Titre: Au nom de la reconnaissance du monde magique

Genre : Humour/Romance/Slash

Rating : NC-17 (et oui, j'ai fait une rechute...)

Pairing : Harry/Severus

Disclaimer : J. K. Rowling

Bêta Lectrice : Chaussette

Note de l'auteur :Je dois d'abord vous prévenir qu'un certain nombre de personnages sont revenus d'entre les morts pour les besoins de cette fic. Notamment Severus Snape (sans qui il n'y aurait pas d'intrigue, cela va de soi, et dont j'ai gardé le nom anglais parce que c'est bien plus esthétique ^^), Albus Dumbledore (qui s'est invité tout seul sans même que je m'en rende compte) et Colin Crevey (parce que je suis l'auteur donc je suis Dieu (d'après ma prof de français) donc je peux ressusciter qui je veux, na !).

J'ai séparé cet OS en deux parties. La première n'est pas bien méchante, je ne fais que torturer un peu Sevy chéri, mais la deuxième est trèèès perverse, c'est pourquoi je vous demanderais d'apporter votre bassine personnelle pour éviter de baver dans celle du voisin.

Sur ce, enjoy !


Au nom de la reconnaissance du monde magique

Ou

Comment Severus Snape se rendit compte que la résurrection du Lord Noir n'était pas la pire chose qu'il puisse lui arriver


Le repas de midi battait son plein lorsque Harry se leva. Faisant fi des regards interrogateurs braqués sur lui, il remonta l'allée entre les tables des Gryffondor et des Poufsouffle. Arrivé devant la table des professeurs, il s'inclina devant Albus Dumbledore et remonta sa manche, exposant à tout le monde le phœnix tatoué sur son poignet.

- Au nom de la reconnaissance du monde magique envers mon acte de bravoure, je viens réclamer le paiement de la dette, déclara-t-il d'une voix claire.

Aussitôt le murmure des conversations s'amplifia et Colin Crivey sortit son appareil photo avec un sourire de prédateur.

- Au nom du monde magique, je reconnais me porter garant du paiement de cette dette, répondit le directeur de Poudlard selon le protocole. Parlez et je jure de tout mettre en œuvre pour satisfaire le sauveur du monde sorcier.

Un sourire carnassier étira les lèvres d'Harry alors qu'il haussait le ton pour dire :

- Je réclame Severus Snape.

Un silence de mort s'abattit sur la salle. Tout le monde, élèves comme professeurs, le fixait d'un air ébahi. Un Serpentard qui s'était penché sur son banc pour mieux voir tomba par terre, un Poufsouffle qui passait le plat de frites à son voisin le laissa retomber sur la table, écrasant sa main au passage, un Serdaigle garda la bouche ouverte malgré le jus de citrouille qui s'en échappait, une Gryffondor qui essayait d'enlever une poussière dans son œil s'y enfonça le doigt. En réalité, une seule pensée tournait en boucle dans leur esprit et pouvait se résumer par une seule question : « Hein ? » . C'est ce soudain silence qui permit à la réaction du maître des potions de ne pas passer inaperçue.

De mémoire d'élève, personne n'avait jamais vu Severus Snape perdre le contrôle de son corps. Une légère rougeur de ses joues était le seul signe d'une fureur profonde. Un pli sur son front indiquait une extrême concentration. Une torsion de la lèvre un dédain évident. Un mouvement des yeux vers le plafond sa réaction face à la stupidité incurable de ses élèves. Mais ce jour-là, le maître des potions de Poudlard, Terreur des Cachots, Bâtard Graisseux et Professeur Honni recracha le contenu de son verre sur la table dans un vacarme qui résonna plusieurs minutes dans la Grande Salle silencieuse.

La professeur de métamorphose fut la première à sortir de sa torpeur.

- Harry, savez-vous ce que vous demandez ?

- Bien sûr ! Hermione a fait des recherches, s'exclama le Gryffondor d'un air joyeux. Et vous la connaissez, vous savez bien qu'elle m'a tout raconté à ce propos. Aujourd'hui, et devant plus d'une centaine de témoin je réclame un serment d'obéissance et de fidélité de la part de Severus Snape, fils de Tobias Snape, pour une durée d'un an, un mois et un jour.

A la table des Rouge et Or, Ron se frappa le front de sa main et Hermione se pinça le nez, se maudissant tous les deux pour leur stupidité gryffondorienne.

•• ∞ ••

Il avait fallu plusieurs mois à Harry pour se remettre des blessures de la bataille finale. Des mois qu'il avait passé à l'infirmerie, sous la garde tyrannique de Mme Pomfresh. Sa jambe gauche, cassée net en plusieurs endroits par un sortilège de Bellatrix et les profondes entailles sur son thorax l'avaient cloué au lit, souffrant le martyr chaque seconde. Un sort vicieux lancé par Voldemort l'avait empêché de respirer correctement dès qu'il se mettait debout et ces mois n'avaient pas été de trop pour le purger de cette mauvaise magie. Les morts avaient été enterrés, des monuments érigés, les blessés soignés, les mangemorts restants emprisonnés. Scrimgeour, le ministre de la magie, avait fait un long discours le lendemain de la bataille, louant le courage et la loyauté des membres de l'Ordre du Phénix. Les alentours du manoir Malfoy, où eut lieu la bataille finale, furent brûlés d'un feu purificateur et de nombreuses colonnes d'obsidienne y furent élevées pour que le monde sorcier n'oublie pas. Puis le ministre était venu voir le Survivant à Poudlard accompagné d'une nuée de journalistes et, devant l'intégralité du monde sorcier, s'était agenouillé devant Harry Potter, reconnaissant la dette que les sorciers avaient à son égard. Un pâle sourire sur les lèvres, le Gryffondor avait déclaré qu'il « en ferait bon usage ».

Très chevaleresque comme déclaration, exactement ce qu'on attendait d'un héros de guerre. Comment fonctionnait alors l'esprit du Gryffondor pour qu'il en vienne à demander "cette" reconnaissance ?

•• ∞ ••

Hermione laissa tomber les livres qu'elle portait sur la première surface plane qu'elle rencontra. Quelques secondes après elle regardait la seule chaise de l'infirmerie qui menaçait de s'effondrer sous le poids des bouquins. Harry lui lança un regard goguenard. En réponse elle le fusilla du regard et s'assit sur son lit. Harry dut faire un écart pour empêcher sa jambe blessée de subir le même sort que la malheureuse chaise.

- Hey ! Fais attention ! Tu veux rallonger mon calvaire de quelques mois ?

- Petite chochotte, ce n'est rien à côté de ce que je vais te faire subir ! répondit Hermione avec un rictus effrayant. Les cours ont recommencé depuis quatre jours et comme tu comptes passer tes ASPIC à la fin de l'année, il est hors de question que tu prennes du retard sur le programme.

Harry gémit et fit semblant de s'évanouir. Imperturbable, la jeune fille continua son discours.

- Je t'ai apporté tous les manuels de septième année et quelques ouvrages choisis par mes soins qui complètent très bien le programme. Comme tu ne peux pas encore utiliser la magie, nous allons commencer par de la théorie. Avec l'accord de Mme Pomfresh nous pourrons même faire quelques potions tant que je les supervises. Pour les sortilèges et la métamorphose, nous devrons attendre. Des questions ?

