Chapitre 3
Heureusement pour moi, Emmett n'était jamais à court de réflexions. Et mon frère savait parfaitement bien comment détendre l'atmosphère nostalgique qui s'était abattue dans l'habitacle.
- Hé, petite sœur ! Ne pleure pas, hein ! Tu vas avoir les yeux rouges… fit-il, d'un air innocent.
- Ah, ah, ah ! Très drôle !
- Quoi ?
- J'ai déjà les yeux rouges, répliquai-je, ma bonne humeur de retour.
- Ah la la… Ma petite Rachel est toute triste… Ses yeux sont tout rouge…
- Je me gausse, Em'. Profite, profite. Ça ne durera pas éternellement.
- On pari ?
- C'est tout vu ! J'ai déjà gagné.
- Oh… J'ai perdu sans même jouer, me taquina-t-il. J'ai un gage, alors.
- Je dois me méfier ? m'enquis-je, soudain suspicieuse.
- Tu te défierais de moi ? C'est pas sympa, ça.
- Disons voir que notre dernière conversation m'a laissée…
- Un très bon souvenir ? m'interrompit-il. Heureuse ? Impatiente de voir mes cadeaux ?
- Dubitative serait le terme approprié.
- Pourquoi ?
- J'ai la vague, mais très vague, impression que tu es légèrement enclin à ne pas faire preuve de retenue.
- Je ne suis pas le seul ! claironna-t-il. Il y en a d'autres dans la famille !
- C'est ce que je pensais. Et après, tu veux que je sois zen. Cela va être une véritable gageure…
- Alice te prêtera bien Jasper pendant quelque temps.
- Mais bien sûr… Je voudrai bien pouvoir m'en sortir sans avoir recours à une béquille émotionnelle.
- C'est juste une petite soupape de sécurité, fit-il, taquin.
- Mais bien sûr. Emmett, je préférerais ne pas avoir recours continuellement à Jasper…
- Ce n'est pas « continuellement », juste le temps de t'accueillir avec faste...
- Emmett ! m'écriai-je, ne voulant surtout pas penser à ce qu'il sous-entendait.
La gaieté était à nouveau de retour dans la voiture. Fallait avouer que ce n'était guère difficile avec un frère comme le mien. Je constatai, presque avec surprise, que nous n'étions plus qu'à une centaine de kilomètres de Darrington. Emmett ralentit. Mon froncement de su=ourcil dû être suffisamment expressif, car il reprit aussitôt la parole.
- Nous sommes presque arrivés. Que dirais-tu d'une petite chasse, rien que toi et moi ?
- Tu ne crois pas que cela fait beaucoup, en quelques jours ?
- On craint le surpoids ? se moqua-t-il.
- On s'arrête quand tu veux, mon gros, rétorquai-je, amusée.
- Mon gros, mon gros… bougonna-t-il. Est-ce une façon de parler à son grand frère ?
- Ton sourire dément tes paroles, frérot.
- Tiens, on va prendre ce chemin. Je reconnais le coin, fit-il, changeant de sujet.
- Et Rosalie ?
- Quoi « Rosalie » ?
- Je te rappelle, au cas très probable où tu l'aurais oublié, qu'il y a ses affaires à l'arrière de ta voiture…
- Elle attendra un peu. Ce n'est pas comme si elle n'avait rien avec elle.
- Je suis impatiente de voir sa tête.
- Elle ne dira rien, affirma-t-il.
- Tu as l'air bien sûr de toi.
- Je prends juste les devants, m'expliqua-t-il. J'avais eu une conversation avec Carlisle, quand tu hésitais à te joindre à nous. Il m'a expliqué certaines choses.
- Comme lesquelles ?
- Il m'a dit que nous avions fait des erreurs avec Jasper et que, si tu décidais d'intégrer notre famille, nous devions tenter une autre approche. Il pense qu'il vaut mieux que tu te nourrisses plus fréquemment que nous, pour éviter que tu ne sois en manque.
- On dirait que tu parles d'une droguée, m'insurgeai-je.
