CHAPITRE QUATRE
Voici un chapitre légèrement plus sérieux, soit le début de la traque :)
« SARAH ? »
Le blond oublia de respirer, devint rouge, et se mit à tousser. Sherlock se jeta sur lui, le prit par les épaules et le calma, lâchant de sa voix grave qu'elle n'était pas blessée et qu'ils allaient la retrouver. John s'accrocha à lui quelques secondes, et murmura qu'ils devaient la sauver, rapidement. Le brun ferma sa braguette, passa dans le salon chercher quelque chose sans répondre, alors que le médecin secouait doucement la tête, le cœur torturé par des sentiments contradictoires mêlés de culpabilité. C'était de sa faute. Uniquement sa faute. Moriarty avait du la voir en sa compagnie, et cela l'avait mis en danger. Pauvre Sarah, qui ne lui voulait que du bien, qui s'inquiétait pour lui, qui… Une violente odeur de brûlé le fit courir jusqu'au salon :
« SHERLOCK ?
-Je brûle les vêtements que tu portais lors de ta rencontre avec Moriarty. Il a du te glisser un micro, ou une caméra.
-Mais je ne portais PAS ce pull, hier !
-Ah ? Tant pis. »
Le blond regarda son vêtement se consumer avec peine, et alla donner Glasdone à Mme Hudson alors qu'il soupirait à fendre l'âme. Affreuse culpabilité. Sherlock se rua dans les escaliers, un grand sac noir à la main, criant qu'ils avaient vingt-quatre heures maximum pour retrouver Sarah avant qu'elle ne soit exécutée. John accéléra le mouvement.
"..."
« Pourquoi était-elle dehors à minuit et quart, bon sang ? Elle avait un rencart !
-Elle mentait. Je l'ai su dès le début, mais je ne voulais pas prendre le risque que tu l'invites chez nous.
-SHERLOCK ! »
Le blond poussa rudement le détective qui venait d'ôter son manteau avant de s'avancer vers Lestrade , mal à l'aise. Donovan, qui apportait un ordinateur, marqua un temps d'arrêt :
« Le taré saigne! »
En effet, au niveau de son épaule, sous la chemise blanche, filtrait les traces de la précédente morsure. Sherlock eut un sourire presque pervers en faisant jouer son articulation.
« Je suis sur que John sera ravi de vous fournir la raison de cette blessure.
-Ce n'est pas le moment, grinça le médecin rouge de honte, Sarah s'est faite enlever! »
La métisse fronça les sourcils. Cette femme semblait bien importante, pour l'ancien soldat, cela ne devait pas plaire au brun. Elle renifla, et fit remarquer à voix haute que Sherlock sentait le parfum de John et le savon.
« Brillante déduction, je me suis envoyé en l'air avec lui dans la baignoire. Maintenant, cessez vos manières de godiches et donnez-moi cet appareil ! »
Donovan demeura prostrée, et Lestrade eut le bon goût de lever les yeux au ciel. Il savait que le détective était secrètement ravi de lancer à la face du monde ces petits détails concernant sa vie privée, au grande damne de son amant qui avait changé de couleur. La vidéo fut enclenchée. On y voyait clairement Sarah, attachée sur une chaise, un bandeau sur les yeux, qui criait. Ensuite, l'assassin s'approcha d'elle, jouant avec un scalpel – John se raidit instantanément en portant une main à son torse, pas le scalpel, oh, pitié, pas le scalpel…-, lâchant de sa voix ridiculement hystérique qu'il avait un cadeau pour Sherlock.
« Cette énigme, c'est pour Noël ! J'espère que tu es content, Sherlock, toi qui devais t'ennuyer… Il y a, tu dois le deviner, un lien avec mon précédent meurtre. Tu te souviens ? Le joli minet qui trompait sa femme…Avec un homme. C'est tellement vilain ! Alors que cette pauvre Sarah se meurt d'amour pour John…hmm…John…tu me manques, mon chéri, tu le sais ? »
A cet instant, le blond fit deux pas en arrière, ne pouvant soutenir le regard de Moriarty, fixé sur l'objectif, fit volte face et quitta le bureau de l'inspecteur qui baissa les yeux. Sherlock ne fit pas le moindre geste pour le retenir, continuant d'écouter l'assassin qui se léchait les lèvres à l'écran.
