Bonsoir à toutes et à tous
Merci Onja pour tes reviews. ça fait vraiment très plaisir et c'est toujours intéressant de lire les suppositions que tu fais.
Et comme un peu d'action ne peut nuire à rien, je vous laisse avec ce court chapitre.
Bonne lecture
Chapitre 8
Heureusement pour nous, nous arrivions du côté d'Esmée. Un des vampires qui la retenaient la lâcha et se plaça entre elle et nous, tout en appelant ses partenaires. Je n'eus qu'à tendre la main pour le faire voltiger à dix pas. Emmett fut en un clin d'œil devant Esmée et, d'un formidable coup de poing, assomma celui qui osait porter la main sur notre « tante ». Celle-ci se releva.
Les autres nous encerclaient déjà. Impossible de fuir. Nous étions trois contre neuf. Autrement dit, sans grande chance face à nos adversaires. Pendant un instant, nous nous tînmes tous immobiles, nous observant. Il n'était guère difficile de reconnaître en eux des nomades. Néanmoins, leur nombre était fort inhabituel. Je compris alors que ce n'était pas un groupe qui se tenait face à nous, mais plusieurs qui s'étaient momentanément réunis. Nous étions vraiment gâtés ! Une chose était certaine : l'un de nous devait réussir à s'enfuir afin de prévenir le reste de la famille. Sans eux, nous ne pourrions venir à bout d'un aussi grand nombre d'ennemis. Et prier pour que les deux chargés de retenir ces étrangers arrivent à tenir jusqu'à l'arrivée des renforts.
En tout cas, je me sentais en pleine forme. J'étais tellement en colère qu'ils aient osé s'en prendre à celle que je commençais à considérer comme une mère que je sentais sans effort mon pouvoir affluer dans mes bras. Il était absolument hors de question que je les laisse saboter ma nouvelle vie. J'avais l'impression d'être enfin à ma place, pour la première fois depuis ma transformation.
Alors que nous nous préparions au combat, un vampire fit un pas vers nous. Au moins, nous savions à présent qui dirigeait le groupe. Grand, 36 ans au moment de sa vampirisation, courts cheveux auburn, un visage carré, un menton volontaire, les yeux d'un rouge profond. Tout dans son maintien indiquait un homme habitué à commander et à être obéi. Ce fut d'une voix forte qu'il prit la parole.
- Veuillez vous écarter. Nous ne voulons que la femme.
Instinctivement, lorsque nous entendîmes ses paroles, nous nous mîmes tous les deux en position de défense, dissimulant Esmée derrière nous.
- Comme si nous allions vous obéir, répliqua Emmett.
- Vous appartenez à son clan, reprit le chef. Mais vous allez mourir si vous vous obstinez à demeurer là. Si vous consentez à partir maintenant, nous ne vous poursuivrons pas. Pourquoi vous sacrifier ?
- Nous partons tous les trois ou nous restons tous, répondit mon frère, catégorique.
- Emmett, Rachel, fit Esmée, d'une voix douce. Mes enfants…
- Maman, ce n'est pas sujet à discussion.
- Alors, vous allez mourir ensemble, conclut l'étranger.
Huit vampires se précipitèrent sur nous. Tiens donc, leur chef ne participait donc pas à la curée. Emmett s'élança à leur rencontre. D'un grand coup de jambe, il en éloigna un. Se retournant, il en saisit un autre par le bras et le projeta sur un troisième. Mais je ne pus regarder plus longtemps mon frère. D'autres vampires se dirigeaient vers moi. J'optai pour la facilité. Ce n'était peut-être pas très élégant, mais seul le résultat comptait. D'un mouvement de bras, j'en renversai deux. Sachant qu'Esmée était leur cible, je me retins de me porter à la rencontre de nos adversaires. En aucun cas, je ne devais leur permettre de reposer leurs sales mains sur elle.
