Waouh, quels commentaires ! Merci !
Voici la dernière partie de la fic. J'espère qu'elle vous plaira toujours autant...
Enjoy !
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Lorsque Castle arriva au poste le lendemain matin, il trouva Esposito en train de compléter la ligne de temps du tableau. Ryan était assis à son bureau.
- Jane Thomson, 15 juin vers 15h30 ? Elle a été tuée avant Kyle Beckmann ?
Esposito se tourna vers l'écrivain.
- Oui. Et Lanie est formelle : pas de trace de poison dans l'organisme de la victime. Elle est bien morte poignardée.
Castle haussa les sourcils.
- Pourquoi poignarder la première victime et empoisonner la deuxième avant de la poignarder ? Ça n'a aucun sens !
- Peut-être que l'assassin a été dérangé lors du premier meurtre ? hasarda Ryan.
Kate arriva à ce moment, prit la tasse de café de la main de Castle et lut ce qu'Esposito avait ajouté.
- Jane Thomson, 15 juin vers 15h30 ? Elle a été tuée avant Kyle Beckmann ?
Un léger sourire apparut sur les lèvres de Javier.
- Au risque de me répéter : oui. Et Lanie n'a trouvé aucune trace de poison dans l'organisme de Jane Thomson.
- Pourquoi poignarder la première victime et empoisonner la deuxième avant de la poignarder ? Ça n'a aucun sens !
Esposito regarda Ryan.
- Ok. Là ça devient carrément bizarre.
- Flippant, acquiesça Ryan avec un léger sourire.
Castle affichait un air ravi alors que Kate regardait les trois hommes tour à tour, les yeux ronds. Aucun des trois ne prit cependant la peine de lui expliquer de quoi il retournait.
Un agent en uniforme entra et les informa que Miranda Beckmann et James Thomson venaient d'arriver.
- Bien, dit Beckett. Ryan, Esposito, vous vous occupez du veuf, Castle et moi interrogeons la veuve.
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Ces deux derniers jours étaient passés à une vitesse folle, mais ils avaient trouvé le coupable. Ou plutôt, les coupables.
Kyle Beckmann avait été empoisonné par sa femme, désireuse de toucher une assurance-vie qui lui rapporterait plus qu'un divorce. Le curare devait le faire mourir par étouffement ; il avait un certain nombre de dettes auprès de personnes peu fréquentables, et elle avait espéré que la police enquêterait de ce côté-là et laisserait la pauvre veuve éplorée en-dehors de cette affaire.
Mais c'était sans compter sur un coup du destin qui avait choisi de placer un autre assassin sur sa route.
James Thomson, coursier de son état, avait trouvé Kyle agonisant en salle de réunion alors qu'il lui apportait un colis.
Plutôt que d'être choqué par la mort imminente du patron de l'entreprise, il y avait vu une véritable opportunité d'essayer de sauver sa peau : lui-même avait tué sa femme deux jours auparavant, et il savait que ça n'était qu'une question de jours, voire d'heures, avant qu'on ne la retrouve. Il savait qu'il serait le principal coupable : les voisins les avaient entendu se disputer ces derniers mois, et il avait proféré des menaces de mort à de nombreuses reprises.
Voyant l'agonie de Kyle comme un salut inespéré, James lui avait méticuleusement asséné autant de coups de couteau qu'à sa première victime. Quarante, donc.
Les fils n'avaient pas été évidents à démêler pour les enquêteurs.
Mais après quelques heures passées devant le tableau blanc, ils avaient trouvé en la personne de James Thomson le lien qui unissait les deux victimes. James était rapidement passé aux aveux. Il avait tout expliqué par le menu.
Tout, sauf le poison.
La présence de curare restait inexplicable. Ryan et Esposito avaient bien fouillé du côté des créanciers de Kyle, mais ils avaient découvert que leurs méthodes d'intimidation étaient moins subtiles et surtout moins définitives qu'un empoisonnement. Pour tout dire, ils semblaient plutôt être versés dans les ablations en tous genres. Après tout, pourquoi tuer quand il reste encore des dettes à rembourser ?
Il avait fallu reprendre la liste de ceux à qui le crime profitait. C'est alors qu'ils avaient découvert la modification – toute récente - faite sur la police d'assurance-vie de Kyle.
Madame Beckmann, la jolie veuve si dévastée par la mort tragique de son époux se retrouvait en possession d'une coquette somme d'argent en cas de décès de Kyle.
Ils l'avaient arrêtée, elle avait tout nié en bloc, poursuivant son rôle d'épouse fidèle et choquée que de telles accusations puissent être formulées.
Alors Beckett l'avait eue au bluff. Elle lui avait fait croire qu'elle était de son côté, qu'elle comprenait les raisons qui avaient pu la pousser à bout. Petit à petit, la méfiance de Miranda s'était étiolée, et elle avait fini par avouer à mi-mots que son mariage n'était plus si idyllique qu'au début. Mais le véritable aveu arriva lorsqu'elle jura sur tous les dieux ne pas savoir comment se procurer du curare, preuve qu'elle ne pouvait pas être l'assassin.