Les yeux fermés, Harry leva la main et demanda :

- Je peux aller à l'infirmerie madame ? Je ne me sens pas très bien.

Hermione roula des yeux et lui pinça la joue, le faisant ouvrir les yeux avec un cri d'indignation.

- Hermiooone, je n'ai vraiment pas envie de travailler maintenant, grommela Harry en se massant la joue. T'aurais pas pu m'apporter des "vrais" livres, tu sais, des histoires avec des gentils et des méchants et une princesse à sauver…

- Pas de problème ! Je t'apporte « L'Histoire de Poudlard » demain s'il n'y a que ça pour te faire plaisir !

- Tu es désespérante…

- Oui, je sais !

- Au lieu de raconter des bêtises, dis-moi plutôt ce qui s'est passé dehors cette semaine.

- Bof, pas grand chose. L'article sur ta reconnaissance de dette a fait la une de tous les journaux et je te racontes pas l'encre qui a coulé. Tout le monde y va de sa petite théorie sur ce que tu vas faire de cette dette : demander de l'argent, une maison, devenir auror ou sénateur ou noble ou un bienfaiteur pour Sainte Mangouste, blablabla...

- Un bienfaiteur pour Sainte Mangouste ? répéta le Survivant en haussant les sourcils.

- Tu sais, j'ai fait des recherches et il y a un nombre incalculable de choses que tu peux demander en dehors de biens matériel et de titres. Tu peux par exemple demander que tous les gens qui te croisent s'inclinent ou demander un serment d'obéissance à une personne ou un groupe de personnes. Mais ce genre de demande ne peut être valide que durant une période d'un an, un mois et un jour.

- Je vais demander à ce que tous les vieux croutons qui me croisent se curent le nez. Ça leur fera les pieds comme ça, grommela Harry.

Hermione éclata d'un rire clair et se pencha pour lui embrasser la joue. Elle lissa sa jupe et lui adressa un sourire lumineux en se levant.

- Je reviens demain soir, et tu as intérêt à avoir ouvert ces bouquins.

Dans son dos, le Gryffondor fit une affreuse grimace. En passant le seuil de la porte elle lui lança :

- Et si tu ne le fais pas, je le saurais, j'ai ensorcelé les livres pour qu'ils t'assomment si ils restent fermés pendant 24 heures.

•• ∞ ••

Trois semaines après, Harry sortit de l'infirmerie. Il fut accueilli par un rugissement de triomphe et une standing ovation dans la Grande Salle. Même Draco Malfoy l'applaudit. Enfin, il frappa trois fois sa main gauche sur sa main droite sans grand enthousiasme pour échapper aux regards haineux de ses camarades, son directeur de maison et Minerva MacGonagall.

Le Gryffondor bénit Hermione chaque jour qui passa pour l'avoir forcé à suivre les cours à domicile lorsqu'il se rendit compte de la montagne de travail pratique qui l'attendait. Mais il ne lui avoua jamais en face. Plutôt se pendre et sa nonchalance avec lui.

La conversation fatidique qui le mena à faire un pied-de-nez au monde sorcier arriva début novembre. Ils sortaient d'un devoir de potions et Ron s'était effondré sur la table des Gryffondor, se noyant dans des borborygmes incompréhensibles.

- Oh Ron, trésor, il était pourtant facile ce devoir. Le plan était tout tracé dans la fiche de révision que je t'ai donné ! Bon, évidemment, tout le passage sur les herbes médicinales était à bannir et il fallait également modifier le passage sur les effets indésirables de l'écorce de sauge et intégrer la composition de la potion de croissance et de dégrisement. Tu n'as pas pu tout rater ! Non ?

Le roux leva un œil misérable vers elle et demanda d'une voix plaintive :

- Hermiooone, de quelle fiche tu parles ?

Elle lui donna une tape à l'arrière du crâne et le Gryffondor préféra se tourner vers son meilleur ami.

- Haryyy, elle me martyrise...

Celui-ci le regarda avec une lueur malicieuse et lui répondit, le plus sérieusement du monde :

- J'étais sûr que tu avais des tendances masochistes pour sortir avec une fille pareille.

Il évita avec adresse une cuisse de poulet qui visait sa tête et offrit un sourire rayonnant à Hermione. Celui "je-suis-encore-en-convalescence-alors-tu-ne-peux-pas-me-frapper".

- Sérieusement, mec, il faut qu'on fasse un truc pour Rogue. Je sais pas si c'est le fait que son maître bouffe les mandragores par la racine mais il ne se sent plus ces derniers temps, lui dit le roux en se redressant.

- Et tu veux qu'on fasse quoi ? Échanger nos uniformes avec ceux de Serpentard pour qu'il arrête de nous enlever plus de points qu'Hermione gagne en un mois ?

- Je pensais plus à un truc se rapprochant du meurtre.

- Ou alors il faudrait découvrir un truc bien scandaleux à son propos et le faire chanter...

- Ouiii, et on en fera notre esclave personnel ! On lui fera laver ses chaudrons et on lui coupera ses cheveux gras et on amputera son nez crochu ! s'extasia Ron.

- Et on le forcera à s'habiller en rouge pour les matchs de Quidditch !

- C'est beau de rêver, gémit Ron en reposant sa tête sur la table.

- C'est clair, et le jour où Rogue acceptera de se soumettre à un Gryff...

Il s'interrompit et fixa le vide deux secondes avant de lancer :

- Vous savez quoi ? J'ai la solution à tous nos problèmes.

Et il se leva de table pour s'avancer vers celle des professeurs. Hermione leva un sourcil et Ron haussa les épaules en levant les mains pour lui monter qu'il n'avait aucune idée de la nouvelle lubie de leur ami. Ils le regardèrent cependant s'arrêter devant la table des professeurs et remonter sa manche.

- Il ne va quand même pas… murmura Hermione les yeux exorbités.

- De quoi tu parles ? demanda Ron alors que le Survivant commençait le rituel de reconnaissance de dette.

- Je lui ai expliqué toutes les choses qu'il pouvait avoir avec sa reconnaissance de dette. Notamment le fait que…

Mais elle ne finit pas sa phrase, interrompue par la voix claire d'Harry qui déclara « Je réclame Severus Snape ». Ron se frappa le front du plat de la main et Hermione se pinça l'arrête du nez.

•• ∞ ••

Ce soir-là, Harry était rentré à la tour Gryffondor après onze heures, un large sourire aux lèvres. « J'ai fait une petite mise au point avec Snape » fut tout ce qu'il dit à ses amis. Cette nuit-là, un Poufsouffle insomniaque perdit cent points. Le rapport avec la situation présente ? « Aucun. Les élèves n'ont pas à sortir après le couvre-feu » grogna le professeur de potions lorsque MacGonagall le convoqua dans son bureau.

