Hello! Je suis revenue!

Disclaimer: Bleach=Tite Kubo. CQFD. Écrivons-le correctement: Bleach appartient à Tite Kubo, et la relation que j'ai écrite précédemment n'a absolument aucun sens.

Note de l'auteur: Voilà un nouveau chapitre! Merci beaucoup pour vos reviews! Ca m'encourage! *.* Enfin me revoilà avec une torture de Shiro, une semi révélation de sentiments (je viens de m'en rendre compte!)un super retour de la grand-mère dont tout le monde se moque (mais je l'aime bien!), un Hitsu complètement OOC (comment me suis-je débrouillée pour avoir un personnage pareil?), une intrigue des plus incompréhensibles et puis voina. Je vais m'arrêter là sinon je révèle le contenu du chapitre (bon ok il n'y a pas grand chose à révéler mais même!). Espérons que ce chapitre vous plaise!

Réponse aux reviews:

tsuyoshi: Merci beaucoup pour ta review! Je suis heureuse de voir que mon imagination te plaît! Pour répondre à ta question, oui, Ukitake a vu les yeux noirs de Toushiro, même si on peut avoir un doute en lisant (même moi j'en ai un à vrai dire -_-'). j'espère que ce chapitre te plaira également!

shili: Merci! Je suis désolée de vous faire attendre, mais je ne sais vraiment pas si je pourrais tenir le rythme de deux chapitres par semaine, voire plus (je vais essayer un jour! Pendant les vacances!); Oui, tout est clair, mais à un moment (plus tard, plus tard, malheureusement), ce sera encore plus clair(c'est bizarre ce que j'écris...)! Voilà la suite! En espérant que ça te plaise!

mlle driiiiing: Merci pour ta review! Oui je torture Toushiro et j'assume (mais je l'adore aussi! C'est mon protégé, mais hum... voilà quoi...). Oh oui Gin... Je l'aime tellement ce perso... J'aurais bien voulu lui donner un rôle plus cool dans cette fiction, mais non, je ne sais pas pourquoi, il est méchant. Mais il tient à Matsumoto! (il y a trop de personnages dans cette fiction, sincèrement u_u). Mais tu peux devenir sadique :D! Hum désolée pour l'attente, je vais essayer de faire mieux pendant les vacances!) Voilà donc un nouveau chapitre! Lis-le (lentement! :P), et j'espère qu'il te plaira!



Chapitre 6:

Matsumoto soutenait avec peine son capitaine, qui s'accrochait péniblement à elle, affaibli par le poison.

— Matsumoto, murmura-t-il, tue-moi.

La jeune femme n'en crut pas ses oreilles. Son capitaine voulait être assassiné, alors qu'il n'était qu'un innocent. Il est vrai qu'en le voyant, on avait du mal à le croire. Ses yeux, toujours noirs comme l'ébène, étaient exorbités, et ses crocs saillaient de sa bouche, menaçants. Matsumoto frissonna en constatant que l'état de son capitaine avait empiré. Il n'avait plus de forces, et semblait mourir de soif. Autant dire que l'avoir sur son dos en ces circonstances n'était pas rassurant.

— Unohana taichou, je crois qu'il faut accélérer le pas, déclara Matsumoto.

— D'accord. Comment va Hitsugaya taichou ?

— Très mal. Et on peut dire que cela empire de seconde en seconde. Il est de plus en plus pâle. J'ai l'impression qu'il va mourir.

— Rassurez-vous, Matsumoto fukutaichou, fit Byakuya en souriant. Nous allons le sauver.

Lorsqu'ils arrivèrent à la quatrième division, le jeune capitaine était encore conscient. La couleur de sa peau était désormais plus proche de celle de ses cheveux que d'autre chose, et la noirceur de ses yeux tranchait horriblement avec la pâleur nouvelle de son corps.

Unohana l'allongea sur un lit vide. Personne n'était présent dans la chambre où ils l'avaient emmené, et cela valait mieux. Que quelqu'un voit le petit capitaine dans cet état était la pire chose envisageable dans cette situation.

