TORTURE
Pov Alice
Treize mois, cinq jours, vingt deux heures, quarante trois minutes, onze, douze, treize, quatorze...
Même mes tous nouveaux maîtres ne comprenaient pas. Ils avaient tout essayé, y compris Chealsy, mais n'étaient pourtant pas parvenu à me sortir de la dépression. Je fus sombrement amusé d'entendre Marcus m'assurer que j'étais bel et bien la compagne de Jasper, du moins, j'en avais tous les symptômes. En règle générale, séparé de son compagnon, un vampire ne peut que supplier pour la mort et c'était exactement ce que j'avais fini par faire malgré toutes mes promesses.
Contrairement à ce que je pensai, plus le temps passait, plus la douleur devenait insupportable. Une vrai torture.
À sept reprises, j'avais tenté de mettre fin à ma vie, si on peut appeler ça comme ça, mais bien sur, Aro ne me permettait pas de trouver ma libération. A présent, j'avais donc un garde en permanence devant ma porte et Heidi qui avait été désigné pour demeurer dans ma chambre. Ils ne voulaient prendre aucun risque.
Je n'avais donc plus aucun moyen de leur échapper et j'étais devenu beaucoup trop faible pour ne serait-ce que pour déjouer leur fameuse protection.
J'étais devenu une sorte de fantôme et je ne comprenais pas pourquoi Aro s'ennuyait autant avec moi, ce n'était pas comme s'il pouvait se servir de mon don, pas dans mon état. Les seules visions que j'avais été celles de Jasper et de cette fille... Rebecca. Oui, à présent, je possédais toutes sortes d'informations sur la compagne de celui que j'aimai, information dont j'aurai préféré me passer, son prénom en particulier. Ce n'était pas comme si avoir la chance de la connaître pouvait calmer la douleur...
Rebecca avait sans le savoir transformé mon pouvoir en mon bourreau personnel, la voir dans ses bras me tuait lentement, douloureusement, mais sûrement. A tel point qu'on me gaver comme une oie pour assurer ma survie, mais chaque fois qu'une vision s'imposait à moi, je régurgitais pour me sentir aussi faible que si j'avais été démembré.
Je n'étais que l'ombre de moi-même, incapable de contrôler mon pouvoir. Bien sur, certaines visions s'étaient toujours imposés à moi, mais en général, seul un danger imminent se montrait de façon incontrôlable et je pouvais briser une vision assez facilement si je ne désirais pas voir.
Mais plus maintenant.
Il aura fallut six mois de supplications de la part de Jasper pour que la famille finisse par accepter de laisser entrer cette fille et seulement deux pour que Jasper se charge de notre divorce.
J'étais donc officiellement remplacé et il avait fallut que je sois témoin de tout parce que chaque jour, je les voyais. Aucun répit, aucun repos, aucune pitié.
Rien. Rien d'autre que la douleur...
Rien d'autre que la torture encore et encore. Chaque jour, chaque heure, chaque minute.
Je n'aurai pas imaginé cela possible, pourtant, ce fut cependant bien pire depuis hier, parce qu'hier, il l'avait demandé en mariage. Hier, elle avait dit oui, hier, ils s'étaient promit l'éternité et il lui avait juré que je n'étais plus qu'un souvenir. Un souvenir long de soixante ans, cela peut paraître énorme aux yeux des humains, mais pour un vampire, soixante ans face à l'éternité, ce n'est rien.
Je n'étais rien...
Je n'étais plus rien...
Peut-être n'avais-je jamais été quoi que ce soit pour lui ?
Malgré tout cela, il y a tout de même une chose dont je me réjouissais il est heureux. Cependant, au milieu de toute ma peine, je ressentais la peur. J'avais peur de devoir supporter cette douleur trop longtemps. Mes visions m'avaient montrés mon désespoir, je n'aurai cependant jamais pensé que ce serait à ce point sans issue, je n'aurai jamais pensé que je serai si faible, pathétique... j'étais devenu un souvenir qui n'avait plus de raison d'être et pourtant, on me forçait tout de même à être là.
Une voix atteignit mes oreilles alors que je fixais le sol carrelé depuis pratiquement deux jours, incapable de détacher mon regard du sol devenu brusquement la chose la plus importante de ma misérable existence.
- Je pense avoir trouvé une solution ! S'émerveilla Aro en pénétrant dans la pièce sans même prendre la peine de frapper. Je sais comment te faire sentir mieux...