•• ∞ ••

Le jour suivant était un mardi. Dans un soucis de mettre les étudiants de bonne humeur, le conseil des professeurs avait placé un cours de potions avancées de quatre heures le matin (« Ô joie » avait dit Ron en voyant son emploi du temps à la rentrée). Dans le couloir des cachots, Gryffondor et Serpentard se regardaient dans le blanc des yeux en silence. La défaite du Lord Noir avait apaisé certaines tensions, exacerbé d'autres mais les septièmes années, dans un accord tacite avaient décidé de rester civilisés, au moins durant les cours. Cependant, ce matin, un espèce de malaise planait et tout le monde regardait le Survivant du coin de l'œil. Un Survivant qui souriait comme un imbécile heureux en discutant avec Ron et Hermione.

La porte de la salle s'ouvrit brusquement, faisant sursauter les élèves. Dans l'encadrement, un Severus Snape d'aussi mauvaise humeur qu'à son habitude leur jeta un regard noir.

- Entrez, dit-il de sa voix glaciale.

Ils s'empressèrent d'aller s'asseoir devant leurs paillasses. Harry entra en dernier et adressa un regard joueur au professeur. Il allait bien s'amuser aujourd'hui ...

- Bonjour Sevy ! Bien dormi ?

- Allez à votre place, Potter.

- Oui, oui ... Répondit-il en sautillant presque jusqu'à sa place.

Merlin que ce cours va être long ! soupira mentalement Severus avant de se placer derrière son bureau.

La potion à réaliser était vraiment complexe. Une trentaine d'étapes étaient nécessaires et la température du chaudron devait constamment être surveillée. Hermione, montée sur ressorts, couru chercher ses ingrédients et les aligna dans un ordre précis tout en invoquant un thermostat pour surveiller son chaudron. Derrière elle, Ron se tortillait pour voir ce qu'elle faisait et effectuait exactement les mêmes gestes. Cette technique n'avait jamais porté ses fruits mais le roux se bornait à penser qu'un jour il aurait suffisamment de réflexes pour suivre le rythme d'Hermione.

Harry, de son côté, prit son temps pour observer tous les ingrédients de l'armoire et choisir ceux qui lui paraissaient les plus jolis, sans aucun regard vers les instructions au tableau. Il ramena à sa table des ailes de fée, des fleurs de toute sorte dont il ne connaissait même pas le nom, de la fourrure de Croup, du sang de sirène, de la peau de serpent tigré du Nil, des dents aiguisées de brochet d'eau douce et une fiole de gaz violet sans étiquette. Il mit de l'eau à chauffer et versa les ingrédient au gré de ses envies, s'extasiant sur la couleur de la mixture ou grimaçant à l'apparition de grumeaux. Snape, qui le surveillait du coin de l'œil, avait des suées froides en listant tous les effets potentiellement dangereux qui pouvaient survenir entre ces ingrédients disparates. Et quand Harry s'apprêta à ajouter le sang de sirène à son mélange, il se précipita pour arrêter sa main, sauvant la classe d'une infection de peste bubonique.

- Potter ! Hurla-t-il hystériquement. Vous êtes complètement malade ! Vous-Savez-Qui vous a bousillé le cerveau ! Vous voulez tous nous tuer ou quoi ?

- Ça va, Sevy chéri, ne t'énerve pas comme ça, répondit le Survivant avec son grand sourire. Tu vois, il ne s'est rien passé, parce que je sais que tu me protégeras toujours !

Et il battit des cils dans la direction du maître des potions qui se détourna, légèrement écœuré.

- Monsieur Weasley, rugit-il pour se donner contenance, en s'avançant vers le chaudron du roux. J'espère pour vous que vous n'aurez pas la stupidité d'appeler ça une potion. Tout ce que je me suis acharné à faire rentrer dans votre petite tête serait-il partit définitivement aux oubliettes ? Cinquante points en moins pour...

- Sevy ! Arrête ça tout de suite ! Ce pauvre garçon n'a rien fait. Si tu n'es pas assez mature pour mettre tes sentiments de côté pendant un cours, tu vas aller au coin.

Et Severus d'ouvrir la bouche comme un poisson hors de l'eau, le visage aussi rouge que les cheveux de Ron. L'ensemble des Gryffondor plongea le nez dans son chaudron pour se retenir de rire et les Serpentard étaient comme deux ronds de flan, entendant pour la première fois quelqu'un contredire leur directeur de maison. Malfoy ricana.

Plus vif que l'éclair, Snape se tourna vers lui et hurla :

- Malfoy ! Cinquante points en moins pour Serpentard !

•• ∞ ••

- Et là, Malfoy s'est évanoui. Comme ça, pof ! Il paraît que Sevy ne lui avait jamais enlevé de points de toute sa scolarité !

Debout sur le banc des Gryffondor, Ron racontait une fois de plus l'épisode du cours de potions à quelques élèves de Poufsouffle qui avaient été trop timides pour lui demander des précisions avant. En moins de deux jours, toute l'école était au courant et Rogue ne parvenait plus à effrayer aucun élève. Chaque fois qu'il lançait un regard noir ou enlevait des points injustement, l'élève répondait : « Je vais chercher Harry, on verra ce qu'il en pense, Sevy ».

Dumbledore était venu le voir dans ses appartements alors qu'il noyait son autorité perdue dans une bouteille de Whisky Pur-Feu et lui avait conseillé d'en profiter pour rebondir et changer ses méthodes d'enseignement.

Le maître des potions lui avait répondu d'aller se faire foutre. Et profond.

•• ∞ ••

Le soleil étirait doucement ses rayons sur Poudlard, chauffant les pierres millénaires qu'il avait délaissées pendant quelques heures. Tous les habitants du château dormaient encore. Tous ? Non, un petit Survivant résistait encore et toujours à l'appel de son lit douillet pour s'élancer à la conquête des couloirs silencieux.

Il descendit dans les cachots et chercha le tableau d'un sorcier grassouillet tenant une fiole grise. L'entrée des appartements du maître des potions. Le tableau le laissa passer sans discuter lorsqu'il lui montra le phœnix sur son poignet et lui souhaita bonne chance pour ce qu'il allait entreprendre. Harry lui répondit d'un clin d'œil et entra dans le salon à pas de loup. Suivant les indications du tableau, il ouvrit la porte à droite mais hésita un peu sur le seuil. Il allait rentrer dans l'intimité de son professeur et cette idée lui procurait des frissons. Rassemblant son courage, il alluma la lumière d'un geste de sa baguette et rejoignit le lit à grands pas. Avant même que Snape ait pu protester, il arracha les draps d'un geste en claironnant :

- Debout là dedans !

Snape était nu sous ses draps.

Nu. Sous. Ses. Draps.

Une seconde de silence écrasant passa. Snape était à moitié relevé sur ses coudes, une expression de totale incompréhension sur le visage tandis que Harry fixait sa verge au repos.

- Ben merde alors... Dit le Gryffondor en sortant de sa torpeur. Vous êtes vraiment un homme.

- Et vous pensiez que j'étais quoi, Potter ? Une sirène peut-être ? remarqua le professeur, pas gêné le moins du monde.

- Ben, tout le monde pense que vous êtes un être asexué...

Snape leva les yeux au ciel.

- Je suppose que ce n'est pas pour résoudre ce problème existentiel que vous êtes venu me réveiller ce matin ? demanda-t-il de sa voix polaire.

