Il était aveugle…

Watanuki se promenait dans le corridor à la recherche de son amie quand il entendit une voix rire. Aussitôt fut enclenché le mode « petit cœur et petites pirouettes », car il avait reconnu la voix d'Himawari.

-Et tu compte faire ça longtemps ? demanda une autre voix.

-Aussi longtemps que je le pourrai ! répondit celle d'Himawari.

-Ce n'est pas un peu cruel ?

-Ce serait cruel s'il s'en rendait compte, mais ce n'est pas le cas.

-Comment veux tu qu'il s'en rende compte quand tu es toujours tout sourire et toute innocente avec lui ?

-Il devrait, au nombre de fois où je refuse de l'accompagner quelque part ! Ce n'est pas pour rien que j'essaie le plus souvent que Doméki soit avec nous !

-Mais lui, il a remarquer, non ?

-Oui, mais il ne dira rien… Il s'en voudrait de briser ses espoirs, et de toute façon, Watanuki ne l'écoute jamais !

-Tout ça pour des bentos et de l'adoration… Et Nitaho, il en pense quoi ?

-Mon chéri s'en moque un peu, tu sais… Il sait que ce n'est qu'un jeu…

S'en était trop pour Watanuki. Lui qui pensait qu'Himawari était une bonne fille, il se rendait compte qu'elle le manipulait depuis le début ! Et Doméki qui savait tout ça, mais ne lui avait rien dit… Non, il ne pouvait pas en vouloir à l'archer. Himawari avait raison sur ce coup-là, il n'écoutait jamais Doméki.

Le médium s'éloigna, laissant les deux jeunes filles continuer a se moquer de lui. Alors qu'il descendait les escaliers, des larmes se mirent à couler sur ses joues.


Domeki attendait en file pour tirer sa flèche, lorsqu'il porta une main à son œil droit. Lorsqu'il la retira, son œil droit lui montrait des escaliers qui descendaient, la vision brouillée par un rideau d'eau. Ce ne fut que lorsque la vision s'estompa qu'il compris que Watanuki pleurait. Sans plus attendre, il sortit de la salle de pratique, à la recherche du médium. Il reconnaissait l'escalier, c'était celui qui menait à côté des toilettes du premier étage. Il n'avait qu'à aller boire de l'eau, il tomberait ainsi sur l'employé de Yûko sans avoir l'air de lui courir après…
En bas des escaliers, Watanuki, aveuglé par ses larmes, rata la dernière marche. Il était convaincu de se casser la gueule lorsqu'un bras le rattrapa. Il releva la tête, a moitié agenouillé par terre, pour voir Doméki au dessus de lui, tenant toujours son coude.

-Oï. Qu'est-ce qui se passe encore ?

Watanuki cligna des yeux, puis des larmes recommencèrent à tomber. Il s'effondra au sol, les mains sur son visage pour le cacher. Doméki s'accroupi au sol et déposa une main sur l'épaule de son ami.

-Qu'est-ce qui se passe ?

-Hi…Hima…

-Il est arrivé quelque chose à Himawari ?

Watanuki secoua la tête et ils restèrent un moment en silence.

-…Tu a appris la vérité ?

Voyant que le médium ne répondait pas, Doméki en conclut qu'il avait raison.

-J'ai essayé de te le dire… Yûko aussi…

-Yûko savait ?

-Oui… Mais te le dire réellement aurait été trop dur pour toi, alors on a glissé des allusions…

-Tordues, dans ton cas, et perverses dans celles de Yûko.

-Désolé. Je connais Himawari depuis longtemps et je sais que…

Doméki s'arrêta en voyant les larmes revenir dans les yeux de son homologue. Il l'aida à se relever, puis il l'entraîna vers la salle de pratique, avant de lui désigner un banc.

-Attends-moi là.

Puis il entra dans le vestiaire pour se changer, avant de retourner à la salle chercher son matériel. Le responsable du club s'approcha.

-Eh ! Qu'est-ce que tu fais ?

-Je dois retourner chez moi.

-Y'a un problème ?

Doméki fit un signe vers la porte, et le responsable se pencha pour voir Watanuki sur le banc, le corps traversé de sanglots silencieux.

-Ton petit frère ?

-Meilleur ami.

-Il n'a pas l'air d'aller très bien…

-Justement.

Le responsable sourit et déposa une main sur l'épaule de Doméki.

-T'es vraiment quelqu'un de bien, Shizuka,

Doméki fit un signe de tête, avant de sortir. Watanuki, le voyant arriver, tenta d'essuyer ses larmes.

