Arthur et Francis cheminèrent par monts et par vaux, par prairies et forêts, par fleuves et déserts, afin de trouver des compagnons de quête.
Cependant, le jeune Arthur, trouvant l'Epée lourde et la compagnie de Francis éprouvante, manifesta son impatience.
« C'est encore loin ? T'es sûr que c'est par là ? On est pas déjà passés par ici ? Je m'emmerde. J'en ai marre.
- Non, non. Mais oui ! Euh non... Ah. Ah bon.
- Oh mais tu me diras où est-ce qu'on va, à la fin ?
Avant même que Francis ne réponde, une voix claire accompagnée par les cordes d'un luth se fit entendre. Les deux garçons tendirent l'oreille.
Dans les montagnes d'Andaaaloussssiiie,
Les de-e-emoiselles sont éphémèèèrrres.
Dans les plaines d'Amaaazooniiie,
Elles préfèrent voir leur grand-mèèèrrre.
Lalalalaaaa !
Lalalalaaa !
Olé, olé !
Lalalalaaa !
Olé, Olé !
Lalalalaaa, lalaaaa !
Fusosososo !
Olé !
Fusosososo !
Olé !
Fusosososo, fusososo-so !
- Mais... mais c'est de la-
- Oh ! Quelle jolie chansonnette ! s'extasia Francis, les mains jointes.
- T'as des goûts pourris. » Grimaça Arthur.
Ils s'avancèrent et aperçurent le chanteur au luth : un garçon brun assis dans l'herbe presque aussi vieux que Francis, puis un gamin très jeune qui applaudissait et couvrait le musicien génial de louanges, et un autre gamin qui ressemblait à l'autre en apparence mais qui lui, braillait des injures et lançait des tomates au musicien raté.
« Bravo Antonio ! Bravo ! Veee ~ Encore ! Encore ! exaltait le plus jeune gamin.
- Bastardo ! C'était nul ! Bouuuuhh ! Bouuuuhh ! huait l'autre gamin en tirant la langue.
- Ahh ! Merci, Veneziano ! répondit le grand garçon brun au plus jeune en ignorant l'autre. Malheureusement, je n'ai plus de churros à te donner, niño, car tu as déjà tout mangé. Il lui confia non sans un sourire plein d'énergie. Mais là où nous allons, il y aura plein de choses bonnes à manger ! ajouta-t-il avec un air triomphant après s'être mis debout.
- Siii ! trépigna le petit Veneziano de sa voix aigüe. Yay ! Yay ! Grazie mille !
- L'écoute pas, Veneziano, ronchonna l'autre petit, ce crétin d'Ibérie dit n'importe quoi. Ce sera dégueulasse comme d'habitude. Pourquoi on est partis de la maison ?
- Romano ! pleura Veneziano.
- Romano, niño ! Antonio s'accroupit pour se mettre à la hauteur du petit Romano. Ne fais pas pleurer ton petit frère, d'accord ? Si nous sommes partis, c'est pour partir à l'aventure ! Voir le monde ! Cela ne t'a donc jamais tenté ?
- Euh... bredouilla Romano d'un air méfiant.
- Nous allons aller dans une taverne !
- Ouais ! Vee~ renchérit Veneziano.
- Euuuh... bredouilla de nouveau Romano d'un air encore plus méfiant.
- C'est un endroit où on mange des bonnes choses, boit des bonnes choses et discute avec de bonnes personnes !
Antonio s'approcha tout près de l'oreille de Romano.
- Et puis il y aura quelque chose que tu aimes beaucoup : les tavernes là-bas sont pleines de jolies filles ! Chicas guapas, ou belle ragazze, comme tu dis.
Le petit Romano rougit violemment à ces paroles.
- Mais... mais... Je suis trop jeune pour tout ça ! s'écria-t-il. J'ai l'air d'un gosse de six ans ! Tu racontes que des bêtises !
Et il commença à rouer de coups Antonio avec ses tout petits poings.
- Hééé ! Oula ! Oula ! Doucement ! Hahaha ! fit Antonio qui ne pouvait s'empêcher de rire.
- Arrêtez ! Romano ! Fratello ! Antonio ! Aaahhh ! pleura Veneziano de plus belle.
- Te fais pas de bile pour lui, Veneziano. Francis émergea de sa cachette et s'avança vers le tout petit. Antoine n'a pas mal.