Il avait beau être du matin, il tenait quand même à son sommeil réparateur. Surtout que la semaine avait été riche en émotions. Il se retint d'abreuver le sale môme en face de lui d'insultes colorées. Par Merlin, si son serment ne stipulait pas qu'il lui devait respect et obéissance, il l'aurait déjà sorti de chez lui d'un coup de pied au cul.

- Non, j'étais venu pour... Est-ce que vous pouvez cacher "ça", s'il vous plait ?

- Cela vous gêne, Potter ? Pourtant nous sommes faits pareils que je sache. A moins que vous ne fassiez un complexe de taille ?

Harry se redressa sous la pique et lança un regard noir au maître des potions.

- Je ne suis pas un exhibitionniste, moi ! Habille-toi, je t'attend dans le salon.

Revenu au tutoiement, Severus n'eut pas d'autre choix que d'obéir. Un des principes du serment de fidélité était que la victime devait une obéissance absolue seulement au tutoiement. Heureusement pour l'ancien mangemort, il intimidait encore assez Potter pour lui faire oublier cette règle de temps en temps. Il se prépara en prenant le maximum de temps, histoire de mettre son nouveau maître mal à l'aise. Il entra dans le salon vêtu de ses habituelles robes noires.

Le regard de Harry s'attarda sur son entrejambe. Rogue ricana.

Le rouge au joues, Harry se leva d'un bond du fauteuil où il était avachi.

- Ouah, enlève ça ! On va chez les moldus aujourd'hui, tu ne peux pas te promener habillé comme ça ! S'exclama-t-il.

Rogue s'étrangla.

- Les moldus ?

- Oui, on va au cinéma ce matin, puis on mangera dans un fast-food et on fera les boutiques ! J'ai obtenu une dérogation spéciale de Dumbledore. Il a dit que ça vous fera le plus grand bien.

- Vous êtes encore plus stupide que je ne le pensais, Potter, pour oser espérer que j'ai des vêtements moldus dans ma garde-robe. Je suis un ancien mangemort, après tout.

- Arrête ton char, Sevy, répondit le Gryffondor avec une certaine affection dans le regard. Nous savons tous les deux que le fait d'être un mangemort n'a rien à voir avec le fait d'avoir une chemise et un pantalon dans son armoire.

Devant le silence buté du maître des potions il soupira longuement puis redressa les épaules, animé d'une énergie nouvelle.

- C'est pas grave, on va y aller comme ça ! s'exclama-t-il avec un sourire typiquement Serpentard sur les lèvres.

•• ∞ ••

- Mais vous savez, c'est vraiment une triste histoire, raconta Harry à la vendeuse sur le ton de la confidence. Il était sorti de chez lui pour la première fois depuis des mois, dans l'espoir de pouvoir aborder sa magnifique voisine de pallier. Il avait entendu ses amis parler d'une soirée déguisée, quelques immeubles plus loin et, dans un sursaut de courage, il y est allé, vêtu d'un masque pour cacher son visage. Je ne sais pas si je peux vous dire ça mais il complexe énormément à propos de son nez...

La deuxième vendeuse fit une grimace plutôt expressive.

- Et donc, il y est allé mais il était tellement anxieux qu'il a oublié d'éteindre les lumières et une des lampes a mis le feu aux rideaux. En quelques minutes l'appartement partait en fumée. Le pauvre a tout perdu. Et le pire c'est que c'est cette même voisine qui a remarqué l'incendie parce qu'elle était partie tôt de la soirée. Son appartement a aussi brûlé et maintenant elle rejette la faute sur lui...

La stagiaire poussa un soupir et se retourna vers la cabine d'essayage, les yeux pleins de pitié.

- Il se sentait tellement mal qu'il a erré dans les ruelles sombres toute la nuit. Je suis tombé sur lui ce matin alors qu'il allait se jeter d'un pont, je l'ai retenu et il m'a raconté toute l'histoire en pleurant sur mon épaule. Je ne le connaissait ni d'Eve ni d'Adam mais, en voyant ses yeux de cocker mouillé, je n'ai pas pu résister et je me suis dis « Harry, il faut que tu aides cette pauvre âme en peine ».

Les trois femmes avaient maintenant le larmes aux yeux et le regardaient avec admiration.

- Alors je me dis que la première chose qu'il fallait c'était quand même lui acheter quelques vêtements, qu'il ne se balade pas dans cette espèce de robe bizarre et vachement serrée. Donc je l'ai amené ici, et je compte sur vous, mesdemoiselles, pour en faire un homme neuf !

La stagiaire leva le poing en signe de victoire, tout en reniflant peu gracieusement.

- Comptez sur nous monsieur, nous allons faire de notre mieux. Même si tout le magasin doit y passer, nous allons l'habiller pour que toutes les femmes se retournent sur son passage !

A ce moment-là, Severus Snape sortit la tête de la cabine, pour protester encore une fois contre le fait de mettre un jean. Il fut aussitôt assailli de fan en furies qui le traînèrent dans une plus grande cabine pour lui faire essayer une quantité monstrueuse de vêtements.

Assis sur une chaise, les jambes négligemment croisées, Harry regarda son professeur souffrir pendant trois bonnes heures.

•• ∞ ••

Ce soir-là, Severus Snape se traîna jusqu'au bureau de Dumbledore et lui demanda, des tremolos dans la voix, d'arrêter ce massacre. Des larmes manquèrent de jaillir de ses yeux lorsqu'il raconta les tortures qu'il avait subi dans la journée.

Le directeur le regarda avec ses habituels yeux pétillants de malice et lui répondit qu'il avait maintenant une idée du calvaire que devaient endurer la plupart des hommes en couple. Un bonbon au citron ?

•• ∞ ••

Madame Pince claqua la porte de la bibliothèque derrière les deux jeunes hommes avec un air revêche. Harry soupira et posa par terre le fouillis de parchemins qu'il avait dans les bras pour les classer par matière.

- Elle exagère, quand même ! Elle pourrait au moins nous laisser ranger nos affaires avant de nous mettre dehors ! grogna Neville en faisant de même. Tiens, je crois que c'est la troisième feuille de ta disserte.

- Ah ouais, merci. En tout cas c'était sympa de m'aider pour la botanique. Je galérais totalement avec les propriétés des feuilles de figuier.

- Comme ça, la prochaine fois que j'aurais besoin d'un coup de pouce en Défense Contre Les Forces du Mal… ou mieux, en Potions, je saurais où frapper !

- Très drôle, se vexa Harry.

- Ben, maintenant que Snape est à ta botte, je suis sûr que tu peux lui demander tout et n'importe quoi sans qu'il t'envoie en retenue...

Harry interrompit son classement, les yeux dans le vague.

- Oh mon Dieu, j'y avais pas pensé du tout !

Il reçut un paquet de feuilles dans la figure.

- J'y croit pas ! Pourquoi tu as demandé Snape alors ? railla Neville.

- Heu… Pour lui faire payer toutes mes humiliations ?

- Pourquoi tu me demandes à moi ? rigola le Gryffondor. Je ne suis pas dans ta tête que je sache.

- En fait, ça a plus été un coup de tête qu'autre chose. On parlait avec Ron de tout ce qu'on pourrait faire subir à Snape et je me suis dit « Hé, mais je sais comment faire ça ! ». Donc je l'ai fait.

