Voici la suite. J'avais promis une intervention de Prince Soma et Agni dans le résumé, alors les voilà (enfin !). Ce chapitre est assez centré sur Ciel, mais j'espère qu'il plaira quand même.
Ah, et je viens de me rendre compte que Grell Suttcliff s'écrit avec un seul "t" normalement. Maintenant que je suis lancée, je pense que je vais terminer avec mon orthographe, à moins qu'on me dise que c'est une insulte gravissime au shinigami que de maltraiter son nom ^^
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Il est dit que briser un miroir apporte sept ans de malheur.
Alors combien coûte un Pacte brisé ?
Sebastian resta debout, immobile, devant son jeune maître. Ciel releva la tête pour voir son majordome le regarder de haut, très droit. Pour la première fois, ses yeux n'étaient pas si impassibles. Le jeune Phantomhive pouvait lire quelques esquisses de sentiments dans les prunelles sombres.
- J'ai échoué.
La voix de Sebastian semblait étrangement calme, douce et grave. Ses yeux reflétaient une légère – oh très légère, presque insaisissable, immatérielle comme un esprit – tristesse. Un vent s'était levé, aussi irréel que cette petite souffrance, et faisait jouer les cheveux du démon dans le vent. Il s'agenouilla pour être à hauteur de son maître, encore assis sur le sol, la main serrée autour de sa plaie.
- Pardonnez-moi.
Ses contours commencèrent à se brouiller, comme la fin d'un rêve. Ciel se surprit à crier un ordre désespéré :
- Tu n'as pas le droit de partir ! C'est un ordre, Sebastian !
Les yeux fermés, la tête baissée, le majordome ne semblait pas l'entendre. Soudain, ce n'était plus un homme qui se tenait devant le jeune Phantomhive mais un tourbillon de plumes noires. Elles s'éparpillèrent dans la brise, et les shinigamis furent enveloppés un moment de ces longues plumes de corbeau avant qu'elles ne se perdent dans le ciel. Ciel resta au sol, haletant, les yeux perdus dans un magnifique soleil couchant constellé de plumes. Il ne restait rien de son majordome.
Il cessa de crier.
Au sol, dans la poussière, gisait la petite montre à gousset en argent de Sebastian. Grell Suttcliff, tout sourire, la récupéra entre ses longs doigts fins.
- Ca, déclara-t-il avec un sourire qui dévoilait ses dents pointues, c'était mortel !
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Ciel ne sut jamais comment il rentra. Un instant, il était dans le vaste jardin qui entourait le repaire des shinigamis. Les trois le considéraient, entre l'amusement et le mépris. Grell était trop occupé à savourer sa victoire et à jouer avec la montre de « son » beau démon pour accorder une once d'attention au jeune noble. William T. Spears, lui, arborait un léger sourire, à peine esquissé. Il n'avait pas douté du pouvoir des statistiques. 84,7% de chances, c'était à peine un pari.
Le plus jeune shinigami, Ronald Knox, était le seul qui semblait avoir pris Ciel en pitié. Avec un sourire un peu suffisant, il s'avança pour lui frotter le crâne. Le jeune Phantomhive se dégagea brusquement, stupéfait que quelqu'un ose autant de familiarité, regrettant déjà la barrière que formait Sebastian entre lui et le reste du monde.
- Va, petit sauvage, rit Ronald. Sans rancune. Tu ne pouvais pas savoir.
Ciel n'avait jamais été aussi humilié de sa vie. Pourtant, la situation empira quand Ronald enchaîna :
- Tu feras attention la prochaine fois, et ne viendras pas jouer dans la cour des grands.
Il pencha légèrement la tête de côté en se redressant. Ses cheveux blonds et noirs jouaient autour de ses traits et soudain, avec les ombres sur son visage et ses yeux d'un vert presque noir, il devenait un peu plus sinistre.
- File, nabot, tu vas être en retard, intervint Grell.