-Doméki…

-Aller, dégrouille, j'ai pas que ça à faire, t'attendre !

Le responsable fronça les sourcils. Son meilleur ami l'appelait par son nom de famille ? Et Shizuka était si bête avec lui alors qu'il allait si mal ? Il y avait définitivement anguille sous roche…


Watanuki ne savait plus trop comment il était arrivé là, mais il y était. La chambre de Doméki était simple, mais accueillante. Assit par terre, Watanuki se sentit aussitôt à l'aise. Il remarqua un cadre avec la photo d'un jeune couple, la femme montrant un ventre rond. La porte s'ouvrit sur Doméki, qui arrivait avec un plateau contenant une théière et des tasses.

-Tiens… C'est tout ce que je sais faire, alors tu a de la chance…

Doméki lui servit une tasse, et Watanuki prit de petites gorgées. Puis, son regard se porta à nouveau sur le portrait, et il s'entendit demander :

-C'est qui ?

Doméki resta silencieux un instant.

-Mes parents. Mon père est mort quelques mois avant ma naissance, et ma mère est décédée lors de l'accouchement. C'est mon grand-père qui m'a élevé.

Watanuki ressentit un élan de sympathie pour son camarade. Lui au moins avait connu ses parents…

-Elle était jolie… Et tu ressemble beaucoup à ton père.

-C'est ce qu'on dit… fit Doméki avec un sourire.

-Pourquoi…

-Mmm ?

-Pourquoi Himawari a t'elle fait ça ?

Doméki déposa sa tasse et croisa les doigts, s'appuyant sur ses mains, pensifs.

-Elle a toujours voulu avoir de l'attention et de l'adoration. Comme son petit ami ne vient pas à l'école, il lui fallait trouver quelqu'un d'autre pour l'aduler, tu vois ?

-Mmmm… J'ai été idiot…

-Tu étais amoureux. Tu n'y pouvais rien.

-Qu'est-ce que tu en sais, Monsieur « Je suis désolé mais je ne partage pas tes sentiments » ?

Domeki eut un sourire moqueur.

-Parce que je rejette toutes les filles qui me tournent autour, tu en déduis que je ne sais pas ce que c'est d'être amoureux ?

-C'est pas le cas ?

-Non.

-Mais alors…

-La personne n'est jamais venue.

-Oh… Elle doit être trop timide et avoir peur d'être rejetée. Laisses-lui le temps.

-Non… Elle aime quelqu'un d'autre.

-Oh… C'est triste. On est plus ou moins dans le même bateau, alors…

Domeki ne répondit pas, mais reprit sa tasse, retenant des paroles qu'il ne pouvait pas dire. Pas tout a fait… Himawari le savait et s'en amusait… Toi, tu ignore, et en serait horrifié…

Watanuki termina sa tasse, puis regarda Doméki.

-Ça te dirait d'aller manger des gâteaux ?

Doméki haussa les épaules.

-Pourquoi pas ?

-Mon père disait toujours que pour consoler un cœur en peine, il n'y avait rien de mieux qu'un gâteau au chocolat… Et je crois bien qu'on en a besoin tous les deux !

Ils mirent leurs chaussures, puis quittèrent le temple. Une fois au centre-ville, Watanuki entra dans une pâtisserie, et en ressorti quelques minutes plus tard avec un sac en papier, et deux gobelets de chocolat chaud. Ils marchèrent jusqu'à un parc, et une fois assit sur un banc, Watanuki sortit l'immense pièce de chocolat.

-C'est un gâteau, ça ? demanda Doméki.

-Gâteau au chocolat avec pépites de chocolat et coulis de chocolat…

-Tu veux m'engraisser pour me manger ?

Au lieu de le traiter d'idiot et de crétin comme à son habitude, Watanuki se contenta de rire.

-Si tu n'en veux pas, je mange tout !

-A moins que tu préfère être engraissé pour…

-Idiot !

Il y avait quand même des limites.


-Watanuki ! Eh ! Watanuki !

Il se retourna avec un sourire.

-Salut, Himawari !

-On va déjeuner ?

-Oh, désolé, mais je ne peux pas…

-Ah bon ? Tu a quelque chose de prévu ?

-Ouais, je dois aller rejoindre Doméki au terrain de sport pour lui remettre son bento durant sa pause.

-Je peux venir te tenir compagnie, le temps qu'il sera sur le terrain. Ce serait triste que tu sois seul dans les gradins !

-Non, ça ira.