« Tu as compris, Sherlock ? Un lien. Mais c'est vague, un lien. Si je m'en tiens à ça, tu arriveras trop tard, comme pour mon chéri. Tu te rappelles, quand tu l'as retrouvé ? Il avait déjà jouit en moi depuis plusieurs minutes, mais je suis sûr qu'il avait encore la peau chaude… »
Rire hystérique. Donovan sort rejoindre le blond. Le détective fronce les sourcils.
« …J'espère le revoir avant notre confrontation. Car c'est moi , que tu cherches, chéri. Je veux te tuer avant tes trente-cinq ans, faire une belle réaction en chaîne. Et puis, comme ça, John sera libre, je me trompe ? Je vais t'envoyer un indice, Sherlock, car tu as toujours besoin d'aide, c'est misérable… »
A l'écran, il tapota sur son téléphone, et mit une gifle à Sarah pour la faire taire. La jeune femme se mit à pleurer silencieusement.
« …Voila. Aller, que diable ! Du mordant ! Je t'attends au bout du chemin, et si dans vingt-quatre heures tu n'es pas là, je descends mademoiselle, et je me débrouille pour que John soit aux premières loges. Ah ! Emmène chien-chien avec toi, et personne d'autre. Compris ? Bien. Embrasse fort le médecin pour moi, avec la langue, juste comme il aime. »
Sourire de Moriarty. Sourire plein de vice, d'immoralité, de cruauté, de sadisme. La vidéo se coupa, et la pièce fut de nouveau plongée dans un silence glacial.
"..."
« Watson ! Watson ! »
Le blond, les mains dans les poches de sa doudoune, ne se retourna pas. Les yeux clos, il tâchait de faire disparaître de son esprit les souvenirs atroces que l'assassin avait gravé dans sa tête. La métisse posa une main hésitante sur son épaule, et le retourna doucement :
« Vous devriez rentrer à Backer Street. Cette affaire…N'est pas pour vous.
-Sarah a été enlevée par ma faute. Et Moriarty…Ce salaud mérite de payer. »
C'était la première fois que Sally entendait un mot grossier dans la bouche du médecin, et aussi qu'elle voyait cette inquiétante lueur dans ses yeux. Elle hocha la tête, murmurant que cela serait dur, mais John s'ébroua, retrouvant son sourire, et éclata de rire :
« Aller, il est temps de s'y mettre, après tout, nous avons tous autre chose à faire que de courir après les criminels, ce soir ! »
Sally eut vraiment du mal à croire que cet homme optimiste et tendre avait pu mordre Sherlock Holmes lors d'ébats passionnés.
"..."
« …Sherlock ?
-Taisez-vous. Je dois écarter mes pulsions meurtrières pour réfléchir convenablement. LA FERME !», gueula t-il en direction d'Anderson qui fit demi-tour en ronchonnant. Lestrade croisa les bras, s'installant sur le bureau. Les mots de l'assassin lui avaient donné un frisson insupportable. Des expressions crus, qu'il devinait vraies – Pauvre Watson, qu'avait-il donc réellement vécu durant ces minutes passées contre Moriarty ? Comment avait-il fait pour ne pas devenir fou ? Et cette douleur dans ses yeux, cette sombre douleur pleine de haine…- , ces horreurs émises sans sourciller…Et Sherlock. Sherlock qui réfléchissait à plein régime, une fois encore. Non, plus que les autres fois, bien plus.
« C'est l'ouverture d'un jeu de piste. »
Sherlock regardait l'écran de son téléphone sans bouger. Puis, son sac toujours à la main, il alla s'enfermer dans les toilettes. Il revint, les idées claires, le visage aspergé d'eau, et un sentiment de rage visible à la crispation de ses mâchoires.