Il jouait avec la petite montre d'argent, l'ouvrant d'un geste désinvolte pour indiquer l'heure au noble Phantomhive. En cet instant, piégé entre trois shinigamis plus grands, plus âgés et moqueurs, Ciel semblait redevenir un enfant. Grell le taquinait à sa gauche avec la montre de son majordome, Ronald lui jetait un regard mauvais de sa droite. Un peu en retrait, mais face à lui, William lui adressait un regard condescendant, à la limite de la pitié.
- File, répéta Ronald. Tu as rendez-vous avez l'au-delà.
L'instant suivant, il était dans les rues encombrées de Londres. Il avait réuni les piètres lambeaux de sa dignité et les avait emportés avec lui.
Ciel se sentait abandonné, bien sûr, humilié, bien sûr, désolé et désespéré, bien sûr. Mais avant tout, il était en colère. Ciel ne s'était jamais senti aussi enragé. De quel droit Sebastian avait-il osé échouer ? De quel droit osait-il l'abandonner, lui qui avait promis d'être là, toujours, jusqu'à la fin ? L'enfant marchait dans les rues sans prendre à garde aux lieux où ses pas le menait, tête baissée, ruminant ses pensées sombres. Sebastian n'avait aucun droit de le laisser à la merci de ces shinigamis. Et ces hommes s'étaient montrés tellement gentils. Comme si, sans Sebastian, Ciel redevenait un petit enfant, qu'il fallait pardonner, sermonner tout au plus. Sans majordome, il perdait sa prestance, son aura de danger, et redevenait faible.
Faible. C'était en étant faible que l'on devenait une victime. S'il devenait faible, encore, ses ennemis pourraient l'atteindre. Encore. Quelle ironie ce serait, de rencontrer enfin ceux qu'il voulait tant détruire au moment où il n'avait plus le moyen de se venger !
Que fait un roi sans pièces ? Il peut à peine bouger d'une case à la fois, désespérément lent, atrocement découvert. Etait-il condamné à toujours fuir de case en case, lentement, cherchant à traverser l'échiquier en une fuite éperdue ? Sans Sebastian, il devenait un être boiteux, diminué.
Et ce qui est perdu n'est jamais retrouvé. Ciel était bien placé pour le savoir. Ces jambes brisées, cette forêt sans retour, il les avait déjà connues.
Il en était sorti une fois. Il en sortirait une deuxième fois. Il n'avait besoin de personne. Il n'avait certainement pas besoin d'un démon. Il devrait être soulagé, au contraire, d'avoir pu exploiter ses services aussi longtemps. Désormais, il n'aurait jamais besoin de lui céder son âme. Oui, la disparition de son majordome était une bonne chose. Agaçante, tout au plus. Elle le retarderait un peu pour aider Bard. Il le sauverait tout de même. Seul. Un roi est toujours seul. Il avait toujours été seul, même sans le savoir.
Sebastian mentait, comme tous les autres.
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Ciel manqua de heurter l'homme qui s'était dressé devant lui. La nuit était tombée, et le jeune Phantomhive s'en était à peine rendu compte, plongé qu'il était dans ses pensées. Maintenant, quand il levait les yeux du torse qu'il avait heurté vers un visage creusé par la faim, il se maudissait d'avoir été aussi peu attentif. Il était à quelques pas de sa maison londonienne. Pourquoi fallait-il qu'il ait des ennuis maintenant ?
L'homme n'était pas seul. Au vu des quelques sacs et des outils à peine dissimulés que ses comparses tenaient, il était facile de deviner pourquoi des hommes pauvres étaient venus dans ce quartier élevé. Le vol était un fléau de plus que la reine désespérait d'éradiquer.
- Ecartez-vous, ordonna Ciel. Vous n'avez rien à faire ici.
- Toi non plus, petit, gronda l'homme.
