CHAPITRE DEUX

Merci pour ces reviews :D Ca fait chaud au coeur

LET'S ENJOY IT


« Vous avez bonne mine, Docteur. »

Lestrade serra la main du blond qui lui sourit, balbutiant que reprendre le sport lui avait, en effet, fait un bien fou. L'autre homme lui murmura ensuite qu'il semblait avoir repris du poil de la bête, et qu'il était heureux de le retrouver parmi eux. John apprécia ces paroles.

L'appartement de la victime était à l'image de son propriétaire : beau, classieux, propre et débordant de vanité. L'homme, allongé sur le carrelage, avait le visage figé en une expression de surprise, alors qu'une auréole carmin souillait ses cheveux blonds. John s'agenouilla pour l'examer, et sursauta en entendant Sherlock se mettre à beugler :

« JE VOUS AVAIS DIS NE TOUCHEZ A RIEN ! »

Et Anderson répliqua, expliquant qu'un meuble bloquait la porte, et qu'il s'agissait de la seule entrée possible dans l'appartement. En effet, la grande baie vitrée qui faisait office de fenêtre était impossible à atteindre, située au sixième étage.

« Il est mort il y a cinq heures. La balle ne lui a laissé aucune chance. Mais mis a part son cerveau en bouilli, il n'y a rien à dire. »

Lestrade observait les alentours, le front soucieux.

« Bon sang, comment Moriarty a-t-il fait pour entrer ? Par la fenêtre ?

-Non. Par la porte. »

Sherlock leva une main impérieuse, et débuta son raisonnement :

« Cet homme trompait sa femme. L'alliance est neuve, et posée sur la commode. Il la trompait avec un homme – les affaires de l'amant sont encore dans la chambre, en taille L alors que la victime fait du S-, l'homme de main s'est d'abord introduit dans l'appartement, puis lui a fait du chantage par téléphone probablement, l'informant qu'il allait venir lui rendre visite. La victime a alors barricadé la porte, avant de se retrouver face à lui. Pas de sniper, mais un tir à bout portant. John, vérifie. »

Le blond se pencha, inspectant l'impact de la balle. En effet.

« …Mais ça ne règle pas le cas de la fuite ?

-Je suis prêt à parier que des laveurs de vitres sont venus nettoyer cet étage. Et ont récupéré leur complice au passage. »

Sherlock fouillait l'appartement de ses yeux bleus, cherchant un mot, un indice, une quelconque indication de la part de Moriarty, mais ne trouva rien. Il n'aimait pas ça.

« Sherlock, tu n'as plus besoin de moi ? J'ai des patients à voir, Sarah à besoin d'un coup de main. »

Le nom même de la jeune femme fit frémit le détective qui hocha simplement la tête, frôlant sa main en le regardant partir. Il fit encore quelques réflexions sur le cadavre, puis sortit de l'appartement, retrouvant sans joie la rue enneigée. Quelque chose l'appelait, il le sentait. Concentré, analysant sans relâche, il redressa soudainement la tête en reniflant activement. Cela sentait le produit pour nettoyer les vitres, celui-là même qu'on utilisait pour les parbrises de voiture. Sans s'arrêter de réfléchir, il s'embarqua dans une rue, son cœur battant un tantinet trop vite. Il connaissait cette rue. Il y avait été cinq mois et quelques semaines auparavant. Lorsqu'il pleuvait.

« …Moriarty. »

L'assassin remit correctement sur sa tête l'élégant béret qu'il tenait à la main, et adressa un grand sourire au brun alors que deux points rouges se mettaient à danser sur sa poitrine.

« Tu m'excuseras pour les snipers, mais je te sens d'humeur à me tuer… »

Sherlock voulait s'avancer, et arracher les yeux de cet homme qui le contemplait avec un flegme insupportable. Cet homme qui avait faillit lui voler l'unique personne pour qui il comptait.

« Alors, avec John, ça va toujours ? Je n'ai pas eu le temps de poser de nouvelles caméras…

-C'est terminé pour toi. Je vais te traquer jusqu'à ce que tu sois acculé, Moriarty. Je ne ferais plus d'erreur. »

Jim haussa les épaules d'un air charmant, marmonnant que le détective semblait bien énervé. Cela était-il du à une frustration non désirée ? Les mâchoires de Sherlock se crispèrent, et il mit un coup de pied rageur dans un tas de neige, ce qui eut pour effet de tremper le bas de son pantalon.

