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Chapitre 2 :

L'autocar était presque vide. Je me suis dirigée vers le fond pour voyager tranquille.

J'ai cherché Emmet et Rosalie des yeux en regardant par la fenêtre. Dr J. s'était échappé et ils lui couraient après dans tout le parking. Finalement, Emmet a réussi à le rattraper par sa laisse, mais Rosalie s'est pris les pieds dedans et s'est étalée de tout son long. Dr J. s'est précipité sur elle pour lui lécher copieusement le visage. J'ai ri toute seule en les regardant, avec un petit pincement au cœur.

Lorsque le bus a quitté la ville, mes pensées se sont tournées vers l'été qui commençait. Quelles surprises l'avenir me réservait-il ? Le séjour précédent avait été si riche en découvertes ! Première expérience de la liberté, nouveaux amis, Jasper...

Mais cette année, j'avais l'intention de profiter de la nature pour m'isoler un peu et travailler à mon roman.

Je me demandais si Jasper reviendrait. Il m'avait envoyé quelques cartes postales pendant l'année. D'Espagne, d'Italie, et même de Grèce. Il avait voyagé lors de toutes les vacances scolaires et, maintenant qu'il était diplômé, il allait sans doute partir à l'étranger pour de bon. Sa dernière lettre, en français avait aguisé le suspence :

Cet été, les chutes de Sénéca ou l'Afrique ? Qui sait ?

Lorsque Alice me l'avait traduite, elle avait été écoeurée :

- Quel prétentieux, celui-là, avec ses airs mystérieux !

J'avais simplement souri. J'aurais aimé revoir Jasper, mais je préférais qu'il reste loin de moi. En Afrique, par exemple. Là-bas, il ne risquait pas de troubler ma vie.

En effet, notre aventure manquée m'avait hantée pendant de longs mois. Que serait-il arrivé si je ne l'avais pas arrêté pendant le pique-nique aux chutes ? ( N/A : elle se fout de notre gueule là ?)

Je me repassais la séquence sans arrêt, imaginant ses bras autour de moi, ses lèvres sur moi, son corps chaud...

Javais voulu en parler à Emmet, mais Rosalie m'avait arrêtée.

- Tu es folle ? C'est tout à fait normal d'être attiré par quelqu'un d'autre parfois. Mais est-ce que tu apprécierais que Emmet te dise : « Tiens cette jolie fille me plait bien » hein ?

Très choquée, j'avais dévisagé Rosalie avec des yeux ronds :

- Tu penses que Emmet remarque les autres filles ? (N/A : au moins maintenant c'est clair, c'est définitivement pas une lumière cette Bella !)

Rosalie avait secoué la tête :

- Bella, tu es désespérante !

J'avais fini par convenir qu'elle avait raison. Après tout, il ne s'était rien passé avec Jasper. Je ne devais pas mettre en danger ma relation avec Emmet. Je l'aimais. J'en étais sûre. Il me rendait heureuse et me rassurait. En lui parlant de Jasper, je l'aurais blessé sans raison.

Penser à Jasper me donnait des fourmis dans la main, aussi ai-je sorti mon journal et mon stylo. Je l'ai imaginé sur la terrasse d'un café parisien, par une chaude journée d'été.

Une jolie Parisienne est assise seule à une table. Un jeune Américain se lève et vient lui déclamer un poème...

Elle était française, il était américain... ai-je commencé à écrire.

… mais les mots qu'il disait les unissaient étrangement. Comme s'il ne s'adressait pas à elle, comme s'il n'avait écrit le poème que pour elle...

Au bout de quelques minutes, je me suis déconcentrée. L'autocar me berçait, le soleil estival frappait la vitre. J'ai mis mon mp3 sur mes oreilles, j'ai roulé mon sweat-shirt pour m'en faire un coussin et j'ai fermé les yeux.

Jasper et moi marchons à travers le désert du Sahara dans un silence de mort, troublé seulement par le bourdonnement ténu de petites mouches autour de nous. J'ai chaud, ma bouche est sèche. Je murmure :

- Jasper, j'ai soif.

Il me montre alors un lac d'un bleu cristallin à l'horizon. Nous marchons, marchons et marchons encore.

En atteignant le lac, nous tombons à genoux :

Enfin ! Jasper se penche, il prend de l'eau dans ses mains en coupelle et me regarde gravement.