Soudain, un poing était autour de sa gorge, et le jeune Phantomhive fut à moitié traîné, à moitié poussé contre un mur. Il se sentit étouffer, et chercha de sa main libre son fusil, qui ne le quittait jamais en mission. Il n'avait pas besoin de Sebastian pour se défendre. Il n'avait besoin de personne.
Il tira sans hésiter. Cette-fois, personne ne viendrait le sauver au péril de son bras, de son corps tout entier. Cette-fois, il ne pouvait compter que sur lui-même.
L'homme qui l'avait agressé tomba en arrière avec un râle d'agonie. Ses comparses vinrent aussitôt former un cercle menaçant autour de Ciel. Le jeune Phantomhive essaya de tous les maintenir en joue. Sa gorge, rouge et marquée de bleus, le brûlait. Il n'aurait jamais assez de balles pour tous les abattre, et s'ils attaquaient en même temps il ne pourrait tirer, au mieux, que deux fois.
- C'est qui le gamin ?
- Il a buté Booth.
- Il nous a vus.
- Il doit crever.
Ils parlaient comme s'il n'existait pas, ou alors à peine. Ils parlaient comme si Ciel n'était qu'un enfant, un petit enfant pitoyable dont les avis, les forces et les colères ne comptaient guère. Ils parlaient comme s'il n'existait déjà plus. Sans Sebastian, Ciel s'effaçait aux yeux du monde. N'avait-il jamais été que le reflet détraqué de son majordome ?
Il les tuerait. Peut-être pas tous. Mais il marquerait leurs vies de son sceau, un sceau de mort et de détresse qui n'avait plus rien d'enfantin.
Il appuya sur la gâchette de son arme au moment où ils fondirent sur lui, meute de loups effilés contre un chien solitaire.
Il sentit un bras autour de sa taille au moment où sa main pressait la gâchette. La balle fila de travers, manqua sa cible et alla rebondir contre le sol. Ciel, lui, se sentit soulevé et arraché à la foule. Des bras puissants le maintinrent sur quelques mètres d'un bond fabuleux. Son sauveur et lui glissèrent au sol quelques mètres plus loin, dérapant légèrement sur les pavés humides de Londres.
Peut-être que Sebastian n'était pas un menteur.
- Seigneur Ciel, vous allez bien ?
Agni semblait sincèrement inquiet. Prince Soma arrivait en courant juste derrière eux, l'air presque aussi en colère que Ciel lui-même.
- Qui a osé toucher mon petit frère ? gronda-t-il. Débarrasse-moi d'eux, Agni !
Et il vint prendre Ciel dans ses bras, l'écrasant contre son torse en un geste protecteur. Encore plus agacé d'être traité en enfant maintenant qu'il n'avait plus de moyens efficaces de se défendre, Ciel se débattit sans douceur. Mais Prince Soma, du haut de ses dix-sept ans, avait assez de force pour le maintenir.
- Jo ajha.
Bientôt, il ne resta des brutes que quelques râles. Ciel réussit alors à se dégager des bras de Soma, avec une brutalité peut-être un peu plus marquée que ce qu'il aurait voulu. Son ami indien lui jeta un regard blessé.
- Où est Sebastian ? demanda-t-il. On a accouru dès qu'on a entendu le coup de feu.
Presque au même instant, et avec la même inquiétude, Agni demandait :
- Où est Sebastian ?
Un temps de silence. Le givre avait envahi toute cette rue droite et bien pavée. Un peu sang la tachait, désormais, avec quelques hommes qui s'étaient cru forts. Il faisait nuit noire, et on ne discernait que les hautes maisons aux fenêtres crénelées et les étoiles presque éteintes. Immobiles, les trois amis – un Phantomhive pouvait-il seulement avoir des amis ? – se regardaient en silence tandis que leurs souffles libéraient des dragons de buée immaculée.
Ciel répondit la stricte vérité, aussi glacé que l'air de février.
- Il a échoué.
