CHAPITRE V
LE SERMENT DE ZIDANE
Zidane avait décidé de rendre la princesse plus confiante à son égard. Il s'était donc dit qu'en retirant son armure pour se présenter tel qu'il était, sans artifice, la jeune fille pourrait être quelque peu plus à son aise. Ce geste eut la réaction escomptée. La princesse ressentit beaucoup moins de crainte et se décida de lui parler et de répondre à ses questions. De fil en aiguille, ils se rapprochèrent de plus en plus pour que finalement l'ombre d'une complicité s'éveille entre eux. La seule chose qui tracassait encore Zidane était le fait que la princesse ne lui ait toujours pas révélé son identité. Le chaperon était toujours bien enfoncé sur sa tête sans présenter le moindre petit trait de son visage.
C'est au sommet de la tour Est du château d'Alexandrie que Zidane prit la liberté de tenter de retirer le chaperon de la jeune fille. Dès que ses doigts eurent frôlé le tissu de celui-ci, la princesse recula de quelques pas. Zidane avança dans sa direction tout en lui lançant un grand sourire malicieux. La jeune fille, quant à elle, se retourna et se mit à s'enfuir alors que Zidane se mettait à la poursuivre. Elle le défiait. Inconsciemment, le garçon savait que s'il parvenait à la rattraper, elle retirerait son chaperon blanc pour lui présenter sa véritable identité.
Après quelques minutes de poursuite amicale, la jeune fille s'arrêta nette pour déposer ses mains sur le garde-fou du balcon de la tour et s'y hisser. Zidane leva la tête alors qu'elle se relevait devant lui. De l'angle qu'il avait, le jeune homme parvint à apercevoir la bouche et le nez de la jeune fille tandis que le chaperon remuait au rythme des coups de vent. Alors qu'il admirait le petit sourire que la princesse lui envoyait, la jeune fille se laissa délibérément tomber par en arrière. Zidane eut à cet instant précis un grand haut-le cœur.
En un instant, la princesse avait disparu de son champs de vision pour engager une chute effrénée jusqu'au pied de la tour sur laquelle il se trouvait. Sans attendre un instant, Zidane s'accroupit à la rambarde pour tenter de l'apercevoir. Tout en continuant sa longue descente dans le vide, la jeune fille lui lançait toujours le même sourire. Dans la plus grande des incompréhensions, Zidane ignorait complètement ce qu'il devait faire pour la secourir. C'est alors qu'il remarqua que, bien tendue dans la main de la jeune fille, une longue guirlande installée pour les festivités la retenait afin qu'elle ne s'écrase pas dans l'assistance. La princesse avait calculé son coup pour qu'elle ne se blesse nulle part en l'agrippant avant de se lancer dans le vide.
Tout en continuant de chuter, la guirlande se tendit subitement pour emmener la princesse vers l'aérothéâtre. La jeune fille lâcha subitement prise pour se faire propulser en direction du chapiteau du Prima Vista. Elle atterrit finalement sur la toile sans la moindre égratignure. Voyant cela, Zidane agrippa à son tour une guirlande qui était attachée à son balcon et s'apprêta à se lancer dans le vide à son tour. Il devait la rattraper. Alors qu'il prenait son élan pour sauter, il remarqua que sur le balcon de la tour opposée, se trouvait un chevalier d'Alexandrie d'un certain âge qui avait assisté à toute la scène. Lorsque Zidane commença sa descente, il remarqua que l'homme agrippait à son tour une guirlande rattachée à son propre balcon. Il avait l'intention de les rattraper.
Lorsqu'il atterrit sur la toile du chapiteau, Zidane se lança immédiatement sur le balcon inférieur où se trouvait la fanfare. Celle-ci entonnait un air dramatique pour la scène qui se déroulait au niveau inférieur. Tout en se faufilant entre les musiciens pour atteindre la porte menant à l'intérieur, Zidane accrocha malencontreusement l'instrument du trompettiste. Celui-ci manqua alors la note suivante pour ensuite fausser durant une vingtaine de seconde.
Désolé… Dit alors timidement Zidane pendant que le public riait de plus belle.
