CHAPITRE DIX

Merci pour les commentaires :D

ATTENTION LEMON :D


« …Un...Un autre…

-P...Pas encore ! »

John éclata de rire. Ils avaient tous deux bien trop d'alcool dans le sang. Le blond avait enchaîné cinq verres, contre trois pour le détective, mais leurs états étaient similaires. Le rouge était monté aux pommettes du sociopathe, ce qui lui donnait un air particulièrement appétissant du point de vue du blond qui, sans même s'en rendre compte, avait quitté son fauteuil pour aller s'écraser dans le canapé.

« J'aime... Ce genre de soirée… »

Sherlock avait posé sa main droite sur la jambe de son amant, et du bout des ongles lui caressaient distraitement le jeans. Le blond ferma les yeux, extatique, priant pour que cet instant dure un peu plus longtemps que les autres. La grande horloge sonna minuit. John sursauta, et dédia une œillade appuyée à l'autre homme qui ne sembla pas comprendre le message. Dehors, la neige continuait de glisser du ciel, poussée par un vent glacé, pour ensuite aller s'abattre avec bruit contre les fenêtres. Le médecin se redressa en grognant, se mit maladroitement à califourchon sur le brun, et caressa sa bouche de son souffle chargé d'alcool.

« Joyeux anniversaire, Sherlock Holmes.

-Je sais déjà ce que je vais faire de mon cadeau… »

D'un geste sec du poignet, il fit sauter les boutons de son pantalon, et John eut un excès d'hilarité. Le brun se mordilla la lèvre inférieure, et John eut soudainement envie de l'embrasser, le porter dans la chambre, lui faire l'amour toute la nuit, le présenter à sa sœur, l'emmener en voyage, le prendre en photo lorsqu'il dormait, lui préparer un petit déjeuner au lit, l'entendre jouer du violon, lui caresser la joue, lui faire gémir son prénom, se marier avec lui et-

« John. Déshabille-moi. »

Et de le déshabiller. John se promit aussi d'essayer de moins contester les ordres de Sherlock en se souvenant qu'il avait tout de même souvent raison concernant sa sécurité. Il réalisa qu'il n'en serait jamais capable, et qu'il était devenu un piètre soldat avec le temps. Ensuite, les dents de Sherlock vinrent titiller son oreille, et il cessa de se perdre dans ses pensées pour allonger son amant sur le canapé.

« Fais-moi plaisir, pour mon anniversaire…

-Hm ?

-Va chercher les menottes…

-Nous avons des… ? »

John n'était plus assez lucide pour s'émouvoir de la détention d'une paire de menottes, et haussa simplement les sourcils d'un air intrigué. Le brun, qui semblait avoir chaud et désirait apparemment se débarrasser de ses vêtements, murmura simplement qu'il les avait volé à Lestrade plusieurs mois auparavant, et qu'elles étaient cachées en dessous de sa table de chevet. Oh. John nota dans sa tête de passer l'aspirateur plus souvent, cela l'aiderait peut être à découvrir d'autre surprises du genre. Il se leva, chancelant, sauta du canapé, et se rendit dans leur chambre, heurtant au passage une pauvre chaise qui se fit injurier. Le retour se fit de façon tout aussi aléatoire.

« Sherlock, siffla le blond en riant, j'peux t'attacher nulle part ici…

-Trouve quelque chose, gémit l'autre en glissant ses paumes un peu partout sous le gros pull, je te laisse… Une minute… »

Clic.

Le brun considéra son poignet emprisonné, puis celui de John, et un sourire un tantinet pervers se dessina sur ses fines lèvres.