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Agni et son prince étaient installés dans le salon de la maison londonienne de Ciel. Le jeune Phantomhive dormait, et aucun des deux n'avait eu le cœur de le réveiller. Il semblait éreinté. Visiblement, il avait passé une majorité de la nuit éveillé, à remâcher ses soucis. Il était temps qu'il profite d'un sommeil bienheureux. Agni avait soigné sa blessure au bras du mieux qu'il pouvait, mais la douleur avait néanmoins dû participer à son insomnie. Les deux indiens étaient très inquiets pour lui. Ils attendaient qu'il descende enfin, discutant à voix basse, comme si leurs voix risquaient de l'éveiller.
- Tu penses qu'il a renvoyé Sebastian ? demanda Soma.
Il était assis sur un fauteuil de travers, de manière à avoir sa tête sur un accoudoir et ses deux jambes pendant sur l'autre. Agni, lui, était assis très droit, mains sur les genoux, en face de son prince, soucieux.
- Je ne sais pas, prince.
- Il a dit qu'il avait échoué. Je pense que ça veut dire qu'il l'a renvoyé à cause d'une erreur. Non ?
Agni hocha doucement la tête.
- Je pense que Seigneur Ciel se mettrait en colère si son majordome commettait une erreur. Mais est-il possible à Sebastian de commettre des erreurs ?
Prince Soma jeta à son majordome un regard qui hésitait entre l'amusement et la gravité.
- Je sais que tu penses qu'il est parfait, Agni, mais c'est un homme. Les hommes font des erreurs. C'est dans leur nature. Même toi, qui porte la main de la déesse, tu as fait des erreurs.
Agni joignit aussitôt ses mains et baissa la tête face à son maître, yeux fermés. Il se sentait si honteux à chaque fois que son prince, par jeu ou par provocation, lui rappelait ce sujet. Il ne savait pas s'il méritait réellement de pardon après avoir osé ainsi prendre ses propres initiatives, tout dans le but de protéger le secret de Meena, qui ne s'était pas pour autant montrée tendre avec le jeune prince du Bengale.
- Je suis navré, prince, et vous pouvez être assuré que je ne…
- Je sais, Agni. Ce n'est pas grave.
Prince Soma soupira et regarda le plafond. Au-dessus d'eux, Ciel dormait toujours du lourd sommeil d'un enfant.
- Ce n'est pas grave. Il y a plus important. Ciel était plus heureux avec Sebastian. Moi, je suis plus heureux avec toi. C'est tout ce qu'il faut savoir.
Il ajouta, plus bas, en reportant ses larges yeux bruns sur ses pieds :
- J'aimerais bien qu'il le comprenne.
- Que je comprenne quoi ?
Le timbre de Ciel était légèrement sec. Il s'était enfin levé, et le premier coup d'œil des deux indiens leur apprirent qu'il n'avait pas pris autant de temps pour descendre parce qu'il était épuisé. Bien qu'Agni ait posé ses affaires propres pliées à ses côtés avec une note l'encourageant à l'appeler dès qu'il serait levé, de façon à l'aider à s'habiller, le jeune noble semblait avoir décidé de se débrouiller seul. Le résultat avait dû prendre beaucoup de temps. Cependant, les lacets restaient lâches et le nœud assez décentré. Agni faillit se lever et rectifier le pli des vêtements, mais décida de ne pas risquer l'agacement du jeune Phantomhive.
Ciel fit quelques pas dans le salon, droit et sévère. Il semblait avoir vieilli. Ses traits étaient tirés, des cernes discrets soulignaient ses yeux. Ses habits légèrement froissés et mal placés accentuaient cet effet. Il ressemblait à un enfant devenu adulte avant l'âge, et qui approchait du soir de sa vie avant même d'avoir pu l'entamer. Quelque chose s'était durci dans son regard et ses traits. Il luttait tellement pour sembler solide et âgé qu'il en devenait d'autant plus jeune et fragile aux yeux d'Agni.
Plus l'on devient dur, plus l'on est facile à briser. Un roseau se plie, un diamant éclate.
- Alors, Soma, que devrais-je comprendre ? Je t'écoute.