Le jeune homme parvint ensuite à atteindre la porte sous les regards noirs de tous les musiciens derrière lui. Alors qu'il pénétrait dans la salle des costumes, Zidane entendit soudainement un grand vacarme. Au même instant, le sol se mit à trembler sous ses pieds. Il se demanda alors si ce n'était pas le chevalier qu'il avait aperçut sur la tour Ouest qui venait de se fracasser la tête contre les parois de bois de l'aérothéâtre. Sans y faire plus attention, Zidane remarqua la princesse qui discutait avec Ruby, l'une de leur coéquipière chez les Tantalus. Cette dernière semblait des plus à fleur de peau, car elle était en train d'insulter son interlocutrice. C'est seulement lorsqu'elle aperçut Zidane que Ruby tourna le dos à la princesse.
Ah! Zidane, j'ai quelque chose à te dire! Cette fille est une vraie calamité… Annonça Ruby avec un accent particulier.
C'est ça! C'est ça! Coupa Zidane qui s'impatientait. Mais là, je dois lui parler!
À ces mots, le jeune homme tenta de passer aux côtés de Ruby pour rejoindre la princesse derrière elle, mais sans succès. Il se fit repousser par la jeune fille encore contrariée. Elle le poussa jusqu'à ce qu'il se cogne le dos contre le mur opposé de la pièce.
Qu'est-ce que tu veux dire par là? Demanda Ruby. Est-ce que t'as écouté ce que je viens de dire? Cette fille m'a bousculé! J'ai failli me briser le poignet! Et toi, tu veux rien entendre?
Alors que Ruby se vidait le cœur, Zidane remarqua alors la princesse qui se trouvait à l'autre extrémité de la pièce, se précipiter dans les escaliers qui menaient à l'étage inférieur du navire. Il devait la rattraper avant qu'elle ne parvienne à s'enfuir. D'un regard ferme, il déposa brutalement les mains sur les épaules de son interlocutrice.
Ruby! On verra ça plus tard! Je m'excuse!
Zidane bouscula alors la jeune femme pour se précipiter à son tour vers les escaliers empruntés par la princesse. Il les dévala quatre à quatre pour finalement apercevoir la jeune fille en question. Elle venait de franchir la porte à la base des marches. Le jeune homme la franchit à son tour pour se retrouver dans la pièce centrale du navire, celle dans laquelle ils avaient défié leur chef plus tôt dans la journée. Le chandelier que Zidane avait allumé émanait toujours de la lumière. C'est d'ailleurs devant celui-ci que la princesse cessa sa course.
Dans un élan de tendresse, le jeune homme déposa ses deux mains sur les épaules de la princesse qui lui tournait le dos. Elle se retourna tranquillement en levant la tête. Zidane lui lança un regard réconfortant.
On a pas vraiment suivi le plan, mais on l'aura quand même enlevée!
Tout en retirant ses mains des épaules de la jeune femme, Zidane lui offrit l'un de ses plus beaux sourires. Elle semblait pensive et mal à l'aise.
Vous… vous faites partie de cette troupe? Demanda-t-elle.
Et voilà! Elle l'a devinée…
Zidane n'eut pas le courage de le lui avouer. Cependant, sa réaction et son regard permirent à tout confirmer à la jeune fille. Ruby n'avait pas réfléchit et lui avait parlé devant elle sans réfléchir au fait qu'il n'était pas censé être un membre de ce groupe. Après quelques instants de réflexion, la princesse se décida d'agir. Elle leva le regard vers Zidane.
Peut-être le savez-vous, mais… en vérité…je suis la princesse Garnet Til Alexandros, l'héritière du trône d'Alexandrie!
Après une grande respiration, la jeune fille souleva son chaperon afin qu'il lui tombe sur les épaules. Le fabuleux visage de la princesse d'Alexandrie venait alors de se présenter à Zidane. Subitement, il perdit l'usage de la parole tout en ayant une respiration saccadée. La lumière projetée par le chandelier se reflétait dans les profondeurs des yeux marron de la jeune fille. Elle était d'une beauté inégalée. Alors qu'elle passait sa main dans sa longue chevelure, Zidane eut l'impression que ses jambes étaient devenues beaucoup plus faibles.
Remarquant que le jeune homme était sans voix, la princesse se décida de faire sa demande sans plus attendre.
J'ai une requête à vous présenter…
À cet instant précis, Zidane sentait au fond de lui-même qu'il pourrait lui offrir tout ce qu'elle désirait. Il était prêt à traverser le monde de Gaia à la nage si la jeune fille le lui demandait.