Neville éclata de rire.

- T'est vraiment génial Harry ! Il n'y a que toi pour avoir la soumission totale de Rogue et en profiter simplement pour lui donner des surnoms affectueux devant toute l'école. Moi, à ta place, je…

- Si j'étais vous, M. Longdubat, je ne finirais pas cette phrase sous peine de finir le reste de mon année en retenue.

L'hilarité du Gryffondor fondit plus vite que neige au soleil. Il se retourna lentement pour tomber sur un regard plus noir que les Ténèbres. Il poussa un gémissement plaintif.

- D'ailleurs, il me semble que le couvre-feu est passé depuis cinq bonnes minutes… Nous disions donc, une semaine de retenue dont la première commence dans dix minutes dans mon bureau, dit Snape avec un sourire sadique.

Neville regarda son camarade avec un air de chien battu. Ses yeux criaient « Sors-moi de cet enfer, je t'en prie ! ».

Le Survivant eut soudain une idée lumineuse et se tourna vers le professeur de potions.

- C'est une bonne idée, ça ! Mais comme ce pauvre Neville est indisponible ce soir, tu vas le remplacer. On n'a qu'a dire dans dix minutes dans ton bureau ?

Snape le regardait fixement, les yeux totalement vides. Harry fit un signe discret à Neville qui détala sans demander son reste. -

Heu... Monsieur ? Vous allez bien ? s'inquiéta le Gryffondor en agitant sa main devant le visage de son professeur. Vous savez, c'est pas si terrible que ça une heure de retenue. Si vous n'êtes pas trop insolent ça devrait bien se passer. Hé ho !

Snape cilla brusquement et Harry sursauta. Sur son visage passèrent une dizaine d'expressions, passant de la colère à la haine mais finalement, ce fut la lassitude qui l'emporta. Il n'avait plus la force de se battre. Potter était beaucoup trop Gryffondor pour lui. Même lorsqu'il devait lui faire payer pour toutes ces années d'humiliation il trouvait encore le moyen de s'inquiéter...

- Je serai à l'heure, répondit-il alors simplement en tournant les talons.

Harry resta au milieu du couloir, dansant d'un pied sur l'autre et ne sachant vraiment pas quoi penser de la scène qui venait de se dérouler.

•• ∞ ••

Il était vingt heures quinze lorsque Rogue ouvrit la porte de son propre bureau. Harry était déjà là, caressant distraitement les tranches des livres de sa bibliothèque personnelle. Le phénix sur son poignet lui servait de passe-partout pour toutes les pièces appartenant au professeur de potions. Dumbledore n'avait apparemment aucune idée de la notion d'intimité.

Le garçon avait retrouvé son air enjoué et c'est avec un sourire espiègle qu'il enjoignit Snape à passer dans la salle où il avait effectué un nombre incalculable de retenues. D'un pas tranquille il alla s'asseoir au bureau et croisa les jambes, le menton levé et un air hautain sur le visage.

- Snape. Je vois que vous avez appris la ponctualité. Mais cela n'allègera pas votre sentence, soyons clair. Vous allez donc me récurer la dizaine de chaudrons qui se trouve dans cette pièce. Et vous ne partirez que lorsqu'ils seront parfaitement propres !

- Ça vous amuse ? rétorqua le maître des potions entre ses dents.

- Oui, beaucoup !

Laissant tomber l'air revêche qui ne lui allait pas du tout, Harry lui adressa un grand sourire en remontant ses lunettes sur non nez.

- Vas-y, plus tôt tu auras fini, plus tôt tu pourras aller me maudire dans tes appartements.

Fusillant le jeune homme du regard, Snape s'empara d'une brosse et d'une éponge et commença à astiquer le premier chaudron qui lui tomba sous la main.

Une heure passa.

Harry s'ennuyait ferme.

- C'est pas juste, grogna-t-il. Vous, au moins, vous avez des copies à corriger mais moi j'ai même pas de devoirs, Hermione s'arrange toujours pour qu'on ai tout fini en avance.

Snape ne daigna même pas lui répondre, ses mains s'affairant dans le chaudron graisseux.

Harry soupira bruyamment et se concentra sur la seule personne présente dans la pièce. Severus avait enlevé ses lourdes robes et se trouvait en pantalon et chemise, les manches relevées jusqu'aux coudes. La sueur ruisselant sur son front et ses biceps tendus montraient bien qu'il commençait à peiner à la tâche. Mais ses lèvres hermétiquement fermées ne demanderaient jamais pitié. Il avait déjà parfaitement nettoyé la moitié des chaudrons et, en tant que potioniste, il connaissait le danger d'un chaudron sale. Il s'essuya le front avec le bras et se décala sur le côté pour passer à un autre chaudron, sa fierté l'empêchant de faire une pause pour reposer ses muscles endoloris.

De la où il se trouvait, Harry pouvait voir les muscles de ses épaules rouler lentement, sa mâchoire se contracter spasmodiquement. Les mains appuyés sous le menton, il regardait l'autre d'un air vague, laissant ses pensés vagabonder à leur gré. Il pouvait entendre sa respiration laborieuse et voir ses joues se colorer de rouge sous l'effort. Les deux premiers boutons ouverts laissaient apparaître une peau pâle, elle aussi brillante de sueur. Si seulement il pouvait avoir assez chaud pour retirer sa chemise, se dit brièvement le Gryffondor.

Deux minutes plus tard, Snape releva brusquement la tête, croisant enfin le regard du Survivant. Ce qu'il vit le laissa perplexe. Pourquoi diable le gamin générait-il des vagues de chaleur ? En plus sans baguette ! Et pourquoi donc le regardait-il avec cette lueur indéchiffrable dans le regard ?

Avec hésitation, il ouvrit un bouton de plus, laissant respirer sa peau. La lueur dans le regard de Harry devint plus vive. Snape déglutit.

Merde, je connais ce regard.

- Potter ?

- Hein, quoi ? Répondit le Gryffondor, semblant sortir de ses pensées.

Aucun rougissement. Cet imbécile ne s'en est même pas rendu compte, pensa le professeur. Merlin, faites que ce gamin reste aussi naïf et innocent que d'habitude ou je ne donne pas cher de ma peau !

- Pardon, je crois que je commençais à m'endormir, continua Harry en se frottant les paupières. On va s'arrêter là ou je vais passer la nuit sous le bureau.

Snape tiqua au lapsus mais ne laissa rien paraître. Il se contenta de redoubler ses prières à l'intention de la divinité la plus proche.

- Maintenant que vous avez vu à quel point c'est éprouvant de récurer des chaudrons, peut-être que vous aurez la main plus légère sur les punitions.

L'ancien mangemort détourna les yeux, ses lèvres se retroussant dans un rictus malsain.

- Ce n'est pas si terrible que ça…

- Mauvaise foi ! Cria Harry depuis le couloir.

•• ∞ ••

Plusieurs jours passèrent. L'autorité légendaire de Severus Snape commençait à battre sérieusement de l'aile. Plus personne ne baissait les yeux en le regardant. Même les premières années, normalement facilement influençables, avaient cessé de trembler lorsque le professeur refermait la porte des cachots avec sa délicatesse habituelle. Les cours de potions étaient devenus un véritable défouloir, les élèves n'écoutaient pas les instructions et s'amusaient plutôt à observer combien d'explosions leur professeur pouvait gérer en même temps.