Hitsugaya était agité de soubresauts. Il ne comprenait pas la raison de sa douleur. Il avait mal, certes, mais il ne savait plus pourquoi. Il voyait des visages familiers autour de lui, mais ne les reconnaissait pas. Il n'avait que trois mots à la bouche, mais il ne les comprenait pas. Il ne savait plus pourquoi on l'avait mis dans cette chambre, ni pourquoi les personnes autour de lui semblaient terriblement inquiètes. Avait-il eu un accident ? Était-il défiguré ? Et surtout, d'où provenait cette puissante douleur dans sa gorge ?

— Tue-moi, Matsumoto.

Encore ces mots. Mais pourquoi les répétait-il sans cesse ? Ils sortaient de sa bouche sans qu'il le veuille, et le visage de la jeune femme blonde à son chevet se muait en masque de tristesse à chaque fois qu'il les prononçait.

— Je vais perdre le contrôle, Matsumoto. Tue-moi avant qu'il ne soit trop tard. Fais-le, je t'en supplie. Je vais perdre le contrôle.

Mais comment pouvait-il parler sans le vouloir ? Les mots sortaient tous seuls. Il ne connaissait même pas cette Matsumoto. Quelqu'un parlait à sa place.

— Matsumoto, je ne sais plus qui je suis. Je ne sais plus qui vous êtes. Je vais vous attaquer. Tue-moi avant que ce soit moi qui le fasse ! … Tais-toi !

La voix qu'il avait employée s'opposait clairement à celle de celui qui parlait à sa place. Elle était bien plus rauque et moins calme. Cependant, il constata quelques ressemblances plutôt déconcertantes. Le même timbre, la même puissance. Cela montrait que la même personne venait de prononcer ces deux discours. Lui.

— Taichou ?

C'était « Matsumoto » qui venait de parler. Elle semblait encore plus inquiète qu'auparavant.

— Calmez-vous, Matsumoto fukutaichou. Hitsugaya taichou n'est plus le même, vous le savez bien.

C'était un homme aux cheveux noir corbeau qui avait froidement adressé la parole à Matsumoto. Il avait l'air d'appartenir à la noblesse, ce qui correspondait absolument à son attitude. Une femme aux cheveux également noirs, tressés sur sa poitrine, posa une main sur l'épaule de Matsumoto.

— Ne vous en faites pas. Nous le sauverons. Je vous en fais la promesse. Et si nous n'y arrivons pas, nous ferons notre possible pour que son état s'améliore, le temps de lui… Faire nos adieux.

— Faire nos adieux, répéta Matsumoto d'une voix blanche.

Elle tourna la tête vers son capitaine, ou du moins ce qu'il en restait, et ferma les yeux. Elle prit la petite main de l'enfant et la serra dans la sienne. Le jeune garçon écarquilla les yeux.

— Matsumoto fukutaichou, ne soyez pas suicidaire ! dit le noble en serrant les dents.

Toushiro regardait la jeune femme blonde. Elle lui serrait la main et pleurait. Il avait mal, la main de Matsumoto le brûlait, il voulait qu'elle le lâche. Mais elle ne desserrait pas son étreinte, et il sentit une horrible douleur dans sa gorge.

— Matsumoto, lâche-le, continua la voix calme du capitaine Hitsugaya. Il commence à avoir mal. Je ne sais pas comment il va réagir lorsque sa soif dépassera l'entendement.

— Taichou ! Vous… Vous êtes conscient ? souffla Rangiku, surprise par la façon dont son capitaine parlait de lui-même et ignorant l'inutilité de sa question.

— Oui, Matsumoto. Mais rappelle-toi d'une chose. Je ne suis pas sur ce lit. Ce n'est pas moi. C'est un monstre crée par Aizen. Ne lui en voulez pas, il ne comprend pas le monde. Mais il reste dangereux. Il a mon apparence, mon corps, mais pas mon esprit. C'est la raison pour laquelle je vous parle. Unohana taichou ?

La femme aux cheveux noirs hocha la tête.

