Reuh! Voilà la suite de Cold One! Comme promis, le retour d'Ichigo, avec une scène mièvre à souhait entre Hitsu et Matsu (il faut dire que je n'y connais rien, donc c'est nul haha -_-')!
Disclaimer: Bleach n'est pas à moi, mais à Tite Kubo. Je vais noyer mon chagrin dans du Moloko. Non, je n'ai pas été traumatisée par ce film de Stanley Kubrick (l'Orange Mécanique). Non. Je ne l'ai même pas vu. C'est l'exposition.
Note de l'auteur: Je suis honorée de vous annoncer qu'il se passe quelque chose dans ce chapitre. ENFIN! Même si c'est dégoulinant de mièvrerie... Mais bon, je n'ai pas l'intention de faire autre chose pour l'instant. Je n'en ai pas les moyens. Bref. Voilà un bref retour d'Ichigo, retour qui ne sert à rien comme vous pourrez le voir. C'est juste pour avoir le plaisir de travailler avec ce personnage en gros. D'ailleurs, j'avais eu une idée cet été, avec Hitsu et Ichigo aux cheveux longs (oui genre après le - je spoil si personne ne regarde l'anime, étant donné que c'est passé depuis belle lurette en scan - combat final avec Aizen), une belle romance à deux balles avec des personnages psychopathes. Enfin voilà. Et le chapitre suivant, c'est du Ichihime! Bwahahaha. Enfin, il y a une certaine logique dans l'arrivée de ce couple, par rapport à l'histoire. Bref, j'écris toujours trop: bonne lecture! (suis-je une adepte du "enfin" et du "bref"... la prochaine fois, je me déguise en Gaston et je crie M'enfin! ... Oui je sors.)
Réponse aux reviews anonymes:
shili: Merci pour ta review! J'appréhendais un peu, parce que je trouve que j'ai été un peu en... manque d'inspiration. Mais je suis contente que ça te plaise! Oui, le "ta gueule" est nul. En fait, c'est une superbe réaction, assez typique de Toushiro, mais c'est un peu brutal comme fin. Toujours est-il que je ne voyais pas comment finir autrement. Rajouter quelque chose comme ça m'aurait un peu dérangée. Je sais qu'Orihime n'est pas tellement aimée... Mais elle me fait un peu penser à moi en fait, avec son air rêveur, à côté de la plaque, etc. Elle est souvent lourde en effet. Mais dans les scans... hum ok j'arrête u_u Shiro est chou dans sa réaction, c'est vrai. J'espère que tu peux patienter une semaine! Voilà la suite! Bonne lecture :)
mlle driiing: Merci pour ton commentaire! Il m'a fait vraiment plaisir :) évite quand même d'avoir une crise cardiaque en voyant Hitsu être romantique, c'est pas fini! J'aime beaucoup ton bouquet, je crois même que je regrette de ne pas pouvoir le recevoir! Je vais t'offrir des cosmos chocolat (le truc que personne ne connait, évidemment); j'ai découvert ces fleurs grâce à un manga et elles ont la particularité d'avoir la même couleur et la même odeur que le chocolat... J'en rêve... Sont-elles comestibles? Hum. Tu aimes le chocolat? Au pire, je t'offre du muguet, mais faudra attendre un peu je crois xD ou des violettes tiens! Et des amaryllis (nan je sais, elle est nulle ma blague u_u)! C'est dangereux d'agresser les gens avec une hache! Tu pourrais te faire mal! (comment ça, je perds le sens des réalités? N'importe quoi!) Voilà la suite, en espérant qu'elle te plaira!
Chapitre 9:
Ichigo regardait par la fenêtre. Il ne suivait plus vraiment les cours, mais il avait une bonne raison. Il avait beaucoup d'autres préoccupations. Être shinigami était une tâche ardue, et il consacrait beaucoup de temps à ce travail. Ces derniers temps étaient plutôt calmes, cependant il sentait une menace planer sur lui et ses proches. Un bruit de porte le sortit de son songe.
— Voici vos nouveaux camarades ! annonça le professeur, visiblement content d'avoir pu attirer l'attention de Kurosaki.
