Merci pour vos (rares) coms ! C'est sûr que ce chapitre m'avait donné du boulot mais, comparé à celui qui s'annonce, c'est rien !
Bones : J'avais compris, rassure-toi. Tant mieux si tu as aimé la forme parce que le chapitre qui s'annonce est sur le même modèle. Par contre, si on pouvait éviter la dissection de mon cerveau...
WJ : *tend un mouchoir* Ca va ?
PBG : Je ne te parle pas du boulot pour celui-ci ! J'espère que les scènes choisies te conviendront.
Miryam : La suite n'aura pas tardé trop longtemps, hein !
Dil : J'espère que ce chapitre aussi te donnera l'impression de revoir les épisodes.
Voici aujourd'hui un très long chapitre sur Tony et Jenny. Profitez-en bien, ça m'étonnerait que ça recommence de si tôt. Arrivés au bout, vous saurez tout ! Il m'a demandé une semaine entière de travail, alors j'espère avoir un petit avis de votre part à la fin !
Ce ne sont que des dialogues, donc ne soyez pas effrayés par la longueur du chapitre. Vous arriverez au bout bien plus vite que vous ne le pensez. ^_^
Pour certains dialogues flashback, il peut y avoir des erreurs pour le « qui dit quoi » vu que je n'ai pas revisionné les épisodes.
Bonne lecture !
Chapitre 5 – Souvenirs
.
Allongée sur le canapé, Jenny fixait le plafond blanc sans le voir.
« Tiens. » dit Tony en la sortant de ses pensées.
Il lui tendait un verre vide, tenant de l'autre main une bouteille. Elle se redressa pour l'attraper.
« Bourbon, commenta-t-il en la servant.
- Merci. »
Il s'installa à ses côtés, se servit à son tour.
« Souvenirs, hein ! »
Elle quitta la contemplation du verre pour son visage.
« Trop de souvenirs. » soupira-t-elle.
Il eut un sourire triste.
« Je connais. »
Elle avala une gorgée, prenant au passage le temps de savourer l'alcool. Puis elle reprit la parole.
« Ducky est celui qui s'en sort le mieux.
- L'avantage d'être le plus vieux, je suppose.
- L'expérience ?
- Oui, même si je doute qu'il ait fait ça avant.
- C'est certain. »
Nouveau silence. Ils prirent le temps de vider leurs verres, de les remplir de nouveau.
« Comment en est-on arrivé là, Tony ?
- McAllister, répondit-il laconique.
- Je ne parle pas de ça.
- L'échec de ta mission alors ? »
« Pourquoi maintenant ? voulut savoir Gibbs.
- Parce qu'il m'a fallu tout ce temps pour vous trouver, répondit-elle.
- La nuit de sa mort, une femme est venue pour vous tuer. Que s'est-il passé ?
- Elle n'a pas pu le faire. »
« Non, de nous deux en train de siffler une bouteille de bourbon à trois heures du matin alors qu'un homme cherche à nous descendre.
- On n'a pas sommeil et c'était ça ou une bière.
- Tony !
- Svetlana Chernitskaya... »
« Elle était l'officier traitant d'Anatoly Zukov, un assassin du KGB qui offrait ses services au plus offrant après la fin de la Guerre Froide. Anatoly a disparu en 1999. »
« Celle qui est devenue Natasha. »
« Son nom est Natasha Lenkov, citoyenne d'Ouzbékistan. Sortie de nulle part en 1999. A monté un business d'import-export très florissant.
- Et avant 1999 ?
- Il n'y a rien.
- Aucune donnée ?
- Complètement vide. Rien du tout. Quel qu'était son nom avant, il s'agit maintenant de Natasha Lenkov. »
« Elle aimait Anatoly. »
« C'est vous qui avez tué Anatoly.
- Qu'était-il pour vous ? demanda Gibbs.
- Tout. »
« Et Tchekov aimait Svetlana.
- Youri Tchekov...
- Le petit imprévu du plan.
- Je n'appellerai pas ça un « petit imprévu ».
- Que veux-tu, l'amoureux transit veut venger la mort de sa dulcinée. Dulcinée qui ne l'aimait pas au passage. Elle lui préférait Zukov.
- Mais ça ne l'a pas empêché de l'aimer.
- À en devenir fou.
- Et maintenant il veut se venger de sa mort.
