POV Bella
Plusieurs semaines avaient passé depuis le bal et je me sentais mieux dans ma peau, dans la vie. J'avais repris un peu plus de poids et je m'en sortais bien en cours. Jasper me donnait des cours particuliers presque tous les soirs. Ce mercredi après-midi d'avril, le soleil pointait le bout de son nez, ce qui me mettait en joie. Nous venions de rentrer des cours quand un rayon de lumière envahit le salon. Très proche de Jasper. J'avais déjà eu l'occasion de les voir briller au soleil et ce spectacle était magnifique. Jasper semblait encore plus beau si c'était possible. Mais on était mercredi après-midi et ils ne pouvaient pas sortir alors, je décidai d'aller à Port Angeles en bus. J'arrivai pile quand la réunion commença et je m'installai. Je parlai un peu. Je ressentais toujours le manque, mais je n'y pensais plus aussi souvent qu'avant.
- Salut, me dit Ryan à la fin de la réunion tandis que je regardais mon téléphone. Tout va bien ?
- Oui, ça va. Je viens de louper le bus, le prochain n'est que dans une heure.
- Oh. Tu veux aller boire un café en attendant ? proposa-t-il.
- Non, je ne veux pas te déranger…
- Aucune chance, dit-il avec un sourire. Allez, viens.
- Euh, d'accord…
Il me sourit et je le suivis à l'extérieur. Nous entrâmes dans un petit bistrot et je commandai un thé et lui, un café. Il avait l'air fatigué.
- Tu vas bien ? Tu as l'air fatigué.
- Ça va… juste beaucoup de travail.
- Tu sais, tu peux me parler aussi si tu veux. Tu es toujours là pour m'écouter, mais si tu as envie de parler, je suis là. J'ai remarqué que tu ne parlais pas beaucoup aux réunions en ce moment.
Nos commandes arrivèrent et je bus une gorge de mon thé. Ryan perdit son regard dans son café.
- Je ne sais pas si tu le sais, mais j'ai perdu ma femme il y a quelques années.
- Oh, je ne savais pas. Je suis désolé…
- Demain, ça fera trois ans.
Mince, je ne savais pas quoi dire.
- Tu veux me dire ce qu'il s'est passé ?
Il observa un moment de silence.
- Elle rentrait de Port Angeles. On devait fêter notre anniversaire de mariage, un peu en retard, parce qu'elle travaillait beaucoup et… un chauffard l'a percuté.
- Oh mon dieu, soufflais-je.
- Lui a survécu. Mais Ali…
Un sanglot lui échappa. Instinctivement, je posai ma main sur la sienne pour le réconforter. Il se ressaisit rapidement.
- Je suis désolé, je ne voulais pas t'embêter avec ça, dit-il en enlevant sa main.
- Tu ne m'embêtes pas du tout. Tu peux me parler d'elle si tu veux.
Il hocha doucement la tête.
- Allez, je vais te ramener, le bus n'est vraiment pas confortable, dit-il en souriant. J'insiste.
- D'accord.
Il paya nos consommations et je le suivis à sa voiture. Il conduisait prudemment et le trajet fut tranquille. Je lui demandai de me déposer en bas du chemin de terre au cas où, comme il y avait encore un peu de soleil et je remontai le chemin à pied. Il n'y avait que Rosalie et Alice dans le salon quand j'arrivai. Et je partis directement dans ma chambre.
Une routine s'était installée, mais elle fut brisée ce matin par Edward qui jura sur le parking du lycée.
- Oh non, merde !
Tout le monde le regarda. Je ne l'avais jamais entendu jurer depuis tout ce temps. Je les voyais tous tendus et même si je n'entendais rien, j'étais sûr qu'il se parlait entre eux.
- Qu'est-ce qui se passe ? M'agaçais-je.
