CHAPITRE SEPT
Attention, ceci n'est pas une fin :)
Moriarty lâcha un long rire qui se mua en un cri de douleur lorsqu'une balle vint se loger entre ses omoplates, le forçant à tomber à genoux. Le sourire, sur son visage, n'avait pas bougé. John se leva, comme étourdit, et fit face à l'assassin alors qu'une bouffée de haine lui rongeait les idées. Il leva son pistolet, et le posa sur le front couvert d'une pellicule de sueur de Moriarty.
« Tu n'aurais…Pas du tirer… »
L'autre ricana, cracha un peu de sang, s'essuya avec classe sur sa manche alors qu'il plongeait une main dans sa poche. Les yeux du médecin étaient voilés. Il ne voulait pas se retourner pour voir son amant baignant dans son propre sang. Il était mort. Mort. Un coup porté si près était mortel, il l'avait vu tant de fois pendant la guerre…Il avait tenté de les guérir, mais c'était impossible…Impossible. Il essuya rageusement une larme qui naissait dans son œil droit alors que le sang battait douloureusement à ses tempes. Etait-il possible de se sentir plus mal qu'a cet instant ? John voulait se venger. Se venger de tout. Maintenant. Sherlock était…Etait… - Mort mort mort Sherlock est mort, mort, c'est de ma faute je ne l'ai pas protégé, il est mort, mort mort MORT !-
« TU N'AVAIS PAS LE DROIT, SALAUD ! »
Moriarty esquissa un baiser avec ses lèvres , et leva le bras d'un geste chancelant. Dans ses doigts, une pièce d'échec, en marbre blanc. Le roi. L'assassin tremblait de tout son corps. Il lécha l'objet, le salissant de son sang, et le laissa tomber par terre en un bruit sourd. John n'avait jamais paru plus dangereux qu'a cet instant. Moriarty grimaça, se laissa tomber sur son postérieur, présentant un début d'érection terriblement obscène. Il avait qu'il allait mourir. Il savait qu'il avait détruit la vie des deux hommes qu'il haïssait le plus. Il avait gagné.
« Echec et mat. »
John appuya sur la détente, et l'arrière du crâne de l'assassin explosa sous l'impact. Moriarty mourût le sourire aux lèvres, et la langue entre les dents. Presque machinalement, John prit la pièce dans sa main, la fourra dans sa poche, et alla s'effondrer devant le corps de son amant. La peau était déjà froide. Le blond se mordit la langue en pleurant. Rien n'expliquait son attitude. Rien. Aucune logique possible dans cet acte suicidaire. Les larmes coulaient, amères, salées, sur les joues plissées du médecin qui serrait la main blanche contre son torse.
« Comment as-tu osé…Comment…Je t'aime…Je t'aime… »
Il ne parvenait plus à ordonner ses pensées. Il était vide. Désespérément vide, creux, douloureux.
Les doigts de Sherlock frémirent.
« …John… »
Un souffle durement expiré.
Le médecin ouvrit de grands yeux. C'était impossible. La balle avait pénétré sous le cœur, il ne pouvait simplement pas…Les yeux du détective, entrouverts, semblaient lui demander quelque chose. Comme prit de folie, John arracha les boutons du manteau, puis de la chemise, et lâcha un hurlement aigue.
« TU TE FOUS DE MOI ? »
Watson se mit à secouer le corps du brun en criant que tout ça se paierait, qu'il n'avait pas le droit de lui faire ça. Qu'il était insupportable. Qu'il ne pouvait plus vivre dans de telles conditions de peur. Qu'il avait cru mourir. Il sentait le mélange de différents sentiments dans sa tête, et les battements de son cœur eurent plusieurs ratés. Il se passa une main sur le visage, puis ouvrit d'un coup sec le gilet pare-balles qui recouvrait les côtes de Sherlock. Le brun, qui avait été compressé, prit une violente respiration, se mit à tousser, et grimaça qu'il devait avoir quelques côtes fêlées.
« …Cadeau de Noël de Mycroft », murmura le brun dans un murmure contrit.
John le prit sans ménagement par le bras, le fit se lever, et le tira derrière lui.
Lorsqu'ils sortirent, Sherlock se plaignit du froid, mais l'autre n'y prêta aucune attention. Il le jeta à terre, dans la neige, et fourra les mains dans ses poches avant de se contracter.
Le local explosa.
Sherlock cria au blond de se mettre à terre, mais John n'écouta pas, et attendit que le souffle brûlant cesse pour sortir son portable :
« Allo, Mycroft ? Oui. Ah, vous êtes en route. Très bien. Je suis furieux, en effet. Non, je ne vais pas vous attendre, je rentre à l'appartement séance tenante. Quelques côtes fêlées. Voila. Il est mort, je m'en suis personnellement occupé. Pourquoi je suis furieux ? Vous demanderez à votre frère. Et vous lui direz aussi qu'il peut aller se faire foutre. »
John raccrocha, rangea son portable, et se mit à avancer en claudiquant vers la route.