Je ne pris même pas la peine de relever la tête, d'ailleurs, même l'écouter me demander un effort que j'aurai voulu ne pas avoir à faire. Malheureusement, ce n'était pas comme si j'avais le choix. Comprenant que je n'allais pas participer à la conversation, Aro continua après quelques secondes de silence.
Un nomade de passage semble avoir un pouvoir qui pourrait te venir en aide, Alice. Es-tu prête à essayer ?
Je poussais un profond soupire, nécessaire pour trouver la force de répondre, mais mes yeux restèrent fixés sur le sol.
- Pourquoi ne pas simplement me tuer ? Marmonnais-je en serrant les mains tel une prière. Pourquoi ne pas en finir ?
- Pour plusieurs raisons, Alice, répondit-il aussitôt. La première est que tu es bien trop précieuse pour être détruite inutilement, la seconde est que je t'ai promis de ne pas te laisser mourir, la troisième est que tu tenais à continuer à prendre soin des Cullen et de ton... mari à dist...
- Ex-mari, sanglotais-je
Je sentis le lit s'affaisser légèrement, puis la main d'Aro prit doucement la mienne
- Comment ça ?
Je souriais amèrement en prenant conscience qu'il n'était pas au courant de ce fait, dans mes tentatives d'en finir, j'en étais même arrivé à essayer de l'attaquer, donnant du même coup une bonne raison pour ses gardes de me détruire, mais bien sur, il n'avait pas été dupe et depuis, il avait prit soin de garder ses distances.
- Il... il a demandé le divorce deux mois après mon départ, soupirais-je en secouant tristement la tête. Et hier, il lui a demandé sa main... je n'existe plus à présent, je ne suis plus rien...
Aro garda le silence durant de longues minutes, mais je sentis son corps se tendre et sa main se crispa sur la mienne. Dans d'autre circonstances, j'aurai pu reconnaître que malgré son régime alimentaire, Aro était loin d'être cruel, je dirai même que son age avancé lui apportait une sagesse et une compréhension sans pareil.
Mes pensées parurent être appréciés par qu'il se détendit instantanément, puis il poussa un soupire avant de parler de nouveau.
- Alice, je sais que tu ne veux pas entendre ça, surtout en ce moment, mais il ne te mérite pas. Il ne mérite pas tant d'amour et de dévotion, et tu peux me croire, il ne mérite certainement pas ta mort. S'il te plaît, laisse-moi te sauver, je suis sur que Vanick peut te venir en aide, il...
- C'est bon, le coupai-je dans un grognement. Je ne veux pas savoir comment, s'il peut faire partir la douleur, alors je prends. De toute façon, je suis sur que quelque soit mes supplications, tu n'accéderas pas à ma requête et j'en suis arrivé à un point ou je n'arrive même plus à contrôler mes visions, je le vois... chaque jour, je le vois avec elle... je vois tout...je... fais ce que tu veux, tout ce que je demande, c'est que quoi qu'il arrive, tu respecte tes promesses
- Je t'en ai fais le serment Alice, les Cullen seront protégés, d'autant que j'apprécie trop mon vielle ami pour laisser quoi que ce soit lui arriver, à lui ou à son clan...
Je hochai la tête et ferma les yeux quelques secondes en prenant quelques inspirations dans l'espoir de me calmer. Je ne savais pas de quoi été capable ce Vanick, mais s'il pouvait m'aider, alors je n'allais pas rechigner.
En fait, j'étais même plutôt impatiente.
Sans un mot, Aro se leva en me tirant doucement par le bras. Laissant mes yeux scruter le sol, je ne fis pas attention à notre destination, pas avant d'y arriver du moins. Lorsque je sentis la brise sur mon visage, je relevai la tête pour balader mes yeux sur les Jardins, plus d'un an ici et je n'avais jamais eu l'occasion de les voir. Ils étaient magnifiques.
Mon inspection sommaire des lieux s'arrêta lorsque mon regard tomba sur un vampire absolument énorme, bien plus qu'Emmet ou Félix. Il m'adressa un léger sourire avant de reporter son attention sur Aro.
- Elle a besoin de ton aide, mon ami. Fais le nécessaire
Le vampire hocha la tête et à la seconde ou ses yeux retombèrent sur moi... tout changea.
