui existait entre Hugo et Adélaïde Grangeon.
Pour ça, Aobh ne la remercierait jamais assez. Mais là n'était pas la question Maman-d'Hugo l'observait intensément de là où elle était assise, faisant semblant de s'intéresser à une discussion entre son meilleur ami Harry Potter et Neville Londubat. Et ça l'énervait franchement.
Aujourd'hui, elle avait l'impression d'être une bête de foire parmi tous ces anciens Gryffondors et Serdaigles... Pas un seul Serpentard ! ... Ah si, le cousin d'Hugo, Albus Potter, avait été réparti à Serpentard avec le petit Malefoy, elle s'en souvenait. Plus âgés qu'elle.
Mais ça ne la sauvait pas pour autant de cette atmosphère trop... amicale. Trop familiale, trop bruyante, trop désordonnée. Les rires des enfants fusaient de partout, ils se couraient après et il lui semblait que les jumeaux -Kay et Christopher si elle avait bien retenu leurs prénoms- étaient les pires chenapans de tout le monde sorcier les discussions étaient animées, passionnées la grand-mère menait tout son petit monde avec sa voix imposante, demandant aux uns et aux autres d'aider pour la disposition du repas, et réprimandant également son mari qui semblait passionné par un barbecue électrique et chacun des invités lui jetant un petit coup d'oeil curieux avant de se re-concentrer sur leurs jacassements.
"Passionnant en effet." pensa Aobh, désillusionnée, en allumant une cigarette.
La main large et réconfortante de son paternel se posa sur son épaule et Aobh soupira. Il semblait tout aussi mal à l'aise qu'elle dans ce genre de « réunions », et il avait réussi à y échapper en quelque sorte en épousant Padma Patil, dont la famille était quelque peu guindée, mais classe et surtout, noble. Donc aucun débordement affectif, aucun piaillement à supporter, même si on intégrait Parvati.
-Ma chérie, voilà le monde dans lequel tu vas vivre le temps que tu resteras avec Hugo.
Pour une raison inconnue, son père appréciait bien Hugo malgré le fait qu'il jugeait qu'il lui manquait un peu de répartie, mais « que ce n'était pas de sa faute à ce pauvre enfant, quand on voit son empoté de père ». Et puis, il est vrai que Blaise était quelque peu soulagé que sa seule petite fille chérie finisse ses jours -enfin il était encore beaucoup beaucoup..., vraiment beaucoup, trop tôt pour oser penser ça- avec un homme sain, pas trop fêtard, et qui semblait assumer toutes les conséquences de ses actes.
… Tant qu'il aurait au moins un petit-fils reparti à Serpentard, voir Aobh avec un Weasley -brun, de surcroît ! Il ne pouvait pas rêver mieux. Merci aux gènes de Granger.- ne lui posait pas vraiment de problème.
-Je pourrais y survivre si ce genre de choses se passe uniquement tous les six mois, répondit Aobh avec une moue.
A cette réponse, son père eut un rire discret qui attira l'attention de Rose Weasley, qui vint les saluer, un peu guindée. Elle non plus n'avait pas vraiment l'air à sa place, et Aobh savait plus ou moins pourquoi. Hugo lui avait raconté pas mal d'anecdotes sur les différents membres de sa famille, et bien entendu, c'était sur sa sœur qu'elle en avait le plus entendu.
Rose Weasley, depuis qu'elle avait été en âge de quitter la maison familiale, tentait par tous les moyens, tous les stratagèmes, d'éviter de se retrouver trop souvent en présence de ses parents, qui eux-mêmes ne comprenaient pas pourquoi mais la laissaient -plus ou moins- tranquille. Et pourtant, elle adorait sa famille, d'après Hugo, mais leurs parents avaient fondé trop d'espoirs en elle depuis le début, l'avait trop choyée, trop aimée, et sans le savoir, lui avaient mis un poids considérable sur les épaules à trop lui répéter « Tu es la meilleure, Rosie. Notre petite Rosie est la plus intelligente, combien on est fiers de toi petite. » et elle avait dû saturer.
-Alors Zab... pardon, Aobh, s'excusa Rose de l'emploi du nom de famille, trop habituée, avant de continuer : Te voici à un repas typique Weasley. Qu'est ce que tu en penses ?
Aobh sourit à la sœur de son petit ami, narquoise, s'humecta les lèvres et planta son regard charbonneux dans celui brun de Rose, si différent de celui de l'homme qui partageait sa vie.
-Charmant.
Le mot grinça dans la bouche d'Aobh, ironique, roulant entre ses lèvres pleines et insolentes. Elle n'aimait pas les Weasley et ne s'en cachait pas. Ce n'est pas parce qu'elle se tapait un Weasley depuis sept mois qu'elle devait faire ami-ami avec tous les autres. Non mais !
Rose fit semblant de ne pas comprendre le venin qui se cachait dans ce mot, et sourit à Blaise d'un air distant.
-Hugo a l'air vraiment heureux avec toi, je t'avais mal jugé, apparemment.
-Oh non Rosie, tu m'avais plus ou moins bien jugée. C'est Hugo qui est masochiste et qui se prend d'affection pour des tordues narcissiques, imbues d'elles-même et sans vraiment respect pour les autres.
La fille de Ron Weasley garda le silence un moment, jaugeant Aobh, curieuse de comprendre ce qui avait bien pu attirer son jeune frère en elle. Sûrement sa repartie mordante, … Hugo n'avait jamais supporté les femmes molles et sans esprit.
