« Shura… »

Carmen avait l'impression de rêver. Était-ce lui, Shura, dans cet habit étincelant de lumière ? Était-ce lui qui venait de fendre la terre en deux ? L'homme qui se tenait devant sa modeste personne avait tout d'une incarnation divine au charisme insensé. La jeune fille n'osait prononcer ne serait-ce qu'une parole, craignant de commettre un crime de lèse-majesté. Elle l'avait toujours respecté, comme on respecte et on admire un de ses ainés mais avec cette apparition dramatique, il avait changé de dimension. Elle se sentait misérable comparé à lui, lui qui était pourtant son ami. Bouche entrouverte, aucun son ne souhaitait s'échapper. Qui était-il ? Un de ces êtres exceptionnels, un chevalier ? Aucun habitant de Rodorio n'ignorait l'existence et le rôle des chevaliers d'Athéna mais personne n'en avait jamais rencontré. Ils étaient des sortes de légendes vivantes dont on contait volontiers les aventures et les exploits au coin du feu. Shura était l'un d'eux… Et il aurait volontairement révélé sa nature d'exception aux yeux d'une gamine ? Insensé !

L'adolescente détourna légèrement le regard, sous les yeux de l'homme dont la cape immaculée flottait au gré d'un vent chaud balayant cette terre aride. Pourquoi avoir revêtu son armure à la dorure raffinée spécialement ce soir là ? Cela ne pouvait qu'avoir une relation avec ce qu'il lui avait raconté la veille, sur le destin… La lumière se dissipa peu à peu pour disparaître totalement, laissant le chevalier tapi dans l'ombre. Ce n'était qu'à ce moment précis que Carmen trouva le courage de se relever et avança de quelques pas en sa direction tout en épiant la moindre réaction sur ce visage taillé dans le marbre. Il exerçait une telle fascination sur elle, mêlée à une crainte tout aussi importante. Qu'adviendrait-il d'elle ? Il pouvait la tuer d'un battement de cils. Desserrant la mâchoire, l'apeurée parvint tout de même à poser cette insignifiante question :

« Mais qui es-tu ?

— Je suis le chevalier d'Or du Capricorne, dit-il le plus simplement du monde. »

Cette révélation n'avait rien d'anodin pour la jeune fille qui lui offrit en prime un regard plein d'étonnement. Elle ne s'était doutée de rien… Pire encore, elle avait le sentiment d'avoir été trompée, trahie par cet homme auquel elle vouait une admiration sincère. Il lui avait menti sans qu'elle ne puisse en apprécier la raison. Ses voyages, ses rencontres qu'il se plaisait tant à décrire… N'étaient-ce que des illusions ? La brune se mordit la lèvre inférieure à cette pensée. Bien qu'elle sache que derrière son mensonge se cachait certainement une très bonne raison, l'orpheline ne pouvait s'empêcher d'être déçue, frustrée. Poings serrés et regard maintenant braqué sur son ami, elle se fit plus véhémente :

« Et pourqu…

— Pour te protéger, Carmen, la coupa-t-il. Je t'ai caché mon identité uniquement pour te protéger. »

À nouveau, toutes ses forces l'abandonnèrent. La froideur de sa voix et le contenu de ses propos l'avaient désarçonnée. Était-il capable de lire en elle comme dans un livre ouvert ? Cela expliquerait qu'elle n'ait pas eu l'occasion de terminer sa question. À moins que son attitude trahissait ses pensées, ce qui était déjà plus plausible. Carmen mit quelques instants à comprendre de quelle manière elle aurait pu être menacée, elle petite chose insignifiante. Il lui fallait pour cela intégrer une bonne fois pour toutes que le jeune homme qu'elle connaissait n'existait pas. C'était un chevalier, un guerrier. Il disposait donc d'un lot conséquent d'ennemis et de détracteurs. Personne à Rodorio ne pouvait se douter de son rang puisqu'il était connu comme quelqu'un de tout à fait banal.