Et il s'éloigna avec l'énorme sac des bentos. Himawari haussa les sourcils, se demandant ce qui se passait.


-Oï !

-J'ai un nom, je te rappelle.

Doméki s'installa près de son ami et regarda les bentos. Deux…

-Himawari n'est pas là ?

-Non ! J'ai décidé de tourner la page.

-Alors je suppose qu'il n'y a plus de raison à ce qu'on dîne ensemble…

-Tu veux dire adieu a tes bentos ?

-Pas vraiment, mais c'était Himawari qui m'avait invité à venir, et ça ne te faisait pas plaisir, alors…

-Mmmm… T'a raison.


-Eh ! Watanuki !

-Himawari.

-On va dîner ?

-Et bien… Je rentre chez Yûko, en fait.

-Ah ?

-Et oui, je n'ai pas de cours, cet après-midi, alors… Je rentre à la boutique.

-Je vois… Tu a vu Doméki ?

-Non, désolé.


Assit tout seul sur le toit, Watanuki s'ennuyait. Il se pencha pour regarder la cours dessous lui, et vit Doméki assit seul sous un arbre, un plat de nourriture à micro-onde dans les mains. C'est vrai qu'il n'était pas un excellent cuisinier…

Le médium revint à sa place et prit une bouchée avant de s'étendre, les bras derrière la tête, fixant les nuages dans le ciel. Depuis trois semaines, il prenait tous ses repas tout seul. Maintenant qu'il y repensait, ce n'était pas grâce à Himawari qu'il ne s'ennuyait pas lors de ces repas, mais bien grâce à Doméki, qui lui cherchait toujours des problèmes. Parallèlement, ce n'était pas Himawari qui l'aidait avec les travaux de Yûko, mais Doméki. Et ce n'était pas Himawari qui lui avait donné la moitié de son œil…

En repensant à cela, Watanuki posa une main sur son œil droit. Non, ce n'était pas Himawari… C'était Doméki. Doméki, pour se faire pardonner le sacrifice qu'avait fait Watanuki lui-même pour son ami…

Car oui, bien que le brun l'énerve, ils étaient amis. Un sourire fleurit sur ses lèvres.


-Eh ! Doméki !

Le brun releva la tête et vit Watanuki sur le toit.

-Qu'est-ce qu'il y a ?

-Travail pour Yuko ! Rapplique que je t'explique !

Doméki soupira, puis prit l'escalier pour monté sur le toit. Une fois fait, il vit deux boites de bento par terre. Watanuki était agenouillé à côté.

-Et bien alors ? Depuis quand Monsieur Bouffe-Tout ne se jette plus sur la nourriture ?

-C'est pour moi ?

-Tu vois quelqu'un d'autre ?

-…Pourquoi ?

-J'en avais marre de voir ta tête de déterré devant ton plat surgelé.

Doméki s'assit près de son ami avec un petit sourire en coin.

-Et le travail pour Yûko ?

-Prétexte.

-Je vois…

-De la sauce ?

-Mmmmm.


Ils avaient prit l'habitude de se rejoindre sur le toit pour la pause, ce qui faisait plaisir à Doméki sans qu'il ne le laisse paraître. Non seulement il avait à nouveau un repas convenable, mais en plus, il passait à nouveau du temps avec Watanuki. Yûko avait recommencé à lui demander d'aider le médium, et il continuait de lui sauver la vie.

Les vacances de Noël étaient arrivés, et ils s'étaient souhaité de joyeuses fêtes, avant de rentré chacun chez eux. Yûko avait libéré Watanuki pour les vacances, prétextant un voyage en Chine très important. Lui qui avait pensé passer les fêtes chez sa patronne, il se retrouvait seul pour Noël. Assit dans sa cuisine, il regarda le cadre de ses parents. Cela lui rappela un autre cadre, et il se rappela que Doméki lui aussi devait passé les fêtes seul. Par instinct, il attrapa le téléphone.

-Moshi moshi, Doméki Shizuka à l'appareil.

-Salut Doméki.

-Watanuki ?

-Le seul et l'unique !

-Travail en extra ?

-Non, pas du tout. Yûko est partie pour les vacances.

-Ah bon ?

-Oui, ce qui fait que je me retrouve à passé les fêtes seul… Et comme je sais que toi aussi…

-Tu peux venir.

-Ah ? Ah, bon… Eum…

-Je t'attend.

