Chapitre 15

Comme je m'y attendais, la seconde suite était l'exacte réplique de celle que je venais de quitter. A un léger détail près : ses occupants. Nous rejoignîmes notre famille dans la partie salon.

Une bouffée d'apaisement m'envahit. Regardant Jasper, je vis le jeune homme me faire un petit sourire. S'il continuait ainsi, à dépenser sans compter son don, il allait finir par se fatiguer… Je ne pus m'empêcher de remarquer à quel point il paraissait tendu. Quel dommage qu'il ne puisse se servir de son don sur lui-même, il en aurait bien besoin. Alice le rejoignit vivement sur le canapé et se lova dans ses bras. Ils allaient tellement bien ensemble. La spontanéité d'Alice avec la retenue de Jasper. Dire que, s'ils n'avaient pas été transformés en vampires, ils ne se seraient jamais connus… Cela aurait été vraiment dommage. Carlisle se trouvait à côté d'eux. En pantalon noir et sweet blanc, il regardait avec insistance Emmett. Ses sourcils légèrement froncés faisaient apparaître quelques fins plis sur son front. Encore un peu, et il serait le premier vampire à attraper des rides ! Esmée s'assit gracieusement à côté de lui, lui prenant la main au passage. Le regard d'Edward ne cessait de passer de l'un à l'autre membre de la famille, au grès des pensées. Il paraissait tellement affecté par ce qu'il entendait qu'il me faisait de la peine. Cela n'allait pas être facile pour lui… Bella le rejoignit et s'assit sur le fauteuil à côté du sien. Il posa une main sur la jambe de sa femme et elle la saisit. Enfin, je regardai le dernier couple. Emmett, vêtu de neuf, occupait un fauteuil. Son regard rivé au mien, je pouvais presque entendre ses pensées. Lui aussi se demandait comment dire ce qui s'était passé sans blesser les autres. Rosalie, très droite, se tenait sur l'accoudoir de son fauteuil, enlaçant son mari. Elle le regardait avec une telle passion et un tel soulagement que je pus, en cet instant, saisir un soupçon de la force de leurs sentiments. A peine avais-je posé mes fesses sur un fauteuil que Carlisle prit la parole.

- Maintenant, nous vous écoutons.

Je regardai mon frère. Malgré les efforts de Jasper, je n'étais pas très à l'aise. Que dire ? Que taire ?

- C'est toi l'aîné, il me semble, fis-je, en m'adressant à Emmett. A toi l'honneur.

- Trop gentil, répliqua-t-il.

Après un bref silence, il commença son récit.

- Après la chasse, Rachel et moi nous sommes éloignés. Nous avons entendu un cri d'Esmée et sommes revenus. Des vampires l'avaient attaquée en notre absence et ils la tenaient…

A ce moment, il marqua une pause, me regardant une fois de plus.

- Aucune omission, exigea d'une voix glaciale Carlisle. Je veux tout savoir.

Coulant un regard vers lui, je ne pus que constater que la gentille figure paternelle avait disparue. Il n'était plus le père tendre et compréhensif. Tout en lui montrait sa colère froide. Pour un peu, j'aurai dit qu'il était animé par un fort désir de vengeance. Et là, je le vis pour la première fois d'une toute autre manière. C'était un vampire âgé, très puissant, ne désirant qu'une chose : faire payer ceux qui avaient osé s'attaquer à sa famille. Je me promis de ne jamais provoquer sciemment sa colère.

- Ils étaient sur le point de la tuer, fis-je, comprenant que mon frère aurait du mal à prononcer ces mots.

- Nous nous sommes lancés dans la bataille, poursuivit-il.

- Combien étaient-ils ? demanda alors Jasper.

- Neuf, répondit Emmett. Mais en fait, il y en avait un dixième qui était hors de vue. Nous avons constaté qu'ils cherchaient à se rapprocher d'Esmée. Ne pouvant la défendre correctement tout en combattant, nous lui avons dit de partir vous chercher. Nous en avons tué 4, au final. D'ailleurs, Rachel a fait un excellent usage de sa télékinésie, en les projetant au loin ou en les tuant à distance. Jusqu'à ce qu'elle ne puisse plus s'en servir.

- Pourquoi ? intervint Carlisle, l'air soucieux.