- Une droguée de sang humain, plaisanta-t-il. Plus sérieusement, si cela peut t'éviter de souffrir comme c'est le cas pour Jaz', je veux essayer. Enfin, si tu es d'accord… Après tout, c'est de toi qu'il s'agit.
- Ça a été vraiment si dur pour lui ? demandai-je, anxieuse.
- Oui. Pendant très longtemps, il s'est nourri de sang humain. Il a fait un sevrage brusque en rencontrant Alice. Ils nous ont rejoints peu après. C'était vraiment difficile de le voir se retenir. On pensait qu'il allait vite craquer. Mais sa volonté, et son amour pour Alice, font qu'il a tenu le coup. Maintenant, ça va mieux, il va en cours avec nous. Mais il a fallu des années d'angoisse et de stress pour arriver à ça.
- Des années…
- Mais Carlisle pense que ça ira nettement plus vite pour toi, me rassura-t-il. D'abord, tu as l'habitude de te retenir, tout en te promenant au milieu des gens. Ensuite, tu as choisi toute seule de changer de régime, ce qui fait une grande différence.
- Ce n'est pas le cas pour Jasper ?
- Il l'a fait uniquement pour faire plaisir à Alice. Il comprend notre philosophie et y adhère, en tout cas dans une certaine mesure. Mais il a eu vraiment du mal à se faire à l'idée de ne plus jamais tuer un humain. C'est l'amour qui l'a amené à changer, et non une réflexion personnelle, comme toi. La motivation n'est pas la même.
Tout en parlant, Emmett avait emprunté le chemin de terre et avait garé la voiture sur le bas côté. J'étais déjà dehors, soudain impatiente de chasser avec mon frère. Je voulais absolument me montrer digne de la tendresse qu'il manifestait à mon égard. Il prit tout son temps pour descendre de sa jeep.
- Alors Emmett ! l'apostrophai-je, le sourire aux lèvres. On a des rhumatismes ? Papy a mal au dos ?
- Non mais, ce qu'il ne faut pas entendre ! répliqua-t-il, tout en regardant son téléphone portable.
- Vous avez 0 nouveau message, dis-je. Tu attends déjà un appel de Rose ?
- Pas de Rose, répliqua-t-il.
- De qui alors ?
- Alice.
Je fronçai les sourcils. Pourquoi donc voulait-il qu'Alice l'appelle ? Emmett me regardait avec un air soucieux. Mais enfin, qu'avait-il ? C'était pourtant lui qui avait proposé une partie de chasse. Pourquoi semblait-il hésiter maintenant que nous étions sur le point de nous lancer ?
- Une minute, Rachel. Je l'appelle.
Mais que manigançait-il ? Soudain, la lumière se fit dans mon esprit. Mais bien sûr ! Ce que je pouvais être insouciante et idiote ! Si Emmett pouvait se lancer quand il le voulait dans une partie de chasse végétarienne, ce n'était certes pas mon cas ! Je commençais tout juste ! En plus, on venait de parler de Jasper et des difficultés qu'il avait éprouvées lorsqu'il avait fait le même choix que moi. Alice… Mais oui ! Alice voyait le futur ! J'avais encore du mal à m'y faire. D'ailleurs, mon frère était déjà en train de lui parler. Curieuse de connaître le verdict, j'écoutai.
- Salut Alice… Tout va bien, on a juste envie de chasser… Tu as vu quelque chose ?... Ah d'accord… Mais non, ce n'est pas ça…S'il te plait, essaie de voir…Merci, j'attends…Trop cool… A tout à l'heure…
- Alors ? ne pus-je m'empêcher de demander.
- Elle a d'abord un peu râlé, disant que je la prenais pour une diseuse de bonne aventure. Mais elle s'est concentrée et…
- Oui ?
- A priori, on n'aura pas de problèmes. Tout va bien se passer.
- Tu prends ton rôle de grand frère très au sérieux, dis donc !
- Qu'est-ce que tu crois ? Je n'agis pas toujours sans réfléchir.
- Pas toujours ? relevai-je. C'est intéressant, ça.
