Bonsoir à tous et à toutes,

Tout d'abord, merci pour les messages.

Ensuite, ce chapitre correspond à la scène que j'avais en tête en commençant cette fic.

J'espère que vous aimerez.

Bonne lecture

Chapitre 10

J'avais faim et je ne désirais qu'une seule chose : l'humain devant moi. Je pouvais déjà sentir le goût exquis qu'il avait. Après toutes ces semaines, j'allais enfin pouvoir manger un plat dont je raffolais. Les nombreuses privations que j'avais endurées pour faire parti des Cullen n'avaient servies qu'à aiguiser mon appétit. Un grondement sourd jaillit du fond de ma gorge. Ce mortel était à moi !

Un voile s'abattit devant mes yeux, me cachant tout ce qui n'était pas ma victime. J'entendais son cœur très distinctement et, inconsciemment, ma respiration se calqua sur ce rythme. L'odeur du mortel attisait encore davantage ma faim, une odeur musquée et forte. Typique des hommes. Je parvenais même à sentir le parfum légèrement acre de sa transpiration. Il avait peur. Excellent ! Cela augmenterait encore son goût ! J'en salivais d'avance. Ce cœur qui pulsait près de moi faisait circuler des litres de sang savoureux. Comment avais-je fait pour tenir presque trois mois sans humains ? Je savais déjà comment j'allais le maintenir, l'endroit exact où je percerais cette chair si fragile, la vitesse à laquelle j'aspirerais son fluide vital, la chaleur qu'il allait répandre en moi, la spirale de plaisir dans laquelle j'allais être aspirée en même temps que je prendrais sa vie…

La brûlure de ma gorge se fit de plus en plus forte, de plus en plus pressante. Je devais éteindre ce brasier. Et il n'y avait qu'une seule façon…Impatiente de planter mes dents dans ce cou si appétissant, je bondis…avant de ressentir un choc brutal dans mon dos et de me retrouver plaquée à terre. Je me débattis, furieuse d'avoir été interrompue dans mon attaque. Mais le vampire tenait bon. Il me redressa à demi, prenant soin d'immobiliser totalement mes bras. Un cri d'impuissance et d'intense frustration s'échappa de moi. L'étau vigoureux se resserra encore sur moi, me faisant ressentir encore plus précisément le torse dur et froid se trouvant dans mon dos. Le brouillard qui flottait dans mon esprit se dissipa pendant que je me débattais pour qu'Emmett desserre ses bras.

- Rachel ! Non !

- Lâche-moi !

- Hors de question.

- Oh, Emmett… geignis-je. Je le veux !

- Je sais, mais reprends-toi, fit-il, fermement.

- S'il te plait, le suppliai-je.

- Non.

- Rien que cette fois… rien que lui…

- Je ne te laisserai pas gâcher tous tes efforts. Rappelle-toi pourquoi tu y as renoncé.

- Mais c'est différent, là, arguai-je, tentant de le faire fléchir.

- C'est dur, je le sais pertinemment. Mais tu ne toucheras pas à cet humain, dit-il, inflexible. Je t'en empêcherai.

- Pourquoi ? Libre à toi de refuser, mais je le désire tellement… Il me le faut…

- Tu peux résister, j'en suis sûr.

- Toi aussi, tu as tué des humains, l'accusai-je alors. Vivre continuellement avec Carlisle ne t'as pas empêché de délaisser les biches !

- Je refuse que tu traverses la même chose que moi. Allez Rachel ! Tiens le coup !

- Je n'y arriverais pas…

- Regarde-le ! Regarde bien celui que tu t'apprêtais à saigner.

Immobilisée, vaincue par la volonté de mon frère, je levai les yeux vers le mortel. J'eus toutes les peines du monde à me désintéresser de sa jugulaire pour voir son visage. Il était jeune, quinze ans à peine, peut-être moins. Ses yeux bleus étaient agrandis par la peur. Une terreur fort compréhensible marquait son visage imberbe. Ses yeux faisaient des va-et-vient entre Andrew (toujours en train de boire) et moi. Restant à terre, il se traîna vers le coin le plus reculé. Ses cheveux roux étaient sales, tout comme ses vêtements. Certainement encore un gosse qui avait fugué… Son corps était agité de tremblements et sa respiration était plus que saccadée, paraissant même laborieuse par moments. Regardant à nouveau son visage, je vis qu'il me fixait. Ses yeux s'embuèrent et des larmes silencieuses se mirent à couler sur ses joues.