Malheureusement, ce qui devait arriver arriva et, environ une semaine après la nomination de Severus Snape comme esclave personnel d'Harry Potter, une potion dangereuse explosa dans le cours des Gryffondor-Serpentard de sixième année. Deux élèves avaient fait le pari de lancer des graines de sésame dans la potion au bureau professoral sans se faire pincer. Les trois premiers rangs se retrouvèrent à l'infirmerie, hurlants de douleur, alors que des excroissances osseuses leur poussaient partout sur le corps.

Au repas du soir, Harry se leva et monta sur la table des Gryffondor. Il engueula sévèrement les élèves de sa maison, hurlant contre leur immaturité et leur stupidité. Il déclara ensuite, s'adressant à tout le monde cette fois-ci, qu'il autorisait Snape à donner des punitions méritées, quitte à venir vérifier de lui même si un élève venait se plaindre d'injustice.

Lorsque Snape se leva en vociférant qu'il n'était pas une chose soumise à son bon vouloir, Harry hurla encore plus fort qu'ils allaient s'expliquer tous les deux et que, bordel, il y avait d'autres moyens que la terreur pour maintenir des adolescents tranquilles.

Il n'y eu qu'Hermione pour oser demander, dans le silence total qui suivit son intervention, qu'ils aillent poursuivre leur dispute de couple ailleurs parce qu'elle avait faim et aurait bien aimé profiter du crumble aux pommes.

Les deux concernés, la bave aux lèvres, sortirent de la Grande Salle à grands pas et les échos de leur dispute résonnèrent dans les couloirs jusqu'à ce qu'ils s'enferment dans les appartements du maître des potions.

Le lendemain matin, les elfes de maison durent s'y mettre à plusieurs pour entasser le mobilier cassé des appartements de Snape devant le portail de Poudlard.

•• ∞ ••

Les élèves bavardaient gaiement dans le couloir de la salle de potion. Au contraire de leurs homologues Gryffondor et Serpentard, les Poufsouffle-Serdaigle de quatrième année s'entendaient relativement bien. Ils se saluaient dans les couloirs et discutaient entre les cours sans aucune animosité. Une classe parfaite pour le genre d'expérience qui allait s'y dérouler.

La porte des cachots s'ouvrit en grinçant et les élèves pénétrèrent dans la salle, légèrement tendus tout de même. Elle se referma ensuite dans un fracs abominable et un grognement désapprobateur retentit.

- Ne claque pas la porte de la salle de cours, ça les rend nerveux et donc moins attentifs à leur potion.

Assis sur un tabouret derrière la dernière rangée de chaudrons se trouvait Harry Potter.

- Ouvre cette porte et referme-la correctement, ordonna-t-il au maître des potions.

Celui-ci, la main toujours posée sur le panneau de bois, fit une immonde grimace mais s'empressa d'obéir.

- Bien, déclara Harry à l'ensemble des élèves. Je vais vous demander votre entière coopération pour cette heure durant laquelle vous allez avoir le privilège d'assister aux nouvelles méthodes de cours du professeur Snape.

Un murmure excité grandit dans la pièce.

- Taisez-vous, ordonna sèchement l'ancien mangemort.

Mais, comme depuis peu, cela ne suffit pas à faire silence.

- Ne leur hurle pas dessus. La politesse n'a jamais tué personne et, avec ton aura menaçante, cela suffira pour leur clouer le bec.

Harry le regardait, les poings sur les hanches, dans la posture d'une mère grondant un petit garçon. Alors, et même si cela semblait lui écorcher la bouche, il demanda :

- Taisez vous, s'il vous plait.

Le silence se fit instantanément, tous les élèves s'étant retournés à l'entente de leur professeur parler poliment. La suite du cours ne fut qu'une suite incessante de remarques de la part du Gryffondor : « Écris plus lisiblement, que les élèves ne passent pas trois quarts d'heure à essayer de déchiffrer ! », « Ne garde pas cet air grognon quand tu passes dans les rangs, tu les effrayes ! », « Montre à cette gamine comment doser la bile de tatou et elle ne refera pas la même erreur ! », « Garde tes commentaires cinglants pour toi, un peu de pédagogie, que Diable ! », « Montre lui ce qui ne vas pas au lieu de renifler dédaigneusement ! », « Arrête de me regarder avec cet air pitoyable, je suis en train de faire de toi un bon prof ! C'est ça ou je te colle en retenue avec Rusard ... » Une fois les élèves partis, pour une fois satisfaits de leur cours de potion, Snape s'affala sur son bureau. De toute façon, au point où il en était, il pouvait bien se montrer naturel avec Potter…

•• ∞ ••

Ce soir-là, Snape entra dans le bureau directorial et tendit une enveloppe à Dumbledore.

- Qu'est-ce que c'est ?

- Mon testament.

- En quel honneur ?

- A ouvrir quand ce gamin aura ma peau.

Le directeur le regarda par dessus ses lunettes en demi-lune et lui répondit sur un ton moqueur.

- Cela pourrait bien arriver plus vite que vous ne le pensiez mais pas de cette manière-là...

•• ∞ ••

Le professeur Snape entra dans ses appartements de bonne humeur. La série d'ordre que Harry lui avait donné pour modifier ses cours portait ses fruits et, bien qu'il préférait mourir plutôt que de l'avouer, il prenait plus de plaisir à enseigner les potions à des morveux attentifs et pas trop tendus qu'à des pelotes de nerf qu'il fallait incessamment surveiller. Il avait d'abord traversé une phase de rejet total lorsqu'il sentait sa langue se coller à son palais pendant ses cours, ou ses lèvres se détendre sans son accord. Il avait eut envie de démolir son bureau lorsqu'il avait répondu poliment à la Miss-je-sais-tout et émincé les racines de mandragore d'un premier année de Poufsouffle. Mais après une semaine, il avait été forcé de reconnaître que ce mode de travail, jusqu'alors inconnu de sa personne, lui plaisait assez. Les chaudrons n'explosaient que rarement, les élèves rendaient des devoirs de meilleure qualité et les médisances sur son compte dans les couloirs avaient presque cessé. Il en venait presque à se demander si il n'avait pas été un peu trop sévère avec ses élèves les années précédentes ...

Tout à ses pensées, il ne remarqua pas le balai sagement posé contre le mur, ni la robe de quidditch écarlate jetée à la va-vite sur le canapé. Il commença à déboutonner sa robe et se dirigea vers sa chambre dans l'intention de prendre une douche. Il se figea devant les traces de pas boueuses sur le seuil de la pièce. Le bruit d'une page que l'on tourne lui parvint, étouffé par le panneau de bois. Il ouvrit la porte en grand, faisant sursauter la personne alanguie sur son lit.

- Hey, vous pourriez frapper ! Et si j'avais été tout nu ?

- Monsieur Potter, puis-je encore ne pas frapper à la porte de ma chambre ? Siffla le professeur.