« J't'ai eu. »

John semblait heureux. D'un coup, Sherlock bondit sur lui, attrapa un objet qui traînait sur la table basse, et s'installa sur le bassin de son homme, lui prodiguant de petits va-et-vient qui stimulaient visiblement sa virilité. John jeta un regard inquiet au poignard qui brillait dans la paume de son vis-à-vis, et Sherlock pencha la tête sur le côté :

« J'espère…Que tu ne tiens pas à ton pull…

-J…Je…Pourquoi ? »

Le brun se coucha sur lui, ondulant des hanches, et lui murmura que les menottes ne leur permettaient plus de se déshabiller convenablement. En temps normal, John aurait hésité. Il avait déjà perdu plus d'une dizaine de pulls depuis le début de sa relation, et il aimait bien celui qu'il portait actuellement. Oui, mais John était saoul, et il sentait le membre de Sherlock qui s'érigeait tout contre le sien, et il ne voulait plus qu'une chose : toucher son corps. Il ne fit donc pas de commentaire quand la lame glissa sur son flanc droit, découpant avec une facilité déconcertante les grosses mailles beiges, ni quand les manches partirent en lambeaux. Mais dès que son torse fut découvert, il renversa les rôles, arracha les boutons de la chemise avec ses dents – John, il faudra également que nous parlions de ta capacité à déchirer mes chemises- alors que de sa main libre il les soulageait de leurs jeans respectifs.

« Prends-moi fort, susurrait l'autre en se tortillant, fais-moi sentir à quel point tu m'aimes… »

Les doigts de John allèrent se lier avec les siens. Ils ne quitteraient pas la paume glacée avant deux bonnes heures. Avec des gestes délicats, le blond posa son corps désormais nu sur celui de son amant, au milieu des débris du pull, et resta en suspend, l'esprit délicieusement brouillé par l'alcool, sans savoir réellement ou donner de la tête. Quel délice d'être légèrement saoul, de sentir la terre tourner, de sourire bêtement sans que l'autre le fasse remarquer de façon acerbe. Il aimait cet état. Il aimait Sherlock. Il aimait le corps, la peau, la douceur de Sherlock, il aimait son bassin, lorsqu'il se serrait au sien, il aimait son regard glacé qui brillait toujours plus fort, il aimait s-

« John…Je n'aime pas…Me répéter… »

John baissa les yeux. Sherlock, cambré, l'invitait d'un sourire insolent à se prêter à son jeu. Le médecin l'embrassa , posant son torse contre le sien alors que les doigts de sa main droite allaient se fourrer entre leurs deux intimités.

« Inconfortable », murmura le détective en fermant ses paupières, appréciant la caresse au delà du raisonnable. Les dents de John dévoraient ses tétons, ses doigts l'obligeait à se cambrer, sa peau même, se frottant à la sienne dans un désordre organisé, le rendait fou.

Encore. Encore. Encore encore encore encore encore encore encore encore encore encore !

Sherlock se redressa, nouant ses longues jambes autour de la taille du blond, pressant sa bouche contre la sienne, jouant de sa langue. Il sentit deux doigts se frayer un passage jusqu'à son intimité pour le préparer lentement, doucement, caressant les parois de son être de façon particulièrement délectable et détestable à la fois.

« Tu ne peux pas t'empêcher de me…titiller.. AH ! »

John venait de le serrer contre lui, enfonçant ses doigts le plus profondément possibles dans son intimité tout en faisant des mouvements de ciseaux. Sherlock cria, s'accrochant de son bras libre au cou du blond tout en écartant les cuisses alors que l'autre frôlait sa prostate. Leurs verges respectives se glissaient l'une à l'autre presque douloureusement.

Dans la chambre, sur la table de chevet, le portable de John se mit à sonner. C'était une musique spéciale , qui indiquait au médecin que sa sœur cherchait à le joindre, et qui constituait l'unique chanson de son répertoire.

Embrasse-moi dessus bord
Viens mon ange retracer le ciel
J'irai crucifier ton corps
Pourrais-je, dépunaiser tes ailes ?

Sherlock renversa les rôles, se frottant à lui, ses longs doigts caressant la hampe de son amant qui se cambra en gémissant, alors que son attention se concentrait malgré lui sur la mélodie provenant de l'étage.