« Tu devrais commencer avec des sextos, murmura l'assassin en allumant une Winston, je suis sur qu'il va aimer ça…Il m'a manqué, si tu savais ! Son corps chaud…Son sexe…Sa bouche…Il embrasse tellement bien, pour un chien… »

Rire aigu. Moriarty regarde sa montre, et penche la tête sur le côté, lâchant qu'il doit y aller.

« Ce n'était qu'un petit avant goût, Sherlock. J'attends de toi…Du mordant. Oui, du mordant. Je passerais voir John dans quelques jours. Pour lui donner mon cadeau de Noël. Passe de bonnes fêtes, chéri. »

Il s'en alla, et Sherlock ne bougea pas. Il attendit patiemment que les snipers disparaissent, puis son cerveau se remit en action.

Fêtes. Meurtre coriace en approche. Jeu d'échec. Provocation. John en danger. Sexto ?

Son raisonnement se coupa net. Sexto ? Quelle était donc cette chose, exactement ? Il n'avait pas eu le courage de demander des explications à son ennemi, et le regrettait presque. Il sortit son téléphone, se baladant sur le net.

Sexto : Message MMS contenant des photos ou vidéos de son expéditeur nu ou dénudé.

Sherlock fronça les sourcils. Il était dans une rue, et il faisait très froid. Ce n'était donc pas franchement le moment. Et puis, Moriarty venait de lui révéler qu'il ne comptait pas se laisser casser la gueule gentiment, le détective aurait donc du s'atteler à la création d'un plan destiné à le piéger dès maintenant. Il repensa aux câlins de John. Soupira. S'avança jusqu'au trottoir, puis leva un bras pour arrêter un taxi.

"..."

« Merci beaucoup, je sais qu'il ne s'agit que de gamins enrhumés, mais là, je saturais…

-Aucun problème, et puis je me rattrape pour toutes ces fois ou je suis parti à la va vite… »

John se pencha en avant pour débrancher l'imprimante, et la jeune femme observa sans rien dire la chute de reins qui apparaissait grâce à la montée du pull un tantinet trop court.

« Vous avez prévu d'aller quelque part avec Sherlock, pour les fêtes ?

-Oh…Non, pas vraiment, tu connais Sherlock, il n'aime pas beaucoup voyager.

-…Quel rabat-joie. »

Elle rougit alors que le blond la regardait d'un air surprit, puis lâcha que bon, quand même, c'était vrai, il ne faisait jamais d'effort pour lui plaire, concernant les dates symboliques ou bien les évènements touchant le commun des mortels. John se mit à réfléchir très fort pour tenter vainement de contrer l'argument, et remercia le ciel en sentant son téléphone vibrer.

« Oh, une seconde ! »

Sarah croisa les bras, et haussa les sourcils quand le médecin laissa échapper un hoquet peu discret en ouvrant des yeux ébahit.

« Un meurtre ?

-Non…Non… »

Simplement Sherlock, entièrement nu, les joues rougies, se caressant le torse d'une manière sensuelle. Le blond déglutit, essaya de penser à autre chose, puis vit la petite phrase accompagnant le délicieux cliché : Est-ce un bon sexto ? SH

John éclata de rire, et, joueur, répondit : Non, désolé, ce n'est pas vraiment ça. JW

Juste histoire de voir s'il allait faire mieux. Ou pire, c'était selon. Qu'est-ce qui avait bien pu lui passer par la tête pour qu'il en vienne à…

« John, tu ne m'écoutes pas.

-Hm ? Tu disais ?

-Je disais que non seulement tu devrais convaincre Sherlock de te faire plaisir, mais aussi que tu as reçu une carte. Quelqu'un l'a déposé à la réception, tiens. »

Gêné, le blond prit le petit papier, et l'ouvrit, Sarah sautant du bureau pour aller se chercher un café bien fort.

