Bonsoir à tous et à toutes,
Je sais, ce chapitre est court, très court. Cependant, je ne voyais pas comment le rallonger sans « étaler la confiture sur la tartine »… Alors, je préfère vous le mettre tel quel.
De plus, c'est le dernier. En tout cas pour l'instant. Il n'est pas à exclure que je reprenne cette histoire ultérieurement, vu qu'il reste des choses à exploiter.
Toutefois, je dois avouer que mon esprit est « parasité » par une autre histoire qui me trotte dans la tête. Une petite fanfic sur Rosalie. Et le seul moyen de me la sortir de la tête, c'est de l'écrire. Alors, je vais m'atteler à celle sur Rosalie (elle s'appellera « Rosalie, Une nouvelle vie »), et je verrai ensuite si je reprends celle de Rachel.
Merci à tous pour votre fidélité et vos messages.
Bonne lecture.
Chapitre 16
Avec un bel ensemble, nous sortîmes de l'eau. Nous étions trempés, mais cela certes pas nous gêner. Il neigerait en Enfer le jour où un vampire attraperait une pneumonie ! Nos visages n'exprimaient que la ferme résolution qui nous animait. Nous devions en finir avec ce clan. Même Carlisle était d'accord là-dessus. Ce qui ne cessait de m'étonner. Dire qu'il avait d'un calme et d'une tempérance proprement incroyable…
Spontanément, nous nous étions placés selon les équipes formées par Jasper. Je ne pus m'empêcher de constater qu'elles étaient équilibrées. Jasper se tenait près de carlisle, décidé à tenir Guiseppe en échec. Emmett, avec sa force et son aptitude à foncer droit devant lui, saurait réagir si des scrupules envahissaient Carlisle à la dernière minute. L'agilité d'Alice et sa capacité à voir le futur contrebalançaient le manque de pratique combative d'Esmée. Edward se donnerait à fond, ne serait-ce que pour éviter que Bella n'ait à tuer. Quant à moi… et bien, j'avais l'expérience des combats, ce qui n'était pas le cas de Rosalie. Je savais qu'avec mon don, je pouvais aisément démembrer Alex sans le toucher, mais je ne le voulais pas. Je n'aimais pas cette facilité. J'avais envie d'un corps à corps, tel que j'en avis connu autrefois. Surtout contre ce petit arrogant prétentieux…
Sans la moindre hésitation, Emmett et moi conduisîmes notre famille vers la cabane. Alice avait vu que nous intercepterions nos ravisseurs, mais encore fallait-il que nous agissions correctement. Pas question qu'ils nous échappent ! Heureusement, tout se déroula comme réglé sur du papier à musique. Nous arrivâmes aux abords de la maison délabrée juste au moment où Guiseppe et les siens en sortaient.
L'Italien s'arrêta, interdit. Je souris, songeant qu'il venait de découvrir les restes encore fumants de son cher Andrew. Dire qu'il pensait que son protégé suffirait à nous retenir, en dépit de toutes nos tentatives… A côté de lui, un clair de panique remplaça l'arrogance dans les yeux d'Alex, ce qui augmenta ma satisfaction. Les deux autres s'efforçaient de cacher leur peur devant un air impassible. Mais nous n'étions pas dupes !
- Bonjour Guiseppe, fit Carlisle, froidement.
- Carlisle ! Ma che sorpesa !, s'exclama l'Italien, reprenant sa langue maternelle.
(Mais quelle surprise).
- Perché ? Mi cerchavi, no ?, déclara Carlisle, entrant dans son jeu.
(Pourquoi ? Tu me cherchais, non ?)
- Non pensavo ti incontrare cosi.
(Je ne pensais pas te rencontrer ainsi).
- Abbiamo cosé da risolvere, a quanto pare.
(Nous avons des choses à régler, me semble-t-il).
- In effeti. A causa di le tue idee assurde, Lucinda è morta, l'accusa une fois de plus Guiseppe.