- Tu vois, tu as ta réponse.
- Il n'aurait pas dû savoir que j'étais en vie.
- On n'a découvert son existence que lorsqu'il s'est rendu sur ta tombe.
- Quelques heures après mes funérailles, au moment où Vance séparait l'équipe. Poster quelqu'un en surveillance était une bonne idée.
- Merci.
- Dommage que tu es fini à l'autre bout de la planète. »
« Vous êtes réaffecté, déclara Leon Vance. Agent embarqué sur l'USS Ronald Reagan. Faites vos bagages, vous décollez demain. »
« Tu n'étais pas obligée de me rappeler ce merveilleux épisode.
- Dire qu'il y avait deux traîtres au NCIS à ce moment là.
- McAllister et Lee, mais aucun rapport entre les deux.
- Ils sont morts.
- Heureusement que Ducky était là pour t'empêcher de faire une bêtise.
- Que j'étais sur un lit d'hôpital tu veux dire !
- À qui la faute ?
- Moi.
- Les choses sont arrivées comme il faut après ça.
- Je me suis planquée, mais pas à cause de McAllister, puisqu'on ne se doutait de rien pour lui. Et Ducky et moi avons attendu ton retour pour en savoir plus sur Tchekov.
- Hors de question que ça se passe autrement. Tu aurais été capable de faire une connerie en te lançant seule dans cette histoire. Je te rappelle qu'on y est embarqué tous les trois !
- J'étais à deux doigts de la dépression. Je n'aurai pas pu faire une connerie, comme tu dis.
- Te faire passer pour morte, avoir la mort de Decker et Sacha sur la conscience, assister à la dissolution de l'équipe, être coupé de tes amis... ça avait de quoi en brisé plus d'un. Mais tu es solide, tu as tenu. Et puis tu avais Ducky. »
Elle acquiesça sans un mot. Tony remplit leurs verres de nouveau.
« Mentir aux autres, dit-il, c'est ce qui a été le plus dur.
- Gibbs, Ziva...
- C'était avec eux le pire.
- Dès le début ?
- Je venais de passer plusieurs mois sous couverture à ta demande. Je leur avais caché et voilà que je recommençais ! »
Il ferma les yeux.
« Dès le début, Ziva a eu des doutes. »
« Decker est mort d'une crise cardiaque, pas dans le cadre de ses fonctions. J'ai du mal à croire que notre présence est nécessaire. »
« Tu as bien tenté de la convaincre que c'était normal. »
« Le directeur du NCIS est toujours escortée par deux agents gradés pour une question de sécurité. Et si c'est pas une règle, ça devrait l'être. »
« On ne peut pas dire que mon petit discours ait été efficace. Et toi... »
« Pas besoin de m'attendre. En fait, on n'est pas censés prendre l'avion avant demain. Donc pourquoi vous deux ne prendriez-vous pas le reste de la journée ? »
« Ça n'a rien arrangé. »
« Je ne vais nulle part, déclara Ziva avec fermeté.
- Le directeur nous a donné congé.
- Oui et elle pourrait aussi bien changer d'avis. On doit rester près de la base, au cas où.
- On a des portables, Ziva. Si elle a besoin de nous, elle appellera.
- Qu'est-ce que tu as en tête ?
- Ballade sur Sunset Boulevard.
- À la première citation de film, je conduis. »
« Par la suite, son impression comme quoi il y avait quelque chose d'anormal n'a fait que grandir. »
« Je n'aime pas ça. Quelque chose cloche.
- Oui, dit-il en jetant un œil à la radio, c'est la transmission.
- Non, à propos du directeur. Tony, nous sommes son escorte. Nous sommes supposés l'escorter.
- Elle a peut-être une nouvelle escorte. Le directeur est une femme qui a des besoins humains. Si tu veux l'appeler et ruiner son tête-à-tête, vas-y. »
« Vous avez fini par m'appeler. »
« Oui, agent DiNozzo ?
- Bonjour, directeur. Comment cela se passe ? La paperasse ?
- Long. Trop d'interruptions.
- C'est un jour magnifique pour rester enfermée.
- Tu as besoin de quelque chose ?
- Non, juste savoir comment va notre chef intrépide.
- Je l'ai, s'exclame Mike.
- Qu'est-ce que je t'ai dit, Tony ? poursuit Jenny.