Ichigo, Orihime, Sado, et même Uryû, faillirent pousser un cri de surprise en voyant les nouveaux venus.
Une jeune femme aux cheveux blond vénitiens, aux yeux bleus, à la poitrine imposante et au sourire niais faisait signe à Orihime, qui lui répondit avec naïveté.
Le garçon avec elle semblait beaucoup moins accueillant. Il avait les cheveux blancs, les yeux bleu-vert et son air glacial rafraîchit toutes les filles qui le trouvaient mignon. Cependant, Ichigo remarqua que quelque chose avait changé dans le regard de Toushiro, puisque c'était bien lui. Il n'arrivait pas à mettre le doigt dessus, mais il savait que ses yeux reflétaient une certaine bestialité.
— Oi ! Toushiro ! appela-t-il.
Le regard que lui lança l'interpellé aurait pu glacer n'importe qui d'effroi. Mais Ichigo n'était pas n'importe qui, aussi il le soutint avec autant de force qu'il put. Toushiro détourna les yeux le premier, et alla s'asseoir à la place désignée par le professeur. Ichigo restait perplexe. Les yeux du garçon avaient bel et bien changé, car malgré leur couleur et le gigai, une flamme sauvage y brûlait, et des volutes noires y dansaient.
À l'heure de la pause, Orihime partit discuter avec Matsumoto de ses goûts en matière de cuisine, et Ichigo préféra les laisser parler toute seules, de peur d'avoir une indigestion en les entendant dialoguer. Il tenta d'approcher Toushiro, mais celui-ci n'avait pas l'air de vouloir parler. Il sortit de la classe rapidement, sans un regard pour le shinigami remplaçant. Heureusement, Ichigo, plus grand et peut-être un peu plus fort, parvint à le retenir en attrapant sa main. Hitsugaya se démenait comme un diable, et c'était probablement ce qu'il était devenu, vu la couleur de ses yeux qui virait au noir, mais Ichigo ne le lâchait pas.
— Que t'arrive-t-il, Toushiro ? s'enquit le jeune homme roux.
— Lâche-moi ! ordonna l'enfant d'une voix rauque.
Comme il voyait qu'Ichigo n'avait pas l'intention d'obéir, il inspira profondément.
— Écoute, supplia-t-il, lâche-moi, il ne faut pas m'énerver. S'il te plaît.
— Tu ne vas pas t'enfuir, s'inquiéta Kurosaki.
— Non, promit Hitsugaya. Mais lâche-moi, répéta-t-il, tremblant.
Ichigo céda devant tant de désespoir. Toushiro le remercia tout en se massant le poignet. Le noir de ses yeux disparut rapidement. Il parut soulagé.
— Je t'ai fait mal ? demanda Ichigo.
— Ce n'est pas de ta faute. Ta peau m'a brûlé, c'est tout. Ne t'en fais pas. Que voulais-tu savoir ?
— Tu es étrange, Toushiro… Que t'arrive-t-il ? répéta Ichigo.
— Pas grand-chose… J'ai été empoisonné par Aizen, avoua-t-il.
— Impossible, s'indigna Kurosaki. Tu as été… Mais pourquoi ?
— Aucune idée. Aizen est sadique, alors on ne comprend pas toujours pourquoi il fait certaines choses et pas d'autres…
— Quels sont les effets du poison ?
Toushiro se figea. Il ne fallait pas que Kurosaki sache ce qu'il lui était arrivé. Il prit un air méprisant.
— Je ne vois pas pourquoi je te le dirai, Kurosaki. Tu n'es qu'un misérable shinigami remplaçant.
Il tourna le dos à son interlocuteur et partit rapidement.
Ichigo n'osa pas le suivre, mais il avait compris quelque chose. Toushiro n'avait pas tout dit, et ce qu'il avait tu était apparemment le plus important.
Toushiro ouvrit violemment la porte de la classe. L'entrevue avec Ichigo lui avait fait prendre conscience de ses faiblesses, et cela l'énervait. Tous ceux qui étaient à l'intérieur sursautèrent. Matsumoto se précipita vers lui.