- L'un d'entre eux, Andrew, avait un don, celui d'affaiblir les vampires, leur appris-je. J'ai senti comme une chape de plomb s'abattre sur moi et je n'arrivais plus à rien.

- C'est comme ça qu'ils nous ont capturés. Guiseppe a attrapé Rachel et a menacé de l'étêter si je ne me rendais pas. Nous avons obtempéré. Ensuite, ils nous ont conduits à leurs voitures et ont roulé jusqu'au port. Là, nous sommes montés sur un bâteau. Nous sommes arrivés à une petite île où ils nous ont enfermé dans la cave d'une maison abandonnée. Andrew est resté constamment avec nous, neutralisant le don de Rachel. Nous ignorions ce qu'ils voulaient et ils nous ont laissé 4 jours sans rien faire. Nous avons essayé de discuter avec Andrew, mais il n'y avait rien à faire. Tout ce qu'il voulait, c'était contenter Guiseppe. Un vrai toutou. Ensuite, Guiseppe nous a demandé ton numéro de téléphone, fit mon frère en regardant Carlisle. Je le lui ai donné.

- Tu as bien fait. J'ai su comme ça qui vous retenait et, surtout, que vous n'aviez rien.

- Ils nous ont apporté des humains pour que nous mangions, révéla Emmett. Nous n'y avons pas touché. Alors…

Je me revis alors, tremblante dans les bras de mon frère, désirant m'abreuver au cou de ce jeune mortel. Il était hors de question qu'Emmett me dépeigne sous un meilleur jour.

- Emmett a résisté, intervins-je en fixant mon regard sur Carlisle. Moi pas. Je voulais cet humain. Je le désirais à un tel point… Sans Emmett qui m'a retenue et tué ce gamin, je n'aurai pas pu résister.

- Ce n'est pas grave, me rassura-t-il. Tu n'es pas sevrée. Même si tu l'avais pris, personne ne t'en aurait tenu rigueur.

- Nous savons tous à quel point c'est dur, renchérit Jasper.

- Toujours est-il qu'ils nous ont apporté des chiens pour étancher la soif qu'ils avaient fait naître, continua Emmett, s'adressant toujours à Carlisle. C'est à ce moment-là que Guiseppe nous a dit qui il était, votre passé commun, ce qu'il était advenu de sa femme et la haine qu'il avait contre toi depuis ce temps. C'est là qu'il a décidé de téléphoner une seconde fois.

C'était le moment que nous redoutions, celui où nous devions leur dire ce que Guiseppe pouvait faire.

- Il s'est d'abord servi de son don sur Rachel, pour que nous comprenions bien que nous n'avions pas le choix, que nous devions lui obéir, déclara courageusement Emmett.

- Son don ? Quel don ? Je ne me souviens pas qu'il en avait un, fit Carlisle, surpris.

- En fait, il fait l'inverse de Jasper. Il est capable de faire ressentir aux autres les émotions qu'il éprouve, avec toute la force et la douleur qu'il juge adéquat, déclarai-je doucement. J'ignorais jusque là que les sentiments pouvaient faire si mal.

Un silence lourd accompagna mes paroles. Les mains de Rosalie se crispèrent sur les épaules de son mari. Edward semblait stupéfait par les images qu'il lisait en nous. Je ne doutais absolument pas que ce qu'il voyait dans la tête d'Emmett était suffisamment explicite. Les mâchoires de Carlisle se crispèrent, pendant que les yeux d'Esmée furent noyés de chagrin. Seul Jasper paraissait comprendre parfaitement ce qu'il en était.

- Après ce coup de téléphone, ils m'ont ramené à la cave et sont sortis, continua mon frère. Rachel m'a alors dit qu'elle avait essayé d'intervenir, de venir à mon aide, mais le don d'Andrew n'était pas seulement psychique, il agissait aussi sur le physique. Il lui suffisait de nous toucher pour que nos forces nous abandonnent. Nous avons alors résolus de nous enfuir. Pour la première fois depuis notre capture, il n'y avait que deux vampires dans la maison, Andrew et un autre.

Pendant qu'Emmett relatait notre stratégie et notre combat, je revoyais ce que j'avais fait ensuite. Un seul regard à Edward me confirma qu'il était focalisé sur mes pensées. Les yeux écarquillés, il semblait à peine croire ce qu'il découvrait dans mon esprit. Lorsque mon frère en vint à dire qu'il était remonté cherché des allumettes, je l'interrompis.