- Belle, je t'aime, déclare-t-il. Je t'aime, Bella...Je t'aime. (N/A : mon dieu, c'est d'un niais son rêve !)

- Moi aussi, je t'aime, Jasper.

Je veux boire dans ses mains. Mais je pâlis : ce n'est plus Jasper mais Emmet devant moi ! Le lac a disparu. J'essaie de parler, mais ma bouche est pleine de sable...

En freinant brutalement, le bus m'a réveillée en sursaut. Tout étourdie, j'ai mis un instant à réaliser où je me trouvais puis j'ai consulté ma montre. J'avais dormi pendant plus d'une heure ! Mon cauchemar me g=hantaiit encore. Le soleil me brûlait et j'avais presque le goût du sable dans la bouche. J'ai passé ma langue sur mes lèvres desséchées.

Que signifiait ce rêve étrange ?

Je me suis frottée les yeux et me suis étirée, revenant doucement à la réalité. Puis j'ai regardé autour de moi pour voir si un de mes amis de l'année passée était moté dans le bus.

J'ai bondi quand je me suis aperçue qu'un garçon était assis à côté de moi. Ses cheveux d'un brun, tirés vers le roux, une couleur cuivrée son visage aux traits réguliers avait une expression moqueuse, presque insolente. Ses grands yeux verts déchiffraient une page de mon journal.

- Dis donc! Ne te gêne surtout pas, ai-je protesté en lui refermant mon cahier sous le nez. Le respect de la vie privée, tu connais ? Tu n'as rien de plus intéressant à faire ?

Il a éclaté de rire.

Au début, j'ai cru que c'était à cause de ce que j'avais écrit. Je suis devenue cramoisie en me rappelant la ridicule histoire que j'avais commencée.

- Qu'y-a-t-il de si drôle ? L'ai questionné en croisant les bras.

- Quel dommage que tu te sois réveillée, ton rêve avait l'air si agréable !

- Quoi ! De quoi parles-tu ? Me suis-je exclamée, horrifiée.

Il m'a regardé droit dans les yeux et a chuchoté, en imitant ma voix :

- Je t'aime Jasper. Je t'aime.

Je devais être rouge coquelicot, mais il a tout de même continué :

- C'est ton petit copain ?

- Non, ai-je vivement protesté, c'est Emmet, mon petit ami.

- Et qui est le garçon dont tu rêvais alors ?

- C'est...c'est juste...c'était juste une nouvelle que j'étais en train d'écrire.

Je me suis interrompue. Pourquoi me justifier devant cet inconnu ? Mes rêves et mes histoires de cœur ne regardaient personne d'autre que moi.

Il a haussé les épaules, les yeux brillants et moqueurs.

- Tu devrais te donner un coup de peigne. Tu as vécu une aventure décoiffante pendant ton sommeil !

J'ai contemplé mon reflet dans la vitre : on aurait dit un balai qui venait de recevoir une décharge électrique. Mes cheveux longs et lisses d'habitude s'étaient emmêlés, et ma frange était tout ébouriffée. Affreusement gênée, je l'ai tapotée pour tenter de l'aplatir.

- Excuse-moi, ai-je balbutié avec autant de dignité que possible. Je crois... je... j'ai dû me tromper de place.

J'ai pratiquement dû l'enjamber pour me glisser dans le couloir de l'autobus, à la recherche d'un autre siège... malheureusement, il n'y en avait aucun de libre.

Pendant que je dormais, le bus avait apparemment desservi de nombreux arrêts. Il était maintenant plein à craquer.

- ça t'ennuie de me laisser regagner ma place ? Ai-je marmonné.

- Mais pas du tout ! A-t-il répondu avec un grand sourire.

Il a déplié sa grande silhoçuette et s'est levé. Puis m'a tendu un peigne :

- Tiens, je te le prête !

- Laisse moi tranquille ! Ai-je glapi, blême de rage.

J'ai croisé les bras et je me suis tournée vers la fenêtre en priant pour que le voyage s'achève au plus vite.

Une heure plus tard, le car arrivait sur le parking de la colonie des chutes de Sénéca. J'ai laissé échapper un soupir de soulagement. J'allais enfin pouvoir décoller mon nez de la vitre ! Après avoir supporté les vains efforts de mon délicieux voisin pour engager la conversation, j'avais hâte de pouvoir enfin desserrer les dents et me dégourdir les jambes.