— Taichou, chuchota-t-elle, gênée. Vous émettez des ondes négatives. Calmez-vous.
— La ferme.
Pour une fois, Matsumoto écouta l'ordre de son capitaine. Il avait été donné avec tant d'agressivité qu'elle avait cru que son supérieur allait lui sauter à la gorge. Il la regardait d'un air mauvais, aussi elle s'écarta, soucieuse de son bien-être.
— Taichou ! recommença-t-elle, après qu'il eut regagné sa place. Ecoutez-moi ! Vous devez vous calmer ! Nous sommes dans une école et…
— Ferme-la, gronda-t-il en retroussant les lèvres.
— T… Taichou…
Matsumoto tremblait et, chose rare, avait vraiment peur de son capitaine. Il avait l'air d'aller bien, quelques heures auparavant. Elle fut soudainement prise d'une immense tristesse, en se souvenant qu'il avait changé à cause d'un simple poison, qui n'avait fonctionné que pour lui.
— Pourquoi vous ? souffla-t-elle. Pourquoi pas un autre ?
— Je t'ai dit de la fermer ! s'emporta le garçon, choquant toutes les personnes présentes.
— Pourquoi s'en est-il pris à vous ? sanglota Matsumoto. Pourquoi le poison ne marche-t-il que sur vous ?
Toushiro se leva, hors de lui, et empoigna Matsumoto par le col. Il rapprocha son visage du sien et répéta lentement ce qu'il avait déjà dit, comme si elle ne comprenait pas.
— Ferme-la !
Il la rejeta violemment. Elle tomba lourdement sur les tables alentour. Elle ne se releva même pas et continua à sangloter. Il émit un sifflement méprisant et essaya de sortir de la classe. Ishida tenta de l'en empêcher.
— Qu'est-ce qu'il te prend ? demanda-t-il.
Toushiro ne daigna pas lui répondre, le poussa et tira la porte. Ichigo se trouvait derrière.
— Que… Toushiro ! Ne me dis pas que…
— Que quoi ? s'écria Hitsugaya, tremblant de fureur. Pousse-toi !
Leur professeur passait innocemment dans le couloir, sans doute pour surveiller ses élèves. Aussi, quand elle vit Kurosaki en train de régler ses comptes avec un des nouveaux, elle s'inquiéta.
— Kurosaki ! Que fais-tu ?
— Je suis désolé, mais mon ami s'est énervé pour une raison inconnue. J'essaie de le calmer.
— Je ne suis pas ton ami ! hurla Toushiro en le poussant violemment contre Sado qui essayait d'aider le shinigami remplaçant.
— Toushiro ! Pourquoi as-tu agressé Rangiku-san ? Elle ne te veut aucun mal !
— Je m'en fiche… Personne ne me veut du mal, de toute façon, haleta le jeune garçon. Mais personne ne peut m'aider ! Comment faut-il vous le dire ?
— Hitsugaya, Kurosaki, que signifie tout ce raffut ? s'informa le professeur, de plus en plus anxieux.
— Je m'en vais, Madame, avertit Toushiro avec tout le calme qu'il put.
En quittant les autres, il semblait crispé, et Ichigo était tenté de le suivre. Matsumoto, qui s'était reprise, lui prit le bras et secoua la tête négativement. Tous les curieux rassemblés purent le voir monter les escaliers pour se rendre sur le toit, et déjà, quelques murmures se faisaient entendre.
— C'est un malade…
— Vous avez vu comment il a balancé la fille ?
— En plus, je crois qu'ils étaient amis…
— Il fait fort pour un premier jour…
— Taisez-vous ! exigea Matsumoto. Vous ne savez pas de quoi vous parlez !
— Matsumoto ! appela le professeur. Je peux te parler ?
Elle acquiesça et suivit l'enseignant dans les couloirs. Lorsqu'elles furent assez loin des oreilles indiscrètes, l'adulte lui demanda :
— Ton ami a souvent des crises de folie ? Il avait l'air plutôt sage.