Et l'archer raccrocha. Watanuki resta un moment a regarder l'appareil, puis il le replaça sur son socle et se dépêcha a ramasser ses effets. Sur le chemin pour le temple, il s'arrêta dans une boutique afin d'acheter quelque chose à Doméki. Après tout, s'il devait passer le temps de Noël ensemble… Ce mot le fit sourire. Si on lui aurait dit au début de l'année qu'il passerait les vacances d'hiver chez lui ! Il arriva finalement pour découvrir le temple illuminé de lanternes colorées.

-Wahhh !

-C'est beau, n'est-ce pas ?

Doméki apparut de derrière un arme, en kimono rituel.

-C'est magnifique…

-C'est la tradition. Depuis la mort de mon grand-père, c'est moi qui m'en occupe… Le matin de Noël, il faudra accueillir les fidèles, sinon, on devrait être tranquille pour toutes les vacances.

-Je devrai porter un truc comme ça ?

-Dis donc tout de suite que j'ai l'air d'un plouc !

-Eum… Non… Sauf… Qu'on a pas la même carrure…

-Oh. Et bien… On trouvera bien quelque chose.


Watanuki hurla d'horreur en ouvrant les armoires pour les découvrir vide, et le congélateur emplit de plat surgellé. Il traîna Doméki de force pour faire les courses, et ils revinrent épuisés, mais les bras pleins des denrées si importantes. Alors que Doméki allait chercher un sapin (Comment ça, pas de sapin ? Non mais c'est quoi cette tradition idiote ? Tu vas aller me chercher un sapin tout de suite ! avait hurlé Watanuki.), le médium avait commencé a préparé le repas, et l'archer était revenu avec un magnifique sapin aux épines vertes juste à temps pour se mettre à table. Ils avaient discutés calmement, puis Doméki avait montré à Watanuki la chambre qu'il utiliserait. Une fois les effets du médium installés, ils avaient été décorer le sapin, la radio diffusant une musique d'ambiance. Ils avaient ensuite passé la soirée devant la cheminée, a regarder le feu, puis lorsque les yeux de Watanuki avaient commencés a se fermer, ils avaient rejoins leurs chambre pour dormir.

Doméki fixait le plafond, incapable de dormir alors qu'il savait que Watanuki était dans la pièce à coté. Il finit par se lever et entra sans faire de bruit dans la chambre de son ami. Il le regarda et sourit. Le médium dormait en serrant son oreiller dans ses bras, roulé en boule comme un enfant.

-Mmmm… Himawari…

Ce fut comme un coup au cœur pour Doméki, qui sortit de la chambre. S'il serait resté, il aurait vu Watanuki se crispé tout à coup, avant de donner un coup de poing a son oreiller.


-HORS DE QUESTION QUE JE PORTE ÇA !

Doméki soupira.

-C'est tout ce qui te fait.

-Ce sont des vêtements de femme !

-Ce ne sont pas des vêtements de femme, ce sont les vêtements de ma mère.

-Bin tu vois !

-Ce sont des vêtements d'homme, mais qu'elle portait dans le temple.

-…T'es sur ? Tu fais pas juste ça pour me ridiculiser ?

-Je m'en fiche, si tu veux te promener à poil…

Watanuki piqua un fard et entra dans la salle de bain pour se changer. Derrière lui, Domeki sourit. Depuis l'arrivée de médium, il y avait enfin de la vie dans le temple. C'est ensemble qu'ils accueillirent les fidèles, et Doméki ne se vengea même pas lorsque Watanuki lui balança une boule de neige en pleine tronche devant des visiteurs.


L'école recommençait bientôt, et Watanuki en était attristé. Bientôt, il retournerait dans son petit appartement. Bientôt, il serait seul à nouveau. Seul avec les esprits qui reviendraient, pour le moment chassés par Doméki. Bientôt, il devrait retourné travailler chez Yuko. Déjà, Doméki avait défait le grand sapin et rangé les décorations.

Assit sur la galerie, Watanuki regardait Doméki qui allumait les lanternes dans la cour. Il ferma les yeux un moment, puis lorsqu'il les ouvrit, c'était pour voir Doméki s'avancer vers lui au milieu des boules de lueur.

-C'est marrant…

-Quoi ?

-On dirait que tu marche parmi des lucioles…

Doméki prit place à côté de son ami et ils regardèrent les lanternes un moment.

-Les vacances sont bientôt terminées…

-Mmmmm.

-Je vais retourner chez moi, recommencer à travailler pour Yûko…

-Ça t'ennui ?

-Ça m'ennui depuis le début de travailler pour elle.

-Non, de… De retourner chez toi ?

