CHAPITRE DEUX :
𝘛𝘢𝘬𝘦 𝘢𝘭𝘭 𝘵𝘩𝘦 𝘤𝘰𝘶𝘳𝘢𝘨𝘦 𝘺𝘰𝘶 𝘩𝘢𝘷𝘦 𝘭𝘦𝘧𝘵.
Ce soir, Katsuki est assez lucide.
Nul doute que c'est sûrement sa dernière chance de pouvoir se déclarer convenablement à son ami d'enfance, probablement la dernière fois qu'il le voit avant que leurs chemins ne se séparent et il en est douloureusement conscient. Si conscient qu'il en flippe comme un gamin. Si conscient, que c'est bien pour ça qu'il est encore dans sa chambre, tout hésitant devant son miroir à s'observer silencieusement de haut en bas et à attendre qu'un peu de courage ne le fauche brusquement, par magie. Parce qu'il sait bien qu'il ne peut décidément pas passer la soirée, droit comme un bâton à trembler d'appréhension tout en se jetant des regards noirs, à craindre la réaction d'Izuku lorsqu'il se décidera à jouer cartes sur table.
C'est maintenant ou jamais …, il en a ridiculement conscience. Et si cela venait à n'être jamais, alors il est voué à vire avec une multitude de regrets, à être englouti par l'amertume. D'ailleurs, le héros se noie suffisamment comme ça dans ceux qu'il possède déjà depuis quelques années pour se permettre d'en rajouter un autre à sa très longue liste. Quelque part, c'est inconcevable pour lui qu'il reparte de cette soirée sans une réponse, sans avoir soulagé ses épaules de la pression sous laquelle il croule depuis tant de temps déjà, sans libérer son cœur de battement inutile, d'embarder brusque, d'arrêt amer. Autant qu'Izuku ne le lui brise d'un coup vif.
Surtout que ce dernier mois n'a pas été facile à vivre, pas facile à supporter. Katsuki n'a pas cessé de ronger son frein un seul instant depuis la discussion – ou plutôt le chantage du nerd à propos de sa présence à cette dernière soirée de lycéens – parce que la tête de hamster est sacrément rancunière, bien plus que ce qu'il imaginait … La jeune fille ne l'a pas lâché d'une semelle, le collant comme son ombre, l'éloignant au maximum de lui. Et il n'a pas besoin de vivre cette situation éternellement, ni-même une année de plus. Le cendré sait qu'il ne tiendra pas le coup, ne supportera pas cette douleur cuisante qui lui broie le cœur lorsqu'il les voit tous les deux, lorsqu'il doit endurer cette distance pesante, douloureuse.
Lentement, ses yeux acceptent de se détacher de son reflet pour venir fixer furtivement la pièce qui a été sa chambre pendant trois ans. Son corps se recule doucement, opère avec précaution un demi-tour et se dirige vers sa porte qu'il a si souvent encastrée brusquement contre son mur par colère, frustration ou parfois, jalousie. Sa poignée de porte a marqué le mur et ça le fait sourire légèrement parce qu'Izuku aussi a fini par se faire une place dans son cœur de la même manière, à force de lui rentrer brutalement dedans pour lui remettre les idées en place, pour le sauver, pour le faire redescendre sur Terre, pour lui faire comprendre qu'il avait sa place ici, qu'il était tout autant un héros qu'eux. Deku est une poignée de porte adorable.
Et ce soir, Katsuki décide qu'il doit savoir si c'est la dernière fois qu'ils se percutent.
La porte blindée lui fait face, le nargue sournoisement, le met au défi d'enfin la pousser et de mettre un pied dans cette salle pour affronter Izuku. Évidemment, Katsuki n'est pas du genre à se laisser impressionner, n'est pas du genre à refuser un défi … Mais pour cette provocation-là, il a besoin d'un instant de réflexion, de quelques minutes de préparation psychologique. Et il sait bien que ça ne changera en rien la douleur qu'il ressentira à la fin, que personne n'est jamais suffisamment préparer pour tout ça.
— On se dégonfle, mon pote ?
Katsuki n'a même pas le temps de sursauter de surprise ni-même de se retourner pour gueuler un bon coup de colère, que la main caractéristique d'Eijiro se pose fermement sur son épaule droite. Sa mâchoire est à deux doigts de découvrir la dureté du sol tant il est choqué par son apparition, mais là aussi, une deuxième main, bien plus douce, sur son épaule gauche ne lui en laisse pas le temps et le clou de surprise. Le rire joyeux de Mina dans sa jolie robe noire se fraye un chemin jusqu'à ses oreilles et les cheveux noirs, attachés en une queue-de-cheval basse, attrapent son regard, font cogner son cœur un rien plus fort et lui tirent un sourire sincère, ravi, ému qu'il ne peut pas contenir, pas cette fois.