« Et… Pourquoi tu te présentes à moi en tant que chevalier ? demanda-t-elle hésitante.

— Je suis en mission.

— Je suis l'objet de ta mission ?

— C'est exact, lui asséna-t-il. »

Incompréhension. Carmen ignorait ce que pouvait bien vouloir le Sanctuaire à une gamine de onze ans. Elle eut alors un doute sur les intentions de Shura : il n'allait tout de même pas la tuer ! Lui qui s'évertuait à lui éviter tout ennui… Instinctivement, elle recula quelque peu, bien que si telles étaient ses intentions son sort était déjà scellé.

« Pas de panique. J'ai pour mission de t'amener auprès du Grand Pope. Tu en sauras plus lorsque tu le rencontreras. »

Il sourit de ses blanches dents et se retourna avec élégance, faisant face à la falaise. Le Capricorne caressa de la main la roche blanchâtre de cet édifice naturel pour ensuite reporter son attention sur la chétive jeune fille. Ses cheveux étaient d'un brun aussi intense que le sien, quoique bien plus longs et ondulés. Carmen… Ce prénom lui seyait à merveille. Son inspection cessa lorsqu'il remarqua que l'intéressée le regardait curieusement. En toute solennité, le chevalier pointa un index vers le ciel :

« Le Sanctuaire se trouve au sommet de cette falaise. Libre à toi de la gravir, Carmen. »

Une nouvelle source lumineuse fit son apparition, blessant une nouvelle fois la vision de la jeune fille. Cette fois, une faille semblait provenir de la falaise même, où Shura s'y engouffra pour disparaître sans laisser de trace. Carmen n'avait de cesse de se répéter que cet évènement était normal car l'homme en question était un chevalier d'Or. Ces capacités dépassaient l'entendement humain !
La petite brune repensa aux dernières paroles du défenseur d'Athéna. Ainsi, elle avait le choix… D'un autre côté, l'adolescente se doutait qu'il n'y avait pas vraiment d'alternative. Soit elle optait pour la fuite pure et simple, soit il lui fallait grimper cet amas rocheux. La première solution comportait à la limite plus de risques que l'escalade étant donné qu'il y avait une grande incertitude sur ce qu'il adviendrait d'elle si elle trahissait la confiance de son ami. De plus, si elle faisait marche arrière, ça serait pour retourner à l'orphelinat, avec Mathis dont elle ne doutait aucunement de la véhémence dont il ferait preuve lorsqu'il viendrait à apprendre son manque de courage. Enfin, le Sanctuaire avec tous les êtres surnaturels et le mysticisme qui l'entourait devait bien être le seul endroit où elle pouvait trouver des réponses à ses questions. Il y avait Shura, aussi… Après ces analyses, Carmen en déduit que même s'il était suicidaire de tenter l'ascension, son sort était bien plus enviable ici qu'à Rodorio. Le temps était venu d'agir, de prendre en main sa destinée et de se hisser vers les sommets !

Forte de cette motivation retrouvée, l'ingénue courut vers la falaise en question, se hissant sur le rocher en haut duquel était apparu son vieil ami. Tout d'abord, elle examina la paroi pour vérifier qu'il n'y ait pas une astuce, une illusion, quelque chose ! Malheureusement, la falaise qu'elle touchait était bel et bien aussi solide qu'une falaise normale, comme on pouvait s'en douter. Sauf que Shura l'avait traversée, lui. Carmen leva les yeux au ciel. L'édifice naturel, sculpté par le temps n'était étonnamment pas si haut que cela. Pourtant, jamais personne à sa connaissance – pas même Mathis – n'avait éprouvé l'envie de le gravir.