Mais il ne suffisait pas de les repousser, il fallait tuer. Je tendis soudain les deux mains vers un vampire qui s'approchait un peu trop. Je sentis que je le tenais. D'un geste brusque, j'étendis les bras dans deux directions opposées. Avec satisfaction, je vis le corps de mon adversaire partir sur la gauche pendant que sa tête allait à droite. Qu'avait donc dit mon frère déjà ? Que ma dangerosité n'était que présumée. En voyant le vampire déchiqueté, je me sentie soudain ivre de puissance. J'en projetai un autre contre un arbre qui explosa sous le choc. Je faillis en oublier que nous n'étions pas en position de force et qu'il fallait que l'un de nous aille chercher les renforts. Du coin de l'œil, je découvris Esmée aux prises avec un nomade qui avait réussi à échapper à notre attention. D'un mouvement rapide, elle le déséquilibra et lui sauta dessus. J'entendis le craquement caractéristique d'une tête qu'on arrache. Mais je voyais aussi que nos adversaires évitaient mon frère pour courir vers Esmée. C'était elle qu'ils voulaient. Elle était leur cible. Emmett et moi ne comptions pas. Ils voulaient l'éliminer elle, pas nous. Soudain, j'eus une idée.
- Emmett ! Esmée ! A terre ! De suite !
J'eus la surprise de voir qu'ils obtempéraient. Sans perdre de temps, je tendis les bras et fis appel à toute ma puissance. Je perçus le flot qui s'échappait de mes mains. Je me mis à tournoyer sur moi-même, faisant s'écrouler tous les vampires autour de nous comme un jeu de quilles. Je me rapprochai d'Esmée tout en continuant à tourner comme un derviche. Lorsque je fus à ses côtés, je relâchai mon effort.
- Vas-y, sauve-toi !
- Je ne vous laisse pas, rétorqua-t-elle.
- Il le faut.
- Vous êtes mes enfants, contra-t-elle, farouche.
- Oui, mais nous arriverons à nous défendre, poursuivis-je, la voix pleine de conviction. C'est toi qui nous mets en danger. Nous ne pouvons nous battre correctement si nous devons prendre garde à ce qu'aucun d'entre eux ne t'approche.
- Mais…
- Va chercher du secours, lui intimai-je, d'une voix dure. C'est notre seule chance.
Quelque chose dans ma voix ou mon regard dû la convaincre. Elle se releva et, rapidement, se mit à courir vers la maison. En me retournant, j'échangeai un regard entendu avec Emmett. A présent, c'était à nous de lui donner le temps d'alerter la famille. Dans dix minutes, Esmée serait à nouveau dans une zone où son portable capterait un signal. Le temps d'appeler tout le monde et qu'ils arrivent jusqu'à nous : une trentaine de minutes de plus. Sauf si Alice avait eu une vision, dans ce cas ils étaient déjà en route. Je l'espérais vivement, car il me semblait improbable que nous tenions presque quarante minutes face à tous ces vampires.
Nous ne leur laissâmes pas le temps de se relever. Emmett en tenait déjà un. D'un bond, je le rejoignis et avec un sourire satisfait, décapita l'infortuné vampire. J'allais finir par aimer cela.
- Ça en fait quatre de moins, murmura-t-il.
- Derrière toi ! l'avertis-je.
Mon frère se retourna pour affronter un nouvel adversaire. Je tendis à nouveau une main. Décidément, mon pouvoir était bien utile. Malheureusement, je dus déchanter rapidement. Je ne sentais plus rien ! J'avais trop fait appel à mes capacités, j'étais à bout ! Apparemment, je devais m'entraîner plus. Moi qui étais infatigable, je ressentais une sorte de langueur dans mes bras. Vraiment le comble pour un vampire !