— Vous comprenez que je veuille mourir. Matsumoto, je suis désolé, je… Je dois m'éliminer, ou vous donner la possibilité de m'éliminer. Tu ne dois pas m'en empêcher. Promets-le moi.

— O… Oui taichou. Je vous le promets.

Elle continuait à pleurer à chaudes larmes. Elle hoqueta un instant, puis se ressaisit.

— Mais promettez-moi quelque chose en retour.

— Matsumoto, je ne suis pas sûr de pouvoir te promettre quelque chose.

— S'il y a une autre solution, pourriez-vous… Pourriez-vous l'étudier, et tout faire en sorte pour vous sauver ? Je… Je ne pourrais pas vivre sans vous.

— … Je suis… Je suis désolé, je ne peux pas. Ce serait une erreur de ma part. De la part d'un capitaine.

— Et de la part d'un homme ? cria Matsumoto. C'est ce que vous êtes, non ? Vous avez des sentiments ? Alors arrêtez de parler de devoir ! Vous n'êtes pas qu'un capitaine ! Vous êtes mon capitaine ! C'est une raison suffisante pour arrêter de penser à toutes ces choses barbantes !

Elle s'arrêta de parler, le souffle court, le visage noyé de larmes. Pourtant, Toushiro resta impassible, comme perdu dans ses pensées.

— Je n'en ai cure, finit-il par lâcher. Je me moque de tes sentiments. L'important est de débarrasser la Soul Society du monstre que je suis devenu.

Matsumoto écarquilla les yeux. Elle faillit flancher, s'écrouler en sanglots devant les trois capitaines, mais elle préféra sortir de la pièce. Son capitaine était horrible avec elle. Elle entendit à peine la petite voix qui résonnait dans le couloir, alors qu'elle glissait contre le mur, hoquetant comme une enfant.

— Rangiku-san ? Tu m'entends ?

Elle leva ses yeux vers la personne qui l'appelait. C'était Hinamori. Autant dire qu'il ne fallait pas qu'elle voie son « Shiro-chan » dans cet état.

— Oui, ça va, Hinamori-chan.

— Je voudrais voir où est Toushiro, commença la jeune fille avec détermination. On m'a dit qu'il avait été empoisonné et qu'il n'allait pas bien. J'aimerais m'assurer de son état de santé par moi-même. Est-ce possible ?

— Absolument pas, rétorqua Matsumoto. Mon capitaine n'est pas en état de recevoir qui que ce soit, et surtout pas toi.

Hinamori fronça les sourcils. Apparemment, la remarque de Matsumoto l'avait passablement énervée.

— Ce n'est pas parce qu'il t'a rejetée qu'il en fera de même avec moi !

Matsumoto sourit. Alors c'est ce que croyait la petite Hinamori. Si elle savait la raison pour laquelle le vice capitaine de la dixième division pleurait, elle ne serait pas si confiante.

— Essaye, si tu veux. Mais ne va pas te plaindre après, cracha la jeune femme blonde avec autant de mépris qu'elle put.

Hinamori ouvrit la porte de la chambre avec hargne, et tomba nez à nez avec Byakuya. Celui-ci arborait son air froid habituel. Hinamori fut tout de suite moins décidée.

— Que faites-vous ici, Hinamori fukutaichou ? demanda le capitaine de la sixième division d'une voix glaciale.

— Je… Je suis venue voir Toushiro, hésita-t-elle.

— Je suis désolé, fit Byakuya d'un air qui montrait qu'il ne l'était pas du tout, mais même si vous êtes très proches, vous ne pouvez pas le voir. Vous n'en avez pas le droit.

Hinamori faillit hurler. Elle regarda l'homme hautain méchamment. Unohana fit son apparition. Matsumoto, surprise, remarqua qu'à présent, son capitaine n'était plus sous surveillance.

— Hinamori fukutaichou, veuillez partir, s'il vous plaît, dit Unohana, un doux sourire sur les lèvres, qui la rendait encore plus effrayante. A moins que vous ne soyez suicidaire, je vous conseille de vous en aller.