— Tu ne te débarrasseras pas de nous comme ça, Kats … Hanta affirme tranquillement en lui souriant franchement.
— C'est notre dernière entrée en scène de lycéens, laisse-nous en profiter tous ensemble ! glousse Ashido vivement accrochée au bras gauche de Sero.
— Vous êtes vraiment emmerdants, marmonne le cendré, mais personne ne loupe ses yeux brillants et ses petites fossettes qui le trahissent.
— Mais tu nous aimes ! se moque Denki en lui tirant puérilement la langue.
Dire qu'il n'est pas ému par le geste et affirmer que ses iris étincellent actuellement de colère serait mentir. Mais l'avouer à haute voix lui ôterait toute crédibilité pour les années à venir … Déjà que ces quatre-là en savent beaucoup trop sur sa vie privée, en connaissent assez sur ses sentiments et surtout sur lui-même, Katsuki n'est pas encore tombé assez bas pour leur faire de grandes déclarations ni-même pour leur servir ses larmes sur un plateau doré qu'ils pourront agiter moqueusement pour le reste de sa vie. Alors il se contente simplement de se redresser et de leur jeter un rapide coup d'œil, de hocher la tête en avant puis de se remettre à fixer la porte blindée presque moqueusement.
Katsuki Bakugo n'est pas seul, ne l'a même plus été depuis trois ans et il commence enfin à le comprendre, à l'assimiler et à l'accepter.
— Et rappelle-toi, commence Kirishima d'une voix forte comme pour le rassurer, si tu trébuches Kats, on sera là pour te rattraper.
Pour illustrer son propos, il lui agrippe le coude et lui offre son sourire le plus éblouissant.
— Toujours, ajoute Hanta. N'en doute pas.
Les insultes se coincent violemment dans le fond de sa gorge et sa cage thoracique se sert violemment sous le coup de l'émotion. Eijiro …, ce sale petit con à taper pile au bon endroit, à trouver les mots justes pour apaiser son angoisse, à dénicher la phrase parfaite pour qu'il laisse sa fierté de côté pour cette fois et qu'il accepte pleinement leur soutien sans faille. La main qui se resserre sur son coude lui tire un petit reniflement. Et Hanta, cette petite fouine observatrice n'en rajoute jamais trop, juste suffisamment pour qu'il ne prenne bien, assez pour que Katsuki le croit.
— Fait toi confiance, lui souffle Mina sur le côté. Et fait nous confiance.
— Et s'il ose briser ton cœur, crois-moi que le courant va passer.
— Maintenant, pousse-nous cette porte, Kats ! l'encourage Hanta en lui donnant une légère impulsion dans le milieu de son dos.
— T'es beaucoup trop canon pour rester cacher ! s'outre joyeusement Mina.
Et Katsuki se décide à s'élancer, parce qu'il n'a presque plus rien à perdre.
Sous les hurlements des trois garçons et les gloussements hystériques de la jeune fille aux cheveux roses, il accepte enfin la provocation de la porte d'entrée de la salle des fêtes et l'explose littéralement grâce à son alter. La porte s'écrase bruyamment sur le sol interrompant les discussions qui allaient bon train quelques secondes auparavant et les quelques danseurs qui s'amusaient à peupler de ci et de là la piste de danse. Avant même qu'un des professeurs ne leur saute à la gorge pour les réprimander à grand coup de hurlement rageur pour cette entrée en scène digne d'un groupe de vilains, le rire communicatif d'Izuku transperce le silence pesant de la salle et résonne jusqu'à en faire bêtement sourire Katsuki de fierté.
— La Bakusquad est dans la place ! hurle Kaminari perché sur les épaules solidifiées d héros Red Riot.
— Faite du bruit pour Katsuki Bakugo ! siffle jovialement Mina, elle aussi, sur les épaules du héros aux rubans.
Le premier à se mettre à les acclamer est évidemment Deku, et le cœur de l'explosif pompe plus fort, plus vite. Les autres, une fois la surprise passée et la frayeur calmée, s'empressent de le suivre, sous les yeux dépités de leurs nombreux professeurs et les remontrances furieuses de Tenya. Mais Bakugo s'en fiche royalement, ne leur accorde aucune attention parce que tout ce qu'il arrive à retenir, à capter et à comprendre est le visage du nerd, est cette fierté qui illumine ses traits, cette adoration qui habite le fond de ses iris, cette joie qui vient étirer son sourire. Izuku est heureux et c'est bien tout ce qui compte pour Katsuki.
