Bonjour ! Alors voilà, au tout début, ce ne devait être qu'un OS, mais comme une petite idée me trottait dans la tête, j'ai décidé de rajouter un chapitre à cette minie-fic. J'espère que vous l'apprécierez et comme toujours, romance et humour sont au rendez-vous !
DISCLAIMER : l'œuvre originale Pandora Hearts appartient à Jun MOCHIZUKI, le scénario est de moi.
RATING : M (pour une partie un peu… XD)
Bonne lecture et dîtes « hello » à Adelaïde, la grande sœur un peu trop étouffante !
Reim caressa doucement la joue de son cher et tendre Xerxes, terminant de l'embrasser avec sérénité. Pour une raison qui lui était inconnue, il savait depuis le début que son tout nouvel amant répondrait à ce baiser. Des frissons d'excitation le parcoururent et il sentit les mains blanches de l'albinos se glisser autour de sa taille pour le ramener un peu plus à lui, posant sa tête contre son épaule, ses cheveux d'un blanc immaculé recouvrant ses joues honteusement rouges qu'il voulait masquer. Il ferma doucement les yeux et profita de la douce peau chaude de Reim contre son visage, se délectant de sa délicieuse odeur de cannelle et de bigarade. Il se sentait tellement bien et apaisé. Jamais encore une telle tranquillité ne l'avait envahit depuis son arrivée ici. Dans un sens… il n'était jamais tombé amoureux. Alors, on pouvait voir ses péchés comme un moyen de rencontrer son âme sœur. Mais voir Reim de cette façon-là le dégoûtait, aussi se dit-il simplement que les morts lui avaient pardonné sa folie. Il sentit la main cajoleuse de Reim caresser ses cheveux et un infime sourire se dessina sur ses lèvres tandis qu'une larme de bonheur roulait sur sa joue. Depuis combien de temps n'avait-il été aussi heureux ?
- Xerx, murmura tendrement le brun en baisant son front.
Les mains de son amant se resserrèrent un peu plus autour de sa taille, comme s'il ne voulait plus jamais qu'il le laisse seul. Sans sa présence, sa chaleur et son amour.
- Reim, répondit Xerxes d'une voix légèrement cassé.
Il ne voulait plus bouger d'un seul pouce. C'était tout simplement merveilleux. Il voulait rester à jamais contre son Reim, ses bras protecteurs le serrant contre lui et ses mains rassurantes caressant son visage. Encore une fois, l'albinos enferma un peu plus la taille de son amant entre ses bras pâles. Les mots qu'ils voulaient prononcer pour sceller cet instant magique de bonheur ne voulaient pas franchir ses lèvres. Il avait toujours eu du mal à exprimer oralement ses sentiments. Quand à Reim, il se tenait silencieux contre lui, attendant sans doute ces trois fameux mots. Ces sept lettres, cette apostrophe. Attendant qu'il ne prononce son amour pour pouvoir lui réclamer son corps s'offrant au sien dans un total abandon.
Comme les lèvres frigides de Xerxes tremblaient sous la pression, le brun voulut se dégager de son étreinte, un peu déçu au fond de lui-même, mais les bras de Break le maintinrent contre lui dans un vain espoir de lui avouer ce qu'il ressentait depuis ces derniers temps. Finalement incapable de briser le barrage de ses lèvres, le « je t'aime » récalcitrant resta bloqué dans son cœur troublé.
- Excuse-moi, chuchota Xerxes. Laisse-moi un peu de temps, s'il te plaît…
Reim lui sourit affectueusement et déposa un baiser sur ses lèvres glacées, son regard brillant d'une tendresse à peine contenue.
- Je sais que tu en es capable, affirma t-il avec douceur. Je sais que je peux te faire confiance.
- Je ne te décevrais pas, assura l'albinos en déposant ses lèvres sur son nez, étirant un faible sourire rassurant.
- Je t'aime, Xerx, souffla Reim à son compagnon.
- Je sais.
Reim parut légèrement surpris, l'observant d'un œil dépité. Il se dégagea fermement et repartit sans un mot, blessé par ce « je sais » insensible.