Embrasser, te mordre en même temps
Enfoncer mes ongles dans ton dos brulant
Te supplier de me revenir
Et tout faire, ô tout, pour te voir partir

John dévorait son cou, lui mordillait l'oreille pour qu'il arrête de penser à autre chose alors qu'il rajoutait un doigt à son supplice, le pénétrant par gestes saccadés. Le brun se cambra, la bouche ouverte, tombant sur son corps brûlant de sueur, incapable de supporter cette sensation plus longtemps en restant digne. Il se mit lui-même à bouger son bassin, de haut en bas, mais le médecin retira aussitôt ses doigts en souriant, caressant sa chute de reins, visiblement épris de cette vision.

Viens, emmène-moi là-bas
Donne-moi la main que je ne la prenne pas
Écorche mes ailes, envole-moi
Et laisse-toi tranquille à la fois
Mille fois entrelaçons-nous
Et lassons-nous même en dessous

Sherlock se redressa sur ses membres tremblants, obligea le blond à rester allongé par terre, et s'empala sur le sexe dressé de plaisir qui élargit son intimité d'un coup, l'obligeant à pousser un long soupire de contentement. John posa fermement ses doigts sur son bassin, et lui murmura de bouger pour qu'il puisse sentir la totalité de son excitation. Le brun ondula des hanches, se mit en mouvement, les yeux clos, se délectant de la sensation de pénétration qu'il voulait faire durer le plus longtemps possible. John gronda.

« Plus vite…Plus vite… »

Il contracta ses abdos, se releva, et jeta violemment l'autre au sol pour se retrouver en position de force. Il prit le détective contre lui, l'enfermant dans l'étau de chaleur que constituait ses bras, et reprit ses coups de butor, heurtant à chaque fois le point stratégique caché dans les entrailles de son amant qui criait, se débattait presque, lui griffait le dos, extatique. Leurs mains, moites d'envie et d'eau, étaient toujours scellées.

La musique s'entêtait.

Serre-moi encore, serre-moi
Jusqu'à étouffer de toi
Serre-moi encore, serre-moi
Jusqu'à étouffer de toi
Serre-moi encore, serre-moi

John se fondait littéralement contre lui, sur lui, en lui. Et il aimait ça. Le brun aimait savoir qu'à tout instant, le médecin avait peur de le perdre, peur de le voir s'en aller. Il aimait quand ses doigts s'imprimaient dans sa chair pour ne pas qu'il l'oublie. Il aimait quand sa voix, soudainement rauque et voilée, à son oreille, lui murmurait qu'elle ne pouvait pas se passer de lui. Il aimait quand il sentait tous les muscles de John se mettre en action uniquement pour sa personne.

Les doigts de Sherlock se perdirent dans les courts cheveux de l'ancien soldat, et il attira le visage aimé contre le sien dans un sulfureux baiser. Ensuite, le brun cria, le bassin prit de violents tremblements, et se rejeta en arrière alors qu'il atteignait le point de non-retour, la semence de John dans son bas-ventre ayant provoqué sa jouissance.

Le blond fit encore quelques mouvements brutaux, puis se coucha sur son amant, appréciant la texture brûlante de sa peau. Sherlock avait très mal au poignet, mais n'en fit pas part, et se contenta de laisser sa main libre glisser dans le dos de l'ancien soldat, caressant les douces boursouflures causées par ses griffures. John embrassait son cou, léchant la peau fine.

« Tu en veux encore ? » La voix de Sherlock était féline, mais l'autre y sentait poindre une fatigue compréhensible. John s'assit contre le mur, fit installer le brun sur son bassin, leur torse s'épousant à la perfection, et il le serra contre lui, sans un mot, sans un regard, s'emplissant de son parfum.

« Un très bel anniversaire. » reprit le détective, languissant, murmurant ensuite qu'ils devraient aller se laver pour ne pas prendre froid. John se leva de mauvaise grâce, fit tinter les menottes, et demanda ensuite d'une voix déjà éteinte ou se trouvaient les clefs. Ce serait tout de même plus pratique de se délasser sans ces machins métalliques qui leur meurtrissaient tous deux la peau. Sherlock lui mordilla insolemment le lob de l'oreille :

« Clefs ? Quelles clefs ? »

Il sourit en voyant son amant blanchir.