- F-Francesco ! Grande fratello ! Les pleurs de Veneziano s'arrêtèrent aussitôt lorsque le grand garçon blond vint le serrer dans ses bras. Va bene ! Bene ! Hela Hela~~
Arthur quitta sa cachette à son tour.
- Goddamn! Vous êtes bruyants ! Fit-t-il. On vous entend à douze lieues à la ronde.
- Francisco ! Arturo ! Amigos !
Antonio se leva et vint enlacer les deux garçons en même temps.
- Ah ! Ca fait plaisir de vous voir là !
- Aïe, tu m'écrases.
Antonio s'écarta et leur donna de grandes tapes viriles sur leurs épaules.
- Oh mais c'est que notre Arturito a grandi ! Quel homme ! Regardez-moi ça ! Si tu continues à manger de la soupe tu finiras bien par dépasser Francisco. Enfin... Il eut un sourire plein de malice et un clin d'œil à Francis. T'as quand même de la marge...
- La ferme ! Je suis pas petit !
- Et toi Francisco ! Oh mais déjà du poil au menton !
- Héhé ! T'as vu ça ? Francis se passa la main dans les cheveux.
- LA-Classe, hombre !
- Et puis t'as pas tout vu !
- Hoho !
- Non, attends, Francis. Pas devant les p'tits.
- Hein ? Ah oui c'est vrai...
- Rhabilles-toi...
- Au fait si tu veux de l'aventure, on a une méga proposition pour toi. Dit Francis en remettant sa tunique.
- C'est vrai ?
- Ah non-non-non! Protesta Arthur. Tu vas pas l'engager, quand même !
- Pourquoi pas, mon ami ?
- Je ne suis pas-
- C'est quoi ta proposition ? le coupa Antonio.
- Un truc de ouf, mon brave : le Graal !
- Wahh...
- C'est pas vrai... Dîtes moi que ce n'est pas vrai... Pas eux ! se désola Arthur, la tête entre les mains.
- Hé, niños ! On va chercher le Graal, vous venez, si !
- Non, non, non, les p'tits, ne dîtes pas oui, c'est dangereux, on peut pas vous prendre, vous comprenez ? balbutia Arthur à toute vitesse en secouant Veneziano puis Romano par les épaules.
- Siiii ! brailla joyeusement le petit Veneziano tout content. Je veux y aller avec Antonio et grand frère Francis ! Vee~
- Et toi, Romano ! cria Arthur, désespéré. Tu es raisonnable, intelligent, pas comme ton frère, pas comme ces deux abrutis ! Ne pars pas avec nous et retourne chez toi manger tes pâtes !
- Ohé ! Bastardo ! Arrête de me secouer comme un prunier et de me crier dessus comme si j'étais sourd ! Ne me donne pas d'ordres ! Tiens, pour la peine, je dirai oui ! Et toc ! brailla Romano en tirant la langue à Arthur qui alla immédiatement se frapper le front de désespoir contre l'épaule de Francis.
- Francis, tu es un crétin... Pourquoi ? Pourquoi ?
- Fort bien ! déclara Francis d'un air entièrement satisfait en ignorant l'autre. Reprenons la route mes amis ! Il nous faut encore finir de constituer notre équipe !
- Tu vas enfin me dire où est-ce que tu comptes aller pour ça ? demanda Arthur qui tentait de se remettre de ses émotions.
- Dans le meilleur point de rencontre d'aventuriers qui se respectent ! J'ai nommé une taverne, bien sûr !
- Ouais !
- Yeaah !
- Bah au moins il y aura ce qu'il faut pour oublier ces clowns un moment... Se consola Arthur. Mais en attendant il ne faut surtout pas que-
- Allez ! Antonio ! Une chanson ! Une chanson pour notre quête !
- Et merde...
- C'est partiiii ! Olé ! Olé !
- Bastardo ! Tu vas arrêter, oui ?
- Pitié... implora Arthur.
Fusosososoooo !
Les fleurs sentent si bon dans la forêêêt !
Mais aller les cueillir je n'oserai pas !
La, lala, la, la !
La, lalala, la !
Je m'en irai loin dans les prééés
Car dans la forêt y'a pas de paëllaaa !
Olé !
Fussososososososo !
Fusososo !
...
NDLA : Mouhaha ! Elles sont nulles, les chansonnettes !
Ne vous inquiétez pas, c'est fait exprès ! XD