Ne pourriez-vous pas m'enlever sans délai? Demanda-t-elle en agrippant les mains du jeune homme tout en lui offrant un long sourire confiant.
Reprenant ses esprits, Zidane n'arrivait pas à croire ce qu'il venait d'entendre.
Que… QUOI! Ce… C'était pas prévu… ça… Balbutia-t-il en reculant de quelques pas sans pour autant lâcher les mains de la jeune fille.
La princesse venait-elle vraiment de demander à se faire enlever? Alors que leur mission était exactement de le faire? Bien que cela leur retirait plusieurs contraintes, Zidane ignorait comment réagir. Il s'agissait d'une requête des plus inattendues. Alors qu'il se décida de lui répondre, quelqu'un se mit à cogner à la porte. La personne se trouvait actuellement dans le couloir principal de l'aérothéâtre. Ils entendirent alors l'individu de l'autre côté de la porte lancer des cris.
PRINCESSE! Où êtes-vous? Je viens vous sauver!
La jeune fille reconnut immédiatement la voix d'Adelbert Steiner, le capitaine des chevaliers de Pluto. Il était parvenu à pénétrer à l'intérieur du Prima Vista.
Il est venu me chercher! Lança alors la princesse dans un état de panique.
Je suppose que vous avez vos raisons… Dit alors en Zidane pour revenir sur la requête qu'elle lui avait présentée. J'ai pas à vous demander ce qui vous incite à quitter le château…
Alors que Steiner frappait de plus belle à la porte tout en lançant des cris, Zidane se mit à genou devant la jeune fille en se mettant la main droite sur le cœur. Il leva la tête pour regarder son interlocutrice directement dans les yeux.
Princesse, je vous promets que je ferai tout en mon pouvoir pour vous enlever! J'en fais le serment!
PRINCESSE! Cria de nouveau Steiner au travers de la porte toujours en frappant de plus en plus fortement sur les parois de bois.
La jeune fille sursauta alors que le chevalier venait de se lancer sur la porte pour tenter de la défoncer. Elle prit les mains de Zidane afin qu'il se relève et lui dit qu'il fallait faire vite. Ils devaient décoller au plus vite.
Soyez sans crainte princesse! Je m'occupe de tout!
Au même instant, la troisième porte qui se trouvait derrière la princesse, s'ouvrit dans un grand fracas. Cinna venait de débarquer dans la pièce centrale. Dans un élan de panique, la jeune fille lança un cri aigue. Le grassouillet eut de gros yeux en apercevant Zidane accompagné de la princesse.
Qu'est-ce que tu fais? Par ici, vite! Lança Cinna en pointant vers la salle de réunion qu'il venait de quitter.
La jeune fille s'agrippa alors au bras droit du garçon blond. Le nouveau venu semblait l'effrayer. Remarquant cet état de panique soudain, Zidane se décida d'introduire son compagnon.
N'ayez pas peur, princesse. C'est Cinna, un ami!
Les joues de la princesse se mirent alors à prendre une teinte rosée.
Ah bon…? Dit-elle en se tournant timidement vers le grassouillet tout en relâchant le bras de Zidane. Veuillez me pardonner l'effronterie de ma surprise.
Il y a pas de problème! Reprit Zidane. Il faut dire qu'avec une tête pareille, il surprend pas que vous!
À ces mots, Cinna se mit à fulminer. Il avait toujours trouvé qu'il avait un beau visage et cette remarque n'avait pas raison d'être. Il se décida donc de relancer Zidane.
QUOI? Tu peux bien parler. Je me lave tous les matins, MOI!
Dans un grand fracas, la porte remua brusquement sous le choc brutal que Steiner venait de lui infliger. Les pentures de celle-ci commençaient à craquer dangereusement. Le capitaine allait bientôt débarquer dans la pièce. Il fallait agir rapidement. Le jeune homme grassouillet leur répéta alors qu'il fallait passer dans la salle de réunion derrière lui. C'est ainsi que Zidane, la princesse Garnet et Cinna parvinrent à éviter de justesse à se faire surprendre par le capitaine Steiner qui parvint à défoncer la porte de bois. Celle-ci, dans un vacarme assourdissant, s'écrasa contre le tabouret sur lequel se trouvait le chandelier. Le tout se renversa sur le sol dans une grande vague de fumée alors que chacune des bougies s'éteignaient en même temps.