« John ! John ! »
Sherlock, torse nu, dans la neige, semblait surprit. Le médecin aurait réellement aimé lui faire la tête, et faire une sortie digne d'un film en l'ignorant royalement. Mais voila, le stress retombait, le local était détruit, Moriarty était mort – mort mort mort mort mort Moriarty était mort bon sang, mort, il l'avait tué-, et ses sentiments le prenaient à la gorge. Il se mit à beugler :
« TU SAVAIS TOUT TU AVAIS TOUT PREVU ! TU T'ES ENCORE FOUTU DE MA GUEULE SHERLOCK ! »
Que de vulgarité. Mais cette fois, John y avait vraiment cru. Quand ses doigts avaient effleurés la peau glacée de son amant, il avait ressentit la perte du détective. Il s'était imaginé sans lui. Cette pensée l'avait oppressé. Mais savoir que le brun avait tout planifié, une fois encore, le laissant dans le noir complet dans une situation si…Si quoi ? Le terme dangereux semblait si faible face à ce qu'ils avaient réellement vécus. Ils avaient tous frôlés la mort. Même Sarah. Sherlock avait joué.
« John…Tu ne pouvais pas comprendre…Tu te serais méfié, et Moriarty s'en serait prit à toi… »
D'un coup, le brun se recroquevilla sur lui-même, lâchant un cri rauque. Le médecin se précipita, toucha son ventre, y sentit une côte brisée. Il ôta son pull, découvrant sa peau aux morsures du froid, et le noua autour du buste du détective qui avait baissé les yeux.
« John…
-Tai-toi.
-S'il te plait…
-Tai-toi !
-John embrasse-moi… »
John pleurait en serrant l'autre contre lui, caressant ses cheveux, gémissant qu'il n'était qu'un monstre sociopathe égoïste et dangereux, il pleurait en l'embrassant dans le cou, il pleurait alors que le détective souriait, grelottant. Il murmura que tout était terminé, à présent. Il voyait d'ici le corps noirci et abimé de l'assassin. Ses yeux se fermèrent. Bon sang. Moriarty était mort. Il n'arrivait pas à accepter cette idée.
« John je …
-Tai-toi. Tu…C'était…Tu n'auras pas du. Ça me reste en travers de la gorge. Excuse-moi. »
Le blond se leva alors que la voiture de Mycroft s'arrêtait, et, toujours torse nu, il se mit à arpenter la rue. Sherlock cria son nom, mais en vain. Il réalisa qu'une fois de plus son amant s'était excusé, alors que s'était à lui de le faire. Mycroft vint l'encadrer d'une grande couverture, lui murmura que Lestrade allait arriver, et qu'il devait aller à l'hôpital. Il mit le mutisme de son frère sur le compte de l'explosion et de la dispute avec John, puis le fit se relever pour qu'il entre dans la voiture.
"..."
« MON DIEU ! »
Quand Mrs Hudson vit le blond entrer dans l'appartement sans pull ni manteau, elle voulu lui parler, mais la douleur dans les yeux de l'ancien soldat l'en dissuada. Elle lui fit du thé, le couvrit d'un plaid, et le laissa tranquille. John souffla puissamment. Il avait mal au cœur.
Tout va bien ? Sherlock a une côte cassée. Mlle Bright est en train de dormir. MH
Je me sens seul et trahi. J'ai connu mieux. JW
Venez à l'hôpital. Sherlock vous demande sans relâche. MH
Le blond se sentit un peu mieux, mais refusa tout de même. Punition. Il ne voulait plus jamais que le détective prenne tous ces risques seul. Jamais. Il avait eu si peur… Un jappement le fit sursauter et il vit Gladstone courir vers ses jambes. Il se baissa, prit le chiot contre lui, le caressant distraitement. La boule de poile se love contre son estomac.
« A toi aussi il te manque ton deuxième maître ? Même s'il est borné, stupide et qu'il joue avec mon cœur sans remord ? Oui, hein… »
Le blond ferma les yeux, appréciant de sentir la tension disparaître peu à peu de ses membres à mesure que le sommeil l'emportait. Il était neuf heures du matin. Ce 25 Décembre resterait à jamais gravé dans sa tête, comme le jour ou il avait mit fin à la vie de Moriarty. Morphée le prit dans ses bras.
"..."
« LAISSEZ-MOI SORTIR ! »
Sherlock repoussa brutalement le bras de l'infirmière. Cela faisait six jours, SIX foutus jours qu'il était là. Il saturait. John ne répondait pas à ses messages – mais il conversait journalièrement avec Mycroft, ce qu'il trouvait scandaleux-, et son absence lui pesait atrocement. Ils n'avaient pas reparlé depuis cette étrange dispute dans la neige, et il voulait mettre les choses au clair. Et s'excuser, si jamais il le devait vraiment.
« MYCROFT ! »
Le brun savait que son frère empêchait sa sortie, prétextant une santé fragile. Il voulait laisser au médecin le temps de digérer toute l'aventure avant d'affronter Sherlock et son caractère intempestif. Mais cette fois, le détective finit par obliger le personnel médical à lui rendre ses affaires, et, le torse bandé et un tantinet douloureux, prit un taxi en direction de Baker Street. Sa maison lui manquait. John lui manquait. John, son odeur, son sourire, sa façon de manger de la confiture, de mettre ses pulls. Il ne regrettait pourtant aucunement le fait de l'avoir laissé derrière lors de la confrontation avec l'assassin. C'était pour le protéger, uniquement pour ça. Mais il sentait qu'à partir de maintenant, la moindre cachoterie serait fatale pour leur relation. Il poussa un long soupire, leva les yeux vers le ciel cotonneux, et espéra que son amant fusse calmé.
Vous devez certainement vous dire "owi, enfin la fin des problèmes!"
Vous ne me connaissez pas, ou bien :D ? Je vous concocte quelques péripéthies, et , certainement, un câlin approfondi.
P.s : jetez un oeil aux dates, je ne m'amuse pas à caser des jours partout pour des prunes :) !
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