(En effet. A cause de tes idées absurdes, Lucinda est morte).
- Sono desolato per tu. Ma non era colpa mia.
(Je suis désolé pour toi. Mais ce n'était pas ma faute).
- Se soltanto non avevi detto… Se non eri venuto…
(Si seulement tu n'avais rien dit… si tu n'étais pas venu…)
- Hai intrattenuto il tuo rancore per tutti quelli anni.
(Tu as entretenu ta rancune pendant toutes ces années.)
- Era talmente facile.
(C'était tellement facile)
- Hai sela preso con la mia famiglia, déclara Carlisle, la voix dure.
(Tu t'en es pris ma famille)
- Appena un pochino…, minauda Guiseppe. Ho li tratto bene.
(Juste un peu… Je les ai bien traités…)
- Scusi ?
(Pardon ?)
- Sapere che soffriri mi procuraro talmete del bene…
(Savoir que tu souffres me procure tellement de bien…)
- Sai ciò andrà svolgersi.
(Tu sais ce qui va se passer).
-Andiamo concludere la nostra storia, fit Guiseppe, apparemment très calme.
(Nous allons conclure notre histoire)
Etrangement, j'eus l'impression que l'Italien voyait cela comme une délivrance. A moins qu'il ne mijotait quelque chose. Croyait-il que son don allait lui permettre de remporter la victoire ? Dans ce cas, il allait bien vite déchanter…
- Rachel ! s'écria soudain Edward.
A peine eut-il crié que je sentis une douleur poindre en moi. Guiseppe utilisait son don ! Cependant, je ne ressenti pas la souffrance à laquelle je m'attendais. Au lieu de cela, je me sentais plutôt bien. Jasper entrait en jeu ! Regardant Guiseppe, je vis son sourire s'effacer progressivement.
- Ca va, rassurai-je les Cullen, en évitant de regarder Jasper.
Inutile d'attirer sur lui l'attention de l'Italien.
- Tu viens de t'en prendre aux miens pour la dernière fois, fit Carlisle.
Aussitôt, nous lançâmes notre attaque. Carlisle et Emmett se précipitèrent vers Guiseppe, immédiatement suivis par Jasper. Edward et Bella s'élancèrent vers un vampire dont j'ignorais le nom. Accompagnée de Rosalie, je m'avançais vers Alex. Du coin de l'œil, je vis Alice et Esmée s'approcher du dernier vampire.
- Comme on se retrouve, déclara Alex, ne perdant pas son arrogance.
- Je t'ai manqué ?
- Je t'avais rapporté un lapin, ironisa-t-il.
- Trop gentil. Vraiment, il fallait pas.
- Vous devez être bien faible pour avoir besoin d'être à deux contre un.
- Rosalie, tu veux bien rester en arrière, s'il te plaît ?
- Tu es certaine ? demanda cette dernière.
- Je suis mieux armée que toi pour moucher ce vaniteux, lui assurai-je.
Après une légère hésitation, la belle blonde fit un pas en arrière. Ainsi, j'avais Alex pour moi seule. Refusant de faire appel à mon don, je m'élançais. Il sauta, m'agrippa au col et, d'un coup de rein, me renversa sous lui. Nous nous écrasâmes au sol. Mais j'avais eu le temps de redresser un de mes pieds et m'en servis afin de repousser mon assaillant. Mais je n'étais pas la seule à savoir me battre. Alex aussi était un nomade et, par conséquent, avait déjà dû se battre. Il revint à l'assaut et, bien campée sur mes jambes, je l'attendis. Il arma son bras afin de me lancer son poing dans le visage quand je me baissai et, passant sous sa garde, lui envoyai mes deux poings dans l'estomac. Plié en deux par le choc, il recula de deux pas. C'était une ouverture suffisante ! Vivement, je me redressai et me projetai contre lui. Il n'eut pas le temps de se protéger. Nous roulâmes par terre, dans un joyeux méli-mélo de bras et de jambes, tout en grognant. Sentant qu'il m'agrippait le bras, je le mordis violemment. Je ne raffolais pas du goût du vampire, mais je savais que mon venin allait le démanger. D'ailleurs, cela suffit à détourner son attention un dixième de seconde. Bien que me trouvant à présent sous lui, je pus m'agripper à son cou et, bandant mes muscles, je lui dévissai la tête. Son corps étêté retomba sur moi, les mains encore agitées de convulsions.