« Evitez de vous servir de votre téléphone de façon sérieuse. Pas que vous le fassiez souvent, mais quand même. Je passe ce soir à votre appartement. Il est revenu. MH »

John fut d'abord vexé par le commentaire de Mycroft, puis un frisson révolta son épiderme. Il était donc de retour dans la ville. Le blond remarqua avec soulagement qu'il n'avait plus peur, que l'habitude, une fois encore, avait prit le dessus, et qu'il lui faudrait plus qu'une brûlure de cigarette pour le remettre en état de choc. Sarah lui apporta une tasse fumante, et il lui sourit, reconnaissant.

« Ca va ? Tu es légèrement pâle.

-Moriarty est revenu. »

La jeune femme poussa un cri étranglé, et le saisit par l'épaule, puis remarqua qu'il ne semblait pas le moins du monde affolé par la situation. John était confiant. Il savait que vivre dans la peur ne faisait pas avancer, et en tant que combattant il devait riposter. C'était tout.

« Et toi, pour les fêtes ?

-Je…Vois quelqu'un. C'est loin d'être sérieux, mais…Il est gentil. »

John faillit la féliciter, mais vit toute cette amertume dans ses yeux, et se retint de commenter. Sarah avait encore un faible pour lui, accru, sans doute, par son changement physique. Le blond refusait d'imaginer comment aurait été sa vie si, effectivement, il avait laissé une chance à la demoiselle. Il ne voulait pas y songer pour l'unique raison qu'il craignait de ressentir des regrets. Et il ne voulait absolument pas en avoir.

« Tu devrais recommencer à sortir, tu sais ? Je vois que la piscine t'a aidé, à présent, il faut que tu arrêtes de ne parler qu'à Sherlock, ou aux membres de la police.

-Je te parle à toi, aussi.

-Pas vraiment. Pas comme tu le devrais. »

Sarah haussa les épaules, et allait repartir dans son bureau, quand le blond la retint par l'épaule :

« Tu veux prendre un café ce soir soir ?

-John…La dernière fois…Tu….Enfin…

-Je te téléphone. On va aller boire ce café. »

Sarah le remercia d'un sourire. Elle aimait, plus que tout, la confiance qui émanait du médecin. Une confiance peut être fictive, mais qui était communicative, rassurante. John était un homme rassurant. Le genre d'homme qui n'a rien d'un amant fou, volage, non, quand on le voyait, on l'imaginait comme un mari exemplaire, amoureux, tendre, surprenant, un papa patient… Et dire qu'il ne serait jamais rien de tout cela.

Sarah quitta la pièce, et l'autre eut le bon goût de ne pas voir son regard empreint de tristesse.

Secousses dans la poche.

Et là, c'est mieux ? SH

Sherlock , assit dans le fauteuil de son amant, toujours en tenue d'Adam, tenant dans ses doigts un pot –son pot- de confiture de cerise. Il léchait ses doigts englués, et John ne pus qu'émettre un cri plaintif en remarquant son érection. Il aurait aimé, l'espace d'une seconde, être cette confiture. Puis il se sentit étrangement à l'étroit dans son jean, sensation qu'il n'avait pas ressentit depuis très longtemps, et ses doigts hésitèrent sur le clavier de son téléphone.

Presque. Tu peux mieux faire. JW

"..."

En poussant la porte de l'appartement, John remarqua immédiatement le parapluie posé contre le mur, et découvrit un Mycroft très intéressé par l'ami Crâne qui reposait toujours sur la cheminé. Sherlock, entièrement vêtu, l'air agacé et les sourcils froncés, était allongé sur le canapé. Le blond ne commenta pas la présence du pot de confiture sur la table basse.

« Bonsoir, vous allez bien ? Tiens, votre scribe est là aussi, bonsoir. »

Anthéa leva une main en guise de salut, souriant légèrement, avant de se replonger dans l'écriture d'un message.

« Je pense connaître l'objet de votre visite…

-Evidemment, vous n'êtes pas si idiot que ça. J'ai mis en place tous les moyens dont je dispose au MI6. Tous. Votre sécurité est notre objectif principal. De plus, depuis son retour, il a commis certaines erreurs. Nous le traquons.