— Il ne va pas bien du tout, en fait. Il est très malade.
— Je crois que j'avais remarqué. Mais ce que je ne comprends pas, c'est qu'il s'est comporté de manière très violente avec toi. Et tu l'as laissé faire.
— J'ai beaucoup de respect pour lui, expliqua Matsumoto. Je sais que ce n'était pas de sa faute s'il a été brusque avec moi. Je le connais depuis longtemps. Il n'est pas comme ça.
— Mais dans ce cas, commenta le professeur, s'il n'est pas comme ça, tu ne crois pas qu'il faudrait le faire suivre par un psychologue, ou, dans le pire des cas, par un psychiatre ?
— Si on le faisait, il se ferait interner, plaisanta la jeune femme blonde. C'est très possible, remarqua-t-elle en reprenant son sérieux. Personne ne comprendrait ce qu'il lui arrive.
— Matsumoto, personne ne peut comprendre si on n'explique pas. Ce qu'il lui arrive est grave. S'il faut qu'il soit interné, j'y serais favorable.
Matsumoto réfléchit un instant, puis ancra ses yeux bleus dans ceux du professeur. Son expression indiquait un effarement total.
— Il s'est encore enfui ! s'exclama-t-elle, sur un ton désespéré.
— Matsumoto… ?
Cette dernière avait déjà disparu, emportant avec elle Ichigo, qui ne demandait que ça. Il commença à l'interroger.
— Toushiro est malade, n'est-ce pas ? Que lui arrive-t-il ?
— Pas grand-chose…
— Tu sais qu'il m'a dit exactement la même phrase ? indiqua Ichigo, plutôt énervé.
— Je ne sais pas si tu pourrais me croire.
— Vas-y, s'impatienta le jeune lycéen.
— Il est devenu… Quelqu'un d'autre.
— À ce point ? s'étonna Kurosaki. J'avais remarqué qu'il avait changé, mais de là à devenir quelqu'un de différent…
— C'est un vampire, lâcha Matsumoto. Un vampire. Il boit du sang et en a besoin pour sa survie.
Ichigo faillit s'arrêter. Mais ils devaient courir pour ne pas se faire attraper par le corps enseignant qui était à leurs trousses car ils avaient voulu sécher les cours.
— Un vampire, hein, murmura-t-il. J'aurais cru que rien ne pouvait me choquer, mais ça, c'est affreux. Comment le vit-il ?
— Très mal. Il a montré des tendances suicidaires au début, puis elles se sont transformées en penchants assassins, et il a fini par vider de leur sang deux âmes du Rukongai. Je ne sais pas ce qu'il pourrait faire, maintenant que le poison s'est installé et qu'il semble évoluer de jour en jour.
— Oh… Alors ça explique son agressivité de tout à l'heure… Je suis soulagé.
— Pourquoi ?
— Eh bien, maintenant, je sais que ce n'était pas de sa faute, qu'il n'est pas devenu méchant de son plein gré.
— Encore heureux, dit Matsumoto. J'ai déjà du mal à le supporter quand il est « gentil », alors…
Ichigo haussa les épaules dans un sourire. Ils étaient sortis du lycée et se dirigeaient vers l'appartement d'Orihime, qui était un des endroits où le jeune capitaine pouvait aller.
Dès leur arrivée, le lycéen exposa un problème de taille.
— On n'a pas les clés.
— Ahah ! Ne me prends pas pour n'importe qui ! Je les ai, moi, se vanta Matsumoto, fière d'elle.
Kurosaki soupira, et poussa la porte sans faire attention. Celle-ci s'ouvrit légerement, et le visage du jeune homme s'éclaira.
— Pas besoin de te sentir supérieure, Rangiku-san. La porte n'était pas fermée. C'est étrange… Inoue est peut-être tête en l'air, mais elle n'est pas imprudente au point de laisser sa porte ouverte…
— Tu crois que mon capitaine aurait…
— Il suffit de le vérifier, avança Ichigo.
Il entra dans l'appartement. L'obscurité y régnait, et même en laissant ses yeux s'habituer, il ne voyait rien. La porte se referma avec un bruit sec.