Le temps que je mis pour me relever, Rosalie se tenait à côté de moi. Regardant autour de nous, nous vîmes que tous les combats avaient cessé. Le clan de Guiseppe était anéanti. Ensemble, Rosalie et moi entreprîmes de démembrer Alex. Puis, tenant chacune plusieurs morceaux, nous rejoignîmes le reste de la famille. Nous descendîmes les restes de nos adversaires dans la cave. Il valait mieux les brûler à un endroit où la fumée ne risquait pas d'attirer des humains. Carlisle sortit de sa poche un briquet, soigneusement placé dans un sachet plastique fermé hermétiquement. Il fit jaillir la flamme et jeta négligemment le briquet sur le tas vampirique. Alors, nous remontâmes tous ensemble à l'air libre.
Nous ne nous éloignâmes pas beaucoup. Nous ne repartîmes pas tout de suite, conscients que nous devions rester afin de nous assurer que nos adversaires soient bien réduits en cendres. Personne ne parlait. Esmée, dans les bras de son mari, lui parlait à voix basse. Carlisle avait l'air triste. Je savais qu'il lui répugnait de tuer, que ce soit des humains ou des vampires. Lui qui privilégiait toujours le dialogue avait été contraint de livrer une bataille. Rosalie, blottie dans les bras puissant d'Emmett, s'assurait qu'il n'était pas blessé. Comme si le mince Guiseppe avait pu porter un coup à la montagne de muscles qu'était mon frère ! Alice, Jasper, Edward et Bella se trouvaient à côté de moi et discutaient. Mais je ne prêtais qu'une oreille distraite à leurs propos. Perdue dans mes pensées, je me souvenais d'autres combats, d'autres rencontres et réfléchissais intensément à ma vie passée. Avais-je moi aussi mis en fureur un autre vampire ? J'eus beau me repasser le fil de ma vie en mode accéléré, je n'en trouvais pas. Je poussais un soupir de soulagement. Rien de ce qui appartenait à mon passé ne pouvait venir perturber la vie des Cullen. Ma vie.
Tournant les talons, je pénétrai dans la maison, tout en veillant à retenir ma respiration. La lourde fumée s'élevait de la cave. Je n'eus besoin de descendre que la moitié de l'escalier. Devant moi, il ne restait qu'un petit tas fumant. Heureusement que les vampires brûlaient vite ! Nous allions pouvoir repartir au plus vite.
Dès que je ressortis de la maison, j'en informais Carlisle et nous plongeâmes une nouvelle fois. Je m'aperçus que nous suivions le même trajet que celui qu'Emmett et moi avions pris lors de notre évasion. Une fois parvenus à la petite crique, nous nous enfonçâmes dans les bois en courant. Nous allions tellement vite que, si des humains s'étaient trouvés dans les parages, ils auraient cru voir des ombres passer entre les arbres et disparaître. Nous étions tous impatients de rentrer. La chance nous sourit lorsque nous parvînmes à l'orée des bois, la nuit venait de tomber. Sans nous arrêter, nous poursuivîmes notre route. Infatigables, les kilomètres défilèrent rapidement sous nos pieds. Courir nous était tellement naturel que nous n'avions même pas besoin de réfléchir pour sauter par-dessus des buissons, des fossés ou des cours d'eau. Enfin, pour la plupart d'entre nous… Il semblait qu'Emmett soit du style « je vais tout droit et tant pis pour els obstacles ». S'il consentait à bondir au-dessus des fossés et autres choses du même acabit, il n'en était pas de même pour les cours d'eau. Il courait droit devant lui, faisant jaillir de formidables gerbes d'eau sur son passage, au grand dam de Rosalie. J'avais vite compris que, si je ne voulais pas être trempée, j'avais tout intérêt à franchir les cours d'eau avant ou après mon frère, mais surtout pas en même temps ! Je vis Bella sortir de la poche intérieur de sa veste son téléphone portable, qu'elle avait soigneusement mis dans une pochette plastique. Je l'entendis appeler Jacob et lui demander de rentrer avec Nessie. Un sourire germa sur mes lèvres. La vie « normale » reprenait son cours. D'ailleurs, nous arrivâmes chez nous alors que la nuit finissait. Quelques mots plus tard, et Edward et Bella poursuivaient leur route jusque chez eux, pressés de revoir leur fille.