Matsumoto scrutait la chambre. Elle commença à s'inquiéter lorsqu'elle vit son capitaine debout dans la pièce. Il tourna la tête vers elle, et lui adressa un petit sourire triste. Il avait les yeux bleu-vert. Il disparut.

La jeune femme sortit de sa transe et regarda encore dans la chambre. Personne. Soit elle avait rêvé, soit Hitsugaya était vraiment parti. Les capitaines parlaient toujours avec Hinamori, qui continuait à argumenter pour passer. Matsumoto soupira.

— Je crois que ça ne sert à rien de se disputer. Il s'est enfui.

Aussitôt les deux capitaines commencèrent à paniquer.

— Il faut donner l'alerte, ordonna Unohana. Plusieurs personnes sont en danger.

— Toute la Soul Society est en danger, rectifia Byakuya, presque impassible.

— Attendez, les coupa Matsumoto. Il avait l'air normal. Il avait les yeux bleu-vert.

— Comment ? s'étonna Unohana. Ce garçon a une plus grande force d'esprit que je ne le pensais. Mais nous devons quand même donner l'alerte, au cas où il perdrait le contrôle.

Byakuya alla prévenir Kotetsu Isane, le vice capitaine de la quatrième division. Unohana tentait de consoler Matsumoto, qui continuait à ressasser le comportement de son capitaine. Hinamori restait méfiante.

— De quoi parliez-vous ? demanda-t-elle avec curiosité.

— Hinamori fukutaichou, vous devriez vous mêler de vos affaires. Cela ne vous regarde absolument pas.

Hinamori serra le poing, tentant vainement de garder son calme.

— Hinamori-chan, je sais que mon capitaine et toi êtes très proches, déclara calmement Matsumoto, mais ce qu'il lui arrive n'est pas le genre de choses qu'on dit à son entourage.

Toushiro tenait fermement son zanpakutô. Le sabre l'apaisait, et il sentait la présence de Hyourinmaru. Il était passé rapidement à sa division pour le prendre. Il ressemblait à n'importe quel capitaine, son haori sur le dos. Il marchait prudemment, évitant le plus possible de rencontrer des shinigamis.

— Hitsugaya-kun, que fais-tu ici ? Tu ne devrais pas être en convalescence ?

Toushiro se retourna, jurant discrètement. Ukitake et Kyôraku se tenaient devant lui, l'air assez inquiet et méfiant.

— Je vais bien, assura le jeune homme. Je prenais l'air.

— Alors pourquoi as-tu l'air de quelqu'un qui prend la fuite ?

— Parce qu'on veut me tuer, asséna le garçon. Je n'ai pas envie de mourir.

Il disparut aussitôt, et les deux capitaines n'arrivaient pas à le suivre. Au bout de quelques secondes de course-poursuite, ils s'arrêtèrent, essoufflés.

— Il nous devance largement, remarqua Kyôraku. Il est bien plus fort que nous, et bien plus rapide.

Ukitake acquiesça.

Ils entendirent une alarme retentir.

— C'est l'alarme des grandes urgences, s'inquiéta Ukitake.

— Votre attention, s'il vous plaît, commença la voix d'Isane. Un dangereux individu s'est échappé de la quatrième division. Voici sa description : jeune homme de petite taille, cheveux blancs, yeux bleu-vert. Il est véritablement dangereux lorsqu'il a les yeux rouges ou noirs. Il porte un ha…

— Vous pouviez dire qu'il s'agissait de Hitsugaya taichou, fit une voix glaciale, que tous reconnurent comme étant celle de Kuchiki Byakuya.

Ukitake fronça les sourcils.

— Je ne comprends pas. Ils disent que Hitsugaya-kun est un danger public ? Mais nous venons de le croiser ! Il ne nous a pas agressés !

Kyôraku secoua la tête. La Soul Society pouvait bien être injuste, parfois.

Des bruits de pas les alertèrent. Ils virent arriver Unohana, Byakuya et Matsumoto. Hinamori les suivait de loin.

— Ukitake taichou, Kyôraku taichou, venez, ordonna Unohana. Le moment est venu d'informer Yamamoto sou taichou du véritable danger que court la Soul Society.