Xerxes fut incapable de le retenir. Il avait raison, au fond.
Ce ne fut pas le « moi aussi » attendri qu'il voulait prononcer qui avait été exprimé, non, mais ce « je sais » accablant. Pourquoi ses lèvres refusaient-elles de laisser parler son cœur ? Peut-être l'avait-il fait taire trop longtemps…
oOo
L'albinos poussa la porte de sa chambre, se mordant les lèvres, refermant soigneusement derrière lui. Puis il se déshabilla entièrement, ne laissant aucun vêtement recouvrir sa peau. Il était trop triste pour se changer. Même ça, il n'en avait pas le courage.
Il se glissa sous les couvertures, tentant de murmurer des « je t'aime » sans jamais y parvenir. Pourquoi n'arrivait-il pas à prononcer cette ridicule phrase qu'il pensait pourtant par-dessus tout ?
Alors, une nouvelle larme roulant sur sa joue, il s'imagina la silhouette de Reim passant dans l'allée gravillonnée pour retourner au manoir des Barma, partant se coucher avec sûrement l'idée en tête qu'être l'amant de Break était une mauvaise idée et qu'il valait mieux ne pas trop développer cette relation. Ou pire, rompre avec lui. Détruire totalement ce petit fil fragile qui les reliait tous deux.
Il essuya cette larme qui s'était échappée de son œil de sang, pensant avec déception au bonheur ressenti lorsque son bien-aimé l'avait serré contre lui et embrassé avec cette complicité et cette tendresse qui n'appartenait qu'à eux.
Il tenta de trouver le sommeil, mais la déception qui avait entouré Reim de cet affreux halo de rejet le torturait.
Soudainement, la porte s'ouvrit et se referma précipitamment. Break se releva de sa position allongée, prêt à en découdre avec l'adversaire, mais il ne s'agissait que de Reim, qui avait l'air perdu et indécis.
Non… je t'en supplie Reim, ne viens pas me détruire…
Il renifla et essuya turpidement la nouvelle larme qui revenait mouiller sa joue pâle et froide. Il put apercevoir Reim qui s'avançait vers lui et s'asseyait à ses côtés sur le lit, l'air d'avoir prit une importante décision. Aussitôt, la panique envahit l'albinos et une douleur aigüe le transperça.
- Reim ! s'exclama t-il d'un air faussement enjoué. Tu es revenu me voir ?
- Xerxes, écoute…
« Xerxes ». Ce n'était plus le « Xerx » attendri de tout à l'heure.
L'albinos refusa d'écouter ses paroles dévastatrices et captura ses lèvres pour l'empêcher de continuer, passant sa main dans ses cheveux et l'attirant à lui avec l'autre. Reim se dégagea, le regard brillant et blessé.
- Ecoute et arrête tes bêtises, le pria le brun. Je ne pense pas que notre relation mènerait à quelque chose d'abouti. Nous ne ferions que nous embarrassés d'un nouveau poids. Si nous formons un couple, mon père va finir par le savoir, messire Barma va finir par le savoir… et nous aurons de terribles ennuis. Je ne veux pas te faire de mal parce que je t'aime, Xerx…
- Ne dis pas d'absurdités ! s'écria virulemment l'albinos, surprenant son amant par son air furieux. Si tu veux me faire du mal, c'est de cette façon qu'il faut t'y prendre ! Quitte-moi et jamais je n'aurais autant souffert ! Et puis, c'est ridicule ! Il suffirait que personne ne soit au courant de notre relation !
Un silence pesant s'installa. Plus calme, Xerxes reprit :
- J'ai tellement espéré que tu m'embrasses, que tu m'aimes, tu ne peux pas savoir quel bonheur j'ai ressenti tout à l'heure… si tu me fais ça, Reim, c'est parce que je n'ai pas pu prononcer les mots que toi tu m'as avoué. J'en suis réellement désolé, je les pense, je t'en supplie… reste avec moi, près de moi, contre moi… toujours.
Reim le serra contre lui, touché par sa tirade.