Nous regagnâmes tous nos chambres respectives afin de nous changer. Il me fallut moins de 5 minutes pour prendre une douche, me peigner, et m'habiller. Et pour découvrir le désavantage d'avoir Rosalie et Emmett comme voisins de chambre. Des bruits suspects me parvinrent qui m'incitèrent à ne pas m'attarder à l'étage. J'arrivai en bas de l'escalier au moment où Carlisle quittait la maison. Fronçant les sourcils, je m'approchai d'Esmée.
- Est-il fâché ? lui demandai-je, quelque peu anxieuse.
- Non, absolument pas, répondit-elle, en posant sur moi un regard doux et calme. Il s'en veut de ce qui s'est passé. Il a besoin de se changer les idées.
- Il est parti chasser ? Seul ?
- Non, il est allé à son travail. Passer la journée à l'hôpital va lui faire du bien.
- Moi aussi, je vais sortir, lui annonçai-je.
- Seule ?
- Sauf si tu veux m'accompagner… L'étage étant sur le point de devenir une maison close, je n'ai pas tellement envi d'entendre ça…
- Je te comprends. Allons-y. Laissons nos amoureux s'exprimer librement...
En riant, nous sortîmes de la maison. N'ayant aucune envie d'aller en ville, nous nous enfonçâmes dans la forêt. Nous marchions tranquillement, rien ne nous pressait. Nous en profitions pour discuter de choses et d'autres. Lorsque je me trouvais avec cette femme extraordinaire, je ne pouvais m'empêcher de me sentir comme une petite fille. Spontanément, je lui racontais comment s'était déroulée ma transformation. Lorsqu'elle me confia son histoire, j'aurai voulu pouvoir pleurer. Son passé d'humaine était tellement triste… Heureusement, sa nouvelle vie lui convenait, lui offrant ce qu'elle n'avait jamais eu avant. En plaisantant, elle me fit remarquer que j'avais des devoirs en retard. Décidément, elle avait réellement le comportement d'une vraie mère poule. Elle prenait le premier prétexte venu pour bien montrer que notre vie de famille continuait, pou faire comme si Guiseppe n'était pas venu nous interrompre. Je me sentais prête à être heureuse. Et surtout, je me sentais à ma place, pour la première fois depuis ma transformation. Pour un peu, je serai presque impatiente de me remettre à mes devoirs…
Une seule chose obscurcissait mes pensées : la formidable envie de sang humain qui m'avait saisie lorsqu'Alex nous avait apporté à manger. Je ne pensais pas que j'éprouverai à nouveau cette soif si dévorante. Pas après toutes ces années… Mais là, j'avais eu l'impression d'être comme un nouveau-né. Sans Emmett, j'aurai… Je devais absolument renforcer ma volonté. Mon frère ne serait pas toujours là pour m'empêcher de succomber. Des mois, voire des années avant de pouvoir acquérir une maîtrise acceptable…Cela me semblait bien long. Mais un seul regard à Esmée suffit à raffermir ma décision : cela en valait la peine.
FIN