Calmement, elle analysa la pierre, recherchant des renfoncements, des prises sur lesquelles elle pourrait s'appuyer. Il en figurait de multiples, fort heureusement. Après avoir chassé la poussière de ses genoux suite à sa montée sur le rocher, Carmen posa un premier pied sur cette montagne de calcaire. Petit à petit, elle se hissa le long de l'édifice, manquant de lâcher prise plusieurs fois à cause du sable poreux qui glissait sous ses mains crispées contre la roche. La fatigue s'installa rapidement. Sa respiration se faisait difficile étant donnée la poussière abondante qu'on y trouvait. Son pied droit manqua soudain une prise ce qui provoqua à l'inconsciente une grande frayeur. Par chance, elle eut le réflexe et la force de tenir quelques secondes à bout de bras jusqu'à ce que ses pieds tâtonnants retrouvent une surface accueillante. Cela ne se déroula pas sans peine. En plus de ses biceps qui commençaient à devenir douloureux, sa perte d'appui provoqua quelques coupures et égratignures sur ses phalanges et ses genoux dues d'une part au sable aiguisé et d'autre part à l'irrégularité du terrain. Reprenant ses esprits, l'adolescente prit garde à ne pas jeter un œil en contrebas, se contentant de faire une pause suite à ces sueurs froides. Non, elle ne voulait pas mourir, pas si près du but ! Le reste de l'ascension se passa laborieusement, ses membres devenant de plus en plus endoloris. Plus que quelques mètres avant la libération… Devenant centimètres.
À une marche du sommet, alors que ses forces l'abandonnaient, elle tendit une main tremblotante et meurtrie vers la paroi d'où débordaient quelques minces touffes herbacées. C'est lorsqu'elle s'agrippa là, pensant y trouver une prise idéale, que la motte de terre se détacha du rocher de calcaire. Elle se sentit choir. Était-ce la fin ? De sa main gauche, elle tenta de se rattraper mais elle n'y parvint pas. Chute mortelle ?

Non, elle ne dégringola pas la falaise. Une main ferme empoignait la sienne, hissant son corps avec une facilité inouïe. Ainsi il l'avait attendue. Carmen leva des yeux reconnaissants et fatigués vers son sauveur qui l'accueillit d'un sourire bienveillant. Il lui semblait ne pas avoir contemplé ce sourire depuis fort longtemps. Cette simple mimique, si futile et dérisoire, lui conférait une dimension plus humaine, accueillante, comme il l'avait toujours été.

« Je suis fier de toi, Carmen… »

Ces douces paroles accompagnèrent le retour de la cadette sur la terre ferme. Le Capricorne s'amusait de ses expressions témoignant une certaine fierté mêlée à de la gêne. Il y avait bien longtemps qu'il avait abandonné ces traits purs et enfantins pour un masque de solennité qu'il arborait en toutes circonstances. Une fois sa protégée libérée, celle-ci mit à peine quelques secondes pour retrouver son contact, venant enserrer sa taille de ses maigres forces tout en posant sa tête contre l'or froid de son armure sacrée. Cette réaction provoqua une grande stupéfaction chez le guerrier, ne l'ayant jamais connue si expansive. Il la sentit trembler contre lui alors que ses fins doigts semblaient se crisper de plus en plus sur les dorures de son habit étincelant. Shura ne sachant que faire posa une main qui se voulait réconfortante sur la chevelure ébène de la jeune fille.

« Pourquoi pleures-tu ?

— Tu… m'as sauvé la vie… balbutia-t-elle, essayant de se contenir. J'ai eu si peur… »

Shura ne répondit rien à ces propos, se contentant de la laisser reprendre ses esprits. La main du chevalier miséricordieux vint se remettre le long de son corps. Cette main qui avait le pouvoir de tout trancher avait cette fois servi à consoler une enfant. Il la contempla en silence.

Carmen se rendit compte de son emportement et relâcha son étreinte autour du chevalier. Quelle folie d'avoir agi ainsi ! Néanmoins, elle fut rassurée par sa réaction. Il n'avait pas renoncé à toute humanité… Profitant de son éloignement, l'adolescente se frotta énergiquement ses yeux rougis tant par l'émotion que par la poussière aux abords de la falaise.