- De pas t'appeler notre chef intrépide.
- Et ?
- De prendre la journée.
- Profite de ton temps à L.A. parce que crois-moi, je peux toujours te trouver quelque chose à faire. »
« Franchement, tu m'aurais trouvé quelque chose à faire ?
- Si on avait dû en venir à cette extrémité, oui.
- Heureusement que le plan A a marché alors. »
« La paperasse avait une voix grave.
- Elle est avec un homme. Ça ne veut pas dire qu'elle couche avec.
- Tu as raison. Je suis sûr qu'ils se partagent la paperasse.
- Elle nous cache quelque chose.
- Oui, ça s'appelle une vie sexuelle. Peut-être que si tu en avais une, tu comprendrais mieux les choses. Je pourrais te raconter des histoires. »
« Enfin presque. »
« Appelle la police de Los Angeles, dis-leur que tu fais une enquête ici et demanda-leur de retrouver la voiture du directeur par GPS.
- C'est tout ?
- Ça me ferait très plaisir de savoir où elle est. »
« Tu as su être plus convaincant que tu ne le crois. »
- Vraiment ?
- Si ça n'avait pas été le cas, notre plan serait tombé à l'eau. Mais j'avoue que l'image que tu as donnée de moi à Ziva n'était pas des plus plaisantes. »
« Que fait-elle ici ?
- Tu veux dire, qui se fait-elle ? Tu as entendu ce type au téléphone. Elle est probablement à son hôtel. »
« J'avoue, mais ça a marché, non ? Pendant ce temps, tu pouvais mener l'enquête avec Mike. »
« Gibbs n'enseigne pas, dit-elle. On regarde et on apprend.
- Vous apprenez, rétorqua Mike. J'ai enseigné.
- On prend un risque en venant ici.
- La police a pu manquer quelque chose.
- Je doute que le tueur de Decker ait laissé sa carte de visite derrière lui.
- S'il était là, il a laissé quelque chose.
- Ou bien Decker l'a fait.
- C'était un pro.
- Ouais. Il est devenu un peu négligent depuis sa retraite. »
« Tu avais le beau rôle.
- Tu plaisantes ?
- Avec Ducky, on devait tenir les autres à l'écart, Ziva et Gibbs les premiers... »
« Je connais ce regard, Jethro, remarqua Ducky.
- J'ai peur de ne plus avoir de secrets. Tu as lu le rapport d'autopsie sur le meurtre de La Grenouille.
- Oui, qu'en est-il ?
- Rien ne t'a ennuyé ?
- D'habitude, je suis très ennuyé quand une personne est tuée à bout portant à la tête. Mais dans ce cas, malgré le charme de cet homme, je suis prêt à faire une exception.
- C'est un "non" ?
- Eh bien, pathologiquement, il n'y avait rien qui sortait de l'ordinaire. Une seule balle est entrée dans le lobe frontal de René, causant une hémorragie cérébrale catastrophique qui a abouti à une mort presque instantanée.
- Ouais. Ouais, j'ai lu ça.
- Alors tu en sais autant que moi. J'avais l'impression que cette affaire était classée.
- Elle l'est.
- Alors pourquoi tant d'implication ? Qu'espères-tu trouver ?
- Des réponses, Duck.
- Il y a une raison pour se méfier de l'eau qui dort, Jethro. »
« Ducky avait de la chance. Pendant que Gibbs découvrait que tu avais descendu la Grenouille, je tentais d'empêcher Ziva de foncer te retrouver. Ce qui était difficile avec la copine de Decker ad patres »
« Il n'y a pas de signe évident de meurtre, expliqua le flic.
- Ça dépend de ce que vous entendez par "évident". Elle est morte.
- Vous disiez que son petit ami est mort.
- Elle a sûrement, vous savez, dû boire un peu trop. Elle a pu tomber. Ou sauter.
- Ou a été poussée.
- Vous savez quelque chose que j'ignore ? »
« Ziva qui mettait le doute au flic...
- Et tu as craqué.
- Pas tout à fait. »
« Ziva.
- Encore ! s'exclama Mike. Si vous répondez pas, ils vont nous envoyer le SWAT.
- J'espère que c'est au moins la troisième guerre mondiale, officier David.
- Sasha Gordon est morte.
- Comment c'est arrivé ?