- Ouais, bon, marmonna-t-il. On peut y aller ou tu comptes me mettre encore en boîte ?
- Bonne idée. Comme ça, j'en ramènerai quelques portions à Rose. T'inquiète, je prendrai les meilleurs morceaux.
- Ah. Je me demande bien ce que j'ai fait pour avoir une petite sœur comme ça, déclara-t-il, souriant.
- Tu es devenu vampire, rétorquai-je.
Nous partîmes dans un grand éclat de rire. Ce que c'était bon de pouvoir se lâcher et rire ! Quand nous fûmes calmés, nous nous enfonçâmes dans les bois, à petites foulées. Emmett courait tout en humant les diverses senteurs de la forêt. Décidée à apprendre, je l'imitai. Bon, ce n'était pas gagné ! Quand j'étais immobile, je pouvais mieux me concentrer qu'à présent. Je percevais bien les multiples parfums, mais avec la vitesse à laquelle nous courions à présent, j'étais incapable de dire de quels animaux je sentais la fragrance. Enfin, mon frère allait bien nous dénicher quelque chose de comestible. Enfin, comestible, si on voulait. J'avais beau avoir décidé en toute connaissance de cause de changer d'alimentation, je ne parvenais pas à m'ouvrir vraiment l'appétit. Fallait avouer que le menu n'était pas des plus réjouissants… Alors que si j'étais en route pour croquer un jeune randonneur, au sang bien sucré… Voilà, ça me reprenait ! Les humains, c'était fini ! Donc, autant s'habituer de suite au goût fade qui allait rythmer mes chasses. Après tout, j'arriverai peut-être à aimer ça, un jour. Je devrai demander à Carlisle si, avec le temps, les animaux nous paraissaient meilleurs. Quoique, jasper pourrait se révéler meilleur conseiller sur ce point-là, étant donné que Carlisle ne s'était jamais nourri comme moi. Néanmoins, je doutais fortement que le sang animal puisse se comparer avec celui des mortels… Je savais déjà que je ne raffolerai probablement jamais de cette nourriture. Mais je voulais savoir si cela devenait plus facile, avec les années qui passaient. Le visage de Jasper surgit dans mes pensées. Il était le seul de la famille à s'être longtemps nourri d'humains. Et même après des années de sang animal, il n'avait pas l'air d'être vraiment sevré. Serait-ce aussi long pour moi ? J'espérai que non et que Carlisle avait raison. J'ignorais si j'aurai la force de tenir des années de cette façon. Je puisais un espoir en me disant que j'étais plus jeune que Jasper, que je m'étais gavée de moins de mortels que lui et que j'avais l'habitude de sentir grandir la faim en moi.
En observant Emmett, je vis que son attitude avait changée. J'inspirai fortement, et perçu alors cette odeur si particulière qu'ont…les daims. Avec un soupir résigné, je suivis mon frère. Mais c'était qu'il accélérait, le bougre ! Une quelconque impatience ?
- Tu es si pressé que ça ?
- Le premier à manger a gagné, répondit-il, d'un ton enjoué.
- Gagné quoi ?
- C'est à l'appréciation du perdant.
- Pari tenu, très cher.
Il ne nous restait plus qu'une dizaine de mètres à parcourir avant d'arriver sur nos proies. A présent, l'excitation de la chasse m'emplissait la bouche de venin. Ce n'était pas trop tôt ! Bon, il ne me restait plus qu'à gagner ce petit pari… Et j'avais une idée sur le meilleur moyen d'y parvenir…Me trouvant derrière Emmett, j'accélérai afin d'être à sa hauteur. Tendu vers sa chasse, il était vraiment impressionnant. Je percevais la force immense qui se dégageait de lui. J'en aurais été intimidée si je ne le connaissais pas. Raison de plus pour mener à bien mes projets. Je fis naître le fourmillement à présent familier dans mes bras. Presqu'aussitôt, je sentis mon pouvoir affluer. L'entraînement de Carlisle avait vraiment été très utile ! Maintenant, nous voyions les daims. C'était une petite harde. Trois bêtes. Il faut dire qu'à cette période, ces animaux ne pensaient pas encore à l'accouplement. En plus, ils n'étaient pas très gras… De quoi faire la fine bouche… Heureusement que nous n'avions pas très faim ! Les bêtes ne nous avaient pas encore sentis. Mon frère avait vraiment bien fait les choses.