Je suis là ou beaucoup voudraient pénétrer. C'est un endroit qui procure satisfaction et lassitude.
Le brun sortit du bâtiment sans dire un mot à Lestrade qui le laissa faire, et alla saisir John par le bras :
« Je sais ou nous devons aller.
-Alors dépêchons-nous. »
Sherlock ne fit aucun commentaire sur son attitude vis-à-vis de la vidéo, et le médecin lui en fut gré. Il n'avait pas réussi à supporter les yeux de Moriarty, ce regard – ce regard qui le violait une seconde fois- empreint d'une folie certaine. John serra son pistolet, bien caché dans sa poche, et il se sentit rasséréné par sa présence. Le brun lui effleura l'épaule du pouce, comme avec tristesse, puis se mit à courir vers la rue, l'autre sur les talons.
"..."
« Là ou beaucoup voudraient pénétrer…
-La banque. Nous allons au 115-117 Victoria Street, informa Sherlock au chauffeur, selon l'itinéraire de mon téléphone vous pouvez y être en onze minutes, et sachant que nous faisons partie de la police – brandissant une carte factice qu'il rangea aussitôt-, je vous conseille de vous dépêcher. »
John ouvrit des yeux surprit. Quand on connaissait la réponse, cela semblait terriblement évident. La banque. Là ou tout le monde veut aller, en un sens, le lieu qui provoque envie et dégoût à la fois. La Banque Victoria était réputée comme triant ses clients sur le volet, c'était donc, de la part de l'assassin, un choix particulièrement prétentieux et représentatif de son état d'esprit. Le blond réalisa avec amertume qu'il n'aurait jamais trouvé aussi vite. Sherlock marmonnait des choses dans sa barbe.
« Ce n'est que le début, John, ensuite, il y aura un autre message. Et le lieu final aura un lien avec…Avec le meurtre du type enfermé dans son appartement. Je ne saisis PAS ce FOUTU lien ! »
Sherlock tordit son écharpe, furieux contre son propre manque de raisonnement, fouillant sa mémoire à la recherche d'un ultime indice. Il sursauta quand les doigts du blond vinrent caresser sa joue glacée.
« …Etre paniqué, dans un taxi, avec toi, ça me rappelle l'épisode de la bombe.
-Il n'y aura pas de victime cette fois-ci, John. C'est un jeu d'échec, et c'est à nous de déplacer une pièce.
-C'est un jeu truqué, Sherlock… »
Le brun ne sut pas quoi répondre au médecin, et l'embrassa délicatement tout en surveillant le regard du chauffeur dans le rétroviseur. Watson lui sourit.
« Sarah ne me pardonnera jamais…
-Elle connaissait les risques d'être ton amie, répliqua le brun sans répondre directement, elle savait, grâce à ton fichu blog, que nous vivions des aventures dangereuses, et qu'elle pourrait y être mêlée. Sarah…N'est pas si bête que ça. »
Sherlock se renfrogna à ses propres paroles, puis sauta du véhicule qui venait de s'arrêter. La banque était fermée. C'était normal, considérant le fait qu'il était bientôt trois heures du matin, un 25 Décembre, et que la neige commençait à bloquer de nombreuses routes. Mais comment ne pas voir la grande enveloppe blanche collée au mur ? La détective s'en saisit, arracha la partie supérieure avec les dents, et en sortit un petit carton.
« Bravo Sherlock, je vois que tu as l'air motivé, cette fois-ci ! Le prochain indice représente le lien avec l'autre meurtre. Je ne te donnerais qu'un mot : Trafalgar. Bonne chance . Je t'embrasse, John chéri. M»
Croyez-moi, j'ai vraiment du mal à créer ces foutus indices! Mais bon, tout le plaisir est là aussi! Pour celles qui veulent trouver le lien avec Trafalgar, il faut chercher sur une carte de Londres ) ! Et encore...
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