- La police de Los Angeles enquête.
- Elle a fait une chute et s'est brisé le cou.
- Directeur, on l'a trouvée à moins de cent mètres de ta voiture. Où es-tu ?
- Quand ?
- Il y a trois heures.
- Directeur, on est supposés vous protéger. Ce n'est pas qu'une coïncidence, où êtes-vous ?
- Veuillez changer de ton avec moi, officier David. Et en dépit de ce que Gibbs peut vous avoir dit, les coïncidences existent vraiment. Et ceci en est une.
- D'accord, mais...
- Je vais bien. Vous n'avez pas à vous inquiéter. Je vous retrouve plus tard pour rentrer en avion. »
« Toutes ses phrases à double sens... Si j'avais persisté à dire que tout allait bien, Ziva aurait compris que je cachais quelque chose. J'étais bien obligé d'entrer dans son jeu. »
« Tout va bien.
- Le directeur ment. Elle ne va pas bien.
- Pourquoi elle mentirait ?
- On l'a peut-être forcée.
- Elle a utilisé le code d'urgence ?
- Non.
- Eh bien, voilà. Si elle avait un pistolet sur la tempe, elle utiliserait le code.
- Tony, il y a quelque chose. Comment peux-tu ne pas... Tu le sais aussi. Tu ne veux pas t'en mêler.
- Elle veut pas qu'on s'en mêle. S'il y a une chose que j'ai apprise de ses guerres privées, c'est qu'il vaut mieux rester à l'écart. Pour elle et pour nous. C'est une grande fille. Elle peut s'occuper d'elle-même. En plus c'est peut-être une coïncidence, après tout. Et elle est dans un de ces appartements luxueux, croquant des noix de cajou hors de prix de la part de monsieur Garçonnière.
« Et puis je te rappelle que je devais attendre que vous mettiez la raclée au russe avec Franks avant de pouvoir agir. C'est ce qui était convenu. »
« J'avais dit à Sasha de quitter la ville.
- Elle est probablement retournée chez elle prendre des affaires.
- Si Viggo lui a mis la main dessus, elle a sans doute parlé. Il sait pour nous.
- Et pour cet endroit.
- Et la police d'assurance de Decker.
- Supposons qu'il soit en route. Si on part maintenant...
- Vous pouvez y aller.
- Je reste.
- Tout finit ici.
- Vous allez avoir besoin de ça. »
« Sauf qu'ils étaient beaucoup plus que prévu.
- Et, pendant qu'on les attendait, Mike a découvert que j'étais condamnée. »
« Vous savez, quand je vous ai demandé si Gibbs savait, je ne parlais pas de vos sentiments pour lui. Je demandais s'il savait pour votre maladie. Vous allez me mentir maintenant ?
- Qu'est-ce qui vous fait penser que je suis malade ?
- Les gens ont ce regard quand leur temps est compté.
- Vous n'êtes pas aussi bon.
- J'ai trouvé vos cachets.
- Vous avez fouillé mon sac ?
- Votre sac, votre téléphone portable et votre boite à gants.
- C'est tout ?
- Vous m'en voulez ?
- Gibbs ne sait pas.
- Et vous attendez quoi ?
- Bonne question. »
« Il fallait qu'il le croit, ça a marché. Il n'a pas culpabilisé comme ça.
- De te voir étendue morte sur le plancher ?
- Oui.
- Quand je pense à ce que moi je faisais... »
« Gibbs.
- On devrait l'appeler.
- Mais on ne le fera pas.
- Il voudrait qu'on le fasse.
- Tu crois ?
- Bien sûr. Ils étaient partenaires. Si le directeur a des ennuis, il...
- On ne sait pas si elle a des ennuis. D'accord, tu as raison. Mais... Tu veux être celle qui dira à Gibbs qu'on a perdu de vue le directeur ?
- Bon point. Mais c'est un risque qu'on doit prendre.
- On fait un compromis. »
« J'essayais de ne pas faire foirer le plan. »
« Pourquoi tu as été si long ? Tu étais assis à mon bureau ?
- Non.
- Tu mens.
- Tony, que veux-tu ?
- Ton avis.
- Vous avez perdu le directeur, hein ?
- Non.
- Là, c'est toi qui mens.
- Tu étais assis à mon bureau.