— Amusez-vous, bande de nazes !
La musique repart presque immédiatement après la fin de sa phrase et les quatre imbéciles qui le suivent comme son ombre s'élancent sur la piste comme si leur vie en dépendait, avec des sourires qui leur mangent la moitié du visage.
Katsuki est adossé au mur, dans un coin de la salle, assez loin de la piste de danse, mais suffisamment proche pour pouvoir avoir une vue d'ensemble sur ses camarades de classe et tout près du buffet, si proche qu'il lui suffit simplement de tendre le bras pour attraper quelques amuse-bouche. Il est bien plus malin que le reste de sa promotion, il serait temps de s'en rendre compte …
Heureusement qu'il n'a pas écouté sa vieille sorcière de mère sur l'importance du port d'une cravate noire ou d'un nœud papillon bordeaux pour soi-disant compléter sa tenue : une superbe veste noire qui cache une chemise bordeaux rentrée dans son pantalon aussi noir que sa veste, parce qu'il serait actuellement en train d'étouffer violemment à cause de la chaleur. Et visiblement, il est le seul à ne pas avoir écouté l'avis des adultes parce que les autres … Arf. Merci aussi à son caractère peu conventionnel et sa fierté surdimensionnée de lui offrir la possibilité de ne pas ressembler à tous les pingouins de cette soirée. Katsuki a décidé de rester sobre, parce qu'après tout, les artifices ne sont pas sa tasse de thé, n'ont jamais su faire de miracle sur lui, ne lui collent pas vraiment à la peau.
Un serveur passe devant lui, tout sourire et plateau de champagne à la main – une main bien tremblante d'ailleurs. Katsuki saisit l'occasion, lui jette un coup d'œil et lui offre un signe de tête puis tend le bras dans sa direction pour lui faire comprendre de se rapprocher.
— Bonsoir, un verre de champagne ?
Katsuki aimerait lui répondre quelque chose de cinglant, de sarcastique parce que la question est complètement débile. Pourquoi lui aurait-il fait signe, sinon ? Éplucher des patates, peut-être ?
— Ouais, il grogne en détachant son regard de ses crétins de camarades de classe.
Le cendré le scrute, se permet de le regarder de haut en bas et de s'attarder sur sa coupe de cheveux en brosse tandis qu'il lui tend sa coupe de champagne. Un sentiment étrange lui tiraille l'estomac parce qu'il y a quelque chose dans les traits du visage de ce type qui lui inspire bizarrement confiance, qui pousserait presque sa langue à se délier contre son gré. Katsuki est à deux doigts de le trouver sympathique, d'apprécier son léger sourire en coin et ses yeux qui ne cessent d'étinceler un peu plus …, puis de se faire soudainement moqueurs.
En une fraction de seconde, il esquisse soudainement un large sourire triomphant et l'atmosphère se fait soudainement moins confiante. L'aura que dégage ce type redevient basique, normale et Katsuki hausse les sourcils presque de surprise, tout en serrant furieusement les dents quand il prend conscience du pouvoir de l'alter du serveur.
— Alors comme ça, même le grand Dynamight ne résiste pas à mon alter …
Le charme se rompt définitivement et le cendré contracte son poing droit automatiquement. Un seul autre faux pas et il lui refait la mâchoire sur le champ, à ce roublard.
— Petit con.
— Ne me frappez pas, il commence en jetant un coup d'œil rapide à sa main, ou je devrais le rapporter à Aizawa.
Heureusement qu'il n'a pas encore pris le temps de prendre une gorgée de champagne ou bien celle-ci aurait fini sur le visage du serveur. Depuis quand la chenille engageait ce genre de type ? Est-ce qu'il avait pris un coup sur la caboche, le prof ?
— C'est lui qui m'a personnellement engagé, le serveur lui souffle doucement une touche de fierté dans le fond de sa voix, tout en se rapprochant un peu trop près, comme s'il lui faisait une confidence. Peut-être qu'il espérait que j'en aide certains à être plus honnête avec eux-mêmes …, ou avec les autres, qui sait ?
— Écarte-toi, putain ! grogne le cendré en posant sa paume contre son torse, pour le repousser d'une légère impulsion.
Le serveur recule de quelques pas très lentement et se permet de se marrer comme un crétin sous le regard outré de Katsuki. Pourquoi faut-il toujours qu'il tombe sur les plus casse-pieds du lot ? Et Aizawa est décidément plus fourbe qu'il ne le pensait. Bakugo le préfère sous l'état de larve ambulante plutôt que commère.