"..."

« Fais quelque chose. Et vite. »

John allait devenir fou. Non seulement un tambour lui réduisait gentiment le cerveau en bouillie à cause de sa gueule de bois, mais, de plus, les clefs de ces foutues menottes restaient introuvables. Sherlock ne faisait pas le moindre effort pour les chercher, allongé sur le canapé, le bras tendu et toujours lié à celui du blond.

« Tu veux appeler Lestrade pour qu'il nous aide ?

-Hors de question. »

Sherlock sourit, fit tinter le métal, et se lécha les lèvres. Son corps était encore languissant de leurs précédents ébats, mais l'envie revenait déjà, intarissable. John, installé sur la table basse, rêvassait.

« Comment dois-je m'habiller pour Samedi ?

-Viens en pull. C'est simple à enlever.

-Sherlock !

-Ma mère ne juge pas sur la tenue physique. »

Le blond soupira. Il sentait qu'il allait avoir l'air d'un plouc dans cette famille pseudo bourgeoise aux grands airs. Mais après tout, il était trop tard pour reculer. John se leva, obligeant l'autre à tordre son bras, et lui demanda de le suivre pour aller chercher une tenaille sous l'évier, histoire de leur donner plus de liberté. Sherlock considéra leur situation. Sourit :

« Non.

-Pardon ?

-J'aime savoir que tu seras toujours à une dizaine de centimètres de moi. Je refuse de venir avec toi. »

John tempêta.

Supplia.

Cria.

Menaça.

Et au final fit une sieste sur le détective qui commença un nouveau livre, ricanant presque sournoisement de cette victoire. Ses yeux tombèrent un instant sur la fenêtre, et remarquèrent que cette fichue neige avait enfin cessé. La pièce d'échec, toujours sur la commode, ressortait d'autant plus sur le meuble noir. Sherlock posa son bouquin sur le dos du blond, et fronça les sourcils. Il n'aimait pas cette histoire de revenant. Moriarty était mort, il avait pris une balle en plein front, il y a avait deux témoins, point barre. Il ferma les yeux, repassant dans sa tête la confrontation avec l'assassin, et en arriva à la conclusion que Jim avait accepté sa mort dès l'instant où il avait cru que lui-même avait quitté le monde des vivants.

Qui donc pouvait bien se cacher derrière tout ça ? Le bras droit de Moriarty.

Moriarty était un solitaire chevronné. Pas de bras droit.

Alors qui d'autre ? Un fan inconditionnel.

Sherlock ouvrit les yeux. L'idée même que l'assassin puisse tenir un blog était stupide, mais pourtant, la théorie restait pertinente. Quelqu'un avait trouvé les exploits de Moriarty tellement brillants qu'il voulait continuer à le faire vivre.

« Comme si l'on pouvait croire à une telle mascarade. »

Sherlock se tassa un peu plus sur son coussin. Son téléphone vibra sur le sol. Il tendit le bras, le frôla , refusa de faire plus d'effort, abandonna. Ensuite, la vibration se fit entendre dans la poche arrière de John qui ne daigna pas se réveiller, et l'autre s'en empara avec habileté :

« Oui ?

-Ah, Sherlock, je voulais vous joindre !

-Perte de temps, Lestrade, venez en au fait. Corps ? Plusieurs ?

-Un message. De Moriarty.

-Moriarty est MORT.

-Et bien nous avons tout de même un message !

-Nous arrivons. Préparer une paire de tenailles, en passant.

-Des ten- »

Sherlock avait raccroché. L'autre émergeait doucement, grognant dans son reste de sommeil qu'il devait arrêter de s'endormir n'importe où, et le brun lui murmura qu'ils avaient un autre message sur les bras. Le blond se leva de mauvaise grâce, réalisa qu'il ne pouvait pas mettre de veste, en prit une pour cacher leurs mains, laissa Sherlock lui passer une écharpe autour du cou, et ils partirent. Mrs Hudson ne fit aucun commentaire en les regardant passer dans la cage d'escalier d'une drôle de démarche.