Ils fuyaient mon regard. Ne voulant pas attendre que l'un d'eux se décide à parler, je commençai à marcher vers le lycée. Je passai devant des élèves qui chuchotaient à mon passage. J'entendais des "c'est elle", "fille facile" ou encore des "quelle pute". Mais je ne compris que quand je vis les photos dans les couloirs du lycée. C'était moi, au café, avec le professeur Jones et dans sa voiture. Il y avait des centaines de photos qui traînaient par terre ou collées sur les casiers. Et on pouvait lire "traînée", "pute", "aguicheuse" et j'en passe. C'était n'importe quoi ! J'avançais dans le couloir en ramassant autant de photos que je pouvais avant de voir Jessica et Lauren entrer dans les toilettes avec un sourire mauvais. Je lâchai tout et les suivit.
- C'est quoi votre problème ?!
- De quoi tu parles ? Demanda Lauren.
- Ne jouez pas les innocentes, il n'y a que vous pour faire un truc comme ça.
- Et toi pour coucher avec tout le monde ! Il te les faut tous hein ? D'abord Edward, ensuite Jasper et maintenant le professeur Jones !
- Non mais tu t'entends Lauren ? Qu'est-ce que je t'ai fait ? Tu t'emmerdes à ce point dans ta vie pour venir me faire chier et faire courir de fausses rumeurs ?!
- Qui a dit que c'était faux ? Les photos parlent d'elles-mêmes !
- N'importe quoi. Tu es en train de faire circuler des rumeurs sur un professeur, ça peut lui pourrir la vie et détruire sa carrière.
Elle s'approcha, l'air menaçant.
- Ce n'est pas ma faute si tu es une fille facile !
Sans que je l'aie vu venir, Jessica qui s'était placée derrière moi, m'empoigna les bras et je vis Lauren s'approcher. Par réflexe, je donnai un coup de pied à Lauren. Son souffle se coupa et elle était rouge.
- Tu vas me le payer, salope !
Jessica me tenait fermement et je ne pus éviter son coup de poing en plein visage. Mon nez me faisait atrocement mal. Jessica me lâcha et je tombai au sol. Je sentis un liquide chaud couler de mon nez. La porte s'ouvrit brusquement sur deux professeurs, dont le professeur Jones et une autre femme. J'entendis des voix, mais c'était flou. J'avais un goût métallique dans la bouche. Je vis Rosalie venir vers moi avec des mouchoirs. Je fis comme la dernière fois avec Carlisle. Je pinçai mon nez et penchai la tête en avant. Je vis les yeux noirs de Rosalie et j'essayai de m'éloigner d'elle.
- Ça va Bella, ne t'inquiètes pas, me rassura-t-elle. Viens, je t'emmène à l'infirmerie.
Elle me guida jusqu'à la pièce qui faisait office d'infirmerie et je m'assis sur le seul lit. Je pris de nouveaux mouchoirs, mais les saignements s'étaient arrêtés. Rosa patientait dans le couloir tandis que l'infirmière m'aidait à me nettoyer. Cette dernière sortie dehors pour parler avec les professeurs.
- Le proviseur veut vous voir dans son bureau, m'informa-t-elle en revenant.
Rosalie m'accompagna dans son bureau où se trouvait déjà le professeur Jones ainsi que Lauren et Jessica.
- C'est sa faute, cria Lauren. Elle m'a frappé en premier.
Le ton monta rapidement entre les deux connasses et Rosalie. Je restais à l'entrée de la porte avec mon mal de crâne. Je sentais le regard inquiet de Ryan sur moi. Je sentis une présence derrière moi et je vis Jasper en me retournant, les traits durs et le regard noir. Ne tenant pas compte du regard des autres, je me jetai dans ses bras. Il entoura ses bras autour de moi et me caressa le dos. J'entendis les insultes de Lauren et Jessica, mais je m'en fichais. Le proviseur gueula un bon coup pour calmer tout le monde et surtout Rosalie prête à sauter sur les deux pestes.
- Bien, maintenant, je veux du calme, dit le proviseur. Je veux d'abord voir le professeur Jones et Mlle Swan dans mon bureau. Mademoiselle Mallory et mademoiselle Stanley, veuillez attendre à l'extérieur. Mlle Hale, ne devriez-vous pas être en cours ? Mr Hale, allez avec ma secrétaire rejoindre les autres élèves du cours du professeur Jones en permanence. Et je ne veux plus aucun débordement !