Watanuki resta silencieux un moment, fixant les boules de lumière colorées.

-Un peu… Après trois semaines avec toi, retomber tout seul, ça va être…

-Mmmm… Je comprend. Même chose pour moi.

-On est orphelin, tous les deux… C'est déprimant de se dire qu'on est seul au monde.

-Ce n'est pas l'impression que j'ai…

-Ah bon ? Et qu'est ce qui t'empêche d'être seul au monde ?

-Toi.

D'abord surpris, Watanuki eut un sourire.

-C'est flatteur, tu sais ?

-Mmmmm…

Une fois le charme des lumières passé, ils allèrent se coucher.


Domeki entendit pleurer et supplier dans la chambre d'à côté. Il bailla, puis regarda son cadran. Ce baka avait réussit a faire un cauchemar la dernière nuit qu'il passait au temple… Il se leva et se dirigea vers la chambre de son ami pour le voir en larmes. Il se pencha et le prit dans ses bras pour le bercer doucement. Le médium se blottit contre lui, le visage enfoui dans son cou. Lentement, sa respiration se calma, et son sommeil redevint paisible. Doméki voulut le recoucher, mais Watanuki ne voulait pas le lâcher. Après un soupir, Doméki s'étendit sur le tatami près de son ami, et sombra aussi dans le sommeil.
Watanuki se réveilla, le corps blottit contre quelque chose de chaud et de doux. Il ouvrit lentement les yeux pour voir Domeki lui faisant face, profondément endormi. L'archer avait le torse nu et sa main gauche entourait la taille du médium en lui caressant doucement le flanc. Le moment de surprise passé, Watanuki rougit, avant de refermer les yeux.

Son ami avait un air doux lorsqu'il dormait, bien différent de son visage inexpressif. La proximité de leurs corps, bien que gênante, n'était pas déplaisante. Il devait avouer que Doméki était plutôt beau, et il comprenait un peu les filles d'être intéressée. Si lui-même n'aurait pas été un garçon…

Mais qu'est-ce que c'était que ces idées ! Si lui-même n'aurait pas été un garçon ? Depuis quand ce genre de relation le dérangeait ? Bien sur, jamais il n'y avait songé pour lui, convaincu à 100 d'aimer Himawari, et seulement elle… Mais serait-il capable d'aimer Doméki ? Non, mais ça n'allait pas bien dans sa tête ! Doméki aimait déjà quelqu'un !

Sans s'en rendre compte, il s'était mit à gigoter, comme c'était toujours le cas lorsqu'il commençait à s'énerver, et cela avait réveillé Doméki. Il ouvrit les yeux et croisa le regard fauve de son ami.

Doméki regarda son ami, qui le regardait avec dans les yeux une espèce de panique. Puis, son œil droit le picota, et il se vit lui-même, observateur, le visage impassible. Puis, il remarqua qu'il flattait toujours le flanc de Watanuki. Sûrement de là le moment de panique…

-Désolé.

Et il retira sa main avant de se retourner pour se lever.

-Tu a fais un cauchemar, je suis venu pour te calmer, mais après tu n'a plus voulu me lâcher…

Il amorça le mouvement pour se lever, mais Watanuki se blotti contre son dos.

-Non, je… C'est moi qui suis désolé… Désolé…

-De quoi ?

-Je… Des pensées que j'ai… Je sais que tu aime quelqu'un et… Désolé…

Le cœur de Doméki rata un battement et il se tourna pour regarder un Watanuki rouge et mal à l'aise. Et, quelque part dans ces yeux, de la tristesse.

-Répète ça ?

-Tu a bien entendu…

-Je veux être sur de ne pas avoir mal entendu.

-Je… Je crois que je t'aime…

Watanuki n'eut pas le temps de rougir plus qu'une bouche se plaquait contre la sienne. Sous la caresse, ses yeux se fermèrent doucement et il répondit au baiser. Le temps cessa d'exister, et lorsqu'il reprit ses esprits, ses jambes entouraient Doméki à la taille et seule sa chemise froissée faisait un rempart entre leurs deux torses. L'archer relâcha la bouche de son compagnon pour mordiller son cou, alors que ses mains brûlante se glissaient sous la chemise pour lui caresser le dos. Watanuki se cambra légèrement, alors qu'un gémissement sortait de sa gorge, qui était attaquée par la bouche de Doméki. Il le mordillait doucement en remontant doucement vers son oreille pour lui murmurer :

-J'ai cru que tu ne me le dirais jamais…

Watanuki rougit, puis d'une main derrière la nuque ramena Doméki vers lui pour l'embrasser à nouveau.