Je cessai de lutter contre Emmett et me forçai à demeurer immobile. Mon frère avait raison, je ne devais pas craquer maintenant. Jasper m'avait prévenue, le cap des 3 mois était difficile. Fermant les yeux, je songeai à Carlisle et Esmée, les deux personnes que je ne voulais pas décevoir, en dehors d'Emmett. Alice avait mis 3 ans avant de pouvoir faire allègrement les boutiques pendant des heures et d'aller à l'école. Je ne voulais pas avoir une volonté plus faible que la sienne ! Je ne mettrai pas 8 ans comme Jasper ! Je le refusais !

Fermant les yeux, je relevais la tête et l'appuyais contre le corps puissant de mon frère.

- Emmett, aide-moi.

- De toutes mes forces, affirma-t-il.

Avec envie, je tournai la tête vers Andrew. Il avait fini son repas et le corps sans vie de l'humain reposait à terre. Je pris alors seulement conscience qu'un autre vampire se tenait dans l'escalier. Grand, svelte quoique musclé, d'épais cheveux bruns lui chatouillant les oreilles, des yeux d'un rouge vif, il était assis sur les marches. Un sourire ironique étirait ses lèvres fines.

- Que des lapins, n'est-ce pas ? fit-il, d'un ton moqueur.

- Qu'est-ce que tu veux ? demanda Emmett froidement.

- Rien. Je voulais juste savoir si vous ne mangiez vraiment plus correctement. A ce que je vois, ce n'est pas vraiment son cas à elle.

- Elle ne l'a pas tué, répliqua mon frère, acerbe.

- Simplement parce que tu l'en as empêché.

Se détournant de son interlocuteur, Emmett apostropha notre gardien.

- Andrew ! Finis l'autre !

Le jeune homme commença à se lever lorsque l'autre vampire intervint.

- Non !

- Mais, Alex… commença Andrew.

- Celui-là est pour eux, répliqua Alex.

Andrew se rassit et Emmett soupira. Se tournant vers le mortel, mon frère fronça les sourcils.

- Rachel, puis-je te lâcher deux secondes ?

- Pourquoi ? demandai-je, la panique s'insinuant dans ma voix à l'idée de ce que je pouvais faire s'il me libérait.

- Pour te soulager.

- Que vas-tu faire ?

- Est-ce que tu pourras rester là, sans bouger, pendant deux secondes ? insista-t-il, fixant toujours l'humain.

- Oui.

J'espérais de toutes mes forces que j'en serai réellement capable. Dès que je sentis ses bras se détendre, je me figeai. Alors, mon frère fit quelque chose de totalement inattendu…

Il bondit vers le mortel, le rejoignant rapidement. Abasourdie, je songeai qu'il allait craquer. Ainsi, il avait osé m'empêcher de le tuer pour se le garder ! Mais mon frère me réservait une surprise de taille.

Sans attendre et sans état d'âme, il lui rompit le cou ! Le corps de l'ado s'effondra sur le sol, ses yeux incrédules encore grands ouverts. Puis, tout aussi vite, Emmett revint me prendre dans ses bras. J'avais été tellement stupéfaite que je n'avais même pas bougé un orteil ! Ne pouvait quitter des yeux le cadavre intact, je me blottis dans l'étreinte rassurante de mon frère.

- Pourquoi as-tu fait ça ?

- Pour éliminer la tentation, répondit-il doucement.

- Mais je croyais qu'il ne fallait pas tuer d'humains. Tu as dit…

- Ce gosse était condamné, de toute manière, m'interrompit-il. Il ne serait jamais sorti de cette cave. Maintenant que son cœur est arrêté, tu n'auras plus à supporter l'odeur de son sang, ni la brûlure de ta gorge.

- Mais…

- Je t'ai dit que je t'aiderai, et je le ferais. Je ne suis pas comme Carlisle, tu sais. Cela ne me dérange pas de tuer un humain si cela peut aider ma famille. Ce gosse te faisait souffrir plus de gamin, plus de souffrance.

- Merci, fis-je, reconnaissante.

- Et il l'a rendu impropre à la consommation, intervint Alex.

- Et alors ? Tu as bien dit qu'il était pour nous, non ? répliqua Emmett, à son intention.