Jasper me serra plus fort dans ses bras et me questionna du regard. Je hochai la tête avant de rentrer dans le bureau du proviseur et m'assis à côté de Ryan.
- Bien, maintenant, je veux une explication.
Les bras croisés, je gardais mon regard baissé, fixé sur mes genoux.
- Bella, commença Ryan, le proviseur est au courant pour moi, tu es d'accord pour que j'explique la situation ?
Je n'avais pas vraiment le choix de toute façon. Les autres options seraient de ne rien dire et je pourrais me faire renvoyer tout comme Ryan. J'acquiesçai et Ryan enchaîna.
- Je suis le parrain d'abstinence de Bella, dit-il. Nous nous sommes rencontrés avant qu'elle soit mon élève. Il n'y a aucune liaison ou relation intime entre nous, je l'aide juste… avec sa dépendance.
- Je vois, dit le proviseur. Cette histoire a pris des proportions exagérées. Bella, tu peux nous dire ce qu'il s'est passé dans les toilettes ?
Je haussai les épaules.
- Je dois savoir ce qu'il s'est passé, insista le proviseur.
Voyant que je ne répondais toujours pas, Ryan me parla.
- Bella, ce n'est jamais bon de se renfermer sur soi-même…
- Est-ce qu'on a fini ? Le coupais-je.
- Attendez à l'extérieur, Mlle Swan, soupira le proviseur.
Je sortis dans la salle d'attente où se trouvaient déjà Lauren et Jessica. Je m'assis à l'autre bout de la salle alors qu'elle chuchotait.
- Tiens, voilà le cocu, dit Jessica.
Il n'y eut aucune réponse, mais je sentis des bras m'encercler. J'étais assise, les genoux repliés sur ma poitrine et mes bras autour de mes jambes. Je tournai la tête vers Jasper.
- Je ne veux pas d'un autre parrain, murmurais-je pour que lui seul puisse entendre.
- Je sais… il est en train de plaider sa cause.
Je le laissai me bercer sous les murmures des deux connasses. Quelques minutes plus tard, la porte s'ouvrit et le professeur Jones invita Lauren et Jessica à entrer.
- Tu peux nous laisser seul ? Demanda Ryan.
- Bien sûr. Je serais dans le couloir, Bella.
Il m'embrassa le front et Ryan s'assit à côté de moi en soupirant.
- Désolé de t'avoir causé des ennuis. Tu es viré ? demandais-je.
- Non. Mais tu es suspendue pour deux jours et… je ne peux plus être ton parrain.
Les larmes coulaient à flot sur mes joues à présent.
- Je suis désolé, Bella, j'ai essayé de le convaincre, mais il pense qu'il serait préférable qu'on ne se voit plus en dehors de l'enceinte du lycée. Au moins jusqu'à ce que l'affaire se tasse.
La boule dans ma gorge m'empêchait de parler.
- J'ai un ami qui pourrait être ton parrain.
- Je veux rentrer.
- Je comprends que c'est dur pour toi, mais il ne faut pas que tu te renfermes. On va te trouver un nouveau parrain et tu dois continuer les réunions Bella, c'est important.
- D'accord. Je peux rentrer maintenant ?
Je l'entendis soupirer et sortir dans le couloir. J'entendis Jasper me dire qu'il m'accompagnait et je le suivis jusqu'au parking. Le trajet fut silencieux et une fois arrivés, j'allais directement dans ma chambre.
POV Jasper
La matinée a été folle. En arrivant sur le parking, Edward nous expliqua rapidement qu'il y avait des photos de Bella et du professeur Jones et la rumeur comme quoi, ils couchaient ensemble. J'allais commettre un meurtre ! Je crois que c'est pour ça qu'Edward n'a pas voulu nous dire qui avait fait ça. On avait suivi Bella dans les couloirs et on avait ramassé le plus de photos possible. J'étais dans une colère noire et Alice me dit de sortir avant d'exploser, car je commençais à projeter. Tout fut rapide ensuite, on entendit la dispute dans les toilettes entre Bella, Lauren et Jessica et l'odeur de sang. Mon esprit protecteur prit le dessus et j'étais prêt à rentrer dans ces foutues toilettes, mais Emmett me retint. Il m'emmena dehors avec Edward et Rosalie nous assura qu'elle s'occupait d'elle. La sonnerie retentit et des professeurs essayèrent de calmer tout le monde, les invitant à rejoindre leurs cours. Rosalie rejoignit les toilettes et je pouvais sentir sa colère. Mais je ne sentais rien de Bella.
