CHANGEMENT
Pov Edward
Depuis quelques temps, je fréquentais Bella, pour le moment, bien que déjà très attaché à elle, je ne savais pas trop quoi faire de cette relation, elle était humaine après tout. Cependant, malgré les sentiments que je nourrissais à son égard, la situation au sein de notre famille me tracasser beaucoup trop pour envisager autre chose qu'une amitié. Je me contentais donc de passer du temps avec elle, la laissant détourner mon attention autant que possible de ma sœur disparut, de la nouvelle personnalité de mon frère, de cette famille qui se disloquait lentement. De toute façon, sans Alice et ses conseils, je ne pouvais pas risquer de me rapprocher de Bella.
Cela faisait bientôt deux ans que nous n'avions plus de nouvelles d'Alice, mais aucun de nous, si ce n'était Jasper, ne parvenait à l'oublier. Évidemment, il avait été très difficile d'accepter la présence de cette fille dans notre maison, mais nous ne voulions pas perdre Jasper en plus d'Alice, alors même si la plupart d'entre nous ne lui adressait pas la parole, elle vivait à présent au sein de notre famille en tant que nouvelle femme de Jasper.
Sans surprise, Rosalie fut celle qui supportait le moins la situation, d'ailleurs, elle avait totalement refusé d'assister au mariage et sortait de la pièce chaque fois que Rebecca y entrait et depuis quelques semaines, elle ne faisait que parler de partir loin pour échapper à sa présence.
Nous allions donc bientôt perdre Rosalie et Emmet, et très sincèrement je me demandais comment je pourrais supporter de rester avec le nouveau couple.
Je n'avais pas confiance en elle, je ne l'aimai pas tout comme les autres, de toute façon, même Esmée et Carlisle se contentaient d'être poli avec elle. Ne pas pouvoir lire ses pensées me dérangeais à un point que ça en devenait agaçant et puis, je pensais de plus en plus à partir à la recherche d'Alice. Bien sur, je savais que si elle ne voulait pas être retrouvé, la chercher ne servait à rien, mais je voulais tout de même essayer.
Je lui en voulais un peu d'avoir disparut de la sorte, je pouvais cependant comprendre ses raisons. Comment aurait-elle pu rester sachant ce qui allait arriver ?
Connaissant ses pensées, Alice aimait Jasper plus que de raison, elle aurait tout fait pour le rendre heureux, c'est pour ça qu'elle avait intégré la famille et c'était également pour ça qu'elle était partit sans combattre. Bien qu'Alice s'était facilement attaché à chacun d'entre nous, il ne lui aurait posé aucun problème de vivre uniquement avec Jasper, ni même de se nourrir d'humains. Mais elle savait de quoi Jasper avait eu besoin et elle le lui avait donné.
Son sourire, sa bonne humeur, ses blagues, tout me manquer. Elle était vraiment devenu ma petite sœur et j'étais malade de la savoir seule quelque part, rongé par la peine. Je ne pouvais qu'espérer qu'elle n'avait pas fait de bêtise, qu'elle allait bien ou du moins, le mieux possible, parce que j'étais bien conscient qu'elle avait dû voir tout ce qui s'était passé ici.
- Elle te manque aussi ? Entendis-je derrière moi
Je souris sans me retourner. Depuis un moment, Emmet et moi avions l'habitude de nous retrouver dans une clairière à quelques kilomètres de la frontière canadienne afin de parler tranquillement.
- Oui, soupirais-je en me retournant vers lui. J'étais en train de me demander si je ne devrais pas essayer de la retrouver, ne serait-ce que pour m'assurer qu'elle va bien... j'imagine les visions qu'elle a dû avoir ces deux dernières années, à quel point elle a dû se sentir seule...
Emmet s'installa près de moi et me tapota doucement l'épaule en souriant tristement.
- Ouai, ça doit être horrible, acquiesça-t-il. Ce serait une vraie torture pour moi de voir Rosalie aimer, faire l'amour, m'oublier, se marier avec quelqu'un d'autre. Je t'avoue que je ne comprends pas Jasper, il semble avoir oublié Alice si facilement... c'est comme s'il était possédé...
Même si ce qu'il venait de dire était une mauvaise plaisanterie, je ne pouvais pas m'empêcher de l'envisager. Jasper était si différent, non pas depuis le départ d'Alice, mais depuis sa rencontre avec Rebecca. Au début, j'avais eu tendance à me dire qu'il essayait simplement de ne pas s'enfoncer dans la dépression, mais la rapidité avec laquelle il avait mit un terme à son mariage, la rapidité ou il avait demandé la main de Rebecca me sembler si étrange. Mais ce n'était pas seulement ça, cette fille paraissait à présent être tout ce qui lui importait. Il n'avait plus de temps à passer avec nous, il ne venait même plus chasser avec nous... ils étaient toujours collés l'un à l'autre, même avec Alice ce n'était pas comme ça. Cette relation semblait malsaine, étrange et tout sauf naturel.