- On n'a pas perdu le directeur. On ne... On ne sait pas où elle est.
- Gibbs va vous tuer les gars.
- D'accord, calme-toi, McGee. Tu vas pas nous chier une pendule.
- On vient de lui parler. Elle a dit qu'elle allait bien.
- Elle a dit avoir besoin... d'être un peu seule. J'ai juste peur qu'elle soit sous la contrainte.
- A-t-elle utilisé le code d'urgence ?
- Non.
- Donc tout va bien.
- Merci. Le grand McOz a parlé.
- Je veux que tu localises son portable.
- Tu veux que je localise le portable du directeur ? Oublie.
- Gibbs ne va pas aimer ça.
- Je croyais que vous ne vouliez pas l'appeler.
- On ne le fera pas.
- Si tu localises son portable.
- Fais-le, McGee.
- S'il se trouve qu'elle est au Farmer's Daughter Hotel avec un type, alors on en restera là.
- D'accord. »
« Il m'a localisée. »
« Je peux quand même vous dire d'où elle a passé son dernier appel. Après la route 14, à environ cinquante-six kilomètres dans le Désert de Mojave. À quatre-vingt kilomètres de sa voiture. »
« Oui, deux fois de suite. Je l'ai regretté sur le moment. »
« J'ai vérifié. On dirait que Decker a une gargote dans le désert et Jenny a passé un appel de là-bas...
- C'est quoi l'adresse ?
- Je viens de l'envoyer sur ton PDA. »
« Le coup de la panne...
- N'était pas prévu. Mais il est bien tombé ! »
« L'aiguille est en dessous du "R". "R" ça veut dire "Réserve". »
« Enfin, c'est ce que je croyais jusqu'à ce qu'on arrive sur place »
« Regarde. J'ai déjà vu ce 4x4 avant.
- La station essence.
- Tu crois encore que le directeur s'occupe d'un de tes sexe-appels ? »
Le silence s'installa, replongeant chacun dans ses souvenirs, ceux de ces cinq dernières années. Ils prirent le temps de vider la bouteille de bourbon aux trois-quarts avant de reprendre leurs esprits. Ils n'avaient pas encore abordé ce qu'il s'était passé après la fusillade dans la bicoque de Decker et ils savaient qu'ils devaient le faire. C'était nécessaire pour continuer à avancer et régler le problème Tchekov. Pour pouvoir dormir quelques heures aussi.
« Cette année sous couverture, reprit Tony, est ce qui m'a permis de mieux te connaître, de comprendre ensuite que tu nous cachais des choses... »
« Alors Jenny n'a pas pu le faire ? s'étonna Mike Elle était pourtant douée avec une arme.
- Pas à l'époque, répliqua Gibbs.
- Qu'est-ce qui a changé ?
- Moi. Elle a fait ses propres choix. Je lui ai appris à les assumer.
- Tout ça n'était pas dans sa nature. Cette fille s'inquiétait pour toi. Elle avait beaucoup de regrets.
- On en a tous. »
« ...et d'en arriver où nous sommes. »
Il ancra son regard dans celui de sa compagne.
« La petite copine du russe que tu n'avais pas descendu lorsque tu aurais dû le faire était de retour pour te faire la peau. »
« Quand j'ai entendu que Decker était mort d'une crise cardiaque, j'ai été soulagée.
- Gibbs me disait que vous étiez compliquée... soupira Mike.
- J'ai été soulagée parce que j'ai toujours su qu'il y avait une chance que cela revienne nous hanter. Et c'est de ma faute. J'ai fait des choix dont je ne suis pas vraiment fière.
« Elle me cherchait, comme Decker et Gibbs. Je comptais lui faire croire que j'étais responsable de la mort de Zukov.
- Elle ne t'aurait jamais cru. Tu le sais très bien.
- Peut-être. Nous ne le saurons jamais de toute façon. »
Il se laissa aller en arrière. Ses yeux vagabondèrent à son tour sur le plafond blanc.
« Finalement, c'est une bonne chose que je t'ai coincé dans ton bureau pour que tu me déballes tout.
- Tu trouves ?
- Mon plan avait moins de lacunes que le tien.
- Vraiment ?
- Tu terminais vivante, tu n'avais aucun problème pour truquer les analyses et, surtout, les autres apprenaient que tu allais mourir prochainement. Ça les préparait.