- Xerx… j'ai juste du mal à savoir si tu le penses réellement alors que tu n'arrives même pas à le prononcer. J'ignore si tu m'aimes réellement. Et ça fait horriblement mal, j'ai l'impression d'être utilisé.
- Premièrement, fourre-toi bien dans le crâne que jamais je ne voudrais te faire de mal, secondement, jamais je n'utiliserais quelqu'un de cette manière. Car crois-moi, le baiser que nous avons échangé ne doit être que le premier que j'ai échangé avec quelqu'un.
Reim le sonda un instant avant de rougir et de paraître gêné.
- Heu… est-ce que ça veut dire que tu n'as jamais… enfin que tu es… vierge ? balbutia t-il.
Break éclata de rire.
- Non, mais pour moi, les baisers restaient pour la personne que j'aimerais vraiment. J'ai déjà eu des relations sexuelles, sans jamais touché les lèvres de mon partenaire pour autant. Même si ça peut paraître un peu idiot, je trouve que les baisers reflètent le mieux l'intimité et l'amour partagé. Enfin, c'est mon avis… ce n'était pas ton premier baiser, pas vrai ?
L'albinos releva la tête et tenta de discerner l'expression de son amant.
- Non, finit par dire Reim. J'ai déjà aimé des hommes avant toi. Même si j'admets que cet amour-ci est un peu plus spécial.
- Il s'agit de moi, tout de même, rit Xerxes.
Reim rit doucement, tandis que l'albinos entrelaçait leurs doigts.
- Je t'en prie, mon Reim, reste avec moi. Je me fiche de tous ceux que ça dérangera, fussent-ils des dieux, tout ce que je veux, c'est toi. Et maintenant que j'ai goûté ton amour, je ne peux plus m'en défaire.
Reim étira un sourire rayonnant, à présent totalement convaincu de ce que Xerxes ressentait à son égard. Il n'avait désormais besoin que de ressentir son amour au travers de ses gestes, bien qu'il aurait aimé l'entendre lui murmurer un « je t'aime », ne serait-ce qu'une seule et unique fois. Malgré tout, l'amour qu'il ressentait était trop fort et l'impact de ses douces paroles rassurantes conséquent. Alors, rien ne pouvait plus l'empêcher d'aimer son Xerx.
Il passa ses bras autour de son cou et l'embrassa doucement, entrouvrant les lèvres pour venir lécher les lèvres blêmes de son amant, qui, un peu surpris, se laissa faire en imitant Reim, entrouvrant lui aussi les lèvres pour laisser la langue de son soupirant prendre possession de sa bouche. Au tout début, il trouva cette sensation un peu étrange, surprenante, puis il y prit goût, caressant la langue rose et humide de Reim de la sienne. De nouveaux frissons d'excitation le parcoururent et leur ballet continua un petit moment avant que Break se retire un peu brutalement et à bout de souffle, sous le regard amusé de son amant.
Il n'a vraiment pas l'habitude… il disait la vérité, pensa Reim avec soulagement.
Il sentit soudainement les lèvres de Xerxes qui se pressaient de nouveau contre les siennes, sentant l'avidité de son amant, son empressement de réitérer cet échange des plus profond. Sa langue vint caresser les commissures de ses lèvres et il sourit, ne jouant pas le jeu en se retirant légèrement, sous l'œil déçu de son cher et tendre.
Joueur, il passa sa langue sur les doigts de Xerxes, encore entrelacés des siens, les suçant avec sensualité. Frémissant, Break l'observa faire, avant de quémander de nouveau un baiser en se penchant en avant, se léchant suggestivement les lèvres. Reim finit par céder en prit délicatement ses joues entre ses mains brûlantes, attira son visage près du sien, avant de sceller leurs lèvres d'un baiser langoureux et affamé, mouvant voluptueusement ses lèvres contre les siennes, avant qu'il ne sente les lèvres pâles de son amant s'entrouvrirent dans une dernière tentative pour ressentir cette sensation enivrante et grisante. Reim lécha d'abord le pourtour de ses lèvres avant de glisser lentement sa langue dans la bouche de Xerxes, caressant sa langue de la sienne. Break fit entrer sa langue en mouvement, répétant le ballet d'il y a quelques minutes.