- Rosalie veut partir, mec, soupira brusquement Emmet coupant la ligne de mes pensées. Et je t'avoue que je n'ai même pas envie d'essayer de la dissuader. Tout est si différent à présent, Carlisle est toujours à l'hôpital, Esmée part aussi de son côté. Jasper et sa nouvelle femme sont comme des siamois, toi tu déprime plus et Rosalie est tellement prise par sa colère qu'elle ne pense à rien d'autre... peut-être que partir un moment serait une bonne chose, peut-être... je ne sais pas, je veux juste oublier que cette fille à foutue la famille en l'air
- Peut-être en effet que vous retrouvez tous les deux un moment vous ferez du bien, confirmais-je tristement...
- Tu pourrais venir si tu ne veux pas rester seul ici avec...
- Pas du tout ! Le coupais-je en ricanant. Pour vous entendre forniquer comme des lapins, Em ? Non merci, mais je vais peut-être partir de mon côté un moment aussi
Il hocha la tête en souriant doucement. Je fus étonné qu'il ne me casse pas les oreilles avec l'une de ses blagues sur la longueur de sa chose ou à quel point sa femme l'aimait...
- Viens, mec. Rosie va me chier une brique si je la fais attendre trop longtemps, elle voulait qu'on sorte ce soir
Il sauta sur ses pieds, m'adressa un sourire espiègle et en un clin d'œil, il se mit à courir en direction de la maison.
Le dernier arrivé est un œuf pourrit
Je riais à sa bêtise, non seulement parce qu'il était vraiment friand des enfantillages, mais aussi parce qu'il devrait savoir après quelques décennies, qu'il n'avait aucune chance contre moi. Nous courrions donc à pleine vitesse en direction de la maison et je n'eus aucun mal à le distancer, mais brusquement, je remarquais l'odeur de Rosalie et Carlisle à proximité et changea de direction.
Dire que je ne fus pas choqué de trouver Rosalie avec un bras en moins et Carlisle les vêtements déchirés, à cause de ce qui devait être un combat serrait l'euphémisme de l'année. Je m'arrêtais net devant eux en regardant autour de moi, à la recherche d'un éventuel ennemie avant même d'ouvrir la bouche.
- Qu'est-ce qui se passe ? M'enquis-je après m'être assuré qu'il n'y avait aucun danger
Carlisle recolla le bras de Rosalie et se tourna vers moi, les yeux noirs et d'après ses pensées et son expression, il était tout aussi confus que je l'étais.
- Emmet était en retard, alors j'ai décidé de le rencontrer en chemin, m'expliqua Rosalie en se relavant, mais je me suis fait attaqué et... je suis incapable de dire à quoi ressemble ce vampire, c'est très étrange. Regarde toi-même
Rosalie m'ouvrit alors son esprit, me montrant son attaque. Effectivement, ce souvenir était très étrange, c'était comme si le vampire en question était flouté, à tel point qu'il était impossible de dire s'il s'agissait d'un mâle ou d'une femelle.
Un rugissement se fit entendre derrière moi et en tournant la tête, je vis Emmet scruter Rosalie se tenant toujours le bras, les vêtements déchirés, il avait les yeux écarquillaient. Mais il se reprit rapidement, se plantant devant sa compagne pour chercher frénétiquement toute trace de blessure.
- Je vais bien, Em, tenta-t-elle de le rassurer
Celui-ci était furieux, il grognait bas, regardant autour de lui dans l'espoir de trouver le coupable, mais ne faisait que se frustrer d'avantage en comprenant qu'il avait disparut depuis longtemps.
- C'est effectivement très étrange, soupirais-je en constatant que Carlisle ne se souvenait pas plus de l'agresseur
- J'ai reçu un appel d'Aro me prévenant que Rosalie allait se faire attaquer dans les bois, m'expliqua-t-il en se relevant pour me faire face. J'ai couru de suite en espérant la retrouver à temps, lorsque je suis tombé sur elle j'ai vu le vampire qui l'attaquait, apparemment décidé à la tué. J'ai sauté dessus, mais au lieu de se défendre, il s'est enfuit sans demander son reste. Et je suis également incapable de dire à quoi il ressemblait... c'est comme un flou étrange...
Le silence s'installa un moment, chacun de nous se demandant quel genre de pouvoir avait ce vampire pour être capable de cacher son identité de la sorte.
- Comment Aro pouvait-il savoir ce qui allait...
Emmet s'arrêta net lorsque l'évidence lui apparut en même temps que nous.
- Alice ! Murmurais-je brusquement prit de colère. Aro nous avait pourtant dit qu'elle n'était pas là-bas !
- C'est certainement elle qui lui a demandé de ne rien dire, soupira Carlisle. Je connais Aro, il est implacable lorsque c'est nécessaire, mais il est juste
Rosalie étira alors un large sourire avant de se tourner vers Carlisle
- Nous pouvons aller la chercher alors ? S'écria-t-elle plus heureuse qu'elle ne l'avait été depuis le départ de notre sœur
Je vis Carlisle reporter tristement son regard sur le sol, hésitant, cherchant ses mots, tout en me cachant ses pensées. Cependant, il n'y parvint pas longtemps, puisque je vis une bride de sa conversation avec Aro.
