Héhé! Désolée pour le retard! En espérant que la suite vous plaira!
La pluie s'écrase sur la vitre de la fenêtre sans un bruit. Elle suit les gouttelettes d'eau du bout des doigts. Traçant les sillons qu'elles forment comme des arabesques dansantes et lumineuses sur un fond noir. Dehors, les lumières de New-York City semblent à une galaxie de distance. Elle ressert un peu plus son vêtement autour de ses épaules. Elle a froid. Elle a chaud. Elle ne sait plus. Le silence de son appartement est bruyant. Trop différent aux cris constants des hôpitaux. Trois semaines qu'elle est réveillée maintenant. Elle est rentrée. Le monde continue à tourner. Mais il n'est plus pareil. Est-ce le monde qui change, ou est-ce nous qui voyons le monde d'une façon différente au fil des chutes? Elle ne peut y répondre. Elle n'a pas la réponse. D'une certaine façon, elle s'ennuie de ce sommeil aux rêves étranges qui faisaient en sorte qu'elle ne pouvait être touchée par la dureté du monde extérieur. Mais elle était heureuse de retrouver la chaleur de ses amis. Elle sourit doucement. S'éloigne de la fenêtre.
Sur sa table basse repose une photo d'elle et Josh. Tous deux sur la moto du médecin, tous sourires. Elle la prend entre ses mains, s'asseoir sur le sofa, les jambes sous elle. Elle observe le visage de Josh sans vraiment le voir. Il est souriant. Charmant. Adorable. Ses yeux pétillent sur cette photo prise des mois plus tôt. Son sourire à elle semble forcé, faux. Elle en grimace un peu. Il est toujours dans sa vie. Elle n'a pas eu le courage de rompre. Non qu'elle doute. Mais ne plus avoir Josh dans les parages, c'est assumer ses sentiments pour Castle. Et elle a peur. Mais peur de quoi? Elle avait du mal à mettre des mots sur cette peur. Elle préférait mettre son cœur sur la glace. L'oublier avec un autre homme qui ne méritait pas un tel sort n'était pas la meilleure des idées.
Le téléphone sonne. Les Beatles y vont avec leur « Hello Goodbye», la sonnerie de Ryan. Elle jette un coup d'œil à l'horloge indiquant 23h55. Elle plisse le nez. La sonnerie s'arrête. Repart. La voix semble plus pressante encore. Plus agaçante. Elle attrape le petit appareil et le porte à son oreille après avoir appuyé sur la touche approprié.
« Beckett»
La voix de son ami lui parvint. Calme et professionnelle. Elle écoute. Auditrice silencieuse et attentive. Son ami ne lui dit pas grand-chose. Il lui communique une adresse, lui demande de venir le plus rapidement possible. Aucune fioriture. Il ne lui demande pas si elle va bien. Rien. Juste une adresse. Elle acquiesce, soupire, coupe la communication un temps en retard sur son coéquipier. Elle se lève, attrape ses clés sur la table de basse, prend son arme ranger dans le tiroir du secrétaire et sort.
Les rues de New-York sont plutôt calmes à une telle heure. Bien que toujours aussi vivante. La voiture de la détective zigzague entre taxis et limousines. Elle s'engage dans le Lower Est Side. La pluie tambourine sur la voiture, est balayé par l'essuie-glace. Dans l'habitacle, Céline Dion s'époumone sur Because you loved me. Elle l'entend à peine. Elle gare sa voiture à quelques mètres de la zone est cerclée par un ruban jaune et par des voitures de police aux gyrophares clignotants. Sa portière claque dans le brouhaha de la rue. Avec un soupire, elle cherche du regard la silhouette familière de Ryan ou d'Esposito. Elle ne comprend pas trop pourquoi elle est là. Elle n'a pas encore reprit le service. Elle aurait dû être chez elle, plonger dans un bain chaud, avec un roman – de Castle, mais ça, elle ne l'avouerait pas – non sur une scène de crime.
« Yo, Becks'»
La jeune femme se retourne pour découvrir le visage sérieux comme la mort de Javier. Son ami semble nerveux, appréhende quelque chose qu'elle ne connait pas encore. Elle fronce les sourcils. La pluie trempe ses cheveux, mouille ses vêtements, rend sa peau moite et luisante sous les lueurs bleus et rouges des gyrophares. Cette pluie est coupée rapidement par le parapluie noir de Ryan, le visage aussi grave que son partenaire. Elle fronce les sourcils, soucieuse. Quelque chose cloche. Elle ne va pas aimer ce qu'ils vont lui dire.
« Pourquoi suis-je ici?»
Regard nerveux entre les deux hommes. Pas de réponse. Elle la réitère. Elle entend le soupire de Ryan. Sur un signe d'Esposito, il la guide vers l'immeuble, une main dans son dos, le parapluie toujours au dessus de sa tête.
« On a reçu le téléphone d'une vieille dame vers 22h30. Elle semblait paniquée. Elle nous a expliqué que le fils de sa voisine était dans les escaliers. »
« Mort?»
« Vu la quantité de sang, il ne pourrait pas en être…OUILLE!»
Il lance un regard ou se mélange douleur et incompréhension à Esposito qui vient de lui enfoncé son coude dans ses côtes. Ils sont maintenant dans le vestibule de l'immeuble. Le plancher blanc est usé par les années. L'ascendeur est devant eux. Ce n'est qu'une plateforme de métal avec une barrière de fer forgée qui se referme en le poussant vers le bas. Une affiche jaune hurle que l'appareil ne fonctionne pas. Elle l'a remarqué. Les observe du coin de l'œil, des questions plein les yeux.
« J'ai déjà vu des cadavres, vous savez?»
Regard entendu entre les deux hommes. Visiblement à contre cœur, Esposito fini par lui demander de la suivre. Ce qu'elle fait. La première chose qu'elle voit, c'est Lanie, agenouillé près d'un corps. L'air aussi grave que ceux de Ryan et d'Esposito. Le regard désolé. Kate ne comprend pas. Elle baisse les yeux vers l'homme allongé dans une marre de sang…
Et là, le monde éclate…