Ciel vint s'asseoir sur le canapé, resté libre. Le vingt-sixième prince du Bengale se redressa sur un coude et se tourna vers son ami, hésitant entre lui répondre, lui sauter dans les bras, et rester silencieux.
- Tu es plus mûr que moi, Ciel, je ne sais pas si j'ai des leçons à te donner, répondit-il prudemment, jouant avec un fil qui dépassait du fauteuil.
Un temps de silence. Agni pensait que son prince n'allait pas reprendre la conversation, mais il continua :
- Peut-être faut-il apprendre à pardonner ?
Au moment où il avait commencé à parler, Soma avait subi un regard noir de Ciel, qui l'inquiéta légèrement. Il reprit la parole, plus rapide, comme s'il avait peur de ne pas avoir le temps de tout dire. Il s'embrouillait nettement, articulait de moins en moins bien. Dans son émotion, il s'était levé face à Ciel, et parlait avec ferveur, les yeux brillants.
- Tu sais que je ne pouvais que pardonner à Agni de m'avoir désobéi pour m'aider. Mais tu sembles incapable d'éprouver de la compassion pour Sebastian. Tu sembles incapable de comprendre qu'il a le droit à l'erreur. Nous avons tous le droit à l'erreur.
Le jeune prince s'arrêta juste le temps de reprendre sa respiration :
- Nous sommes humains.
- Justement.
Ciel se leva et laissa les deux indiens sur cette réponse.
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Elle avançait laborieusement, depuis des jours et des nuits sans fin. Rien n'avait jamais été aussi pénible que ces quelques pas répétés. Un humain serait mort depuis longtemps. Un ange, en revanche, pouvait compter sur quelques jours de plus avant le verdict. Elle savait qu'elle trouverait un village, tôt ou tard. Elle suivait une route gelée depuis des jours, s'enfonçant de plus en plus au Nord, dans les climats rudes de l'Ecosse. Ses blessures la faisaient atrocement souffrir, mais elle continuait.
Certains mots la maintenaient vivante, quand elle les répétait comme une litanie funèbre.
Certains désirs et certains rêves l'empêchaient de sombrer.
Elle devenait néanmoins fiévreuse. Ses plaies ne saignaient plus le froid avait cet avantage. Mais une d'entre elles s'était infectée. Elle avait fait ses calculs, calme et désolée comme le paysage autour d'elle. Il lui restait au mieux une semaine, six jours probablement. Si elle ne recevait pas d'aide dans ce laps de temps, elle mourrait.
Elle mourrait sans obéir à la reine.
Elle mourrait sans détruire la souillure.
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Le soir tombait. La journée avait été vide. Ciel hésitait quant à la démarche à suivre. Le compte à rebours pour Bard était lancé. Sur dix jours, un avait été utilisé pour aller voir les shinigamis et l'autre pour se reposer. Il lui restait huit jours. Il ne pouvait plus se permettre de temps morts comme la journée qui venait de s'écouler. La vie de son domestique était en jeu, et les autres serviteurs du manoir allaient rapidement paniquer en constatant son absence, sans parler de celle de son majordome.
Ciel alla jusqu'au balcon et considéra la ville. Elle était surchargée d'odeurs et de toits dentelés. Pourtant, elle semblait très vide. Pas un bruit ne s'échappait de l'air tiède et immobile. C'étaient les premiers jours de chaleur, depuis la disparition de son majordome. La lumière avait un goût amer.
Le jeune noble laissa le soleil se coucher lentement, debout dans les derniers rayons. Le silence s'étendait tout autour de lui, saturait l'air. Les étoiles se levèrent timidement, une à une, comme honteuse d'illuminer une nuit aussi solitaire. Un fin croissant de lune dessina bientôt un sourire tordu dans le ciel d'encre.
Ciel prit la parole.
- Je te pardonne.
Il attendit.
L'air froid ne lui apporta que les cris des oiseaux de Londres.