Le temps de m'en rendre compte, le vampire était trop près de moi. J'évitai de justesse une main qui tentait d'accrocher ma gorge. Je lui envoyai un formidable uppercut, puis ma jambe se dirigea rapidement vers ses côtes. Le nomade para le coup, se contentant de repousser mon attaque au lieu de la bloquer. Je tentai de le saisir à la gorge, mais il s'empara de mon poignet avec une certaine facilité. Je lançai alors mon genou, visant son ventre. De son bras libre, il détourna ma jambe. Mais ce faisant, il desserra sa prise sur mon poignet. D'un mouvement rapide, je me libérai et le repoussai. De nouveaux face à face, nous nous élançâmes l'un vers l'autre. Pendant quelques minutes, ce ne fut que feintes, attaques, replis, mouvements de jambes et de bras. Environ la moitié de mes coups rencontraient ma cible, mais l'inverse était vrai également. Heureusement que je m'étais amusée à combattre avec Emmett, sinon je n'aurai jamais fait long feu. J'allais m'élancer à nouveau sur le nomade, quand je sentis qu'on me prenait le bras. Me retournant, je découvris un autre assaillant. Pas le temps de faire dans la dentelle. Je m'approchai de celui qui me tenait et le mordis. Je savais que le venin allait brûler mon adversaire. Cela suffit à ce qu'il me lâche. Aussitôt, je retirai mes dents de son bras et le repoussai. Puis, d'un saut, je me mis hors de portée, avant de recommencer à me battre.
Nous nous défendions plutôt bien, je devais bien le reconnaître. Malheureusement, nous ne parvenions à faire que cela. Nous manquions de temps pour tuer. A chaque fois qu'un de nos adversaires était sur le point de perdre la tête, un autre venait à sa rescousse. Nous ne parvenions pas à prendre le dessus, sur aucun corps à corps qui s'engageait. Curieusement, j'avais l'impression qu'ils ne cherchaient pas à nous décapiter. Ils en avaient eu l'occasion, mais ne l'avaient pas saisie.
J'évitai la charge d'un vampire quand soudain, je sentis une main se refermer sur mon bras pendant qu'une autre s'agrippa à mon cou. Le traître venait de me prendre par derrière ! A présent, je ne pouvais plus rien faire. Le contact de ces doigts sur ma gorge me dégoûtait. D'autant plus que le vampire resserra son étreinte, afin d'être certain que je ne bougerai plus. Il ne lui restait qu'à faire un geste, et j'allais mourir…
- Ça suffit ! cria une voix, près de mon oreille.
Immédiatement, les nomades rompirent le combat. Ils étaient vraiment disciplinés. Emmett se trouvait seul, encerclé par nos assaillants. Je vis une lueur de panique et de colère éclairer ses yeux quand il me vit, immobilisée et à leur merci.
- Tu cesses le combat et elle garde sa tête, lui ordonna le chef, tout en resserrant encore sa prise sur mon cou.
- Votre courage est proprement stupéfiant, remarquai-je, la voix pleine de fiel, pouvant à peine respirer.
Mon frère baissa les bras, indiquant qu'il obéissait. Aussitôt, deux vampires se saisirent de lui. Voir Emmett, si fort, ainsi réduit à l'impuissance m'horripilait. Et dire que c'était pour sauver ma tête… C'était vraiment injuste ! J'aurai voulu lui dire de continuer de se battre, de ne pas tenir compte de moi, mais je ne le pouvais pas. Je le connaissais suffisamment pour savoir que, si j'étais étêtée devant lui, il risquait de perdre ses moyens. En outre, il se retrouverait seul contre cinq vampires. Six adversaires, si celui qui me tenait se mêlait à la bataille. Mon frère n'aurait aucune chance de s'en sortir. Nos regards se croisèrent. Les beaux yeux dorés d'Emmett étaient pleins d'angoisse. Mais lorsqu'il les posa sur le chef de nos assaillants, leur expression changea. Une colère intense s'y refléta.
- Tu es raisonnable, reprit le nomade. C'est bien.
- On poursuit la femme ? demanda un vampire.
- Non, c'est inutile. Elle a probablement déjà rejoint les autres, ou peu s'en faut. Mais tut ceci n'a aucunement été vain. Ces deux-là vont nous rendre service. Ils constitueront une bonne monnaie d'échange, déclara-t-il, avant de regarder mon frère. Toi, là ! Emmett, c'est ça ?
- Oui, répondit l'intéressé.
- Tu restes calme. Au moindre geste brusque, c'est la petite demoiselle qui paie. Nous comprenons-nous ?
- Oui.
- Quant à toi, tu gardes tes mains gentiment baissées, fit-il à mon attention. S'il te prend la fantaisie d'en agiter une seule, mes hommes prendront la tête de ton ami et t'en feront cadeau. Entendu ?
- Comme si j'avais le choix, grommelai-je.