— Le véritable danger que… Quoi ? s'écria Ukitake. Vous osez dire que Hitsugaya-kun est dangereux ?

— Il est dangereux, affirma Matsumoto. Il m'a agressée.

Elle enleva le pansement qu'elle portait depuis plusieurs jours. On voyait très nettement les traces de crocs du jeune capitaine.

— Qu'est-ce que…

— Vous devez savoir Ukitake taichou. Et vous aussi Kyôraku taichou. Quant à vous, Hinamori fukutaichou, vous avez intérêt à déguerpir. Je ne répondrais plus de mes actes, si vous restez, acheva Byakuya.

La jeune fille semblait avoir reçu un coup dur, mais elle se contenta d'obéir et de partir. Les autres continuèrent leur périple vers la première division, en espérant qu'il n'y ait aucun incident pendant la cavale du plus jeune des capitaines.

Toushiro s'était arrêté dans le Rukongai. Tout le monde le regardait avec curiosité. Il est vrai que voir un capitaine dans cette partie de la Soul Society était plutôt rare. Surtout s'il était armé. Quelques murmures désapprobateurs résonnaient. Ils le reconnaissaient. C'était le petit garçon qui avait été mis à l'écart à cause de son apparence et de son caractère, qui le rendaient glacial. Toushiro soupira. Après toutes ces années, ces abrutis n'avaient toujours pas changé.

S'il était venu ici, c'est parce qu'il pouvait s'enfuir plus facilement vers le monde réel. Il avait une petite théorie sur l'effet du poison. D'ailleurs, ses instincts revenaient à la charge, et il sentait qu'il allait bientôt perdre le contrôle. Il se dirigea vers une demeure où il semblait n'y avoir personne. Il ouvrit rapidement la porte et observa ce qui se passait dehors. Apparemment, personne n'avait remarqué son entrée.

— Toushiro, c'est bien toi ? fit une voix qui n'était pas inconnue aux oreilles du jeune garçon.

La vieille femme avait vu rentrer ce garçon aux cheveux blancs dans sa maison. Il était vêtu comme un shinigami, il portait même un zanpakutô. Mais ces mèches blanches lui rappelaient quelqu'un. Elle ne connaissait pas beaucoup de gens qui avaient ces yeux, ce regard, ce profil. Il avait changé de coupe de cheveux, il avait mûri, mais c'était bien lui. Aussi, son nom lui avait échappé. À présent, le jeune garçon la regardait avec méfiance et mépris. Son protégé ne lui lançait jamais ce genre de regard. Elle faillit abandonner, mais se décida à répéter sa question. Le garçon ne bougea pas.

— Si tu n'es pas Toushiro, commença la grand-mère, je te jure que…

— Obaa-chan !

Le jeune garçon avait complètement changé d'expression. L'instant d'avant, il était distant, hautain, méprisant. Maintenant, il la serrait dans ses bras, souriant. Cependant, il restait tendu, et la vieille femme sentit qu'il n'allait pas bien.

— Alors c'est bien toi. Tu as changé, Toushiro. Tu as l'air d'avoir mûri. Et souffert.

— Voyons, obaa-chan, le travail d'un shinigami entraîne toujours des souffrances. Tu m'as manqué.

— Toi aussi, assura la grand-mère. D'après ce que je vois, tu es devenu important. Les gens ont reconnu ton véritable potentiel.

— Oui ! répondit Toushiro avec enthousiasme. Tu sais, je ne suis pas le seul à avoir les cheveux blancs au Seireitei ! Il y a un capitaine très gentil, qui m'adore. Il est souvent malade, et je suppose que c'est pour cela qu'il a les cheveux blancs. Il y a aussi un homme qui…

Son regard devint soudainement dur et froid. La température de la pièce chuta sensiblement. La vieille femme prit Toushiro par les épaules et le secoua.

— Toushiro, calme-toi, supplia-t-elle. Je suis là pour toi.

Le jeune garçon se ressaisit aussitôt.