- Ha oui, c'est vrai. Mais vos appartements étaient plus près que la tour Gryffondor alors j'ai pris une douche chez vous, ça ne vous dérange pas au moins ?

Le Gryffondor était allongé sur le ventre, vêtu uniquement d'une serviette de bain ridiculement courte qui lui couvrait les hanches. Ses cheveux, bien que mouillés, étaient toujours aussi emmêlés qu'un nid d'oiseau. Ses orteils jouaient avec le drap et ses mains tripotaient la couverture de « Potions des Grands Pouvoirs » qu'il avait sans aucun doute sorti de sa bibliothèque personnelle.

- Très bien, maintenant que vous êtes propre, vous allez me faire le plaisir de regagner votre chambre au lieu de salir la mienne.

- Massez-moi.

- Pardon ?

- J'ai envie d'un massage. L'entrainement de quidditch m'a crevé et j'ai les épaules toutes courbaturées. Donc, masse-moi.

Snape passa une main lasse devant ses yeux. Puisqu'il le fallait, autant s'amuser un peu. Il retira sa robe et ouvrit sa chemise sous les yeux appréciateurs de son élève puis se hissa sur le lit. D'un seul mouvement, il s'assit sur les fesses de Harry, le plaquant contre le matelas.

- Hé ! Qu'est-ce que vous faites ? Demanda le Gryffondor d'une voix scandalisée.

- Je m'apprête à vous masser, monsieur Potter, et ceci est la position la plus adéquate pour le faire.

Le Gryffondor grogna un peu mais ne protesta pas plus. D'un accio informulé, il attira à lui une petite bouteille d'huile colorée et en versa une partie sur la peau dorée. Harry frissonna sous la température du liquide mais s'efforça à se détendre. De toute façon, Snape ne pouvait lui faire aucun mal.

Il sentit bientôt les longues mains de son professeur passer dans son dos, remonter le long de sa colonne vertébrale et aller se perdre dans le creux de ses épaules. Il avait des doigts de pianiste qui appuyaient exactement comme il fallait. Snape commença à lui masser la nuque, le plongeant dans un état d'hébétude bienheureuse. Un sourire étira ses lèvres et il ferma les yeux de bonheur. Une caresse sur son flanc le fit gémir de plaisir et les frottements du bassin du potioniste sur ses fesses faisaient jaillir des bouffées de chaleur dans ses reins. Les doigts délicats s'attaquèrent aux nœuds des épaules, les défaisant progressivement avec des pressions contrôlées. Harry songea vaguement que c'était le meilleur massage qu'il avait jamais eu. Pas qu'il ait beaucoup de comparaisons mais jamais il ne s'était pas sentit aussi détendu depuis plusieurs années. Les doigts remontèrent sur sa nuque pour se perdre dans les cheveux rebelles, massant le cuir chevelu.

Un gémissement rauque sorti de sa gorge sans sa permission.

Les mains d'or passèrent langoureusement sur le cuir chevelu pendant plusieurs minutes puis redescendirent le long de la colonne, titillant chaque vertèbre. Harry n'arrivait même plus à réfléchir.

Ce ne fut que lorsque les mains repoussèrent la serviette pour caresser ses fesses qu'il retrouva un semblant de conscience. Et qu'il se rendit compte d'une réaction extrêmement embarrassante : il bandait. Il poussa une espèce de gémissement qui s'étrangla dans sa gorge. Snape s'était levé et massait son postérieur avec application sans aucune gêne. Il descendit ensuite sur les cuisses dans un mouvement de vas et viens, s'approchant dangereusement de ses parties intimes.

- Arrête ! Ordonna Harry d'une voix sourde, tentant de résister à la montée du plaisir.

Dans une dernière caresse aérienne, les mains aux doigts d'or se retirèrent de sa peau.

- Je serais à la douche si quelqu'un me demande, indiqua Snape d'une voix atone.

Et il partit dans la salle de bain, laissant sur son lit un Harry pantelant, agrippé au drap et tentant de résister à ce que son instinct lui hurlait : prendre son problème en main. Dans tous les sens du terme. Le bruit de la douche leva toutes ses hésitations et il se retourna pour porter la main à son entrejambe. L'image des mains qui lui avaient procuré tant de bien s'enroulant autour de son érection doubla son excitation et il jouit en moins d'une minute. Le souffle court, il retomba sur le drap. Il avait fantasmé sur les mains de son professeur de potions. Merde.

Sous sa douche, Severus Snape ne put empêcher un sourire sadique d'étirer ses lèvres. Il adorait jouer avec le feu.

•• ∞ ••

Il était quatre heures du matin et Harry n'arrivait pas à dormir. Il se retournait dans son lit, enlevait et remettait sa couverture, montait et descendait son oreiller. Il n'arrivait pas à dormir parce qu'il était franchement perturbé. Il avait beau avoir dix-sept ans, les seules expériences amoureuses qu'il avait eu étaient un baiser mouillé de la part de Cho et des caresses hésitantes de Ginny. Il s'était pensé sincèrement amoureux des deux jeunes filles, mais jamais il n'avait pensé à elles en se masturbant. Ses seuls fantasmes avaient étés des impressions, des images floues et les magasines cochons que Ron planquaient sous son lit. Les magasines qui se transmettaient dans la fratrie Weasley depuis la nuit des temps et que le roux avaient remis à Harry la mine grave en lui déclarant qu'il faisait entièrement partie de la famille maintenant. Cela ne l'avait pas empêché de les lui reprendre ensuite pour les planquer sous son lit.

Mais voilà, pour la première fois de sa vie Harry s'était fait plaisir en pensant à quelqu'un en particulier et, en omettant le fait qu'il s'agissait de Snape, il restait persuadé qu'il aurait dû réserver ça à l'amour de sa vie. Et il n'était pas amoureux de Snape. Normalement.

Une vague de panique le força à s'asseoir sur son lit. Il n'était pas amoureux de Snape, non ?

Il se leva d'un bond et ouvrit les rideaux du lit de son voisin.

- Ron ! Chuchota-t-il en secouant son meilleur ami. Ron, réveilles-toi !

- Hein ? Quoi ? Balbutia ce dernier en émergeant du sommeil.

- Comment tu as su que tu étais amoureux d'Hermione ?

- Avec beaucoup de sauce le poulet, maman.

Et il se rendormit.

•• ∞ ••

- Seamus ?

L'irlandais se retourna, la brosse à dents dans la bouche et le fixa d'un air interrogateur.

- Comment tu as su que tu étais amoureux de Dean ?

Le blond lui sourit, cracha le dentifrice dans le lavabo et commença d'une voix rêveuse.

- Ben, en fait, c'est une drôle d'histoire … Tu te souviens la soirée d'anniversaire de Ron ?

- Ouais, celle où t'étais allé cuvé ton FireWhisky dans les buissons du parc.

- Ha ! Mais ça c'est ce que je vous ai raconté bande de petits lions crédules !

Harry haussa les sourcils tandis que Seamus se battait avec les manches de son pull.

- En fait, je suis monté au dortoir et je me suis trompé de lit, je me suis couché dans celui de Dean, dit-il avec un sourire pervers sur les lèvres. Il est allé se coucher peu après et, quand il m'a rejoint dans le lit, j'ai cru que j'étais encore en train de rêver alors je lui ai taillé une pipe.