-Plus que probable.
Et la rousse les laissa là, retournant discuter avec sa cousine Victoire, qui tenait un marmot aussi blond qu'elle dans ses bras.
-Tu viens de rembarrer ta future belle-soeur, constata Blaise d'un ton léger.
Aobh s'étrangla. Son père venait-il vraiment d'insinuer ça ? … Non, impossible. Elle eut un rire égrené, douteux.
-Papa, Hugo et moi n'allons pas nous...
-Qu'est ce que nous n'allons pas faire Aobh ? Demanda Hugo qui arrivait au même moment derrière elle.
La jeune femme maudit son père, et déposa un baiser rapide sur les lèvres de son brun. Bien sûr, elle aurait préféré ne pas se contenter d'un petit baiser de rien du tout, mais décence oblige, elle s'en tint à ça. Et même si elle n'avait jamais été du genre à être décente -soyons honnêtes-, il lui semblait évident qu'être provocante dans un endroit « hostile » devant ses parents ne serait pas judicieux.
-L'amour en public, chéri. Mon père adore l'exhibition et encore plus, le scandale que celle-ci pourrait créer ici.
Blaise haussa un sourcil, à peine touché par le mensonge éhonté de sa fille. Dans son esprit, si Hugo connaissait suffisamment sa chère et tendre, il saurait de suite que ce n'était qu'un leurre pour dissimuler la phrase qu'elle allait dire. Nul doute qu'il le prendrait mal. Très mal. Il était du genre à penser à une union avec Aobh Zabini, peut-être pas maintenant, mais dans un futur proche, oui.
-Désolé beau-papa, mais je ne suis pas friand de ce genre de … hum, choses, répondit jovialement Hugo, entrant dans le jeu d'Aobh, qui poussa un soupir intérieur.
Un mois plus tôt, il lui avait parlé d'emménager ensemble mais elle avait vivement refusé. Rien que ça l'avait déjà blessé, alors si elle osait, oui, osait, dire qu'elle ne se marierait jamais avec lui, ce serait le premier et le dernier repas Weasley auquel elle assisterait.
Quoique ça serait une très bonne compensation... Ah. Non, en fait. Elle était déjà en manque de lui au bout de deux jours quand il partait pour des reportages pour deux semaines, alors ça serait très mauvais pour son mental à elle, de le perdre.
-Très bien, je vais aller voir Padma alors, peut-être qu'elle acceptera de se montrer en public, lança Blaise, très digne, avec un sourire carnassier aux lèvres.
Sa fille laissa échapper un petit rire moqueur, gracieux, tout en passant une main négligée dans les boucles de ses cheveux sombres.
-Et t'en as vraiment pas envie, mais en privé ? Susurra Hugo, joueur.
Elle adorait ça chez lui : il entrait toujours dans ses jeux tordus, coquins, il riait de toutes ses crises de narcissisme, la soutenait quand son job l'énervait et qu'elle avait envie de tout plaquer -et pourtant, elle adorait son job à Liverpool, et était toujours fourrée avec Joy quand elle n'était pas avec Hugo- et savait péter des plombs avec elle pour des réconciliations mémorables sur l'oreiller.
D'ailleurs, en parlant de Joy, celle-ci avait réussi à se venger de Graham O'Connell -de façon remarquable : elle avait réussi à le faire virer,... ô cruauté, quand tu nous tiens, mais celui-ci s'était tout de suite fait réembauché par une autre entreprise de consultants financiers à Plymouth- et fréquentait depuis un peu plus de quatre mois un adorable Sang-Pur italien -à la grande joie d'Aobh !- qui participait à un échange international dans son entreprise pharmaceutique sorcière.
-On s'éclipse ?
-Je ne sais pas si ma mère et ma grand-mère seront enchantées de me voir partir là maintenant avec toi, répliqua Hugo, plus sérieux, en lui posant un baiser sur le front.
Aobh grogna de déception et eut soudain une pulsion, qu'elle ne s'expliqua pas, et que même plus tard, en y réfléchissant, elle n'y put donner une raison valable de le faire. Mais elle sentait que c'était le bon moment, c'est tout.
Cet homme brun, si grand, si fort, si beau, au sourire qui la faisait fondre, au regard qui lui enflammait les sens, elle l'avait dans la peau et ça elle ne pouvait pas le nier.
-Je t'aime Hugo Weasley.
Il la regarda étrangement, comme si elle couvait une grave maladie, et éclata de rire, prenant soin de ne pas laisser son cœur exploser à ces cinq petits mots qui lui étaient adressés.
-Tu sais Aobh, c'est la première fois que tu me le dis.
Lui le lui avait déjà dit. Plusieurs fois. Elle, jamais.
Aobh se mit à rire, atteinte d'une douce folie, se souciant à peine des regards curieux de la famille de son homme sur eux.
-Et ce ne sera pas la dernière, petit amour.
Petit épilogue pourri sur Aobh et Hugo que je vous devais depuis perpette. On voit ce que devient nos deux chouchous, sept mois plus tard. Et pour Joy, il y a quand même une petite phrase, je ne pouvais décemment pas vous laisser sur votre faim pour la vengeance.. Quoique je l'ai fait, j'ai juste dit le résultat.. Oups !:p
Bref, voilà, je peux enfin mettre 'complete' sur cette fiction. J'espère que vous avez aimé.:) Merci à tous pour vos adorables reviews ! Ça fait chaud au coeur.
De gros bisous !
Valouw.