A présent, une amertume et une douce nostalgie l'avait envahit. Pourquoi n'avait-il pas plus tôt embrassé Reim ?
Les lèvres de Reim continuaient de se mouvoir en même temps que sa langue dansait avec la sienne, puis le brun s'allongea sur le corps enchevêtré dans les draps de Xerxes. Celui-ci eut aussitôt l'impression de bouillir, sentant sa verge se tendre sous la soudaine pression du corps brûlant de Reim contre le sien. Il était frustré d'être séparé de lui par des draps et l'uniforme que revêtait Reim.
Mais le concerné ne mit pas longtemps à se détacher de son bien-aimé pour se déshabiller sous l'œil indiscret de son amant, qui tentait de discerner les détails de son corps. Il put sentir les fins muscles de son torse sous ses doigts, le ventre plat et frémissant, la verge gonflée et relativement impressionnante. Quand il effleura son intimité, Reim poussa un petit cri de plaisir, mais repoussa les mains de Xerxes.
- Chut, attends…, murmura t-il.
Il trouva la verge dressée de son amant au travers des fins draps, puis la caressa avec lascivité, prenant soin de ne pas trop appuyé pour exciter d'avantage son partenaire. Celui-ci haletait littéralement, pressé qu'il ne dévoile son intimité en le débarrassant de ses draps encombrants. Impatient de sentir son corps nu contre le sien, sa peau nue contre la sienne, ses lèvres ardentes contre les siennes, ses mains caressantes sur son corps.
Alors qu'il fantasmait, il sentit la main de son amant masser la bosse formée par son érection au travers des draps et il poussa un glapissement de plaisir.
- Reim…, l'appela t-il.
L'interpellé sourit et découvrit avec une lenteur exaspérante le corps de son amant, s'attardant sur son sexe gonflé et excité, retenant un gémissement impétueux. Il caressa délicatement la verge, effleurant le prépuce de son pouce et osant flatter le gland de son amant, qui poussa un petit cri de délectation. Satisfait de l'effet qu'il produisait, il engloutit son membre viril et lécha avec délice son gland. Le hurlement de plaisir ne se fit pas attendre, les mains blanches se crispant sur les draps sous le plaisir intense.
L'orgasme ne mit pas très longtemps à le faire se cambrer et il poussa un cri de jouissance que Reim n'était pas près de se sortir de la tête – ce qui pourrait peut-être lui faire avoir des réactions gênantes à Pandora.
Aussitôt après que Reim se fut délecté du sperme dont la verge était recouverte, Break se redressa dans un grognement avant de saisir les mains de Reim et de lécher le liquide blanc qui maculait ses doigts, puis il bascula sur lui et l'embrassa sauvagement, effectuant de lents mouvements du bassin contre le sexe tendu de son amant, qui poussait des cris de plus en plus rauques et graves.
Exalté par l'excitation de son partenaire, Xerxes le fit rouler sur le ventre, tandis que le brun comprenait où il voulait en venir. Alors il se mit à quatre pattes, se cambrant légèrement pour faciliter ses va-et-vient. Xerxes saisit d'abord doucement ses hanches, plaquant son sexe humide contre l'intimité de Reim, puis il passa ses bras autour du ventre sensible de son partenaire et posa sa tête contre son dos, fermant les yeux, avant de laisser un flottement. La raison de son hésitation provenait de l'appréhension qu'il pressentait chez Reim. Contrairement au comportement habituel qu'il adoptait lors d'ébats sans importance, il se fit plus doux et prit en compte le plaisir de son compagnon.
Le brun devait se douter au comportement de son amant qu'il était sûrement dominant dans les ébats et donc qu'il devait être brutal. Aussi voulut-il lui prouver le contraire et baisa doucement sa peau, avant de commencer de caressants va-et-vient sur la verge de son compagnon, afin de le détendre complètement, pour qu'il ne ressente aucune douleur lors de la pénétration. Une fois avoir satisfait son partenaire, il lécha ses doigts, utilisant sa salive comme un lubrifiant, avant de l'appliquer sur sa verge puis il laissa Reim sentir son érection contre ses fesses. Le brun écarta un peu plus les jambes, et Break pénétra d'un coup de rein son amant, qui ne fit que légèrement tressaillir.