- Nous ne pouvons pas, marmonna-t-il après un long silence. Il n'a pas été dans les détails parce qu'il n'était pas temps de converser, mais il a été très clair à ce sujet. Aucune visite et il m'a demandé de le recontacter lorsque nous serons tous hors de danger afin de m'en dire un peu plus.
Emmet et Rosalie grognèrent sauvagement, visiblement pas prêt à accepter cette réponse et moi j'étais confus, si Jasper et sa nouvelle femme ne venaient pas, pourquoi ne pourrions-nous pas au moins lui rendre visite ?
Rapidement, chacun de nous se reprenait et nous repartions en direction de la maison, espérant trouver des réponses, non seulement au sujet d'Alice, mais également au sujet de celui qui avait attaqué Rosalie.
Pov Alice
Je terminai mon repas, laissant le corps de l'homme glissé sur le sol. Relevant la tête, je remarquais le regard d'Afton et je lui souriais gentiment avant de retourner vers ma chambre, bien décidé à y changer la décoration pour la énième fois.
Au début, je ne comprenais pas vraiment pourquoi je n'étais jamais laissé seule, d'ailleurs, les étranges instructions d'Aro me laissaient également perplexe. Pourquoi devrais-je garder un œil sur ces Cullen ? Pourquoi devrais-je m'inquiéter de ce qui pouvait leur arriver ?
Évidemment, il n'avait pas voulu m'en dire d'avantage durant les premiers jours, se contentant de m'ordonner de le prévenir si je voyais quoi que ce soit qui pourrait les mettre en danger. Puis un soir, il passa dans ma chambre et m'expliqua tout ce que j'avais besoin de savoir. Au début, je refusais de le croire. Comment aurai-je pu ? Moi, suicidaire après avoir été trahi par celui qui devait être mon compagnon, allant jusqu'à attaquer Aro lui-même dans l'espoir d'être exécuté parce qu'incapable de supporter la douleur ? Les réponses qu'ils m'offraient ne m'amener qu'à de nouvelles questions. Les vampires n'avaient-ils pas qu'un seul compagnon ? Comment Jasper pouvait-il réellement être le mien s'il était à présent avec quelqu'un d'autre ? Pourquoi ne m'étais-je pas battu pour lui ? Comment ce clan qui m'avait accueillit si longtemps avait laissé Jasper me remplacer si facilement ?
Autant de questions auxquelles Aro répondit patiemment. Malgré tout le mal que j'eus pour croire à ses mots, après plusieurs heures d'explications, aussi choqué que je pouvais l'être, j'avais commencé à envisager qu'il me disait la vérité. Je n'aimai pas l'idée d'avoir dû me faire effacer une partie de ma mémoire, mais cela avait apparemment été la seule solution. Bien sur, une partie de moi doutait encore après le départ d'Aro, mais il m'avait assuré que j'allais rapidement avoir des visions me confirmant ses dires.
Et il avait eu raison.
J'avais vu Edward parler avec Emmet. Entendre que je manquais à ceux qui étaient devenu deux inconnus été réellement très étrange, choquant même. Mais si j'avais véritablement souffert ne serait-ce que la moitié de ce que m'avait conté Aro, alors j'étais heureuse de l'avoir fait. Heureuse de ne plus vivre cette agonie, heureuse d'avoir oublié jusqu'à celui qui était censé être l'amour de ma vie.
Je ne voulais pas être triste, me sentir abandonné ou trahit. Je ne voulais pas tomber dans une horrible dépression dont la seule porte de sortie envisageable serait la mort.
Non, je voulais être heureuse.
C'était loin d'être parfait, bien sur, mais j'étais tout de même heureuse de ne pas être seule, heureuse également de pouvoir tenir la promesse à laquelle mon ancienne moi tenait tant et qui était de protéger les Cullen. Bien qu'à présent, ils n'étaient plus rien, je savais que si j'en étais arrivé à offrir ma vie en échange de leur protection, c'est qu'ils en valaient la peine. Et si, malgré ce que m'avait fait ce Jasper je tenais tout de même à le protéger, c'est qu'il y avait une bonne raison.
Je devais les protéger, même s'ils étaient à présent de parfaits inconnus.
C'est donc ce que je fis lorsque je vis cette étrange vision. Un vampire sans visage, je ne savais même pas que ça pouvait exister. La seule chose qui était clair, c'est qu'il ou elle attaquait Rosalie dans les bois, la tuant sans l'ombre d'une hésitation. J'avais couru aussi vite que possible dans la salle du trône pour montrer la vision à Aro, qui fut lui même plus qu'étonné de ne pas être capable de distinguer son visage, ni même son corps dans une certaine mesure. Alors qu'il s'empressait d'aller contacter ces fameux Cullen pour les prévenir, je cherchais de nouveau, essayant d'en voir plus, espérant sans comprendre découvrir le pourquoi de cette attaque. Mais la seule chose que je vis, ce fut l'ami d'Aro, Carlisle, arriver à temps pour sauver Rosalie et puis plus rien.
Encore une fois, je ressentis cette étrange émotion en moi. Ce soulagement de les savoir sains et saufs.
Et cela semblait suffire à faire mon bonheur...