- Oui, répondit Alex, en se levant. Sauf que maintenant, on va devoir trouver quelque chose que vous accepterez. Etrangement, Guiseppe refuse de vous affamer.

- Alors qu'est-ce que tu fous encore là ?

- C'est bon, j'y vais.

La porte claqua lorsqu'Alex la referma. Emmett avait raison. Maintenant que le gamin était mort, mes idées s'éclaircissaient. Ma gorge me brûlait toujours, mais l'envie de meurtre s'affaiblissait.

- J'en tuerais autant qu'il le faudra, mais je ne te permettrais pas d'en manger, reprit Emmett, d'une voix pleine de résolution.

- J'essayerai de faire en sorte que tu n'ais pas besoin de faire une hécatombe.

- Tout dépend de ce que cet Alex va ramener.

- Pas de problèmes là-dessus. Alex joue au dur, mais il est sympa. Si Guiseppe lui a dit qu'il fallait que vous mangiez, alors il ferra en sorte d'y parvenir, intervint Andrew avant de désigner le cadavre du doigt. Pourquoi vous l'avez refusé ?

- Parce que nous avons renoncé au sang humain, répondit mon frère.

- Rachel n'avait pas l'air aussi catégorique, tout à l'heure. Et regarde-la. Le redoutable chasseur tremble comme un lapin effrayé.

- Tu sais ce qu'il va faire, le lapin effrayé, si tu cesses de m'affaiblir ? le menaçai-je.

- C'est pourquoi je n'arrête pas. Tu as montré trop de force pendant le combat. Mais nous dérivons. Il est visible que cela vous coûte, votre renoncement. Pourquoi persister ? Pourquoi se faire souffrir au lieu de se laisser aller à vos instincts ?

- Nous ne sommes pas des monstres, affirma Emmett. Nous pouvons vivre en harmonie avec les mortels et profiter des bienfaits de la vie.

- Parce que vous croyez que nous nous privons, peut-être ! Qu'avez-vous que nous ne possédons pas ?

- Un endroit où nous nous sentons chez nous et où nous sommes en sécurité, répliquai-je, sachant bien la façon dont les nomades vivaient. Des vêtements propres non pris sur un cadavre. L'eau chaude. L'accès à toutes les technologies. De belles voitures. Moins d'impétuosité. Des amis, une famille sur qui compter.

- A part la dernière partie, je peux aussi avoir tout cela.

- Oui, en le volant. Mais connais-tu le plaisir d'entrer dans un endroit, de faire ses achats au milieu des humains ? Sais-tu ce que l'on ressent à se faire passer pour un mortel pendant quelques minutes, quelques heures ? Savoir que nous appartenons à ce monde et oublier un bref instant que nous sommes des créatures légendaires ?

- C'est vrai, je l'ignore totalement, et…

- N'en as-tu pas marre de devoir te cacher ? poursuivis-je, me moquant de son interruption. De passer d'un lieu à un autre, incessamment ? De devoir ruser pour cacher tes victimes ? De te sentir exclu de ce monde ? Ou es-tu satisfait de te contenter de tuer des humains, en te terrant dans une vieille bâtisse décrépie, veillant à rester discret en toutes circonstances ?

- Ok, j'avoue que c'est parfois énervant, mais…

- Nous, nous avons renoncé au sang humain. C'est dur, j'en conviens parfaitement. D'ailleurs, tu l'as vu. Mais en contrepartie, nous formons une famille unie, soudée. Nous avons une demeure où nous sommes chez nous. Nous avons le temps de nous amuser, sans craindre pour notre sécurité. Nous n'avons plus besoin de nous décarcasser pour cacher nos proies puisqu'il y a toujours un charognard pour passer derrière nous. Nous évoluons librement parmi les mortels, nous mêlant à eux. Nous pouvons même nous faire des amis. Nous allons faire nos courses et, par cela, faisons tourner l'économie. Nous ne sommes pas des parasites, mais de véritables acteurs de cette société, même si nous sommes toujours des vampires. Nous adaptons le mode de vie des humains à ce que nous sommes réellement.

- Vous vous bercez d'illusions, fit Andrew. Nous ne sommes plus humains, alors pourquoi cette comédie ?

Je ne pus m'empêcher de sourire en songeant que c'était moi qui, il n'y avait pas si longtemps, avais posé la même question à Carlisle.

- Parce que cela nous occupe et nous distraie, répondis-je, reprenant les mots que le docteur avait employés. Sans cela, l'éternité serait bien morne. Côtoyer des humains donne du piment à notre existence.