« Tiens, si tu as soif. » lui dit-il en tendant une gourde.

L'adolescente tendit ses mains meurtries dans le but de les laver alors que l'ainé ouvrit le récipient. Le contact de l'eau froide sur ses plaies ouvertes fut douloureux mais encore supportable. Les mains propres, elle but quelques gorgées de ce précieux breuvage avant de le rendre à son propriétaire. La jeune fille se remit petit à petit de ses émotions, ayant tout de même frôlé la mort. Dire qu'elle pensait que le chevalier l'avait abandonnée…

« Le Sanctuaire est encore à une heure de marche. Vu que la nuit est déjà bien avancée, je t'amènerai au Grand Pope demain. Tu auras le temps de reprendre des forces. »

Ainsi parla Shura. Son interlocutrice acquiesça et ils se mirent en route. Il ne vit pas Carmen broncher suite à l'effort important qu'elle devait sûrement fournir lors de leur périple même s'il imaginait qu'elle était exténuée. Par conséquent, ils s'arrêtèrent à plusieurs reprises en chemin afin que la jeune fille ne meure pas d'épuisement. Cela devait être assez rageant pour elle de ralentir le convoi par manque d'entraînement alors que son homologue espagnol ne montrait aucun signe de fatigue. Le Capricorne admirait silencieusement le courage dont elle faisait preuve, malgré la peur, l'appréhension qui l'habitaient. Tous les chevaliers étaient passés par de grands moments de doutes, des remises en question… Même lui, Shura, le plus droit de tous les chevaliers. Il lui était arrivé de vaciller dans sa jeunesse, de faire preuve de davantage de sentiments. Mais depuis ce jour funeste, il ne jurait que par la Justice, l'évoquant à chaque parole, l'appliquant quotidiennement. Il était devenu un homme fort, intègre et par-dessus tout animé par la force de ses convictions.

Le Sanctuaire était en vue. Au loin. Carmen ignorait la durée de leur voyage mais la voilà satisfaite. L'objectif était proche, atteignable. De lourds édifices en marbre perchés sur des falaises escarpées. Voilà ce que l'on pouvait deviner dans cette nuit étoilée. Plus proche et bien mieux éclairée se trouvait une garnison et une muraille où on pouvait distinguer quelques halos de lumière se mouvoir, des torches manifestement manipulées par des gardes. Des pères de famille. Des enfants. Beaucoup étaient devenus orphelins suite à la perte de leurs pères, gardiens du Sanctuaire. En approchant, ils distinguèrent des visages cachés par d'épais casques de cuir et de fer. Certains hommes discutaient au coin d'un feu, d'autres prenaient un rapide repas pendant que leurs confrères protégeaient les accès de ce haut lieu de la chevalerie. Ils passèrent sans encombre. Les hommes vouaient un respect immense à cet être vêtu d'or. Un craintif respect.

Shura arriva avec la jeune fille au pied des douze maisons. Très peu étaient habitées. Le guerrier concentra son cosmos. Tous ses frères d'armes semblaient s'être réfugiés dans leurs appartements hormis la Vierge qui devait méditer au centre de son temple. Le Capricorne resta un instant songeur. Il était trop tard pour conduire Carmen dans le camp des femmes, celles-ci dormaient à coup sûr. Il n'enfreignait aucune règle du Sanctuaire en lui permettant de passer une soirée en toute quiétude. Il était plus sage de la laisser se remettre de ses émotions avant le grand saut. Juste cette nuit.