- Un instant, grand frère.

Pas besoin d'être télépathe pour comprendre ce que ses yeux me disaient. Il avait passé sous silence mon emportement, et je ne le voulais pas.

- Emmett a oublié de vous dire ce que j'ai fait, dis-je, en prenant soin de ne regarder personne. J'étais dans une telle rage que… je me suis laissée allée à ma colère. Je me suis servie de mon don pour découper en tous petits morceaux Andrew. Je l'ai complètement hâché menu. Je l'aurai réduit en bouillie si Emmett n'avait pas crié pour me sortir de cet état.

Je gardai les yeux baissés, ne voulant pas voir si les visages de ceux qui étaient devenus ma famille exprimaient la réprobation que je croyais. J'eus la surprise de sentir une main sur mon genou. Esmée, se penchant vers moi, prit doucement la parole.

- C'était compréhensible. N'importe lequel d'entre nous aurait craqué pareillement, dans votre situation.

- Merci Esmée, fis-je, soulagée par ces tendres paroles.

- J'aurai fait pareil, m'assura Rosalie.

Bien que ne disant rien, je vis les autres membres de la famille hocher doucement la tête. Au même instant, une bouffée de bien-être m'envahit. Regardant Jasper, celui-ci m'adressa un clin d'œil. Cela faisait tellement de bien de se sentir soutenue. Je ne pus m'empêcher de repenser à Thomas et Carole. Ils m'avaient si bien répété de ne pas utiliser mon don que j'en été venue à penser que c'était mal de s'en servir. Ils auraient fortement désavoué mon geste, pas pour la cruauté dont j'avais fait preuve, mais uniquement à cause de la manière dont je l'avais fait. A présent, non seulement j'étais encouragée à me servir de ma télékinésie, mais je n'avais eu droit à aucun reproche. Décidément, les Cullen étaient des gens extraordinaires !

- Une fois les allumettes trouvées, je suis redescendu à la cave et ai mis le feu à ce qui restait d'Andrew et de Cédric, fit Emmett, tout en me regardant d'une façon étrange.

Forcément, je repensai à ce qui s'était réellement passé. Dans les moindres détails. Comment aurai-je pu faire autrement ? Je voulais bien ne pas mettre Emmett mal à l'aise de suite. Cela pouvait attendre un moment plus opportun. Celui où nous rigolerions le plus. Surtout celui où il s'y attendrait le moins. Ce que je n'avais pas prévu, en revanche, c'est qu'Edward, d'habitude si discret sur nos pensées, réagisse…

- Oh, Emmett ! soupira le jeune homme, levant les yeux au ciel. Même là, tu n'as pas pu éviter de gaffer.

Six regards convergèrent vers Edward, tous interrogatifs. Celui de mon frère, par contre, était rivé à moi, m'enjoignant de me taire.

- Je ne vois pas de quoi tu parles, fit-il, avec une parfaite mauvaise foi.

- Pas à moi, rétorqua Edward, en souriant. Vraiment, tu ne pouvais pas faire attention ?

- De quoi parlez-vous ? demanda Alice, sa curiosité ne demandant qu'à être satisfaite.

- Que s'est-il passé ? insista Rosalie, voulant savoir ce que son mari avait bien pu faire qui déclenche l'hilarité d'Edward.

- A toi de raconter, déclara ce dernier, en me regardant.

- Rachel, ma petite sœur adorée. Tu ne vas pas…

- leur dire ? terminai-je, à sa place, un grand sourire aux lèvres. Désolée frérot, mais c'est trop drôle.

- Je veux savoir, je veux savoir, chantonna Alice.

- Et bien, commençai-je au désespoir d'Emmett, après avoir massacré les trois premières allumettes, il a enfin réussi à se servir de la dernière qui nous restait. Cependant, il est resté là où il se trouvait. Et, bien entendu, son pantalon a pris feu.

- Emmett ! s'exclama Rosalie. Tu es resté près d'un feu !

- Ben oui, avoua-t-il, penaud. J'ai oublié de m'écarter.

- Tu as oublié ! reprit sa femme, incrédule. Mais enfin, comment peut-on oublier ça ?

- Pas ma faute, bougonna-t-il.