Sur ces belles paroles, la porte s'ouvrit à nouveau. Alex entra. Il tenait deux chiens sous les bras, dont la gueule était fermée par une corde.

- Je suppose que ce repas vous conviendra mieux, entama-t-il, un sourire ironique sur les lèvres.

- C'est pas terrible, mais ça ira, rétorqua mon frère.

Alex descendit lentement. Apparemment, le fait que les molosses s'agitaient ne le dérangeait absolument pas. Il nous regardait, imperturbable. Finalement, parvenu sur la dernière marche, il jeta les chiens devant nous et s'assit à côté d'Andrew.

Un simple échange de regards avec Emmett suffit. Les molosses courraient dans la cave, pour finir par s'arrêter devant un mur. Nous nous élançâmes. Adossés au mur, les chiens nous faisaient face. Prestement, nous nous saisîmes d'eux. D'un geste rapide, je retournai le chien, et m'accroupis, écartant ses pattes d'une seule main pendant que la seconde maintenait sa tête immobile. Lorsque je plantai mes dents dans sa gorge, le sang gicla, inondant ma bouche. Bien entendu, cela n'avait absolument rien à voir avec le goût savoureux d'un humain. C'était fade, trop épais, bref, pas superbe. Et il y avait si peu de sang dans un chien au regard de la faim que je ressentais ! En moins de 5 minutes, j'avais asséché ses veines.

Tout en me relevant, j'agitai discrètement une main. Rien ne se passa… Andrew maintenait son pouvoir actif. Avec un soupir, je regardai Emmett. Lui aussi avait fini son repas. Enfin, si on pouvait appeler cela ainsi. En réponse à son regard interrogateur, je secouai la tête. Alors seulement, nous nous retournâmes vers nos « hôtes ».

- Alors, c'était à votre convenance ? ironisa Alex. Des poules vous iraient, pour la prochaine fois ?

-. Non merci, répliquai-je, acerbe. Moins bon, moins de sang. Je croyais qu'il ne fallait pas nous affamer.

- On n'est pas au resto, non plus.

- Heureusement, parce que l'accueil et le service laissent fortement à désirer.

- Tu ne perds rien pour attendre. Si Guiseppe nous el demande, je vous tuerai avec grand plaisir. Vous êtes une honte pour notre espèce !

- Si Andrew n'était pas là, je t'aurai déjà réduit en morceaux, je te signale.

- C'est vrai, admit-il, son sourire de retour.

- En parlant de Guiseppe, que projette-t-il ? intervint Emmett. Que nous veut-il ?

- Vous l'ignorez réellement ? fit Alex, surpris. Enfin, ça ne devrai pas m'étonner. Carlisle n'a pas dû s'en vanter.

- En attendant, je commence à me dire que tu n'en sais pas plus que nous et que tu te contentes d'obéir aux ordres sans discuter.

- Puisque vous êtes tellement curieux, je veux bien vous le dire.

Mais avant qu'il ne se mette à parler, la porte de la cave s'ouvrit une nouvelle fois et Guiseppe entra, un sourire triomphal aux lèvres. Instinctivement, Emmett et moi nous rapprochâmes l'un de l'autre.

- Mes chers invités, fit-il à notre adresse. Je viens d'avoir mon inestimable ami Carlisle au téléphone.

A ces mots, je me raidis aussitôt. Qu'est-ce que Guiseppe avait dit à Carlisle ? Quelle avait été la réaction de ce dernier ? Quelles décisions avaient été prises ?

- Etant donné que grâce à vous, Esmé s'est échappée, il savait que vous aviez été attaqués.

- Vous pouvez aller directement aux faits ? demanda Emmett, impatient.

- Bien sûr, bien sûr. Ah, l'empressement de la jeunesse ! Je dois vous dire que Carlisle n'a pas été des plus aimables, en apprenant que c'est moi qui vous avait attaqués. Evidemment, le fait qu'il n'est pas eu de nouvelles pendant quelques jours l'a un peu rendu nerveux. Enfin, maintenant, il sait que vous êtes avec moi et que vous êtes en vie. Comme vous, il m'a demandé ce que j'attends de lui. Mais j'ai raccroché.

- Pourquoi ? demanda mon frère.