Il commença à se mouvoir lentement en Reim, avant de sentir son rectum se détendre un peu plus à chaque mouvement, puis son bassin s'activa plus rapidement, jusqu'à ce que les cris de plaisir de Reim emplisse la pièce au fur et à mesure qu'il heurtait sa prostate. En même temps qu'il le pénétrait, il stimulait son sexe de ses deux mains, permettant ainsi à Reim de maintenir un haut niveau d'excitation. Lorsque l'orgasme emplit les deux amants, il fut violent et prolongé. Break se retira délicatement et s'écroula sur le dos, fermant les yeux. Reim, un peu fatigué, vint tout de même le voir et s'allongea à ses côtés, l'enlaçant. Mais Xerxes ne le laissa pas en paix et re-chevaucha son partenaire, prenant ses mains entre les siennes pour les poser sur sa verge, puis il posa ses propres mains sur celle de Reim et commença à la masturber, tandis que le brun l'imitait.
Une fois que tous eurent atteint la jouissance, ils s'écroulèrent dans les bras l'un de l'autre, s'enlaçant tendrement, Reim embrassa délicatement son amant avant qu'il n'enfouisse sa tête dans son cou.
- Je crois qu'on épuisera notre réserve de jeux coquins plus tard, rit l'albinos, tandis que Reim rougissait.
Il caressa la chevelure blanche de son soupirant et attira la couverture à eux pour les envelopper, tandis qu'ils se blottissaient l'un contre l'autre et que Xerxes passait une main baladeuse sur ses fesses, entourant la taille de son compagnon de son bras libre, caressant le léger creux de ses hanches. Reim frémit sous ses discrètes caresses, se collant un peu plus contre lui.
Finalement, les deux amants s'endormirent dans les bras l'un de l'autre.
oOo
Adelaïde repassa la porte, déçue. Elle était venue au manoir Barma pour voir son petit Reim, mais on lui avait assuré qu'il n'était pas rentré – ce qui avait mit le Duc Barma de très bonne humeur – et qu'il avait probablement passé la nuit chez les Rainsworth. Alors, elle remonta dans le fiacre et se demanda pendant le trajet ce qui avait bien pu retenir son petit frère adoré.
Une fois que le fiacre se fut arrêté, elle sortit en coup de vent et se précipita aux portes du manoir Rainsworth, où un domestique lui indiqua que Reim se trouvait en compagnie de Break, son meilleur ami. Elle le connaissait vaguement, mais ne comprenait toujours pas pourquoi son petit Reim s'acharnait à le côtoyer, car il paraitrait que l'albinos soit horripilant et désagréable.
Peut-être que… oh, ça me donne une idée !
Elle demanda au domestique de la prévenir quand ils se seraient séparés et de lui « apporter » Break. Elle s'occupa pendant le laps de temps que dura l'entretien des deux meilleurs amis, mais comme cela faisait une bonne heure et demie et que, qui plus est, il était trois heures de l'après-midi, elle s'impatienta et finit par monter les escaliers, demandant son chemin aux domestiques qui passait par là. Finalement, elle trouva le bureau de son petit frère et s'arrêta en entendant de drôles de bruits.
Elle prêta l'oreille et voulut se pencher en avant pour coller son oreille contre la serrure, mais la porte s'ouvrit sous son poids – un peu vexant, tout de même – et elle s'étala par terre, s'empêtrant dans sa longue robe de soie. Elle releva les yeux avant de vite les baisser, rouge comme une pivoine.
Reim était assis sur sa chaise, ses bras autour de la taille de l'albinos qui était confortablement installé sur ses genoux, et pour terminer ce tableau assez éloquent, ils s'embrassaient à pleine bouche.
Adelaïde enfouit son visage dans ses mains, très embarrassée, tandis que les deux amants cessaient de se bécoter et observait la jeune femme avec des yeux ronds, Reim étant aussi rouge que l'était sa chère sœur.