- ça y est, nous y sommes ! S'est-il exclamé.

- Merci, j'avais remarqué !

- Et bien, ça a été très agréable de voyager avec toi ! A-t-il rétorqué les yeux étincelants de malice. Je crois qu'on a des tas de points communs et j'aimerais beaucoup qu'on continue cette passionnante discussion un de ces jours !

- Tu me laisses passer oui ou non ? Ai-je fulminé en le bousculant sans ménagement.

Je me suis précipitée vers la sortie, cherchant à mettre le plus de distance possible entre lui et moi. Dieu merci, les portes du car se sont ouvertes.

- Bella ! Bella ! Hurlait Alice en agitant la main vers moi.

Sauvée ! Alice n'avait pas changé. Elle avait toujours ses yeux bleu pétillant de malice et son nez retroussé. J'ai sauté du marche-pied et je l'ai serrée dans mes bras. J'étais ravie de la retrouver, et surtout d'échapper à ce malotru !

Tournant sur moi-même, j'ai admiré le site de Sénéca : paysage splendide, calme et tranquillité. J'ai inspiré profondément l'air frais et vivifiant. Le soleil dansait entre les branches des conifères. Dans le lointain, on distinguait le grand lac ovale bordé de montagnes.

- Bella ! Je suis si contente de te voir ! Mais qu'est-il arrivé à tes cheveux ? S'est étonnée Alice dans la même phrase.

- Je n'ai pas envie d'en parler, ai-je dit en enfouissant cet épisode navrant au plus profond de ma mémoire.

- C'est assez réussi ! Cette coiffure te donne un air sauvage et fatal !

- Merci !

J'ai sorti un élastique bleu de ma poche et j'ai attaché mes cheveux en queue de cheval. Alice m'a regardé attentivement :

- Hé ? Qu'est-ce qui se passe ? Tu parais à bout de nerfs.

Alice me connaissait mieux que personne. Mieux que Rosalie, même. Elle pouvait deviner ce que je ressentais d'un seul coup d'oeil.

- J'ai passé un voyage épouvantable, assise à côté du garçon le plus antipathique de la terre. Il n'a pas cessé de m'asticoter. C'était le trajet le plus long de ma vie. Allons-nous-en avant qu'il n'arrive, d'accord ?

- Le chauffeur est en train de décharger les bagages, a-t-elle remarqué en s'appuyant contre une vieille Ford bleu. Il va falloir attendre.

Je me dandinais d'un pied sur l'autre, impatiente de quitter le parking.

- Tu sais, Bella, de toute façon c'est bien simple, les garçons sont tous impossibles.

- Ah, ah ! Est-ce que ça signifie que James a été expédié aux oubliettes ?

Alice me donnait des nouvelles de son idylle avec ce joueur de base-ball chaque semaine. C'était le premier garçon avec lequel elle sortait, car jusqu'à présent elle n'avait pas été très heureuse en amour. Elle avait d'abord cru qu'elle n'intéressait pas les garçons, puis elle avait découvert avec stupeur qu'elle leur faisait peur. En fait, Alice ne se gênait pas pour dire ce qu'elle pensait, elle était pleine d'assurance et de surcroît très mignonne : un mélange explosif !

Alice a acquiescé :

- Hier soir, je lui ai annoncé que c'était fini. Le drame ! Il m'a pratiquement supplié de rester avec lui. Je t'assure que j'en avais par-dessus la tête, a-t-elle soupiré. James était si possessif que je ne pouvais même plus sourire à un autre garçon, tu te rends compte ?

- Avec une mimique désespérée, elle a conclu :

- Je renonce officiellement à l'amour. Je décrète que ce sera un été sans garçons.

- Moi aussi. Emmet est à la maison, et personne d'autre ne m'intéresse.

J'ai entraîné Alice vers l'autocar le conducteur du bus venait de poser mon sac à dos sur le monceau de bagages empilés près du véhicule.

- Laisse Bella, je le prends.

Elle l'a immédiatement laissé retomber.

- Mon Dieu, mais qu'est-ce que tu as mis dedans ? Des haltères ?

- Non, j'ai juste pris quelques bouquins.

J'avais besoin de les avoir tout le temps avec moi, ça me rassurait de savoir que je pouvais à tout moment me plonger dans un de mes livres préférés.