- Tout est relatif. On ne peut pas dire que tout le monde l'ait su.
- Les doutes d'un minimum de personnes suffisaient.
- J'ai gardé le secret ensuite. Après que l'équipe se soit reformée.
- Tu l'avais déjà gardé avant.
- Tu m'en veux de ne pas l'avoir dit à Gibbs.
- Il méritait de savoir. »
« Jenny est morte pour protéger quelqu'un. Qui ?
- Toi. »
« Après, c'était normal de ne rien dire. C'était plus sécuritaire pour tout le monde. Mais avant...
- C'était ma décision.
- Tu as fait les choix qui semblaient les meilleurs à l'époque, dit-il en reprenant ses propres mots.
- Oui.
- Je ne t'en veux pas pour ça. Je regrette la façon dont ça s'est passé, mais je ne t'en veux pas.
- Pas comme m'avoir retrouvée dans une mare de sang dans la maison de Decker. »
« Jenny ? Jenny, tu es là ? »
« Gibbs, l'avoir au téléphone aussitôt... »
Il secoua la tête.
« Je m'en serais bien passé. Et Vance qui débarque dans la foulée. »
« J'avais dit d'attendre, siffla Gibbs en colère.
- Et moi de commencer.
- Ceci est ma scène de crime.
- Tu as appelé le SecNav, il m'a appelé. Je suis désolé, Jethro. Les corps ont été emportés la nuit dernière. Ils vont à Washington.
- Ducky ?
- C'est lui qui fera les autopsies. »
« Au moins, ce point là s'était passé comme prévu.
- Ce n'est pas le seul. »
« On garde ça secret. Pas de presse, pas de déclaration publique. Compris ?
- C'est confidentiel. Compris. »
« Je me demande encore comment on a réussi à tous les mener en bateau.
- Tu es un excellent comédien.
- Je n'ai pas toujours fait semblant. »
« Qu'est-ce que vous avez ?
- Je suis désolée, Gibbs.
- Nous sommes désolés.
- Qu'est-ce que vous avez ?
- Pas grand chose.
- Les traces proviennent d'un second véhicule.
- On s'en occupe.
- Nous aurions dû la suivre. Ziva... Ziva voulait la suivre.
- Vous l'avez pas fait, pourquoi ?
- On avait reçu un ordre.
- Et vous avez obéi.
- Et maintenant Jenny est morte. »
« Je croyais vraiment que tu l'étais. »
« Eh bien, t'en as mis du temps. Que Dieu bénisse Ducky.
- Les leçons du passé ne t'ont servi à rien.
- Ça ne fait que trois ans, j'apprends lentement.
- Et tu guéris lentement. Ça ne sert à rien de pleurer sur le lait répandu.
- C'est pas du lait que j'ai répandu.
- Ne fais pas ça, Tony.
- Pas quoi ?
- Foirer mon devoir de protection ? Foirer ma mission sous couverture ?
- Ça ressemble à des excuses.
- Elle est morte seule.
- Nous sommes tous seuls.
- Merci pour ça. Je veux dire, elle s'est jamais mariée, n'a pas eu d'enfants.
- Elle n'en a jamais parlé.
- Paris. C'est là-bas que ça a dû se passer. Tous les deux seuls dans un autre monde.
- Mettant leur vie entre les mains de l'autre chaque jour.
- Sans oublier les longues nuits... C'était inévitable.
- Rien n'est inévitable. »
Il posa son verre sur la table.
« Lorsque je t'ai fait part de mon plan un soir, je t'ai dit qu'il fallait que Ducky soit dans le coup. C'était obligatoire pour deux raisons : les analyses de sang et son boulot de légiste.
- La prise de sang filmée par les caméras de surveillance au cas où quelqu'un visionnerait les bandes et l'échange des tubes de sa part dans l'ascenseur... c'était brillant.
- Ça aurait pu foirer si Abby avait fait des recherches ADN.
- Mais elle n'est pas de genre là.
- Non, une chance. Quant à Ducky... »
« J'interromps quelque chose ?
- Juste Abby qui pique sa crise.
- Je suis sûr que tout le monde va bien. Tu as des raisons d'en douter ?
- Tony vient de m'envoyer un email. On dirait qu'ils viennent de commencer une enquête.