- A… Adelaïde ? murmura t-il, surprit.
Elle se redressa, un peu moins rouge, et observa les deux hommes, qui s'étaient relevés et écartés l'un de l'autre. Reim craignait la réaction de sa sœur chérie, qui restait muette de stupéfaction. Même si elle savait que Reim était attiré par les hommes, peut-être que le fait de réellement voir un couple s'embrasser lui avait fait quelque chose ?
Le brun ouvrit la bouche pour se justifier, quand la brune bondit vers eux et fronça méchamment les sourcils, prenant un air pincé semblable à celui que prenait Reim habituellement.
- Pourquoi tu ne m'as pas dit que tu avais une aventure avec quelqu'un ? s'exclama t-elle, visiblement vexée.
Puis elle lui pinça les joues en le secouant en tous sens.
- Que c'est mignon, mon petit Reim devient un homme !
- Ad… Adelaïde ! s'écria son frère, gêné. J'ai vingt-six ans !
- Et alors ? Oh ! Ne me dis pas que tu as passé la nuit avec lui ?
Reim vira à la tomate.
- Ar… arrête ! C'est très embarrassant…
- Dis, tu me réponds ?
- O…oui, bafouilla le brun.
- Ooooooh ! Qu'est-ce que vous avez fait ?
- HEIIN ?
- Bah, si tu as passé la nuit avec lui, vous deviez bien trouvez une occupation.
- Une… une occupation ? répéta Reim.
Xerxes éclata de rire.
- Ta sœurette est bien innocente, sourit l'albinos.
Reim soupira, toujours aussi rouge.
- Elle croit que je suis encore un gosse.
- Tu en as les réactions, le charria la jeune femme.
- Grande sœur ! bouda Reim.
- Et puis, comment veux-tu que je te prenne pour un homme si tu n'es même pas mature ?
- Mature ? répéta son frère.
Adelaïde plaqua ses mais sur ses joues rouges et secoua la tête comme une adolescente enamourée.
- Oh, je parle de choses d'adultes ! s'écria t-elle d'une voix aigüe et excitée.
- Heu…
Reim jeta un regard à son compagnon, l'air de dire « elle parle de maturité sexuelle, là ? » et observa sa sœur sautiller sur place comme une enfant, qui s'imaginait probablement que Reim avait gardé son innocence et qu'un parfait chevalier sur son destrier blanc viendrait lui retirer son pucelage d'un coup de baguette magique.
- Franchement, chère Adelaïde, vous semblez ignorer nombre de choses sur votre frère adoré, sourit Xerxes.
- Xerx…, désespéra Reim
- Ah bon ? s'étonna la jeune femme aux longues boucles brunes, se rapprochant de l'albinos en cessant de danser toute seule.
- Oui, voyez-vous, Reim n'est plus un enfant, ni même un adolescent, rit l'albinos.
- Il a déjà fait son baptême de jambes en l'air, quoi, termina Adelaïde.
Reim prit une teinte rouge vif.
- Exactement, assura l'albinos. Mais alors pourquoi dîtes-vous qu'il n'est pas mature ?
- Je suis sûre qu'il est trop timide pour être passé aux choses sérieuses, affirma la brune.
Reim, dans son coin, totalement exclu de la conversation, bien qu'en étant le principal objet, qui désespérait : « Pourquoi ? Pourquoi moi ? ».
- Non, pas du tout voyons ! se récria Xerxes. Ne vous en faîtes pas, je peux vous assurez que c'est un vrai petit cochon.
Reim se mortifia, plus embarrassé que jamais.
- Dîtes… je peux dire quelque chose ? demanda t-il d'une petite voix.
- Non, firent les deux interlocuteurs en chœur, avant de reprendre leur conversation sur la sexualité de Reim.
- Bon… comme je disais, continua l'albinos.
Reim voulut se cacher sous son bureau, tellement il avait honte, mais il dut écouter jusqu'au bout Xerxes parler de ses positions préférées et de ses préférences sexuelles, tandis qu'Adelaïde commentait – Reim eut le malheur de découvrir une nouvelle facette de la personnalité de sa sœur.
oOo
- Reim ?