- Dès que j'ai vu que les flammes s'attaquaient à lui, je l'ai projeté en l'air et l'ai fait tournoyer aussi vite que je l'ai pu, ajoutai-je, en riant.

- Et je t'interdis de le refaire, m'avertit mon frère. J'ai cru que ma tête allait se décrocher…

Ses paroles furent noyées sous des rires. J'observais les visages qui m'entouraient. Alice était presque hilare, Jasper et Esmée souriaient, Edward et Bella riaient. Même Carlisle souriait aussi tout en secouant la tête. Cela faisait du bien de les voir ainsi. Même si cela tenait plus du rire nerveux qu'autre chose. Après tout ce qui était advenu ces derniers jours, nous avions besoin de relâcher toute la tension que nous avions accumulée. Comme quoi, les vampires aussi pouvaient avoir les nerfs qui lâchaient…

- Toujours est-il, reprit Emmett une fois que tout le monde se fut calmé, que nous nous sommes échappés et sommes partis à la nage. Après l'initiation de Rachel à la chasse sous-marine contre des lions de mer, nous sommes parvenus à une plage. Je pensais que vous y seriez, mais il semblerait que je n'ai pas été assez précis lorsque j'ai décidé de cet endroit. Cela a induit Alice en erreur. A moins qu'il y ait deux plages semblables, ce qui également possible. J'ai alors demandé à Rachel si elle connaissait la grotte que j'avais en tête et, après sa réponse positive, nous nous sommes concentrés dessus quelques instants et nous sommes mis en route.

Un long silence suivit ses paroles. Chacun réfléchissait à ce qui venait d'être dit.

- En tout cas, il me semble dangereux de rentrer comme si de rien n'était, déclara Jasper. Il est évident que ce Guiseppe n'en restera pas là. Je sais que tu n'aimes pas la violence, Carlisle, mais là, je ne vois pas d'autre solution.

- Je suis plus que disposé à faire une exception, annonça l'intéressé, d'une voix sourde. Il est hors de question que ce qui s'est passé se reproduise.

- Il faut alors les retrouver, ce qui ne va probablement pas être facile, intervint Edward.

- Ce n'est pas sûr, le contredit Emmett.

- Comment cela ? demanda Jasper.

- Nous nous sommes échappés il y a un peu plus de deux heures. A ce moment-là, ils partaient en chasse. Si cela se trouve, ils ne sont pas encore rentrés…

- Ce serait formidable, renchérit Jasper. Mais nous ne devons pas perdre un seul instant.

- Ils sont donc 4, et nous 9, fit Rosalie. Ce qui ne devrait pas nous poser trop de problèmes.

- Sauf peut-être pour Jasper, nuançai-je, hésitante, en le regardant.

- Pourquoi ? demanda-t-il.

- Tu ressens les émotions des autres, et lui projette les siennes, expliquai-je. Déjà que c'était plus que douloureux pour Emmett et moi, alors pour toi…

- Le sait-il ? voulut savoir Carlisle.

- Non, affirma mon frère. Nous ne lui avons rien dit sur vous, d'ailleurs il n'a rien demandé. Il ignore qu'Alice, Edward et Jas' ont un don. Le seul qu'il connaisse, c'est celui de Rachel. Je ne crois pas qu'il sache pour Bella. Il n'avait pas l'air d'avoir compris que Jane nous attaquait lors de notre rencontre avec les Volturi.

- Donc, il est probable qu'il va se concentrer sur toi, formula Rosalie, en m'observant.

- Je n'y avais pas pensé, admis-je.

- Dans ce cas, je veillerai à le contrecarrer, me proposa Jasper.

- Merci.

- Je m'occuperai de Guiseppe, revendiqua Carlisle. Il se concentrera sur moi. C'est moi qu'il veut faire souffrir. J'aurai certainement besoin de ton appui, Jasper.

- Pas de problème.

- Puisque que nous sommes nombreux, Jasper pourrait ne pas se battre tant que Guiseppe est vivant, proposa Edward. Comme cela, il le mettra en échec.

- C'est une bonne idée, approuva Emmett. Et comme ça, Bella pourrait prendre sa place…

- Emmett ! s'écria Edward. Tu n'y penses pas !

- Pourquoi pas ?

- Elle ne s'est jamais battu.