Dans la salle de réunion où les trois amis venaient de pénétrer ne se trouvait que du débarras et la table sur laquelle, plus tôt dans la journée, se trouvait la maquette de la ville d'Alexandrie. Tout en cherchant un moyen de s'enfuir, Zidane ne parvint pas à apercevoir la moindre issue.
Cinna! C'est une impasse par ici! Pourquoi tu nous as emmené là?
Le grassouillet eut un petit sourire malicieux. Il fit quelques pas vers la table et y déposa la main droite.
Hé hé! Tu crois que c'est une impasse? Lança Cinna.
De sa main droite, il souleva la table pour la propulser vers le mur du fond. Du bout du pied, il souleva ensuite la trappe de métal qui était cachée en dessous. Un bruit de machinerie se mit alors à retentir dans la pièce. Sous les yeux ébahis de Zidane et de la princesse, Cinna leur annonça qu'il avait construite cette trappe lui-même pour faciliter l'accès à la salle des machines.
PRINCESSE! Cria alors Steiner qui se trouvait dans la pièce d'à côté.
Sans plus attendre, Zidane, la princesse et Cinna s'élancèrent dans la trappe alors que le capitaine tambourinait de nouveau contre leur porte. Après quelques instants, il parvint à défoncer la porte de la salle de réunion. Il débarqua alors dans cette nouvelle pièce avec, en sa compagnie, l'un de ses chevaliers de Pluto qui l'avait rejoint dans la pièce centrale. Les deux individus étudièrent les lieux pour rapidement découvrir la trappe dans laquelle le trio avait sauté.
La princesse serait dans ce trou? Marmonna Steiner d'un air interrogateur.
Je… J'y vais, capitaine! Répondit le petit chevalier à ses côtés et sautant à son tour dans la trappe.
Le soldat tomba alors les fesses premières et ne parvint pas à passer dans le trou. Il se débattait en tentant de passer, mais rien à faire, il était tombé de travers et ne parvenait pas à trouver une voie pour passer au travers de la trappe.
Raaaah! Qu'est-ce que tu fais, soldat?
Capitaine… je peux plus bouger! Je suis coincé! Répondit le chevalier de Pluto dont le visage devenait de plus en plus écarlate.
Alors que cela faisait plus d'une minute qu'il se débattait dans la trappe, le soldat s'arrêta et commença à reprendre son souffle. Complètement exaspéré et en lançant plusieurs jurons, Steiner se décida de trouver un autre moyen d'atteindre la salle inférieure de l'aérothéâtre. Il quitta alors la pièce en étant rouge de colère. Ce soldat était un véritable bon à rien.
De son côté, le chevalier de Pluto se mit à rigoler tout en regardant son capitaine quitter les lieux.
Ha, ha, ha! Je t'ai bien eu! Marmonna-t-il en étant fier de son coup.
Une bestiole se mit alors à sauter dans la pièce. Elle venait de sortir de l'armure du soldat et se frappait sur le plafond. Il s'agissait d'un o'glop.
Un grand vacarme se faisait entendre dans la salle des machines. Fonctionnant à l'énergie brumique, le mécanisme du Prima Vista fonctionnait jour et nuit même s'il n'était pas nécessaire. C'est pourquoi, malgré le fait que l'aérothéâtre soit au sol et ne demande aucune force pour s'envoler, la machinerie continuait à bon train dans un vacarme cacophonique.
La princesse Garnet venait d'atterrir sur une petite plate-forme située au dessus du moteur. Zidane était au dessous de ses pieds et l'attendait pour l'attraper lorsqu'elle sauterait en bas. Elle s'élança alors, mais n'atterrit pas dans les bras du jeune homme. Ses pieds cognèrent le grillage du sol juste aux côtés de Zidane qui venait de prendre de gros yeux.
C'est que vous êtes agile princesse! Je pourrais bien tomber amoureux!
La jeune fille lui répondit que, dans sa jeunesse, elle avait fuit le château des dizaines de fois. Avec le temps, elle s'est habituée à se faufiler presque partout.
Vous étiez vraiment pas faites pour être princesse! Répondit Zidane.
Nous en reparlerons plus tard! Allons-nous en!