— Rangiku-san ! Pourquoi as-tu…
— Ce n'est pas moi ! affirma la jeune femme, dont la voix tremblait.
Une respiration saccadée se fit bientôt entendre. Matsumoto sursauta et se précipita contre Ichigo.
— Taichou ?
Personne ne répondit, seul le souffle irrégulier continuait de résonner. Le bruit se rapprocha, pour finir par être tout près d'eux. Matsumoto sentit une main agripper la sienne.
Celle-là était petite, brûlante et moite. La jeune femme déglutit bruyamment. Elle ne voyait rien, et Ichigo ne parlait plus, sans doute aux aguets.
Un corps se colla contre le sien. Des bras l'entourèrent. Un petit soupir la fit sursauter.
— Je suis bien avec toi, Matsumoto, murmura une voix qu'elle connaissait bien.
Les tremblements de son corps ne se calmaient pas, elle faisait tout son possible pour les arrêter, mais ils continuaient. La personne qui la serrait s'en rendit compte rapidement.
— Mes sentiments ne sont pas partagés ? demanda-t-elle. C'est vraiment dommage.
La dernière phrase avait été prononcée sur un ton plus grave et inquiétant. Matsumoto savait qu'elle avait fait une erreur. Le petit corps se crispa, un grognement retentit. Ichigo semblait ne pas les entendre. Il n'avait pas bougé une seule fois.
Matsumoto fut renversée. Plaquée au sol avec une violence inouïe. Embrassée de force, brusquement, sans retenue. Les crocs de son agresseur la blessaient, ses lèvres devaient saigner, il devait en profiter. Sa langue recherchait sa jumelle avec fougue, ses dents s'enfonçaient dans la peau de Matsumoto. Ce baiser brutal arracha pourtant un gémissement à la jeune femme, qui eut l'effet de réveiller Ichigo.
— Rangiku-san… ? hésita-t-il. Que se passe-t-il ?
Rangiku aurait bien voulu le rassurer, mais sa bouche était occupée à quelque chose. Elle tentait de répondre au premier baiser de son capitaine. Ce geste amusa le jeune garçon, qui se prit au jeu. Il passa sa main sur la poitrine de Matsumoto. Puis il commença à la caresser. L'intéressée gémit encore plus fort.
— Taichou… Arrêtez ! C'est extrêmement pervers de faire « ça » alors que quelqu'un est dans la même pièce.
Un petit rire moqueur fut la seule réponse à cette remarque. Les caresses reprirent. Toushiro passa sa langue sur la joue de son vice capitaine, puis descendit progressivement vers son cou. Matsumoto soupira. Il fallait le dire, s'il avait soif ! Les crocs s'enfoncèrent à peine, puis le petit capitaine entreprit de lécher la blessure avec soin.
— Où avez-vous appris tout ça ? glissa Rangiku. Je croyais que vous n'étiez qu'un gamin prétentieux et hautain. Pas expérimenté sur ce genre de terrain.
— Il faut croire que je suis doué dans ce domaine, susurra le jeune garçon.
Matsumoto ne savait pas si c'était à cause du désir qui coulait en lui, mais sa voix était devenue plus grave, suave et terriblement séduisante. S'il n'était pas aussi petit, elle aurait pu croire que c'était un homme qui lui faisait ces étreintes. En fait, son capitaine était un homme. Mais personne ne le voyait. Elle ne s'en rendait compte que maintenant. Il avait sans doute les mêmes pensées, les mêmes désirs, les mêmes fantasmes qu'un homme. Au final, il s'est toujours contrôlé.
— Je ne savais pas que vous étiez maître de vous-même à ce point, taichou.
— De quoi parles-tu ? l'interrogea distraitement le garçon de sa voix chargée de désir, occupé à l'embrasser un peu partout.
— Vu la façon dont vous vous comportez, il y a longtemps que vous fantasmez sur moi.
— Si tu le dis… Je m'en moque, l'important est ce qui se passe maintenant.