-Et à part ça, vous faîtes quoi pour Noël ? »

Tous sursautèrent. John prenait la situation avec une telle désinvolture ! Mycroft jeta un œil à son frère qui haussa les épaules, et marmonna qu'il n'avait pas le temps pour penser à ce genre de chose. Sa secrétaire toussota discrètement. Le blond aperçu deux paquets sur la commode surchargée, et fut réellement touché par l'attention de l'aîné Holmes. Sherlock relança la conversation, glanant des informations tout en essayant de faire partir son frère au plus vite. Il avait déjà expliqué à Mycroft sa rencontre avec l'assassin, mais attendait d'être seul avec son amant pour partager sa péripétie. John, dans la cuisine, se faisait un thé.

« Au fait, je vais boire un café avec Sarah, ce soir. »

Même Anthéa redressa son joli visage, les yeux exorbités. Mycroft scruta le visage de son frère, vit ses traits se durcirent considérablement, et murmura qu'il était temps pour eux d'y aller. La secrétaire, sentant l'orage, se leva d'un bond, téléphone en main. Dans sa précipitation, l'aîné Holmes en oublia son parapluie.

« Je te demande pardon ?

-Sarah, café, ce soir. »

Sherlock entra dans la cuisine d'un pas rageur, et saisit le blond par le col. La tasse de thé alla rejoindre le carrelage, éclatant sans opposer de résistance. John se laissa plaquer contre le mur.

« La dernière fois que tu as vu cette…Cette…Cette femme…Tu as été enlevé. Et Moriarty vient de rentrer, bon sang !

-Tu veux venir avec moi ? »

Sherlock recula prudemment. Aller avec lui, soit passer une fin de soirée avec l'être de sexe féminin qu'il haïssait le plus dans la ville ? Si cela lui permettait de surveiller son homme, il acceptait tout. Le blond, pestant, se baissa pour nettoyer le désastre sur le sol, pendant que le détective se caressait distraitement le menton.

« Au fait. Moriarty est revenu me voir. »

Tressaillement du blond. L'autre lui explique en détail. Ils parlent, débâtent, concluent sur le fait qu'ils ne doivent en aucun cas céder à la panique. Ce serait faire un cadeau à l'assassin. John appelle Sarah pour fixer le lieu de rendez-vous. Le blond sent son cœur battre plus vite, alors qu'il prend conscience que, bientôt, il aura lui aussi affaire à son violeur.

« John ?

-Hm ?

-Il faudra que tu me montres ce qu'est un vrai sexto. Je n'ai pas d'expérience dans ce domaine. »

John éclata d'un rire franc, puis noua une écharpe autour du cou blanc du détective avant de l'entraîner dans la rue, les épaules secouées de cet excès d'hilarité. Sherlock, vexé, ne décrocha pas un mot du voyage.

"..."

« Bon sang…Je suis crevé… »

Tout habillé, le docteur se laissa choir sur son lit, sourire aux lèvres, les pommettes légèrement rouges. Cette soirée avait été incroyablement sympathique, en partie grâce a Sherlock qui n'avait quasiment pas parlé, se contenant de foudroyer toutes les minutes une Sarah surprise et gênée par sa présence. La conversation était restée légère, et c'était ce dont avait besoin le blond. Un corps froid et doux vint se superposer au sien, et John l'encadra de ses bras. Une bouche fine vint titiller son lob d'oreille :

« J'ai…Envie. »

John aussi avait envie. Mais il se contenta de rouler sur son amant, lui murmurant d'attendre encore un tout petit peu. Histoire de faire les choses bien.

« Tu comprends, n'est-ce pas ?

-Evidemment. »

Sherlock ne comprenait pas, une fois de plus, mais se garda bien de le signaler à son amant. Cette nuit, le brun se contenta de se lover tout contre le médecin qui, intégralement nu pour la première fois depuis plusieurs mois, goûta le confort de sa peau avec jubilation.

Cette nuit-là, John eut pourtant du mal à s'endormir. Le lendemain serait le 24. Une date clef, un tournant. Il le sentait. Il avait peur, quelque part. Ses doigts caressèrent les boucles de Sherlock, puis il sombra.


Prêts pour un Noël explosif? Reviews?