- Quoi ? répondit le brun d'un air maussade.
- Excuse-moi, murmura la brune en le serrant contre elle.
Le brun soupira, sentant la fine main de sa sœur lui ébouriffer les cheveux.
- Je ne voulais pas paraître aussi indiscrète…
- Tu l'as été. Et pas qu'un peu. Je suis mort de honte…
- Tu n'as pas à t'en faire, personne ne saura tes petits secrets ! rit-elle. Avec moi, ils sont bien gardés, tu le sais.
- Moui…
La jeune femme prit sa main dans la sienne, mais il se dégagea brusquement. Elle eut l'air blessée.
- Il n'y a plus que lui qui ai le droit de te tenir la main ? demanda la sœur d'un air penaud.
- Qui, lui ? répliqua sèchement Reim.
Il savait parfaitement de qui elle parlait, mais il n'avait pas envie d'enfoncer le clou, et il avait surtout envie qu'on lui fiche la paix. Premièrement pour cette conversation sans vergogne et ensuite pour les coups d'éventail qu'il s'était récoltés auprès de son maître.
Mais Adelaïde ne se défit pas pour autant et lui offrit son plus beau sourire.
- Encore une fois, j'aurais aimé ne pas t'embarrassé à ce point et pouvoir t'être utile… je t'aime, grand Reim.
Puis elle s'éclipsa, descendant les escaliers à toute vitesse, laissant Reim seul sur les marches, soupirant mais souriant.
Elle m'a appelé « grand Reim »…
Il souriait toujours quand son amant glissa deux bras autour de son cou et lui donna un baiser sur la joue.
- Xerx… pourquoi ?
- Excuse-moi, c'était trop tentant, rit-il.
- Tu es vraiment méchant…
Il y eut un silence, tandis que Reim repensait à ce que l'albinos avait raconté à Adelaïde. Il ne pouvait s'empêcher de se sentir humilié. Personnellement, raconter sa vie privée à quelqu'un, fusse sa sœur, n'avait jamais été un plaisir.
- Je sais que l'escalier n'est pas tellement un endroit très romantique, mais…
Reim releva la tête mais il ne put distinguer l'expression de compagnon que ses lèvres rencontrèrent les siennes.
- Tu veux qu'on… ici ? bégaya Reim, après s'être légèrement écarté.
Il entendit le doux rire de son amant, qui s'assit à ses côtés et enfouit son visage contre son torse, posant sa main à la place du cœur de Reim.
- J'admets que mettre en pratique ce que je décrivais à ta sœur est assez alléchant, mais je ne suis pas vraiment exhibitionniste…
Le brun eut un air interrogateur, attendant la suite. Comme il ne répondait pas, il le fit s'appuyer un peu plus contre lui, caressant la peau délicate de son cou. Il ferma les yeux et posa sa tête contre celle de Xerxes, qui semblait méditer.
- Reim ?
- Hmm ?
- Je peux t'avouer quelque chose ?
- Bien sûr.
- Je ne sais pas jouer de la flûte.
Reim papillonna et observa son amant comme s'il avait perdu la tête.
- Et alors ? s'exclama t-il.
- Je ne sais pas.
Le brun cessa de chercher le pourquoi du comment, de toute manière, c'était presque idiot de tenter de réfléchir en présence de l'albinos. Celui-ci prit les mains de Reim entre les siennes et les baisa tendrement, relevant son œil de sang vers le visage de Reim.
Lorsque Xerxes lui sourit, son regard transmit sa pensée et il sut désormais qu'il pourrait toujours compter sur lui, car la signification de ce regard était trop belle pour qu'elle soit exprimée à haute voix.
Ce regard, cette pensée signifiait :
« Je t'aime ».
Hum… je ne suis pas totalement satisfaite de la partie avec Adelaïde, j'aurais bien voulu l'approfondir un peu, mais bon… enfin, j'espère que vous avez tout de même un peu apprécié et… review ?