Sauf que jamais aucun enquêteur n'avait mentionné que le poison utilisé pour tuer son mari était le curare.
L'enquête était bouclée.
Quand ils étaient sortis de la salle d'interrogatoire après cet aveu final, Castle fronçait les sourcils.
- Souriez Castle, avait dit Beckett, ce sont les gentils qui ont gagné.
L'écrivain conservait cependant un air soucieux.
- Vous allez bien ?
Il s'arrêta et se tourna vers Kate.
- C'est juste que... cette femme me rappelle tellement mes ex-femmes !
Kate leva les yeux au ciel et sourit.
- Je ne l'avais jamais réalisé jusqu'ici mais... j'aurais pu mourir de la même façon que Kyle Beckmann !
Il adopta un ton tragique.
- Elles en veulent toutes à mon argent !
Kate roula de nouveau les yeux. Le visage de l'écrivain passa d'un extrême à l'autre ; il affichait désormais un air malicieux.
- Vous ne m'avez pas répondu pour ce soir... Je passe vous prendre à 20h ?
Elle sourit et se mordit la lèvre. Touchée, pensa Castle.
- Ok, soupira Kate.
Coulée.
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Kate laissa échapper un profond soupir ; le dixième de la soirée.
L'avantage d'être la muse d'un auteur célèbre, songea-t-elle, c'est que vous êtes invitée à un certain nombre de soirées dont vous n'auriez jamais entendu parler en temps normal.
L'inconvénient d'être la muse de ce même auteur, c'est que vous vous retrouvez vite seule, ledit écrivain étant accaparé par un troupeau de femelles en chaleur. C'est ainsi que vous vous retrouvez à discuter de romans à l'eau de rose avec Mary Huber, soixante-trois ans, fan inconditionnelle de Castle... et de la collection Harlequin.
La soirée avait pourtant bien commencé. Ils étaient sortis de la voiture et avaient remonté le tapis rouge en se tenant par le bras. Elle avait vu des dizaines de flashs crépiter sur leur passage et s'était fait la réflexion qu'elle serait sûrement en page six le lendemain. Peu importait ; elle était bien et se sentait même privilégiée d'être au bras du héros de la soirée.
Kate glissa furtivement un œil vers son partenaire et la fan en elle le trouva craquant. Il avait cet air charmeur qu'il n'adoptait qu'en public et qui le rendait irrésistiblement attirant. Elle fut troublée lorsqu'elle réalisa qu'il manquait cependant à l'écrivain cette étincelle si particulière qu'il avait lorsqu'il la regardait.
Un léger larsen, indiquant que quelqu'un avait allumé le micro, la fit sursauter. Puis la salle fut plongée dans la pénombre. C'est alors que son portable vibra.
Vous ai-je dit que vous étiez magnifique ?
Kate leva les yeux et croisa ceux de Castle. L'étincelle était là. Elle prit une profonde inspiration, le gratifia d'un sourire et secoua légèrement la tête, faisant mine de le réprimander. Elle se tourna ensuite vers la scène et eut l'air de se concentrer sur le discours de Gina.
Je ne savais pas que les discours creux vous passionnaient.
Cette fois-ci, elle le fixa et leva les yeux au ciel. L'air penaud qu'il adopta la fit fondre.
Je m'ennuie. Et si on fuyait ?
Elle fut troublée et son cœur manqua un battement lorsqu'elle relut le texto. Fuir avec Richard Castle. L'idée la faisait frissonner. Alors elle décida de rentrer dans son jeu, juste pour voir.
Ok, fuyons.
La réaction de l'écrivain fut immédiate. Il redressa la tête, et elle lut sur ses lèvres un "Katherine Beckett" mi-choqué mi-admiratif. Elle sourit malicieusement ; ça fonctionnait à tous les coups.
A ceci près que cette fois-ci, il ne se contenta pas d'une réaction muette : il commençait à avancer vers elle à travers la foule qui se pressait autour de la scène. Le regard de l'écrivain était posé sur elle et rien ni personne ne semblait pouvoir le détourner de son but. Il avait l'air si déterminé !
Kate sentit une vague de panique la parcourir. Qu'allait-il faire ? Elle secoua la tête frénétiquement en le regardant, mais il venait irrémédiablement vers elle. Il lui présenta sa main, qu'elle prit sans réfléchir, et elle le suivit. Elle n'avait plus conscience de ce qui se passait autour d'elle ; elle ne voyait que Castle qui la tenait par la main et qui la guidait hors de la salle.
Ils se retrouvèrent dans un couloir ; il ne lâchait pas sa main. Kate le suivait aveuglément. A l'angle d'un couloir, il s'arrêta brusquement en apercevant deux personnes qui arrivaient en contre sens, tourna la poignée de la première porte qu'il trouva et entraîna la détective à sa suite. Ils entendirent une femme parler.
- Je te répète que Hans les a vus quitter la salle il y a trente secondes ! On va forcément les croiser !