Rangiku frissonna en entendant la voix exquise de son amant. Plus les minutes passaient, plus il avait l'air de devenir un homme. Ses gestes étaient précis et doux. Son corps ne semblait pas souffrir d'une aussi grande proximité avec un shinigami, et ses instincts vampiriques ne paraissaient pas le contrôler, à moins que ce ne soit eux qui le forçaient à agir de la sorte.
— Qui pouvait savoir qu'après m'avoir agressée, vous m'auriez sauté dessus… continua Matsumoto, perdue dans ses pensées.
— J'ai été violent avec toi parce que j'avais de plus en plus de mal à contrôler mes pulsions vampiriques, mais aussi mes pulsions masculines. Les deux ensembles, c'est affreux…
— Vous avouez des faiblesses dérangeantes, taichou, observa Rangiku. Je ne connais pas beaucoup d'hommes qui oseraient dire cela.
Toushiro continuait, imperturbable, son manège de caresses. Matsumoto se demanda s'il allait passer à l'acte, mais apparemment, il avait l'intention de rester dans le plaisir de la suggestion.
— Comprends-moi, Matsumoto, finit-il par dire. Tu es la seule personne à me mettre dans cet état. Je n'avais jamais ressenti cela auparavant. Quand je suis devenu un vampire, j'ai eu peur que mon attirance pour ton sang ne révèle à tous que je te désirais au plus profond de moi-même.
— Désirer ? c'est tout ? déplora Matsumoto. Je croyais que vous ressentiez plus que cela pour moi…
— Le vampire montrait le désir, déclara Toushiro, pour tenter d'expliquer clairement ce qu'il ressentait, le shinigami, ou l'homme, montrait l'amour. Or, le vampire avait pris le dessus sur l'homme, le troublant, lui et ses sentiments, et l'empêchant d'être sincère avec lui-même. Lorsque l'homme reprenait le contrôle de lui-même, il se rendait compte de ce qu'il avait fait, que l'être qu'il aimait avait de plus en plus de mal à le supporter, avait peur de lui. Il n'en pouvait plus. Son cœur était devenu un champ désertique, où plus rien ne poussait. Il laissait le vampire le dominer. Le désir s'emparer de lui. Il en oubliait ses vrais sentiments, ceux qu'il avait au départ. Il avait fait du mal à la femme qu'il aimait, la seule femme qu'il eût jamais aimée. Un jour, alors qu'il avait encore été à deux doigts de la tuer, il se rendit compte de l'horreur de son cœur, qu'il était devenu un champ de bataille où se mêlaient sang, cris, douleur, pleurs… Il ne voulait pas ça. Il se saisit de tout son courage, pour détruire le vampire. Pour révéler ses vrais sentiments à la femme qui avait tant d'importance à ses yeux.
Il posa doucement ses lèvres sur celles de Matsumoto.
— Je t'aime, Rangiku.
Matsumoto resta interdite. Il avait prononcé son prénom avec tant de tendresse qu'elle faillit pleurer. Elle le serra contre elle, il recommença ses embrassades avec plus de force.
— Rangiku-san ? J'entends des bruits étouffés… Je n'arrive pas à ouvrir la porte… Tu sais où est Toushiro ?
Matsumoto ne pouvait pas répondre, ne voulait pas répondre. Elle se sentait si bien sous les baisers brûlants d'amour de son capitaine.
— Je… Je v… Je t'aime aussi, Toushiro, souffla-t-elle, hésitante.
Son capitaine frémit, mais ne dit rien.
— Je crois que j'aurai du mal à vous appeler comme ça, taichou, tenta Matsumoto pour le décrisper.
— Ce n'est pas grave. Je comprends. Mais à l'avenir, préviens. C'est assez... dérangeant.
— De toute façon, je vous aime.
Toushiro sembla sourire dans l'obscurité. Il posa une main sur le sein gauche de Matsumoto, à l'endroit exact où était son cœur, puis appuya sa tête contre elle.
— Les battements de ton cœur sont rapides, remarqua-t-il. Ta respiration se fait erratique, ta peau est couverte de sueur. Tes lèvres sont gonflées par le désir, et je suppose que tes pupilles sont dilatées. Je ne savais pas qu'un « sale gamin » pouvait te faire un tel effet.