Je le vis s'élancer. Immédiatement, je l'imitai. Cependant, il était bien plus puissant que moi. Il atterri à deux mètres de sa proie, alors que j'étais à dix mètres derrière lui. Qu'à cela ne tienne ! Je tendis la main et sentis le contact entre le flux bouillonnant en moi et mon frère. Aussitôt, d'un mouvement rapide, je l'écartai du daim. Malheureusement, dans l'euphorie de la chasse, j'avais mal dosé ma force. Emmett se retrouva projeté contre un arbre, poussant un cri de surprise. Oubliant un instant les daim, j'éclatai de rire. Il fallait avouer que le spectacle était des plus risibles. Voir Emmett contre un arbre, la tête en bas, avec un gros paquet de neige fraichement tombée des branches sur lui ! En plus, il avait un air tellement ahuri sur le visage que c'en était tordant ! Bien entendu, les daims s'étaient sauvés, mais je n'en avais cure, toute à mon fou rire. Emmett se remit debout, s'époussetant soigneusement. La moue qu'il affichait se transforma peu à peu en un grand sourire. Il se laissa gagner à son tour par le rire, avant de m'envoyer une boule de neige. J'étais tellement hilare que je ne pus que lever la main, me protégeant le visage. Mais déjà, mon frère m'en envoyait une autre. Me baissant, je l'évitai, tout en confectionnant une boule que je lui lançai. Une joyeuse bataille commença alors. Toutefois, je me relâchai trop. Et ce qui devait arriver arriva. J'avais éveillé ma télékinésie, mais je l'avais mal rendormie. En faisant un mouvement brusque pour éviter un énième projectile, j'envoyai une véritable vague de neige sur mon frère. Ebahi, il ne réagit pas assez vite et se retrouva enseveli sous un monticule de poudreuse. J'étais certaine qu'il n'avait pas eu mal, mais un doute s'insinua en moi. Pourquoi ne sortait-il pas du tas de neige ? Qu'est-ce qui lui prenait autant de temps ? Et si je l'avais blessé involontairement ? Soudain inquiète, je me précipitai vers le monticule et creusai, jusqu'à ce que je découvre un bras. J'entrepris de le dégager, remontant jusqu'à l'épaule et, finalement, la tête d'Emmett apparue. Il était figé, la surprise peinte sur son visage. Fébrilement, je déblayai un peu plus la neige, libérant davantage mon frère. Il ne réagissait toujours pas, demeurant dans une immobilité glacée. Mon dieu ! Qu'avais-je fait ! Non, c'était impossible...
- Emmett ! EMMETT ! hurlai-je, en le secouant.
Soudain, il me saisit dans ses bras et me bascula dans le monticule, tout en riant. Dès que j'émergeai, mon soulagement se transforma en colère et je lui assénai un coup de poing dans l'épaule.
- Espèce d'imbécile ! criai-je.
- Quoi ? fit-il, surpris de ma réaction.
- On n'a pas idée de faire des frayeurs pareilles !
-…
- J'ai cru que je t'avais blessé, grand idiot ! vociférai-je, ma colère retombant comme un soufflet.
- Je ne voulais pas, fit-il, penaud. C'était juste…une blague.
- J'en ai déjà vu de plus drôle, répliquai-je, fixant mes mains.
Dire que j'aurai pu tuer mon propre frère avec ses mains ! Par jeu, j'avais éveillé mon pouvoir et j'avais négligé de l'endormir. Je n'avais pas assez réfléchi. Cette fois, il n'y avait pas de dommage, mais qu'en serait-il la prochaine fois ? Je devais absolument m'entraîner davantage. Je n'étais pas encore maîtresse de ma télékinésie. Emmett me releva le visage, jusqu'à ce nos yeux se croisent.