Harry émit un bruit à mis chemin entre une exclamation d'indignation et un étouffement. Le blond ne lui en tint pas rigueur et continua son histoire en faisant le nœud de sa cravate.

- Le lendemain, je me suis réveillé complétement dessoulé et j'ai cru qu'il allait me lyncher sur la place publique pour ce que j'avais fait. Mais cet imbécile heureux s'est contenté de me rendre la pareille.

- C'est pour ça que ses rideaux étaient tirés et insonorisés... murmura Harry, légèrement traumatisé.

- Et c'est avec un peu de sperme au coin des lèvres qu'il m'a déclaré que, dorénavant, on sortait ensemble. Et j'ai répondu « OK ».

Le silence s'installa. Seamus lissa son pantalon d'uniforme et posa la main sur la poignée de la porte.

- Et c'est tout ? S'exclama Harry.

- Ben oui, il est sympa, sexy, une bête de sexe au lit et on s'entend super bien donc c'est normal que je sois tombé amoureux.

- Je crois qu'on ne partage pas la même vision des choses, répliqua le brun, une fois seul dans la salle de bain.

•• ∞ ••

- Neville ?

- Hum ? Répondit le jeune homme joufflu en coupant une tige mal en point.

- Comment tu as su que tu étais amoureux de Luna ?

Le concerné piqua un fard monumental mais se tourna vers Harry avec un sourire rêveur.

- Ça, Harry, cela ne se contrôle pas. Un jour je l'ai su et c'est tout.

Le brun le regarda avec des yeux de chien battu et Neville lui indiqua d'aller s'asseoir sur un banc. Il prit place à ses côtés, cherchant ses mots.

- Tu vois, je l'avais toujours vu différemment des autres. Pour moi elle ressemblait à un ange. J'avais toujours l'impression qu'elle voyait le monde plus beau, plus brillant, que mes yeux étaient constamment voilés alors qu'elle était libre.

Il fit une brève pause et passa la main sur son visage, laissant une trace de terre.

- Après la bataille finale, elle est venue me voir à l'infirmerie. Elle avait des étranges lunettes roses et bleues et m'a raconté des inepties à propos d'un nid de nargoles empêchant la guérison des blessés. Et à cet instant là, j'ai eu l'impression que le voile venait d'être retiré. Elle irradiait tellement de joie de vivre que j'ai du fermer les yeux. Je savais que j'étais amoureux d'elle.

- Luna, dit Harry d'une voix rauque, mérite quelqu'un de bien.

- Je prendrais soin d'elle, Harry, pour le reste de ma vie.

- Je vous souhaite tout le bonheur du monde.

Et il se leva pour cacher les larmes qui ne manqueraient pas de couler.

•• ∞ ••

- Ernie ?

Le Poufsouffle s'arrêta dans le couloir et fit signe à ses amis de continuer sans lui.

- Qu'est-ce qu'il y a Harry ?

- Comment tu as su que tu étais amoureux de Hannah ?

Le rouge tomate semblait être la couleur du jour vu que le grand gaillard s'en drapa également. Il ouvrit la bouche plusieurs fois, les yeux exorbités avant d'enfin retrouver l'usage de la parole

- Ha ha ! Quel humour Harry ! S'écria-t-il assez fort pour que ses amis l'entendent avant de pousser le Gryffondor dans un couloir adjacent vide.

- Non mais ça va pas la tête ? Hurla-t-il à voix basse.

- Hein, quoi ? Répondit Harry totalement perdu.

- Qui t'as dit que j'étais amoureux de Hannah ?

- Ben Hermione. Elle a dit que ça se voyait comme le nez au milieu de la figure.

- Je ne suis pas amoureux de Hannah.

- Mais...

- C'est clair, Potter ?

- C'est qui que tu essayes de convaincre, moi ou toi ?

- C'est clair, Potter ?

- Raaah ! Tu ne m'aides pas du tout ! Grommela Harry en s'éloignant.

- Est-ce que je peux compter sur ton silence ? Demanda le Poufsouffle d'une voix angoissée.

- Mon silence sur quoi puisque tu n'es pas amoureux de Hannah ? Rétorqua le brun d'une voix sarcastique.

Et il laissa Ernie s'étouffer en scrutant le couloir heureusement vide.

•• ∞ ••

- Ginny ?

La rousse leva la tête de son manuel de métamorphose et lui offrit un grand sourire séducteur.

- Oui mon chou ?

- Comment tu as su que tu étais amoureuse de moi ?

Elle le scruta une bonne minute, le visage impassible.

- Oui, je me demande comment je suis tombée amoureuse de toi : tu n'as aucune délicatesse ni aucune subtilité, tu fonces toujours tête baissée dans les ennuis, tu n'a jamais été attentionné avec moi, tu as peur dès que les choses commencent à avancer un peu et je suis sûre que tes capacités intellectuelles ne dépassent pas celles du monstre du lac pour oser poser une question pareille à une fille.

- Heu...

- Tu vois, qu'est-ce que je te disais !

Elle se replongea dans ses devoirs, laissant le brun danser d'un pied sur l'autre au beau milieu de la bibliothèque. Une amie de Ginny lui lança un sourire moqueur et il préféra prendre lâchement la fuite.

•• ∞ ••

- Malfoy ?

- Qu'est-ce que tu fous dans la Salle Commune des Serpentard, Potty ?

- Comment tu as su que tu étais amoureux de Pansy ?

•• ∞ ••

Ce soir-là, le Survivant rentra à la Salle Commune les oreilles pendantes et la tête pleine de questions dont la principale était la suivante : « Pourquoi l'Amour est-il si compliqué ? ».

Ignorant son meilleur ami qui léchait la figure de sa dulcinée sur un des canapés il monta dans sa chambre. Assis sur son lit, il tira un calepin de son sac et commença à faire une liste.

"Je suis amoureux de Snape si :

• Je fais des trucs cochons avec lui (est-ce que le massage qu'il m'a fait est considéré comme un truc cochon ?)

• J'ai l'impression que le monde s'illumine à ses côtés (c'est le cas depuis que je peux m'amuser à le rendre dingue)

• Je nie fortement être amoureux de lui (ce qui ne m'avance pas vu que je ne sais pas si je suis amoureux de lui)

• Je deviens tout rouge en pensant à lui ou en parlant de lui à quelqu'un d'autre (dans mon cas c'était plutôt rouge de colère bien que cela s'est atténué depuis peu)

• Je lui trouve plein de défauts (sans commentaires)

• Je me mets à hurler quand on évoque ma relation avec lui (d'ailleurs, je tiens à préciser que Malfoy est d'une étonnante mauvaise foi, Pansy n'a aucun charme)"

Il la relut, la plume en l'air, puis balança le calepin par terre dans un geste négligent. De toute façon, qui pouvait bien tomber amoureux de Snape ?

A suivre

Et dans la prochaine partie, ça promet : de la sueur, du sperme, un petit short en cuir, des sextoys et un Sevy plus sexy que jamais ôÔ

A la prochaine o/

P.S : S'il y a quelqu'un dans cette assemblée qui est volontaire pour me faire un massage comme ça, je l'épouse dans l'heure...