Quand je la retrouvai au bureau du proviseur, elle se jeta dans mes bras et j'essayai de la calmer, mais elle me bloquait complètement, mon don ne fonctionnait pas sur elle et j'espérais que ma présence suffise.
Malgré les directives du proviseur, je restai dans le couloir en prenant de grandes inspirations, le monstre en moi essayant de sortir. Je devais protéger ma compagne. Mais j'avais échoué. Je retrouvai Bella pendant que le professeur Jones s'entretenait avec le proviseur. Je n'eus aucun mal à entendre leur conversation. Et malgré tous les efforts de Ryan, le proviseur ne voulait pas de scandale de ce genre dans son établissement.
- Elle peut rechuter si vous faites ça, vous savez que le rôle d'un parrain est important, argus Ryan.
Malgré tous ses bons arguments, le proviseur resta inflexible. Je leur laissai un peu d'intimité quand le professeur est sorti et j'écoutai Jessica et Lauren rejeter la faute sur Bella. J'avais envie de tout casser.
- Mr Hale, pourriez-vous reconduire Bella ? Elle est expulsée pendant deux jours, m'informa-t-il, même si j'étais au courant.
- Bien sûr, je vais la ramener.
- Il y a quelqu'un chez vous qui pourra veiller sur elle ?
- Esmé doit y être.
- Bien… hum, faites en sorte qu'elle continue les réunions et surveillez-la de près…
- J'y veillerai.
- Bien…
Je voyais que lui aussi était dévasté et ses émotions n'étaient pas meilleures.
Le trajet se fit en silence. Elle avait la tête baissée et elle rentra précipitamment dans sa chambre sans même répondre à Esmé.
- Qu'est-ce qui s'est passé ? Me demanda-t-elle.
Je lui expliquai la situation, me mettant encore plus en colère.
- Je vais appeler Carlisle pour qu'il aille la voir. Toi, il faut que tu ailles chasser.
- Non, je… Je veux rester avec elle.
- Ça ne serait pas bon pour toi d'aller la voir dans cet état. Va chasser et Carlisle va venir l'ausculter, tu pourrais la voir après.
Je vis mon reflet dans la vitre, mes yeux étaient complètement noirs et j'avais de grosses cernes sous les yeux. J'acquiesçai et sortis rapidement. Plus vite j'allais chasser et plus vite je pourrais la retrouver.
Lorsque je rentrai, Carlisle discutait avec Esmé.
- Comment va-t-elle ? Lui demandais-je en entrant.
- Physiquement ça devrait aller. Son nez n'est pas cassé, mais elle va avoir un bleu pendant quelques jours. Esmé m'a expliqué, Ryan ne peut plus être son parrain, c'est bien ça ?
- Oui, le proviseur a préféré prendre des précautions pour l'avenir.
- Je vois. Est-ce que tu arrives à ressentir ses émotions ?
- Non, elle me bloque totalement.
- C'est un coup dur pour elle. Il faut qu'on lui montre tout notre soutien. Et elle risque de nous repousser et de se renfermer sur elle-même.
- Il faut faire quelque chose, dit Esmé.
- Malheureusement, il n'y a qu'elle qui puisse décider de sortir de cet état. Une dépression n'est pas à prendre à la légère. Surtout avec ses antécédents…
J'entendis Bella remuer dans son lit. Carlisle repartit peu après, il devait retourner à l'hôpital. Esmé partie, elle aussi, me laissant seul avec Bella. Je toquai à sa porte, mais ne reçu aucune réponse. J'ouvris et m'assis sur la chaise de bureau. Elle était allongée sur le lit, dos à moi et fermait les yeux.
- Je sais que tu es réveillée.
Aucune réponse.
- Bella parles moi s'il te plaît, je n'aime pas te voir comme ça.
- Laisse-moi tranquille, murmura-t-elle.