"..."

CLAC.

C'était le bruit qu'aurait dû faire les menottes en se brisant, mais, alors que Lestrade, les joues rouges de gêne, allait faire fonctionner l'outil, Sherlock avait miraculeusement retrouvé les clefs dans sa poche de jeans. Le blond, furieux, avait fichu le camp aussitôt, laissant derrière lui un inspecteur complétement dépassé et un Sherlock égal à lui-même, voir un peu plus réjouit qu'a l'accoutumé.

« Bien, après ce petit écart de conduite, pourrions-nous-

-Mais ce sont mes menottes, en plus ?

-Oh, ne me dîtes pas que vous avez fait autre chose qu'attraper des bandits avec, ce serait mentir.

-Et pourquoi cela ?

-Vous n'avez rien de fougueux, ça se voit de suite. »

Sur ces aimables paroles, le brun piqua le téléphone posé sur le bureau, alors que l'inspecteur regardait les menottes avec une incrédulité désespérée.

Je suis prêt à reprendre du service. On s'y met ? M

Sherlock analysa la totalité des mots, réfléchit quelques minutes, puis reposa l'appareil en haussant les épaules. Décidemment, l'amateur qui essayait d'imiter l'assassin ne devait pas beaucoup le connaître pour envoyer des messages de si petite envergure.

« Totalement fade », commenta le détective.

« Je vous emmerde, Holmes », rétorqua l'autre, se croyant concerné par la phrase. Le brun roula des yeux, pinça ses fines lèvres, et murmura qu'ils avaient à présent deux options. Soit le mystérieux envoyeur de message allait finir par se rendre compte que personne ne s'affolait à la lecture de ses pseudos menaces, soit Lestrade allait enfin justifier son salaire en affrontant de nouveaux meurtres d'une complexité digne de l'assassin. En tout cas, Sherlock trouvait que le souvenir de Moriarty mettait un peu trop de temps à s'estomper.

"..."

« Bonjour, Docteur. »

John enfila sa veste en grognant un borborygme sans chercher de raison à cette présence insolite, et Mycroft prit cela comme un aimable salut. Il lui demanda s'il n'avait pas trop mal au poignet, et l'ancien soldat se mit à brailler que cela ne le concernait pas, qu'il était grand et qu'il faisait ce qu'il voulait concernant sa vie sexuelle.

« Je vous signale juste que vous parlez de mon frère.

-Et bien croyez-en mon avis, mon frère est une bête de s… »

Il s 'arrêta d'un coup, vira carmin, fourra ses mains dans ses poches. Mycroft baissa sur ses yeux son chapeau noir, sourire aux lèvres, et lâcha que si le médecin était aussi volubile lors du repas, sa mère risquait de l'adorer séance tenante.

« Je vous demande pardon ?

-Mummy connaît déjà tout de vous, je suis navré de vous l'apprendre. Elle va chercher à vous faire parler de votre couple. De vos futurs projets.

-C'est donc un gêne commun, chez les Holmes, de fourrer son nez partout ?

-Ne soyez pas si aigre, c'est cette affaire de menottes qui vous chagrine ? »

L'autre ne répondit pas. Cette soirée d'anniversaire le plongeait dans une anxiété non désirée. Mycroft s'alluma une cigarette, fixant l'horizon d'un œil flou, et glissa qu'il devait par ailleurs le féliciter pour son dernier tir, celui-là même qui avait scellé plus d'un destin. Le blond se sentait vide. Soudain, l'odeur de tabac parvint à ses narines, et il frissonna de la tête aux pieds.

« Pourriez-vous…Fumer un peu plus loin ? Je…Je…Fais une intolérance à la cigarette. »

Mycroft percuta, s'excusa sourdement, jeta l'objet fumant au loin. La cigarette s'éteignit dans la neige avec un grésillement sonore. John déglutit, s'ébroua sous le regard inquisiteur de l'ainé Holmes.