Le niveau inférieur du Prima Vista était constitué de trois salles. La première, à l'extrémité du navire, était celle dans laquelle ils se trouvaient. Il s'agissait de la salle des moteurs. La deuxième était une salle dans laquelle se trouvait un débarras pour tous les outils nécessaires en cas de problème technique. Dans la dernière, à l'autre extrémité du navire, juste en dessous de la scène, se trouvait la salle qui contrôlait les plates-formes mobiles afin de monter sur les planches de la scène.
Cinna entraîna Zidane et la princesse dans la seconde pièce. Il y régnait un désordre incroyable, tous les outils étaient entassés sans dessus dessous dans un coin de la salle. Au centre se trouvait un long poteau de métal installé verticalement pour permettre de se hisser à l'étage supérieur où pour permettre à des gens de descendre dans la salle des machines. C'est par celui-ci que le capitaine Steiner parvint à descendre et ainsi rattraper le trio.
STOP! Cria-t-il en empêchant Cinna, Zidane et la princesse de faire le moindre pas de plus. Princesse, n'ayez crainte, Steiner est venu vous sauver!
Alors que les deux garçons se positionnèrent devant la princesse pour la protéger, le chevalier de Pluto qui était resté coincé dans la trappe débarqua dans la pièce par la porte que le trio avait empruntée quelques secondes plus tôt. Celui-ci se rendit aux côtés de la jeune fille et lui dit d'une voix calme :
N'ayez pas peur princesse…
Steiner bomba alors le torse avec un air victorieux. Il déposa les mains sur ses hanches en lançant un regard haineux aux deux brigands devant lui.
Bien joué, soldat! Ça, c'est du travail d'équipe! Lança le capitaine vers son chevalier.
N'ayez pas peur princesse… Continua le soldat en ricanant. Votre enlèvement se passera sans problème!
QUOI! Cria le capitaine. Mais tu n'es pas un chevalier de mes troupes!
Le chevalier, un long sourire aux lèvres, répondit que non alors qu'il retirait son casque pour montrer les traits facials de Blank. Il tourna la tête vers Zidane et Cinna pour s'échanger un regard malicieux. Il vint ensuite à leur côtés pour se placer à son tour devant la princesse. Ils levèrent alors les poings à l'unisson pour confronter le capitaine des chevaliers de Pluto. Zidane fit alors un pas vers leur opposant.
La princesse est sous… Commença-t-il.
NOTRE RESPONSABILITÉ! Crièrent alors les trois Tantalus à l'unisson.
Steiner sortit alors son épée de son fourreau et la pointa vers les trois protagonistes avec un visage rouge de colère. La lame sonna longuement tout en scintillant. Elle semblait neuve.
Je ne le crois pas… Répondit-il. Jamais je ne vous laisserai enlever la princesse!
Le capitaine se mit à ruer sur Cinna qui eut à peine le temps de détacher son marteau de sa ceinture. Steiner tenta de faire une estafilade, mais le grassouillet parvint à l'éviter de justesse en s'élançant dans les airs. D'une hauteur de plus d'un mètre et demi, Cinna parvint à enfoncer son arme dans le casque de Steiner. Pris de surprise, le chevalier commença à tituber pour finalement s'écraser sur le sol. Il laissa sortir un petit soupire.
Je m'occupe de lui! Dit alors Blank en s'approchant du capitaine des chevaliers de Pluto qui était encore sonné sur le parquet.
Alors que Steiner recommençait à reprendre ses esprits, Blank retira l'épée du fourreau attaché à son dos pour déposer la pointe de sa lame sous le menton du capitaine. Leur regard se croisa enfin et Steiner comprit que les Tantalus avaient gagné le combat, aussi court ait-il été.
Levez-vous! Ordonna Blank.
Steiner l'écouta sans dire le moindre mot. Il ignorait ce qu'il devait faire. La lame de son adversaire n'était pas des plus affilée, mais elle pouvait tout de même être dangereuse. Une fois debout, il remarqua qu'il faisait presque le double de la grandeur de celui qui lui pointait la pointe de sa lame à la gorge. Il remarqua alors le grassouillet et le garçon blond à la queue de singe à l'arrière. Ils regardaient la scène avec un long sourire. La princesse derrière ceux-ci semblait elle aussi heureuse.
Le capitaine regarda alors à ses pieds subtilement et aperçut son arme qui se trouvait à moins d'un mètre de lui. Peut-être pouvait-il l'atteindre.