Les pas s'éloignèrent mais Kate n'y fit pas attention. Elle était focalisée sur l'étroitesse de la pièce – le plus petit placard à balais qu'elle ait eu l'occasion de voir – et surtout, sur la proximité de Castle. Il l'avait quittée du regard le temps de tourner la tête pour mieux entendre ce qui se disait de l'autre côté de la porte.
Il se tourna de nouveau vers Kate et réalisa que leurs visages étaient vraiment très proches ; trop proches.
Elle sourit timidement et chuchota.
- Vous enlevez souvent des demoiselles en détresse ?
Elle vit de nouveau cet air si déterminé sur son visage et eut l'impression d'être la seule chose qui existait dans l'univers de l'écrivain.
- Non, répondit-il d'une voix rauque.
L'atmosphère était très tendue. Kate était partagée entre l'envie de fuir et celle de rester dans ce placard pour toujours. Mais elle choisit une troisième voie.
- Pourquoi avoir écrit mon prénom dans votre roman ?
Les sourcils de Castle se haussèrent légèrement.
- Il faut croire que le personnage de Nikki s'inspire de plus en plus de vous.
Elle sentit son souffle sur sa peau et en frissona. Elle lui sourit et se rapprocha imperceptiblement. Castle en profita pour reprendre sa main. Kate redressa la tête et plongea ses yeux dans les siens.
- Kate..., murmura Castle.
Il n'eut pas le temps de poursuivre sa phrase. Elle venait de capturer doucement ses lèvres. Il répondit tendrement à son baiser et frémit lorsqu'il la sentit sourire contre ses lèvres. Elle passa une main dans ses cheveux alors qu'il posait les siennes sur ses hanches.
Ils intensifièrent leur baiser jusqu'à ne plus pouvoir respirer. Ils se séparèrent à regrets et Kate posa le front sur l'épaule de Castle ; elle se mordit la lèvre en souriant. Il la serra contre lui et soupira longuement. Elle releva la tête. Tout son visage était illuminé et ses yeux brillaient comme jamais. Elle fut de nouveau étonnée de surprendre dans les yeux de l'écrivain une lueur d'admiration.
Castle reprit la main de Kate et ouvrit la porte du placard. Il vérifia que le couloir était vide, puis ils sortirent et rejoignirent le parking en courant.
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Kate se réveilla doucement. Elle n'avait pas encore ouvert les yeux mais ses sens étaient déjà en éveil.
Elle apprécia d'abord la douceur des draps sur son corps, puis elle sentit ce parfum qu'elle appréciait tant ; elle prit une profonde inspiration, le nez contre son oreiller. Enfin, elle le sentit bouger à côté d'elle ; c'était le signal qu'elle attendait.
Elle ouvrit les yeux et tourna la tête vers lui. Il la regardait de nouveau avec cet air presque grave. Elle eut un sourire, roula sur le côté et vint se blottir contre lui.
- Arrêteras-tu un jour de me regarder comme ça ?
- Jamais.
Ils sourirent tous les deux. Castle jouait avec une mèche des cheveux de Kate. Celle-ci soupira.
- J'ai passé la nuit avec Richard Edgar Castle... je vais devenir l'ennemie de milliers de fans !
Elle l'embrassa tendrement.
- Non. Tu as passé la nuit avec Richard Alexander Rodgers. Et crois-moi, ça fait une différence.
Elle fronça les sourcils et pencha la tête sur le côté, attendant une explication.
- Rick Castle est un coureur ; Richard Rodgers est celui qui tombe amoureux... éperdument.
Elle caressa le visage de l'écrivain.
- Alexander... murmura-t-elle. Penny Marchand avait raison. Tu m'as sauvé la vie et tu y tiens une place importante.
Il la regarda en haussant les sourcils.
- Vraiment, détective ? Vous croyez en la voyance ?
Kate roula les yeux et s'éloigna de l'écrivain. Elle tenta de sortir du lit, mais il saisit doucement son bras et la ramena vers lui. Il l'embrassa passionnément. Quand ils se séparèrent, il lui dit simplement :
-Je t'aime.
Troublée, elle répondit par un nouveau baiser.
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Quand Lanie arriva au poste ce matin-là, elle fit un détour pour aller voir Javier. Il n'était pas à son bureau, mais elle aperçut Castle et Kate dans la salle de repos.
Elle soupira et secoua doucement la tête en les voyant discuter les yeux dans les yeux. Quand ces deux-là se rendraient-ils enfin compte qu'ils étaient faits l'un pour l'autre ?
Elle s'approcha mais s'arrêta net lorsqu'elle se rendit compte de la proximité physique de ses amis ; leurs doigts se touchaient et elle vit l'écrivain replacer une mèche de cheveux derrière l'oreille de Kate.
Elle sourit largement alors qu'ils quittaient la salle pour rejoindre l'ascenseur. Son sourire s'élargit encore lorsque les portes métalliques se fermèrent : elle aurait juré avoir vu le visage de Castle fondre sur celui de Kate.