- Ça va, petite sœur ?
- Oui. C'est juste que j'aurai pu… te faire du mal.
- C'est moi qui ai commencé, je te rappelle. Et puis, il n'y a pas eu mort d'homme.
- Ni de vampire, complétai-je.
- Tu t'angoisses de trop. J'ai confiance en toi.
- Plus qu'il ne le faudrait peut-être.
- Eh ! On ne va pas se laisser miner par ça ! Entre Edward, Alice et Jasper, je peux t'affirmer que j'en ai déjà vu de belles !
- Mais aucun n'a un pouvoir offensif comme moi, rétorquai-je.
- Et si nous allions tester un peu ta présumée dangerosité sur notre repas ? Je te signale que les daims se sont carapatés depuis longtemps. Allez, rien de tel qu'une petite chasse…
Ne pouvant décidément pas résister à l'entrain d'Emmett, nous repartîmes en quête de notre repas. Rapidement, nous rejoignîmes les bêtes qui croyaient être à l'abri. La chasse fut rondement menée. En quelques foulées, nous nous trouvâmes à proximité de la troupe. Elle tenta bien de s'enfuir, mais c'était peine perdue. En quelques secondes, je saisis une bête et, sans cérémonie, je la plaquai au sol. Enfin, je plantai mes dents dans sa jugulaire et commençais à boire. Les sensations furent les mêmes qu'à Forks. C'était un sang chaud et fade. Il n'y avait vraiment pas de quoi se pâmer pour si peu ! Malgré tout, je sentais mon énergie se régénérer. C'était déjà ça… Je perçus que les battements du cœur de ma proie s'affolaient, prenant un rythme fou. J'avalai encore une grande gorgée, puis une seconde. Il y eut quelques ratés dans la mélodie puis, après une ultime aspiration, le cœur s'arrêta. Repue, je me relevai. Emmett se trouvait à quelques mètres de moi, me regardant avec un petit sourire.
- Alors ? N'est-ce pas un véritable régal ?
- Un met digne d'une table royale, répliquai-je, mutine.
- Je sais. Mais tu verras, tu te feras au goût.
- Puisque tu le dis…
- Maintenant que nous sommes rassasiés et trempés, que dirais-tu de regagner la voiture et de reprendre la route ? Alice a dû les prévenir et ils attendent certainement le résultat de notre petite promenade.
- D'accord.
Il ne nous fallu que quelques minutes pour rejoindre la jeep. Cependant, Emmett semblait hésiter à démarrer. Il jeta un coup d'œil vers son téléphone, comme si la réponse allait lui arriver subitement.
- Bon, il veut mieux prendre quelques précautions, soupira-t-il.
- Que veux-tu dire ? demandai-je, ne comprenant pas ce qu'il sous-entendait.
Sans répondre, il pianota sur les touches et porta l'appareil à son oreille.
- Bonjour mon bébé adoré… Je sais, je suis en retard… Non, tout va bien… Mon trésor, nous avons juste fait une pause déjeuner… Mais oui, nous serons bientôt là… Ce sera parfait, comme toujours… A tout de suite… Je t'embrasse.
En l'entendant, je ne pus m'empêcher de pouffer. C'était donc ça ! Emmett craignait la réaction de Rosalie ! Je sentais que j'allais m'amuser, lorsque nous arriverions. J'imaginais très bien Rose nous attendant sur le pas de la porte, impatiente de ranger ses affaires dans un dressing dont je refusais d'imaginer les dimensions. Et pendant que sa belle était en train de penser à la façon dont elle allait aménager leur nouvelle chambre, monsieur faisait une bataille de boule de neige !
Emmett mit le contact et nous reprîmes la route pour Darrington. Il ne nous restait que quelques dizaines de kilomètres à parcourir, mais cela me semblait long, tellement j'étais impatiente d'arriver à destination. J'allais vivre avec mon frère et sa famille. Ma famille, rectifiai-je intérieurement.