Maintenant, tu vas mettre tes mains sur la tête et faire face au coin là bas! Ordonna Blank en pointant un coin de la pièce.
Steiner déposa alors ses mains sur sa tête comme l'avait ordonné le jeune homme et se retourna pour commencer à marcher vers le mur. Devant lui, juste devant ses pieds se trouvait son arme. Remarquant sont erreur, Blank se décida de réagir.
Zidane, vas chercher son épée!
Au même instant, le capitaine se lança sur le sol pour empoigner le manche de son arme. Blank tenta de l'en empêcher en le frappant au dos avec sa propre lame, mais le chevalier avait réagit trop rapidement et parvint à reprendre son épée. Il se trouvait à présent sur le sol et pointait sa lame vers son adversaire.
Blank frappa de son épée celle du capitaine dans un grand fracas, mais l'impacte ne fut pas suffisamment puissant pour faire osciller Steiner. Leurs deux lames collées l'une sur l'autre, les deux opposants débutèrent une lutte de force en tentant de faire perdre l'équilibre à l'autre. Steiner parvint à relever le torse peu à peu alors que Blank reculait le dos. Il semblait bien que la capitaine des chevaliers de Pluto, le plus expérimenté et le plus âgé, venait de prendre l'avantage. Il donna alors un coup vers Blank qui recula démesurément le dos et qui perdit l'équilibre. Steiner cogna sa lame de nouveau contre celle de son adversaire pour s'assurer qu'il tombe sur le parquet.
À peine Blank eut chuté sur le sol, Zidane passa à l'attaque avec ses deux dagues. En un instant, il cogna Steiner au torse pour ensuite lui lancer un fulgurant coup de pied dans les jambes. Le capitaine recula de quelques pas en ayant de la difficulté à respirer. Son plastron, sévèrement bosselé, laissait comprendre que l'attaque de Zidane avait pu lui atteindre des parties plus vitales. Steiner déposa la main au niveau de sa poitrine endolorie et releva la tête difficilement. Il regarda alors ses trois opposants qui semblaient encore prêts à attaquer. Dans un dernier élan, il empoigna solidement le manche de son épée et la leva au dessus de sa tête.
C'est… C'est tout… ce qu'il me reste… à faire…
La lame de son épée se mit alors à scintiller. Elle scintillait de plus en plus jusqu'à dégager une lumière bleuâtre. La pièce commençait à s'éclaircir au fur et à mesure que l'arme devenait bleue. Cinna, Blank et Zidane ignoraient complètement ce qu'il se passait. Leur adversaire semblait préparer quelque chose d'horrible. Se disant qu'ils ne pouvaient pas laisser le capitaine des chevaliers de Pluto leur lancer une attaque sans se défendre, Blank se décida de s'élancer vers lui pour l'en empêcher. Alors qu'il était à une distance suffisante pour frapper le chevalier, il reçut la décharge bleue claire de l'arme de son opposant. Il fut projeter sur le mur derrière ses deux compagnons en se cognant sévèrement la tête sur le mur de bois verni. Il regretta alors de ne pas avoir conserver son casque plus tôt. Il tomba ensuite sur le sol, tête première.
Complètement sonné, Blank ressentit alors quelque chose lui sauter sur la tête. Il tenta de la relever et se mit à entendre une multitude de petits cris de bestiole dans la pièce. Il se secoua la tête et remarqua que ces bestioles étaient en fait des o'glop. Comment ont-elles pu toutes sortir de son plastron à la fois? Après avoir repris ses esprits, il comprit qu'elles n'étaient pas sorties de son armure, il s'agissait en fait son armure qui avait tout simplement disparue. Steiner avait réussis à faire disparaître toute l'armure de Blank en le frappant de sa décharge bleue.
Je hais ces bestioles! Cria alors Steiner qui courait dans tout les sens parmi les centaines d'o'glop sautillantes.
Cinna, qui détestait également ces bestioles, cherchait lui aussi un moyen de s'en débarrasser. Alors que Blank était toujours sur le sol, Zidane prit la main de la princesse qui se cachait la tête pour qu'aucun o'glop ne lui tombe sur le visage. Elle leva alors prudemment la tête vers le garçon blond.
Vite! C'est le bon moment! Dit Zidane en emmenant la jeune fille vers la pièce suivante en essayant d'apercevoir quelque chose au travers de toutes ces bestioles.