Alice a hissé le sac sur son dos et s'est hanarchée avec la courroie. Elle a titubé sous le poids, et je l'ai rattrapée de justesse.

- Heureusement que notre bungalow est de ce côté-ci du lac, sinon on ne pourrait pas y accéder sans aide musclée !

- Ah, je vois que les bonnes habitudes n'ont pas changé, ici !

La directrice de la colonie avait fixé des règles strictes : garçons et filles étaient séparés.

Les bungalows des garçons étaient d'un côté du lac, et ceux des filles de l'autre. Bien sûr, traverser le lac de nuit était strictement interdit.

Alice a soupiré :

- Oui, ce n'est pas juste.

Puis elle s'est reprise :

- Mais ce la n'a aucune importance vu que je me fiche des garçons en ce moment.

- Tiens, mais c'est ma rêveuse préférée ! S'est exclamé quelqu'un derrière moi.

Mes cheveux se sont dressés sur ma tête. C'était le garçon de l'autocar. Il portait sur une seule épaule un sac à dos rouge. Je n'avais pas réalisé qu'il était si grand puisqu'il était resté assis. Il avait des épaules carrées, et on devinait ses muscles saillants sous son tee-shirt gris.

- J'adorerais continuer notre captivante conversation, a-t-il proposé d'un ton ironique. Si tu veux, je peux même essayer d'interpréter ton rêve.

Il a cligné de l'oeil et a continué son chemin.

J'ai ouvert la bouche pour lui répondre vertement, mais il avait déjà disparu dans la foule des moniteurs qui s'affairaient sur le parking.

- Quel rêve ? M'a questionnée Alice.

Rougissant jusqu'à la racine des cheveux, j'ai haussé les épaules.

- Dans le car, j'ai rêvé de Jasper. Apparemment, je disais « Je t'aime » dans mon sommeil.

Alice a éclaté de rire :

- Ton charmant voisin avait raison de se moquer de toi ! Tu rêvais de Monsieur Rosé de Provence ? Et tu parlais français ?

- Alice, ce n'est pas drôle. C'est ma vie privée. Tu te rends compte que cet idiot s'est permis de lire une page de mon journal intime ? Je le hais !

Alice m'a dévisagée avec un petit sourire en coin :

- Oh, oh ! Il y a de la passion dans l'air !

J'ai secoué vigoureusement la tête :

- Nimporte quoi ! Ce garçon est odieux ? Il n'y aura rien entre nous, pas même un commencement de début de quoi que ce soit ! En plus … je suis amoureuse de Emmet.

- En tous cas, il est plutôt mignon, l'odieux personnage du car !

- Exactement. Et c'est ça son problème. Il est beau et il le sait. Je connais ce genre-là, prétentieux et arrogant.

- On verra ce qu'on verra, a murmuré Alice alors que nous quittions le parking.

Elle n'avait pas l'air convaincue du tout par mon discours.

- Alice, je n'aurais aucune histoire avec qui que ce soit, ai-je assuré d'un ton ferme. Crois-moi, j'ai compris la leçon l'été dernier. Je ne tromperais jamais Emmet.

- On ne dit pas : « Fontaine, je ne boirais pas de ton eau », a-t-elle répliqué.

- Quoi ?

- Bon, on parie : si jamais tu sors avec quelqu'un d'autre que Emmet, alors tu devras, euh... attend, je réfléchis...

Elle a levé la tête, comme si les nuages allaient lui donner l'inspiration, puis elle a claqué des doigts.

- Si tu cède à la tentation, tu devras te teindre les cheveux en violet !

J'ai frémi à cette idée. Mes amies m'enviaient ma chevelure d'un châtains soyeux, et j'en étais fière. Mais je ne suis pas du genre à me dérober devant un pari.

En plus, cette menace m'aiderait à tenir mes bonnes résolutions : je ne voulais pas sortir avec quelqu'un d'autre que Emmet.

- D'accord, ai-je accepté en souriant. Et toi, si tu sors avec quelqu'un cet été, tu te teindras en vert fluo.

Alice a froncé le nez, avec une moue dégoûtée.

- En vert fluo ?

J'ai tendu ma main ouverte à Alice et elle m'a tapé dans la paume.

- Ok. On parie !

Alors, qui veut voir une Alice en vert fluo et une Bella en violet ? =D

A la semaine prochaine !

Assya.