Chapitre 12 – Résurrection

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« Mais qu'est-ce-qu'ils font ? s'impatientait Abby.

- Ils nous l'expliqueront à leur arrivée, répondit doucement Ducky.

- Oui, mais quand ?

- Maintenant. » dit-il en désignant l'ascenseur.

Les portes s'ouvrirent. McGee et Ziva furent les premiers à apparaître.

« Enfin ! s'exclama la gothique. Vous en avez mis du temps ! Vous faisiez quoi ? J'étais morte d'inquiétude ! »

Ils échangèrent un regard en cherchant quoi répondre. Tony résolut le problème en prenant pied à l'étage.

« On cherchait du papier cadeau. »

Elle le regarda abasourdie.

« Du papier cadeau ? répéta-t-elle.

- Yep, mais on n'a pas trouvé ce qu'il fallait. Alors j'espère que ça te plaira même si tu ne dois rien déballer.

- Un cadeau ? Pour moi ? »

Il sourit et indiqua l'ascenseur devant lequel se trouvait maintenant Gibbs.

« Oui, dès que mademoiselle daignera sortir. C'est fou ce qu'elle fait des manières depuis qu'elle a ressuscité !

- Je n'étais pas morte ! rétorqua Jenny en quittant la cabine de métal. Alors arrête de dire que j'ai ressuscité !

- Tu vois, elle est impossible ! »

Mais la laborantine était trop stupéfaite pour ne serait-ce que comprendre ses propos.

« Jenny ? »

L'ancien directeur sourit.

« Oui, Abby, c'est moi.

- À moins que tu ne connaisses une autre rousse ayant bossé au NCIS et que tout le monde croit morte, s'amusa Tony. »

Jenny lui donna un coup de poing dans l'épaule pour le faire taire.

« La rousse sait comment te faire disparaître. Alors je te conseille de faire attention à ce que tu dis. »

Il lui fit un immense sourire. Elle reporta son attention sur Abby et la découvrit presque devant elle.

« Vous êtes vivante ! »

Jenny acquiesça. Malgré son peu de réflexes, elle eut le temps de se mettre en position pour ne pas tomber à la renverse quand Abby se jeta dans ses bras.

« Tu lui as manqué. » commenta Tony.

Aussi soudainement qu'elle l'avait prise dans ses bras, Abby se sépara d'elle.

« Je ne vous l'ai jamais dit, dit-elle, mais vous êtes toujours bien habillée. Vous avez beaucoup de goût. Vous êtes toujours très classe. »

C'est ce qu'elle avait regretté ne pas lui avoir dit quatre ans plus tôt.*

Elle jeta un regard à se tenue, resta perplexe devant le jean et le t-shirt sous la veste en cuir.

« Les bottes sont à elles, expliqua Tony, le reste à moi. »

Abby fronça les sourcils, ouvrit la bouche pour quémander des explications.

« Bientôt. » dit-il.

Elle hocha la tête. Jenny jeta un regard désolé à Ducky.

« Pour tout à l'heure, commença-t-elle, je...

- Ne le referai pas, termina-t-il à sa place. Oui, je t'en serai gré. »

Il passait l'éponge. Elle en fut soulagée.

« Ça me fait plaisir de vous revoir, Jimmy. » reprit-elle.

L'assistant légiste semblait avoir du mal à croire ce qu'il voyait d'autant plus qu'il se souvenait d'elle allongée sur une table d'autopsie.

« Je... balbutia-t-il, moi aussi, madame. »

Elle eut un sourire.

« Ne vous inquiétez pas, vous allez bientôt comprendre.

- J'espère bien ! coupa Leon Vance. Car il me semble que vous étiez morte. J'ai même assisté à vos funérailles ! »

Il se tenait adossé à la rambarde de l'escalier. Comme toutes les autres personnes présentes à l'étage, il ne quittait pas des yeux la nouvelle venue.

« On m'a dit ça, directeur. Vous faîtes du bon travail à ce que j'ai compris.

- Vous souhaitez récupérer la place ?

- Pas le moins du monde ! La retraite me convient parfaitement.

- Voilà déjà un problème réglé. Si nous passions au suivant, à savoir, votre résurrection. »

Jenny jeta un regard noir à Tony.

« Toi... dit-elle menaçante.

- Je t'adore ! Oui, je sais. Tu commences à raconter ? »


D'un signe te tête, Tony lui fit signe de prendre son fauteuil. Jenny prit place, imitée par les autres, tandis qu'il s'asseyait sur son bureau. Elle avait l'impression d'être un conteur avec tout ses visages braqués vers elle, avides de connaître l'histoire.

« Je n'ai pas besoin de vous rappeler ce qu'il s'est passé il y a quatre ans avec les russes, dit-elle. Ce que vous avez besoin de savoir afin de comprendre ce qu'il s'est passé à ce moment là, c'est que cette histoire a débuté un an plus tôt. »

Elle rassembla ses pensées, s'installa plus confortablement dans sa chaise et débuta son récit.

« La mission en Europe nous avait été confiée par Riley McAllister. Jusqu'à Amsterdam, je ne savais pas qu'il était un danger. Ma disparition n'a rien à voir avec lui, mais a été salutaire quand je vois ce qu'il s'est passé. »

Elle jeta un coup d'œil rapide à Leon et poursuivit.

« Decker, Gibbs et moi avions chacun une cible. La mienne était Svetlana Chernitskaya. Je n'ai pas pu la tuer. »

Contrairement à eux, ajouta-t-elle mentalement avec une pointe d'amertume.

« Il y a cinq ans, j'ai découvert qu'elle nous recherchait, qu'elle voulait se venger de la mort d'Anatoly Zukov. Ta cible. » ajouta-t-elle à l'attention de Gibbs.

Le chef d'équipe ne cilla pas et attendit patiemment qu'elle continuât.

« Je comptais lui faire croire que j'étais responsable de la disparition de son compagnon. Je savais que l'issue de cette confrontation risquait d'être mortelle, pour toutes les deux. Je ne voulais prendre aucun risque en cas d'échec. Si elle survivait, elle ne devait pas pouvoir remonter jusqu'à Gibbs et Decker. Je devais rester la seule coupable à ses yeux de la mort de Zukov. Le problème était que si on venait à me tuer, une enquête aurait forcément été ouverte. Il fallait que je trouve une solution pour que la vendetta de Svetlana soit la dernière.

- Tu as trouvé ? demanda Ziva.

- Je cherchais encore quand Tony a découvert la vérité et m'a imposé un plan où j'étais assurée de m'en sortir vivante et nous mettait tous à l'abri. »


* Épisode 518 : Lorsque Gibbs se trouve au labo avec Abby, « Elle a toujours eu beaucoup de goût pour s'habiller, tu sais ? Très classe. Je ne lui ai jamais dit ça. Pourquoi est-ce que je lui ai jamais dit ? »