— Désolé, obaa-chan. Je me suis emporté. Je suis vraiment désolé, si je t'ai fait du mal.

Son sourire était rayonnant, et ses paroles sincères. Ils eurent l'effet d'atténuer les inquiétudes de la femme qui avait élevé cet enfant.

— Tu veux manger quelque chose ? demanda poliment la vieille femme.

— Oui, répondit Toushiro sans se départir de son sourire. J'ai très faim !

Il éclata d'un rire presque cristallin. La grand-mère alla chercher quelque chose que le garçon adorait. Dès qu'il sentit le parfum fruité de ce qu'elle apportait, il cria de joie. Son comportement détonait avec sa tenue. Il avait posé son zanpakutô, mais avait gardé sa tenue traditionnelle de capitaine.

— De la pastèque ? s'écria-t-il. Obaa-chan, tu es la meilleure. Je t'adore !

La vieille femme soupira. Il n'y avait qu'avec elle qu'il pouvait se comporter comme ça. Elle savait pourquoi il était moins froid que d'habitude. Il venait de la retrouver après plusieurs années. Elle se souvenait encore de son départ.

Elle le regardait dévorer sa pastèque. Étrangement, malgré le fait qu'il avait eu une grosse part, il ne semblait pas rassasié. Lorsqu'il eut fini, elle lui sourit.

— Tu en veux une autre ?

— Désolé, obaa-chan, mais je doute que cela serve à quelque chose.

Son ton était devenu bien plus grave et son expression n'avait plus rien d'enfantin. Il baissa la tête.

— Pour être franc, je ne croyais pas te retrouver vivante.

Il tremblait, et elle commençait sérieusement à s'inquiéter.

— Toushiro…

Il leva la tête vers elle. Il semblait être à bout de forces.

— Pardon. Je ne peux plus me retenir.

— Quoi ?

Il se jeta sur elle et la plaqua au sol. Elle faillit hurler, mais il l'en empêcha avec sa main. Son visage avait perdu toute trace d'innocence, et ses yeux bleu-vert commençaient à devenir entièrement noirs. Elle avait eu un doute, mais elle ne pouvait plus tergiverser. Ce garçon n'était plus son protégé, du moins, plus tout à fait.

Il était brutal avec elle, et la maintenait fermement au sol. Elle remarqua qu'il avait quelque chose d'étrange dans la bouche. Quand elle vit ce que c'était, elle écarquilla les yeux. Il avait des crocs ? Apparemment oui, et il avait l'intention de les utiliser pour la tuer, car il s'approchait de son cou avec impatience. Il n'avait plus rien d'humain, si on pouvait faire la comparaison. Elle ferma les yeux en sentant les lames acérées contre son cou. Elle s'apprêtait à mourir, lorsque l'assassin arrêta son geste. Elle rouvrit les yeux et vit ceux de son ancien protégé exorbités. Il disparut de son champ de vision pour réapparaître à l'autre bout de la pièce, après quelques centièmes de seconde.

— Toushiro ? hoqueta-t-elle. Tu vas bien ?

— Je… Je dois sortir, obaa-chan, haleta le jeune capitaine. Je suis vraiment désolé. Je ne voulais pas…

Ses yeux avaient repris leur couleur habituelle, mais il ne semblait pas s'être calmé. Il tremblait encore. Avant même que la pauvre femme ne puisse faire un geste, il était déjà parti.

— Toushiro… Que t'est-il arrivé ?

Le jeune homme ne pouvait pas y croire. Il avait pu agresser sa propre grand-mère ! L'une des rares personnes qu'il ait jamais aimé. Il avait failli la tuer. À cause de ce satané poison. À cause d'Aizen.

Un bruit attira son attention. Une silhouette se dégagea des buissons alentour.

— Tu es Hitsugaya Toushiro, n'est-ce pas ?

Toushiro n'osa rien dire, alors qu'une autre silhouette apparut.

— Tu connaissais Hinamori Momo ? Il paraît qu'elle a eu des problèmes au Seireitei.

— Peut-être, fit Toushiro en haussant les épaules. Ça ne me regarde pas.