— Vous êtes à part, taichou. Vous êtes mieux que n'importe quel homme. Mieux que…
Elle s'interrompit. Ce qu'elle allait dire était vrai, mais évoquer ce genre de souvenirs lui faisait mal.
— Mieux qu'Ichimaru, acheva-t-elle. Vous êtes vraiment un génie dans tous les domaines.
Le garçon soupira, sans doute flatté, mais aussi gêné par la remarque.
— Vous êtes si… Je n'arrive plus à trouver les mots, et je…
Le jeune homme, apparemment ennuyé par les paroles incessantes de sa subordonnée, avait saisi ses lèvres et ne les avait plus lâchées. Leurs langues avaient entamé un ballet silencieux, ponctué d'halètements réguliers.
Ichigo commençait à avoir peur. Rangiku ne répondait pas, et il entendait des respirations inquiétantes.
— Rangiku-san ? Tu… Toushiro ? Tu es ici, non ?
— Pas envie de répondre, souffla l'interpellé de sa voix encore plus grave.
— Toushiro ? s'écria Ichigo. Que faites-vous ? Et ta voix…
Le lycéen se rendit enfin compte de la présence de deux corps à ses pieds. Il ne comprenait pas comment il avait pu ne pas les entendre, les sentir. Ils n'étaient pas discrets.
Il chercha à tâtons l'interrupteur. Il se retint de pousser un cri de joie lorsqu'il le trouva, et appuya dessus. La lumière fut, et dévoila à des yeux innocents une posture presque indécente. Toushiro sur son vice capitaine, la léchant, concentré, et Matsumoto, rouge, souriante, les lèvres brillantes de salive, sans doute la sienne et celle de son capitaine.
— Naniiii ? hurla Ichigo, choqué.
Son cri n'empêcha pas les deux amants de continuer leur « sale besogne », seule expression qui vint à l'esprit d'Ichigo en les regardant. Les yeux du plus jeune étaient rouges, ses crocs sortis, mais cela ne troublait pas Matsumoto, qui paraissait ravie.
— Oh, Matsumoto, tu es si désirable, je sens que je vais…
La jeune femme ne comprit pas, puis écarquilla les yeux et devint écarlate.
— Taichou ! Ce n'est pas…
— Arrêtez, vous deux ! ordonna Kurosaki. Vous pourriez faire ça autre part ! Ou au moins, attendre que je sorte !
— Ah, tu étais là, Kurosaki Ichigo, remarqua Toushiro. Pourquoi as-tu allumé la lumière ? C'est moins drôle, maintenant.
— Ouais, Ichigo, éteins et sors, tu gênes, asséna Matsumoto.
— Quoi ? Vous savez que vous êtes chez Inoue ? s'indigna Ichigo.
— On sait ! s'impatienta Rangiku. Elle dormira chez toi, ça lui fera plaisir. C'est une bonne idée, pas vrai, taichou ?
— Ouais…
Le jeune garçon s'empara à nouveau des lèvres de son amante, arrachant un cri écoeuré de la part du lycéen. Puis il aperçut que les deux amoureux avaient l'intention d'aller beaucoup plus loin, aussi il sortit de la maison, après avoir plongé la pièce dans l'obscurité.
Hum. Oui je sais. C'est horrible! Mais je ne sais pas pourquoi, je me marre bien en lisant la fin... Ichigo qui se rend compte qu'il est particulièrement aveugle parfois... J'aime beaucoup les dialogues qui ne servent à rien aussi. En fait, j'ai remarqué que Matsumoto parlait souvent beaucoup, mais alors beaucoup trop. Mais elle sait se taire quand il faut. En fait, ici, elle ne sait pas se taire, c'est aussi simple que ça. Et la déclaration complètement foireuse de Toushiro... HUM. Bon, je vais m'améliorer, je suppose? Quand on arrive à ce stade, je ne parviens jamais à rendre quelque chose de potable... Une petite review?