« Nous allons à la dixième maison, celle du Capricorne, désigna-t-il d'une voix monocorde. »

L'adolescente blêmit. Elle parvenait non sans peine à apercevoir les trois premiers temples nichés sur des falaises. Cela devait être incroyablement éloigné… Elle souffla, essayant de trouver une motivation supplémentaire. Ils n'avaient de toute façon pas d'autre choix. La jeune fille suivit les pas de son guide, traversant tour à tour les temples mythologiques tous déserts. Ils ne rencontrèrent personne dans ces ruines angoissantes et silencieuses. La fatigue de son côté se faisait plus pesante que jamais. Elle n'osait se plaindre par respect et par reconnaissance pour son ami. Il souhaitait la sortir de cette situation où elle n'entrevoyait aucun avenir, Carmen lui en était par conséquent plus que redevable.
Bon an mal an, ils arrivèrent devant le temple du Capricorne. L'intérieur était vide, mis à part une statue d'Athéna dans une grande pièce sur la gauche. Des colonnes de marbre. Froides. Perplexe, l'ingénue leva les yeux vers ces majestueux piliers dans l'espoir de trouver une sortie. Il ne dormait tout de même pas à même le sol ! Alors qu'ils s'enfonçaient dans l'édifice, le chevalier d'Or bifurqua sur la droite, vers une porte dérobée qui menait à ses appartements. L'intérieur différait assurément de sa mansarde de Rodorio. La décoration ne ressemblait en rien à ce qu'elle avait pu voir dans le village. Les meubles étaient classiques mais les couleurs, les jeux de lumières dénotaient quelque chose de plus chaleureux, convivial. L'intérieur était à l'image du surhomme : froid et majestueux avec quelques infimes touches de chaleur. Carmen n'avait jamais autant ressenti ce tempérament glacial qu'à ce jour. Il devenait soudainement moins accessible qu'il ne l'était.

Le propriétaire des lieux ne prononça pas un mot, laissant son hôte explorer timidement sa demeure. Il profita de ce léger répit pour préparer un repas frugal pour deux. Ayant fini son tour d'observation, la jeune fille rejoignit le serviteur d'Athéna qui dans sa tenue étincelante s'occupait de tâches quotidiennes comme n'importe quel être humain. De nombreuses questions furent soulevées dans la soirée et Shura y répondit avec une patience caractérisée, expliquant plus en détail le fonctionnement de ce microcosme qu'était le Sanctuaire. L'enfant put ainsi saisir toute la grandeur de cet homme : il faisait partie des êtres les plus puissants de l'Ordre et combattait au nom de l'amour et la justice. Les Chevaliers intervenaient dans toutes sortes de conflits de par le monde afin d'instaurer une paix durable et protéger l'Humanité.

« C'est une belle cause que tu défends… » souffla la cadette impressionnée.

Combattre les injustices et protéger les plus faibles, voilà une noble vocation. Un heureux moyen d'être utile à la société en construisant brique après brique un avenir meilleur. Une fois le repas terminé tous deux se séparèrent, la fillette ayant tout de même du mal à trouver le sommeil malgré la fatigue qui l'habitait. Toutes ces révélations ne cessaient de lui revenir en mémoire, troublant ainsi sa quiétude. Quelques instants plus tard, elle se faufila discrètement à l'extérieur du Temple et prit place sur une des marches. Elle espérait trouver le repos en levant les yeux sur cette toile magnifique et éternelle. Cette nuit d'été.

Les minutes s'égrenèrent lentement jusqu'à ce que son hôte vienne prendre place à ses côtés, déposant une boîte rectangulaire entre eux. Il s'était aperçu de son absence. Loin d'elle l'idée de venir le déranger avec ses états d'âme. Son regard s'illumina lorsqu'elle prêta une plus grande attention sur le petit coffret.

« Oh ! Tu sais y jouer ? » demanda-t-elle le sourire aux lèvres.

Le Capricorne fronça légèrement les sourcils à cette interrogation.

« Peut-être même mieux que toi… la taquina-t-il tout en faisant coulisser le couvercle de bois.

— Il n'y a qu'en trichant qu'on peut me vaincre ! Est-ce que… tu peux lire dans les pensées, chevalier ?

— Non mais je pourrai couper ces petits doigts si jamais j'ai le déplaisir de goûter à la défaite, sourit-il.

— Je… suis prête à prendre le risque ! » conclut-elle de manière théâtrale.

Elle avait gagné.