- Tu as ta réponse, Abby. Ils enquêtent. Quand Jethro part en guerre, la courtoisie est sa première victime. »
« Il était sûr que tout s'était passé comme prévu à ce moment là. Je ne l'avais pas prévenu. »
« Jethro...
- Ducky.
- Je sais, d'habitude je fais la conversation mais là c'est toi qui m'appelles...
- Jenny est morte. Hier.
- Mon Dieu...Comment croire que ce soit arrivé...
- Elle a été assassinée. Une fusillade.
- Tony et Ziva ?
- Ils n'ont rien.
- Que puis-je faire ?
- Cinq corps... en chemin.
- Je présume que l'un d'eux est... »
« C'est à peine si j'ai réussi à lui envoyer un message pour dire que ça avait marché. Ce qui n'était pas tout à fait vrai.
- J'étais vivante.
- À l'agonie.
- La lutte contre la mort. Ça ne voulait pas dire que j'allais mourir.
- Tu m'excuseras d'avoir eu de sérieux doutes.
- Je ne peux pas t'en vouloir. Je m'étais pris une balle dans le bras et une autre dans l'épaule que la moitié des tueurs était toujours debout.
- Comment as-tu fait avec Mike ?
- J'avais toujours sur moi la seringue de phénotripticone. Pendant qu'il descendait le dernier homme, je me suis fait l'injection. Quand il s'est approché de moi, le produit avait fait son effet.
- Il t'a cru morte, il est parti.
- Mes fonctions vitales étaient ralenties au maximum. C'est ce qui a évité que la perte de sang me soit fatale. Mais j'ai fini par perdre conscience.
- Une bonne chose vu la suite des évènements.
- C'est vrai.
- Tu peux aussi remercier la chaleur du désert. Ça nous a poussés à aller vite avec les corps et les envoyer par le premier avion.
- Tu me croyais morte... »
« Je déteste la sécurité aérienne.
- On est deux.
- Vol difficile ?
- J'ai vu que vous étiez allés nager.
- Qu'est-ce que tu veux dire ?
- Je... disais... J'ai vu la photo de Ziva à la piscine.
- Dis-le.
- Dire quoi ?
- J'ai merdé. Tu peux le dire, le bleu.
- Ce n'était pas de ta faute.
- Merci. »
« ...mais tu as quand même fait l'échange.
- J'avais l'espoir que le plan ait marché, je n'ai pas décommandé les gars que tu avais engagés à LA. Ils ont fait leur job comme prévu.
- Substituer le corps d'Anna au mien, celle à qui appartenait le sang qu'Abby a analysé.
- Elle était dingue à ce point là pour accepter que l'on fasse joujou avec son corps une fois morte ?
- Elle avait une dette envers moi.
- De là à subir une opération de chirurgie esthétique pour te ressembler, accepter d'être congelée avant de finir chez Ducky qui ferait croire qu'il s'agissait de toi...
- Une énorme dette, Tony. Et on se ressemblait beaucoup, il n'y a pas eu grand chose à changer.
- Hormis les balles dont ces types ont orné son corps, tu veux dire ! Je leur ai envoyé un message pour leur signifier le calibre à utiliser. Pendant qu'ils la criblaient de balles, tu étais dirigée vers la clinique privée trouvée par Ducky. Ils ont menacé les médecins pour qu'ils s'occupent de toi, tu sais ? Je comprends la réaction des docs. À leur place, je n'aurai jamais cru être face à un blessé, mais seulement à un cadavre.
- Personne ne peut leur reprocher.
- Mais ce n'est rien comparé à la façon dont j'ai récupéré les balles que tu avais reçues. Encore une fois, merci Ducky pour leur substitution ensuite avec celles dans le corps d'Anna avant qu'elles arrivent chez Abby.
- Un scénario invraisemblable. » commenta-t-elle.
C'est vrai que c'était dingue quand on y repensait.
« Si elle n'était pas morte au moment de l'application du plan, interrogea Tony, tu aurais fait quoi ?
- On devait attirer Svetlana, puis me faire passer pour morte. On devait décider du moment.
- Merci Anna d'être passée de l'autre côté deux semaines avant que Decker se fasse descendre, ironisa-t-il.
- Arrête ça !
- Alors répond-moi.
- Je ne sais pas ce que j'aurais fait. J'aurais improvisé, je suppose.