Je fis le tour du lit pour être face à elle.
- Je ne te laisserai pas dans cet état.
Elle ouvrit les yeux, pleins de larmes.
- Et moi, je ne veux pas te voir. Va-t'en !
- Non Bella, je vais rester.
Elle se leva et essaya de me pousser.
- Laisse-moi seule Jasper !
- Bella, calme-toi.
- Va-t'en ! Je ne veux pas te voir.
Elle commença à taper sur son torse, mais je lui pris ses poignées.
- Tu vas te faire mal, calme-toi Bella.
Elle me repoussait de toutes ses forces, je ne bougeais pas, de peur qu'elle se fasse plus mal, la laissant se déchaîner sur moi alors qu'elle pleurait et criait. Elle finit par s'effondrer par terre en larmes.
- Fais que ça s'arrête, dit-elle.
- Que quoi s'arrête ?
- La douleur…
Je la pris dans mes bras et elle se laissa aller.
- Je n'apporte que des problèmes.
- Bien sûr que non. Tu as apporté tellement de bonheur dans notre famille. Tu m'apportes du bonheur.
J'essayais de lui envoyer tout mon amour, mais elle continuait de le bloquer.
- C'est faux. Je suis… une épave. Irrécupérable et bonne pour la casse. Je ne mérite pas votre aide, ni votre soutien. Je ne mérite pas ton affection.
- Tu mérites tout ça. Et bien plus encore.
- J'ai peur Jasper, murmura-t-elle en me regardant intensément.
- De quoi as-tu peur ?
- J'ai peur qu'un jour, tu te rendes comptes que je suis un cas désespéré, que je ne te mérite pas et que je me retrouve encore seule.
- C'est moi qui ne te mérites pas…
Je continuais de la bercer en lui caressant le dos. Elle était épuisée et commençait à s'endormir. Je nous levai en la portant dans les bras et l'installa dans le lit.
- Reste s'il te plaît, dit-elle d'une voix suppliante.
- Tu es sûre ?
Elle acquiesça et me fit une place dans le lit. Je m'installai sous la couette avec elle et elle vient se blottir contre moi. Je passai mes bras autour d'elle, elle enfouissait sa tête dans le creux de mon cou en prenant une grande inspiration. D'instinct, je me mis à ronronner. Je ne savais même pas que ce son pouvait sortir de moi, mais cela semblait apaiser Bella alors je continuais. Elle dormit pendant deux bonnes heures avant de commencer à remuer. Je commençais à avoir peur de sa réaction. Mais je savais qu'elle était maintenant réveillée et qu'elle ne bougeait pas. Je ne bougeais pas non plus.
- Je ne savais pas que les vampires ronronnaient comme des chats.
Je la sentis sourire dans mon cou.
- Je ne ronronne pas, je grogne.
- Ça ressemblait pourtant très bien à un ronronnement.
Je grognai et elle gloussa.
- Refais-le s'il te plaît.
Je me remis à ronronner et elle soupira d'aise. On resta comme ça de longues minutes jusqu'à ce qu'elle prenne la parole.
- Tu le pensais vraiment ? Quand tu as dit que je ne te méritais pas ?
- Oui, je le pensais.
- Pourquoi ?
On allait vraiment avoir cette conversation maintenant ?
- Parce que… j'ai fais des choses… horribles après ma transformation. Je suis un monstre, et le monstre en moi est sanguinaire.
- Edward a tort, tu sais. Il pense que vous êtes des êtres sans âme. Mais c'est faux. Je sais qui tu es Jasper et quoique tu aies pu faire, tu es quelqu'un de bien maintenant. Et ton monstre n'en est pas un. C'est juste une facette de toi qu'il faut que tu acceptes et avec qui tu dois vivre en paix.
- Tu ne dirais pas ça si tu connaissais mon histoire… soupirais-je.
- Alors, raconte-moi.
Je ne voulais rien lui cacher, mais que penserait elle quand je lui aurais tout dit. Quand elle verra mes cicatrices… je n'étais pas sûr d'être prêt à son rejet.
- Plus tard, Bella.
J'embrassai le sommet de son crâne et me remit à ronronner.