- Pour la simple et unique raison que le fait de vous savoir à mon entière merci torture Carlisle, répondit Guiseppe avec un sourire cruel. Tant qu'il souffre, je suis heureux. Extrêmement heureux. Je ne me suis pas senti aussi bien depuis des décennies.

- Contente pour vous, répliquai-je froidement. Quelle est la suite du programme ? Combien de temps cela va-t-il durer ?

- Je vais encore le faire languir un peu avant de lui annoncer ce que je désire vraiment. J'ai bien peur que vous ne soyez des nôtres plus longtemps que prévu. Mais que voulez-vous ? Je m'amuse de trop !

- Et vous allez longtemps nous laissez dans l'ignorance ? reprit Emmett.

Guiseppe laissa le silence s'installer. Il promena son regard sur les cadavres.

- Je vois que vous avez refusé mon cadeau, déclara-t-il, en désignant le mortel que nous avions dédaigné.

- Vous le saviez, nous ne mangeons plus d'humain.

- Vois-tu, jeune homme, j'étais persuadé que vous vous jetteriez dessus, si nous vous en donnions l'occasion.

- La fille, Rachel, l'a fait, moucharda Alex. Mais il l'a retenue et a tué le gosse.

- Pourquoi avoir fait cela ? N'est-ce pas contraire à vos habitudes ? La vie humaine n'est-elle pas sacrée à vos yeux ? demanda Guiseppe, en fixant Emmett.

- Le gamin ne serait jamais sorti vivant d'ici, rétorqua mon frère. Il serait mort de toute manière. Mais il était hors de question que nous buvions son sang.

- Intéressant. Tu n'hésites donc pas à tuer lorsque cela t'arrange. Quel dommage, cependant, que tu ai empêché cette jeune fille de se nourrir comme elle le voulait ! Pourtant, rien qu'à voir ses yeux, je sais qu'elle n'est pas encore… comment dire… convertie à la philosophie de Carlisle. Enfin, j'aurai essayé. Peut-être que la prochaine fois, vous cèderez.

- Pourquoi insister là-dessus ? En quoi cela vous dérange, notre façon de nous nourrir ?

- Parce que je sais que, si vous revenez à un régime plus… normal, Carlisle en sera affecté. Tout ce qui peut le faire souffrir me donne de la joie. Alors, s'il perd deux enfants, j'en serai heureux.

- Vous feriez mieux de nous tuer de suite, répliqua Emmett.

- Non. Vois-tu, tant que vous êtes vivants, je peux le torturer tant que je veux. Il fera tout ce que je désire pour que vous restiez en vie. Si je vous tue, il sera non seulement éploré, mais également furieux. Je ne tiens pas à cela. Je le veux effondré, je veux que chaque jour soit plus difficile à vivre que le précédent, pour lui. Que même la présence de sa famille ne lui soit d'aucun réconfort.

- Que vous a-t-il donc fait pour que vous le haïssiez autant ?

Guiseppe regarda encore les cadavres. Une odeur écœurante commençait à se répandre. L'Italien fronça le nez.

- Alex, débarrasse-nous de ça ! Demande à Cédric et Victor de t'aider !

L'intéressé se leva en grommelant, mais obéi. Avec un sourire narquois, je le regardai monter les deux humains et les passer à ses acolytes qui maugréèrent car on les dérangeait pendant leur émission favorite. Puis, le jeune homme redescendit récupérer les deux chiens et sortit en râlant qu'il n'était pas notre bonne. Vraiment pathétique ! Avaient-ils donc peur de Guiseppe ? Pourquoi ? Je ne voyais en lui qu'un nomade de plus. Certes, il était fourbe, déloyal, en voulait à Carlisle et pouvait nous tuer. Mis à part ça, je ne le trouvais pas si effrayant. A moins qu'il n'est un don caché…

Dès qu'Alex fut sorti, Guiseppe nous accorda à nouveau toute son attention.

- Je vais vous raconter une histoire, déclara l'Italien, en s'asseyant. Et je suis certain que votre opinion sur ce très cher Carlisle va changer. Vous nous rejoindrez peut-être, qui sait ? Ce qui serait formidable, soit dit en passant.

Ce sera tout pour cette fois.

Je ne sais pas quand je pourrai vous mettre la suite. J'ai commencé le chapitre suivant, mais je manque de temps pour le rédiger.

Néanmoins, si vous avez des idées sur l'histoire de Guiseppe, je suis curieuse de les connaître.