- Oui, mais elle s'est entraîné. Et puis, elle a encore sa force de nouveau-né, ce qui est un atout indiscutable. A moins qu'elle en puisse faire comme avec les Volturi.

- Je ne penses pas y parvenir, fit Bella, avec une petite moue. Maintenir un bouclier quand vous êtes immobile, c'est une chose. Mais alors que vous êtes en train de vous battre…

- Donc, c'est réglé, affirma Emmett.

- Bella, je ne veux pas que tu te battes. Tu n'as pas d'expérience et…

- Edward, l'interrompit-elle. Il est absolument hors de question que je reste à vous attendre ici pendant que vous allez tuer ces vampires.

- Mais…

- Il n'y a pas de « mais » qui tienne, mon amour. Je ne suis plus une humaine fragile. Au contraire, je suis la plus forte de vous tous, pour l'instant du moins. Cesse de vouloir me protéger.

- Ouh… Bella qui sort les griffes…intervint Emmett en souriant. J'en tremble…

- Toi, fais gaffe, le prévint-elle. Je te signale que je te bats toujours au bras de fer.

- Mais, je suis de ton côté, Bella ! Je suis en train de te soutenir, si tu ne l'avais pas compris.

- Edward, Bella a raison, dit calmement Carlisle. Et puis, ils ne sont que 4. Même si jasper ne se bat pas, nous sommes encore 8. C'est du 2 contre 1.

- Voilà ce que je propose, dit Jasper. Je me concentrerai sur Guiseppe, afin d'essayer de l'amoindrir. Carlisle et Emmett s'occuperont de lui. Il en reste 3 un pour Alice et Esmée, un pour Rosalie et Rachel, le dernier pour Edward et Bella.

- Dans ce cas, Alice et moi nous chargeons d'Alex, annonçai-je. J'ai un petit compte à lui régler.

- Pour ce qu'il a dit ? demanda Emmett.

- Il va voir ce qu' « un lapin effrayé » peut faire quand il est en colère.

- « un lapin effrayé » ? reprit Alice.

- Lorsqu'Emmett me retenait pour que je ne tue pas l'humain, je tremblai. Alex m'a insulté avec ces mots.

- Puisque tout est réglé, allons-y, fit Carlisle, en se levant.

Dans un bel ensemble, nous l'imitâmes. Sauf Alice et Edward. La jeune fille, les yeux écarquillés, fixait le vide, en proie à une vision. Quant à Edward, il se concentrait sur ce qu'elle voyait.

- Alice, dis-nous ce que tu voies, la pria Carlisle, d'une voix douce.

- Une île… une maison décrépie… 4 vampires… on sort de l'eau…tu parles avec Guiseppe… nous nous battons…nous repartons…

- Autrement dit, nous allons gagner, crut bon d'ajouter Emmett. Alice, tu nous enlèves le plaisir, tu sais.

- Au moins, nous savons que nous n'aurons pas à les chercher, renchérit Jasper.

Nous attendîmes Carlisle dehors pendant qu'il réglait la note des suites. Ensuite, nous arrêtâmes des taxis et gagnâmes les abords de la ville. En courrant, nous nous dirigeâmes vers le port. Après nous être assurés qu'aucun humain ne se trouvait là, nous plongeâmes. Emmett prit alors la tête de notre groupe, montrant le chemin.

L'excitation de la chasse s'empara de moi. Je retrouvais ce que j'avais connu avec Thomas et carole : traquer des vampires qui veulent nous éliminer et leur faire mordre la poussière. La vie violente de nomade qui avait été la mienne avait fait de moi une bonne combattante. Et là, nous allions nous battre non pour quelques humains, mais pour nous assurer un avenir tranquille. Ce qui était autrement motivant. N'empêche, Emmett avait raison. Connaître déjà l'issue du combat enlevait du piment. Quoique… Les visions d'Alice dépendaient de nos convictions. Cela ne voulait pas dire que cela allait se passer exactement comme elle l'avait dit. Je ne doutais absolument pas de notre réussite, mais il pouvait y avoir quelques contretemps. Nous ne savions rien des 3 acolytes de Guiseppe. Si cela se trouvait, ils allaient nous donner un peu plus de fil à retordre que ce que nous croyions.

Rapidement, nous atteignîmes les abords de la petite île.