- Finalement, c'est une chance qu'on aie rien su de McAllister à l'époque.
- Ça aurait été une horreur.
- Un sacré merdier, oui !
- Mais tout a marché, même au-delà de nos espérances.
- Tout le monde a cru ce que Mike avait déduit en ta compagnie. »
« Je sais qu'Oshimaida était le code utilisé quand votre couverture était démasquée. À Paris, il y a neuf ans.
- Decker l'a ressuscité.
- Quand ils l'ont trouvé, au lieu de vous balancer, il vous a envoyé un avertissement. Et vous a fait gagner un peu de temps.
- Pas assez.
- Elle savait à quoi s'attendre. Son dernier objectif était de te protéger.
- Et qui la protégeait, elle, Mike ? Qu'est-ce qui s'est passé ?
- J'étais dehors. Je les ai vus aller vers la porte latérale.
- Trop tard.
- J'ai fait ce que j'ai pu.
- C'est ce que tu fais toujours.
- Si tu t'attends à des excuses...
- Je sais bien.
- Je suis désolé, sergent. »
« Le coup de la police d'assurance nous a bien aidé aussi.
- Mike qui s'est engagé à fond dans l'histoire, la recherche de celui qui avait engagé Viggo Dantrev, celui qui menait les tueurs...
« C'était un contrat ?
- C'était personnel, forcément. Pourquoi aurait-elle appelé Franks sinon ?
- Elle est morte en voulant mettre fin à quelque chose.
- Ça veut dire que ce "quelque chose" est toujours d'actualité ?
- C'est une bonne question, David. »
« Tu voulais t'en charger seule au début. Eh bien, c'est l'équipe qui l'a fait à ta place. »
« Patron, je...
- C'est pas de ta faute. Ne t'occupe que d'une seule chose.
- Trouver l'assassin du directeur. »
« Svetlana Chernitskaya est morte.
- Gibbs et Vance l'ont fait passer pour toi. »
« Ces images sont filmées en direct de Georgetown par notre équipe de ZNN. Le feu semble avoir pris au domicile du directeur d'une agence fédérale de la capitale. L'alerte a été donnée par un passant qui a entendu une explosion et vu de la fumée au rez-de-chaussée. Le temps que les pompiers arrivent, la maison était entièrement dévorée par les flammes. »
« Oui, mais elle... »
« On raconte quoi sur Natasha ?
- Elle a pris des "vacances romaines" avec son fiancé.
- Viggo Drantyev.
- Mariage précipité. »
« Ce que Youri Tchekov a refusé de croire d'autant plus quand il a appris que l'incendie était dû à une fuite de gaz. Il a mis des années à reconstituer le puzzle. Il ne l'a même pas en entier.
- C'est tout de même suffisant pour avoir compris que je suis vivante et que je me cache de lui depuis quatre ans.
- Et chercher à te faire sortir de ton trou en nous tirant comme des pigeons.
- Je te sens amer.
- Je n'aime pas me faire tirer dessus. Et puis tes funérailles étaient classes, je ne voudrais pas y assister de nouveau. »
« L'autopsie a révélé que le directeur Shepard est morte asphyxiée. À ses funérailles aujourd'hui, une personne désirant rester anonyme, a dit que le directeur Shepard avait mis sa vie au service de son pays et sera reconnue pour son courage, sa détermination et sa loyauté. »
« J'aurai adoré y assister.
- Pour voir ensuite Youri se pointer au cimetière ?
- La douleur lui a fait perdre la tête. Je me serai chargée de lui et s'en aurait été fini de cette histoire.
- Tu oublies McAllister. »
Ce fut son tour d'acquiescer en silence puis de remplir leurs verres, terminant ainsi la bouteille.
« On va être beau demain, commenta Tony.
- Tout à l'heure, corrigea-t-elle, dans trois heures environ.
- Tu as sommeil ?
- Non.
- Moi non plus.
- Tu ne tiendras pas la journée.
- Ducky me fera un mot d'excuse. »
Anna et Youri sont de mon invention, j'espère que vous l'aviez compris.
Je sais que les explications peuvent sembler plus que tordues, mais elles rendent le retour de Jenny plausible.
Un 'tit com pour me dire ce que vous en pensez ? Vu le boulot que m'a valu ce chapitre, j'avoue que ça me ferait plaisir !