— Vous devriez profiter de la soirée, lui glisse doucement le jeune homme avec un clin d'œil. On ne sait pas de quoi demain sera fait … Et les regrets finissent par devenir trop lourd avec le temps.
Bakugo lui jette son fameux regard, celui qui l'oblige à plisser des yeux si fort qu'ils en disparaissent presque jusqu'à ce qu'on ne discerne plus que deux petites fentes rougeâtres, celui qui dit furieusement « Mais de quoi j'me mêle ? », celui qui fait d'habitude fuir un bon paquet d'insupportables crétins. Pas aujourd'hui visiblement, puisque le serveur se contente de hausser un sourcil vers le haut et de lui présenter un sourire moqueur, un peu comme Hanta quand ce dernier cherche à lui faire comprendre qu'il sait tout, qu'il arrive à lire en lui comme s'il n'était qu'une couverture d'un bouquin dans une librairie et qu'il avait déjà deviné le plot twist de l'histoire ainsi que sa fin … Le genre de regard que Katsuki déteste.
— Et je sais de quoi je parle.
Là quelque part au fond de ses yeux, Katsuki croit discerner quelque chose. Une petite lueur, qui tire sur la tristesse et le regret. Mais elle disparaît si rapidement, qu'il n'en est finalement pas certain.
— Bonne soirée, le nargue le serveur en s'éloignant avec les traits de son visage amusé.
Il le préférait avec la main tremblante, ce gars.
Une gorgée de champagne plus tard, l'explosif décide de mettre de côté cette discussion ainsi que le conseil de ce serveur un peu trop curieux, légèrement mêle-brin parce que son petit speech commence à bien trop tourner en boucle dans son crâne. Et pour faire taire ses interrogations, pour empêcher son cerveau de fonctionner comme un dératé sur la possibilité de pourquoi pas tenter sa chance finalement, il cale son dos bien droit contre le mur et reprend son activité favorite … Se moquer de ses camarades de promotion, critiquer leurs costumes et se foutre de leurs pas de danses clairement ridicules.
Le fils Todoroki, par exemple, est carrément mal à l'aise avec son nœud papillon à deux couleurs – qui a été assez stupide pour valider son accoutrement, bordel ? La cravate bleu foncé de Tenya vaut bien le détour, parce qu'elle l'empêche de respirer et qu'il change régulièrement de couleur de peau sous le manque d'oxygène. Katsuki met sa main à couper qu'il a suivi un tutoriel et qu'il a dû s'emporter sur la fin … Tokoyami n'est pas vraiment mieux, puisqu'il tire sur la sienne un peu près toutes les cinq secondes, en espérant qu'elle disparaisse miraculeusement. Oh, Mezo vient tout juste de la poser sur un de ses nombreux bras. Shinso est vraiment le premier sur la liste de loosers, Katsuki le revoit faire quelques pas dans la salle, tendre sa main pour échanger quelques salutations polies, et enfin craquer subitement. Il a tiré sur sa cravate en pestant vigoureusement avant de l'enrouler autour de son cou à la manière d'une écharpe, comme s'il s'agissait d'une de ses bandes de super-héros.
Est-ce qu'il faut aussi qu'il fasse un tour de la classe B ? Il hausse les épaules, pendant que son cœur s'amuse à battre plus fort, comme pour tenter de lui faire entendre raison, pour lui faire comprendre d'arrêter d'essayer de se distraire parce qu'il est surtout temps de penser, de prendre une décision. Mais ses yeux se sont déjà posés sur ce crétin de Neto affublé de son costume qui ressemble trait pour trait à son costume de héros. Katsuki ne supporte plus cette queue de pingouin et visiblement, il n'est pas le seul parce qu'Itsuka Kendo, dans sa jolie robe rouge, lui tire brutalement sur son oreille en pointant son costume avec sa main libre. Il n'entend pas, mais le cendré sait qu'elle lui hurle dessus aux mouvements de ses lèvres et de ses sourcils qui se froncent. Tetsutetsu ne semble pas plus intelligent que les autres guignols, parce que s'il ne porte pas de cravate ou de nœud papillon, le garçon n'a pas eu la brillante idée de mettre un tee-shirt ou une chemise déjà coupée au niveau des manches …, cet imbécile vient de péter un câble et de déchirer son vêtement devant tout le monde. Ibara, dans sa longue robe blanche presque semblable à celle de son costume d'héroïne, comme quoi il existe des exceptions, le regarde clairement blaser – mais Katsuki ne sait pas vraiment comment l'interpréter parce qu'Ibara a toujours ce visage – pendant que Setsuna – dans un costard très classe sombre – se fend la poire en prenant appui sur l'épaule Kuroiro, toujours habillé aussi sombrement.