— Tu n'as pas changé ! lança la deuxième silhouette.

Hitsugaya se focalisa sur les deux inconnus. Les anciens amis de Hinamori !

— Pourquoi es-tu revenu ? Tu sais, ta grand-mère ne souffrait pas de ton départ soudain. Tu l'as laissée tomber. Et pourquoi ? Pour devenir shinigami.

— J'allais la tuer ! rétorqua l'enfant. Et elle était d'accord !

— La tuer ? Ce n'est pas ce que tu as failli faire, il n'y a pas deux minutes ?

Toushiro trembla de fureur. Alors ces deux idiots l'espionnaient ? Son instinct revenait à la charge, encore plus brutalement que la dernière fois. Ce fut comme s'il s'était pris un coup dans l'estomac. Il commença à gronder.

— Tu n'a jamais été normal, et tu reviens pour nous embêter.

Ils avaient peur de lui, mais maintenant, ils osaient lui parler, et le rabaisser. Le grondement qui s'échappait de sa poitrine devenait de plus en plus puissant, et les deux autres commencèrent à s'inquiéter.

— Que comptes-tu faire ?

Toushiro ne tenait plus. Tout devenait flou autour de lui. Il avait horriblement soif. Il fallait qu'il se laisse aller, sinon il ne pourrait plus se contrôler la prochaine fois. Ses muscles se bandèrent aussitôt qu'il prit cette décision. Il se jeta sur l'un des amis de Hinamori et le mordit avec habileté. Celui qui était encore debout restait interdit devant ce spectacle violent et absurde. Le premier fut rapidement vidé de son sang. L'autre n'attendit pas longtemps pour mourir.

Lorsque les deux adolescents – ou adultes – furent vidés de leur sang, Toushiro se posa contre un arbre, haletant et choqué. Il venait de tuer deux personnes. Mais comment en avait-il pu arriver là ? Il se souvenait à peine de ce qu'il avait fait. Mais il le savait. Il était un assassin.

La pluie commençait à tomber, tentant vainement d'effacer les traces du carnage qui avait eu lieu. La porte s'ouvrit. La grand-mère de Toushiro apparut à l'entrée de la maison. Elle retint son souffle en voyant les deux cadavres sur le sol et son petit-fils, effondré, sanglotant sans retenue. Elle se précipita près de lui.

— Toushiro, tu vas bien ? Tu peux marcher ?

Il ne répondit pas, se contentant de fixer un point lointain devant lui.

— Tu es traumatisé, à ce que je vois. Je suis désolée.

Elle le prit dans ses bras, le serrant de toutes ses forces.

— Je suis un monstre, souffla-t-il. Un assassin. Je suis horrible.

— Non, Toushiro. Tu n'étais pas comme ça, avant. La personne qui t'a infligé cela est un monstre.

Toushiro ne dit rien, mais continua à pleurer. La vieille femme le soutint pour rentrer dans la maison. Arrivés à l'intérieur, elle lui enleva ses habits et le sécha avec tendresse. Il ne parlait plus et tremblait. Elle savait que ce n'était pas parce qu'il avait froid. Il avait rarement froid, puisque la glace était son élément. Son cœur était gelé par le meurtre. Elle tenta de lui parler, mais il ne semblait pas l'entendre. Elle soupira en lui donnant des vêtements secs.

— Habille-toi, Toushiro. Tu vas vraiment tomber malade, si tu continues comme ça.

Il n'écouta pas son conseil et se recroquevilla sur lui-même. Il murmurait quelque chose. Elle se rapprocha de lui pour entendre ce qu'il disait.

— Matsumoto, je t'avais dit que tu devais me tuer. Regarde ce que j'ai fait. Je ne suis plus digne d'être ton capitaine.

La grand-mère fronça les sourcils. Qui était cette Matsumoto ?


Oh, qu'ai-je écrit? Je suis vraiment choquée à chaque fois que je lis ça... Une petite review please? (allez, passons en mode bilingue! Une phrase de quatre mots, deux en français, deux en anglais!)