- Vous faites ce qu'on vous dit, et il ne vous arrivera rien. Ce n'est qu'un mauvais moment à passer. Si Carlisle se montre sensé, vous ne resterez que quelques jours avec nous, grand maximum.
N'ayant pas le choix, nous fûmes contraints de lui obéir. Alors, la petite troupe, réduite à présent à cinq membres, se mit en route. Emmett et moi étions captifs de ces étrangers. Deux vampires tenaient chacun un bras de mon frère. Leur chef ne m'avait pas lâché. Il avait juste ôté sa main de ma gorge, pendant qu'un autre nomade s'emparer de ma deuxième main. Ainsi encadrés, nous ne pouvions guère nous échapper. Nos kidnappeurs accélérèrent le pas, et nous nous mîmes à courir.
J'eus une pensée pour Alice. Pourvu qu'elle ait une vision ! Qu'elle vie ce qui se passait ! Et surtout, où ils nous emmenaient ! Je souris, songeant que, avec une petite chance, notre famille attendrait nos assaillants là où nous nous rendions. Quelle surprise ce serait pour eux lorsque, arrivant à destination, ils tomberaient dans un piège tendu par Carlisle ! Je pensai aussi à Rosalie, qui serait dans une fureur incroyable en apprenant qu'on avait enlevé son cher mari… Oui, ces vampires n'avaient pas idée de ce qu'ils venaient de déclencher ! A présent que je faisais partie des Cullen, l'espoir était permis. Emmett et moi n'étions pas seuls et je savais que notre famille ne nous abandonnerait pas.
Nous arrivâmes rapidement près de trois voitures. Le chef me confia à son acolyte, pendant qu'il se glissait derrière le volant. D'un geste, il ôta le repose-tête du siège passager. Sur son ordre, je pris place à côté de lui. Aussitôt, un vampire se trouva derrière moi, ses doigts sur ma gorge. Décidément, ils voulaient absolument être certains que mon frère et moi n'allions rien tenter pour nous libérer ! D'ailleurs, on poussa Emmett à l'arrière de la voiture. Serré entre deux vampires, il eut un regard interrogateur envers celui qui commandait.
- Je préfère vous garder tous les deux à l'œil, dit le nomade, comprenant la question muette de mon frère. Ainsi, je suis certain que tu resteras bien sage, et elle également. En outre, les capacités de mon gamin sont plus efficaces s'il se trouve à proximité de celui qu'il vise.
- Ses capacités ? relevai-je.
- Il peut affaiblir n'importe quel vampire, révéla mon interlocuteur, tout en démarrant. C'est pour cette raison que tu n'arrivais plus à agir. Ton pouvoir vous aurait certainement valu la victoire sans son intervention fort à propos.
- Pourquoi nous le dire ? demanda Emmett.
- Pour que vous ne tentiez rien de stupide. J'ai besoin que vous restiez en vie. Pour le moment, en tout cas.
- Que nous voulez-vous ? poursuivit mon frère.
- A vous deux ? Absolument rien.
- Et à Carlisle ? fis-je, me souvenant de ce qu'il avait dit.
- Disons que nous avons une affaire en suspend, lui et moi.
- Laquelle ?
- Si je vous dis que je m'appelle Giusseppe Portia, cela vous parle-t-il ?
- Non, répondis-je.
- A moi non plus, renchérit Emmett.
- Alors, cela signifie Carlisle sait garder ses secrets.
- Vous allez nous expliquer de quoi il s'agit ? insistai-je, l'agacement clairement audible dans ma voix.
Cependant, le vampire ne répondit pas, se contentant de conduire. Il n'y eu plus un mot d'échangé jusqu'à ce que nous parvenions à un embarcadère. Nos kidnappeurs nous firent monter sur un bateau et prirent le large. Un simple échange de regard avec Emmett, suivi d'un hochement de tête, me confirma mes pensées. Les Cullen ne pourraient pas nous pister, notre odeur se dissipant sur l'eau. Alice n'avait pas eu de vision. A moins qu'ils ne soient en route, mais dans ce cas, ils arriveraient trop tard pour nous sauver. A présent, nous étions seuls face ces étrangers.