Sa propre bande d'amis n'a décidément pas envie de relever le niveau, n'a pas envie de se montrer plus mature que les autres parce qu'ils enchaînent les combats de breakdance en duo, puis slow alors que la musique ne s'y prête absolument pas. Leur rythme est absolument ridicule, à en mourir de rire. Heureusement que la robe rose bonbon de Mina lui arrive au milieu des cuisses, sinon Katsuki aurait dû parier sur son nombre de chutes. Enfin bon … Denki, qui porte bien un pantalon de costume blanc, ne cesse de se rétamer au sol toutes les unes minutes trente un peu près et à chaque fois Eijiro éclate d'un rire tonitruant avant de s'élancer à sa rescousse pendant qu'Hanta se bidonne en prenant appui sur la jeune fille.
— Et dire que cette bande de pitres est diplômée …, il souffle en plongeant son regard dans sa coupe de champagne.
— Ne te moque pas du nœud papillon de Todoroki, Katchan.
Son cœur loupe un battement ou peut-être plus, mais il ne parvient pas à se concentrer suffisamment pour compter, puis s'affole brusquement alors qu'il s'ordonne intérieurement de tout faire pour garder son calme. Deku vient de surgir subitement devant lui et bon sang, ce qu'il est beau le nerd. C'est certainement la tête de hamster qui a dû lui choisir sa tenue … Parce qu'Izuku est définitivement trop gauche pour ça, trop maladroit avec les couleurs pour accorder si bien les différentes pièces de son costume et puis surtout, le nerd est bien trop occupé à perfectionner ses techniques pour prendre le temps de flâner dans les boutiques à la recherche de vêtement de soirée.
Il ne peut pas empêcher ses yeux de se balader discrètement sur le corps de son ami d'enfance et puis, Katsuki ne voudrait pas regretter de ne pas en avoir profité. Le pantalon noir de costume épouse parfaitement ses cuisses et ses mollets, nul doute qu'il doit mettre en valeur ses fesses et pour ça, Bakugo déteste encore plus Uraraka. Sa chemise vert émeraude compresse idéalement son torse et les deux boutons laissés ouvert avec soin lui retourne l'estomac, l'envie d'y passer les doigts le prend, le désir de venir nicher son cou contre sa peau blanche l'assaille. Ses manches sont retroussées aux trois-quarts et évidemment, Izuku ne porte pas de veste, sûrement à cause de la chaleur de la salle ou par choix esthétique de son ombre maléfique. Katsuki n'est pas certain de vouloir connaître la réponse.
— Trop tard, Katsuki balance pour tenter de masquer son trouble.
Izuku rigole ou glousse, l'explosif hésite un peu, mais le son résonne terriblement bien dans ses oreilles. Il le regarde venir s'adosser au mur, juste à côté de lui. Leurs épaules se frôlent, se touchent et prennent appui l'une sur l'autre. L'odeur de la menthe mélangée à de la vanille de son ami d'enfance commence à lui chatouiller les narines, à faire naître des frissons dans son corps déjà en surchauffe depuis qu'il a jailli dans son champ de vision.
— J'ai hâte de voir Tenya s'évanouir, relance le cendré pour apaiser la tension qui monte dans son corps, pour se concentrer sur autre chose que la chaleur qui se dégage de leurs épaules.
— Et quelqu'un devrait faire une remarque à Shinso, vraiment.
Hello 333
J'ai recommencé la rédaction de ce chapitre, lors d'un brunch en tête-à-tête avec moi-même, mardi dernier et je me suis chauffée aujourd'hui pour finir enfin ce chapitre. Honnêtement, je n'arrive pas à savoir si j'en suis satisfaite ou non ... Je devais rajouter un chapitre entre celui-là et le premier, mais ça ne me plaisait pas du tout, ça changeait beaucoup trop mes brouillons et la trame que j'ai dans ma tête. J'aime bien agir par instinct quand j'écris.
Désolée d'avoir mis si longtemps à le sortir, mais j'espère qu'il vous plaira. J'ai aimé écrire la solide amitié qui lie la Bakusquad ainsi que la description de chacun dans leurs costumes de soirée, surtout la classe B qui mérite qu'on leur accorde un peu d'attention.
On se revoit bientôt et bien plus vite promis !