« Vous ne regrettez pas votre geste, j'espère.

-…C'est toujours dur de tuer un homme. Qu'il soit bon, mauvais, ou les deux. A la guerre, je défendais ma patrie. J'ai tué plusieurs personnes qui venaient achever mes malades. Je n'avais pas le choix. Mais je n'ai jamais pu m'y habituer. On se fait aux bombes, aux destructions, aux blessés graves, mais jamais à la mort qui rôde. C'est inhumain. »

Les doigts du blond vinrent caresser son poignet meurtrit. Sherlock avait voulu lui épargner ça. Il aurait tué lui-même Moriarty, sans remord, sans complexe, sans jamais se remettre en question. John n'avait pas compris. Comment aurait-il pu ?

« John…Je sais que cela manque de sens de vous dire cela maintenant, mais…Vous rendez-vous compte à quel point mon frère vous considère comme étant sa propriété ? »

John leva les yeux vers le brun, chercha ses mots. Non seulement il en avait conscience, mais, pire que ça, il acceptait cette condition. Que serait-il, réellement, sans Sherlock ? Il serait certainement encore dans sa chambre de bonne, les yeux rivés sur l'écran de son ordinateur, incapable d'écrire ne serait-ce qu'un mot concernant son blog. Il aurait encore sa canne. Il s'ennuierait. Deux enfants déboulèrent du coin de la rue. Ils se jetaient des boules de neige. Leur mère arriva derrière eux, essoufflée, leur criant de revenir mais riant aux éclats malgré elle.

« Cela a t-il une réelle importance, que je réponde ou non à cette question ? »

John souriait. Mycroft eut le bon goût d'hausser les épaules d'un air charmant avant de lui annoncer qu'il viendrait lui-même les chercher pour aller à la réception.

"..."

« Tu ne me demandes même pas ce qu'était ce message ?

-Non. Déjà, car je te fais la tête, et deuxièmement car si c'était sérieux, tu m'en aurais déjà parlé. »

Sherlock ouvrit des yeux étonnés. Voila que le blond se mettait à avoir des raisonnements presqu'acceptables, à présent ! Etrange.

« Je peux me racheter en t'invitant au restaurant ?

-Par exemple. »

La main du brun grimpa sur sa cuisse, et l'autre sursauta. Sherlock regardait par la fenêtre tout en surveillant les rétroviseurs alors que ses doigts appuyaient fermement sur la braguette du médecin qui retint un petit gémissement en lui faisant les gros yeux.

« J'avais raison en disant à ton frère que tu étais une bête de sexe…

-Tu as dit quoi à Mycroft ? »

Au final, ce fut Sherlock qui se plongea dans une bouderie enfantine durant la totalité du trajet.

"..."

Tic toc tic toc tic toc.

Faisait l'horloge accrochée au mur. Dans un appartement noir de Londres, quelqu'un se tenait devant un ordinateur, en réfléchissant. Cette personne fumait de longues cigarettes blanches et buvait une tasse de café noir.

Tic toc tic toc tic toc.

Ce bruit l'agaçait profondément, mais l'humeur était à tout autre chose. Sa main cliqua sur sa boîte mail, un message s'afficha, clair net et précis, et un sourire alla éclairer son visage. Bon. C'était en route. Mais la surprise ne viendrait que dans plusieurs jours. En réponse aux messages.

Tic toc tic toc tic toc.

La personne bailla, s'étira dans son fauteuil. Sherlock Holmes et John Watson allaient en avoir pour leur argent, c'était sûr. L'individu tourna la tête la pendule. Ce bruit était agaçant. Aussi agaçant que de devoir attendre avant de débuter cette sublime cascade de meurtres.

"..."


DANS LE PROCHAIN : RENCONTRE AVEC MUMMY :D

Je vous annonce également que la fin de cette "trilogie" arrive à grands pas :)

Le Lemon vous a t-il plu?

P.s : Dans la continuité de mes coups de coeur musicaux, c'était, vous l'aurez reconnu, " Serre-moi " de Tryo.