Dehors, Watanuki attendait Doméki pour la première journée d'école. Il faisait froid, mais cela ne changeait rien pour le médium qui ne pouvait s'empêcher de sourire. Son réveil, la veille au matin, et toute la journée qui avait suivie, avait suffit à coloré sa vie. Assit sur une marche de l'escalier de l'école, il attendait.

-Eh ! Watanuki !

-Salut, Himawari !

-Alors, tes vacances ?

-Les meilleures de ma vie !

-Ah bon ? Je suis heureuse pour toi ! Mais je suis déçue, on ne s'est pas vu une seule fois…

-J'ai été plutôt occupé, en fait…

Himawari eut l'air inquiète.

-Tu sais, Watanuki, tu devrais peut-être rentrer dans l'école… Tu commence a avoir les lèvres bleues…

-Ah bon ? Je ne devrais pas tarder a me réchauffer, ne t'en fais pas.

-Pourquoi tu n'entre pas ? Tu attend quelqu'un ?

-On peut dire ça, oui…

Curieuse, Himawari décida d'attendre avec lui, et entreprit de lui raconter ses vacances à la mer.


Doméki rageait, il était en retard pour sa première journée d'école, bravo ! Watanuki devait l'attendre, et idiot comme il était, il l'attendrait non pas à son casier, mais devant la porte même de l'école ! Il accéléra une fois qu'il eut passé les grilles, mais il s'arrêta brusquement en voyant le spectacle sous ses yeux. Watanuki et Himawari étaient assis tous deux sur les marches et riaient ensemble. Bien sur. Il avait été idiot de croire que Watanuki pourrait oublier Himawari comme ça…

Watanuki releva la tête, et vit Doméki. Un sourire apparut sur ses lèvres.

-Shizuka !

Himawari releva la tête et parut surprise, mais cela n'aurait pu égaler sa réaction en voyant Watanuki se jeter sur Doméki pour l'embrasser, ses bras autour de son cou et ses jambes autour de la taille de l'archer, qui chancela légèrement avant de raffermir sa prise.

-Tu va nous tuer, crétin.

-Moi aussi je t'aime.

-Tu a les lèvres bleues.

-Elles ont froid.

Doméki accepta volontiers de les réchauffer, sous le regard ahurie d'Himawari.

-Kimihiro…

-Mmmmm ?

-On a cours… Et des gens nous regarde…

-Je me fiche des gens… Mais on doit aller en cours.

Watanuki reposa ses pieds au sol, puis prit la main de Doméki pour entrer dans l'école.


Deux mois plus tard, Watanuki déménageait chez Doméki, même s'il faisait chambre à part le ¾ du temps. C'était beaucoup mieux que le silence. Après un mois et demi de vie commune, la cloison entre leurs chambre disparue pour de bon, ainsi que leur pudeur. Il va sans dire que Yûko, au courrant dès son retour de Chine une semaine après le retour en classe, avait tenu à fêté dignement l'événement. Lorsque Watanuki avait décidé de déménagé, la sorcière n'avait pu s'empêcher de singer la mère éplorée : « Mon petit a tellement grandit ! ». En résumé, elle était bien contente de la tournure des évènements.

Himawari, que son petit copain Nitaho abandonna quelques jours avant la St-Valentin, tenta tant bien que mal de reprendre le contrôle absolu qu'elle avait sur Watanuki autrefois, mais c'était peine perdue. Il ne voyait que son Domé-chan adoré. Elle du assister, impuissante, au fait de voir Watanuki offrir des chocolats faits maison à Doméki. Ces chocolats auraient du lui revenir !

Heureusement pour les deux amoureux, Himawari trouva un autre innocent pour tomber totalement sous son charme, et elle eut sa part d'adoration et de cadeaux.

Watanuki et Doméki ? Le parfait bonheur… Même si Doméki continue à traiter son amoureux d'idiot lorsqu'il s'énerve, et même si Watanuki continue a dire des paroles en l'air.

-Kimihiro, t'es un crétin.

-Qui m'a fichu avec toi !

-Je crois que c'est toi.

-Wahhhh ! Shizuka ! Éteint la cuisinière ! La viande va…

-Brûlée.

-Ah non… Qu'est-ce qu'on va manger…

-Mmmm… Moi, je suis d'avis qu'un petit médium à lunette, ce serait délicieux…

-Pervers !

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...Vous en pensez quoi ? '-' ...