Note : Petit chapitre que j'ai pris plaisir à écrire (comme tous les autres soit dit au passage). J'espère qu'il vous plaira :)
Chapitre 4 : Les montagnes de glace
- Montagnes en vue ! Montagnes en vue !
- C'est bon tais-toi, on a compris ! cria Tokagerô.
- Montagnes en vue, répéta Horohoro exprès pour l'embêter.
Tokagerô prit son couteau entre les dents et se rua sur les cordages pour monter expliquer à la vigie tout le bien qu'il pensait de lui.
- Oh là, faut pas rester là, conclut Horohoro.
Il attrapa la première corde qu'il eut sous la main et s'élança.
Tokagerô, voyant sa proie s'enfuir, fit de même. Leurs cordes s'entremêlèrent et ils entamèrent un duel d'épées en plein ciel.
- Il faut les arrêter ! s'exclama Lyserg.
- Mais non laisse faire, c'est leur manière de se distraire, le rassura Yoh.
- De se distraire ? s'inquiéta Lyserg.
- Oui, confirma Yoh. D'habitude ce sont plutôt Ren et Horo qui se chamaillent ainsi, ça change pour une fois, rit-il.
Ren lança un regard à Yoh qui se hâta de se mettre au garde à vous.
- Arrêtez de plaisanter et préparez-vous ! ordonna-t-il. Les manœuvres vont être serrées et rien n'exclut une attaque.
- Tu veux dire qu'il y aurait des fous pour vivre dans ces montagnes enneigées ? demanda Horohoro, incrédule.
- On ne sait jamais. Amidamaru, pars devant en exploration et prends Zelel avec toi.
Le fantôme hocha la tête et obéit. Ren se retourna vers Jeanne qui grelottait de froid mais n'osait rien dire. Sa fierté le lui interdisait.
- Il y a des vestes chaudes dans ma cabine, va t'en chercher une au lieu de te promener en robe légère par ce froid.
- Tu es bien torse nu, répliqua Jeanne, abandonnant le vouvoiement.
- Je suis plus résistant.
Elle fit la moue mais fila se chercher un manteau épais pour se protéger.
…
Yoh alla au-devant d'Amidamaru quand celui-ci revint de sa mission de reconnaissance.
- Nous n'avons rien vu de suspect mais je n'ai pas cessé d'avoir l'impression d'être observé, confia le fantôme. Il vaut mieux redoubler de prudence.
- Je vais prévenir le Lieutenant et le Capitaine, répondit Yoh.
Il trouva Ren à la barre en train de diriger le navire, Chocolove près de lui, et leur répéta les paroles d'Amidamaru.
- Horohoro a aperçu des ombres bouger, fit le lieutenant. Et Mick sent que nous ne sommes pas seuls.
- Restons aux aguets, fit Ren, vindicatif. Chocolove, rassemble les hommes sur le pont.
- Jeanne comprise ? demanda son lieutenant.
- Depuis quand Jeanne est-elle devenue un homme ? répliqua Ren.
- Désolé, c'est juste que comme d'habitude vous êtes les hommes pour exclure Elisa, je voulais être sûr que cette fois-ci vous vouliez aussi exclure Jeanne et… Je file donner les directives.
- Bonne idée, approuva le capitaine avec ironie en manœuvrant.
- Il commence à neiger, c'est mauvais signe, commenta Yoh.
- Je ne te savais pas superstitieux, commenta Ren.
- C'est à force d'écouter Manta, rit Yoh. Il en connaît un rayon sur les légendes, les fables, les croyances et tout ça. D'ailleurs en parlant de croyances, tu y crois, toi, au roi que pourchassent les X-laws ?
- Ce n'est pas vraiment le moment de me distraire, fit Ren d'une voix égale.
- Pardon Capitaine.
Yoh redescendit sur le pont inférieur et passa devant Faust.
- S'il existe bien un roi des mers, fit-il d'une voix d'outre-tombe, espérons qu'il vienne en aide aux marins que nous sommes contre les terriens qui vont nous attaquer.
- Il faudrait demander à Jeanne de prier pour nous, songea tout haut Yoh.
- Il y a peu de chance qu'il se montre agréable envers ceux qui le combattent, fit remarquer Faust.
- Ah oui c'est vrai, j'avais oublié…
Des éclats de voix l'alertèrent et il laissa Faust à son demi-sommeil pour s'approcher voir ce qui se passait. Jeanne était visiblement en train de protester contre Chocolove qui lui ordonnait de rejoindre sa cabine.
- A chaque fois il faut que j'aille me cacher pendant qu'on se bat à ma place, disait-elle. J'en ai assez, je veux me battre.
- Tu nous gênerais, on serait obligé de veiller sur toi, rétorqua Bason.
- Je peux…
- Jeanne, s'il te plaît.
La jeune femme céda devant le regard suppliant de Lyserg et partit à grands pas s'enfermer dans la cabine du capitaine.
- Elle est toujours comme ça ? demanda Chocolove à Lyserg.
- C'est la première fois, répondit celui-ci, perplexe.
- C'est Ryu qui déteint sur elle alors, rit le lieutenant en donnant une tape sur l'épaule du cuisinier.
…
- Avalanche à babord ! s'écria Horohoro.
Cependant le bruit qu'avait fait l'explosion avait alerté tout l'équipage. Les hommes se précipitèrent aux postes de manœuvre et réussirent à arrêter le bateau en catastrophe alors que quelques mètres devant eux des trombes de neige se déversaient dans l'eau.
Yoh poussa un cri quand une flèche vint s'enfoncer dans son épaule.
- A couvert, on se fait tirer dessus ! cria Ren en sautant sur le pont inférieur.
Faust courut jusqu'au blessé, couvert par Bason qui portait un bouclier sur lequel ricochaient les flèches.
- J'ai repéré six assaillants. Trois humains et trois fantômes, informa Amidamaru.
- D'accord, enregistra Chocolove.
- Autorisation de tuer ?
Chocolove hésita.
- Accordée, intervint Ren en surgissant près d'eux. Dis à Horohoro d'ouvrir le feu dès que les ennemis seront assez près.
Amidamaru approuva de la tête et fila avertir la vigie.
- Ils ne sont que six, fit remarquer Chocolove.
- On ne traite pas pareil un ennemi marin qu'on assaillit qu'un ennemi terrestre qui nous assailli, se justifia Ren.
Un coup de feu tiré depuis la vigie retentit et l'une des silhouettes s'effondra dans la neige, suivie d'un cri déchirant.
- Zoria, ce n'est pas un nom de fille ça ? demanda Ryu à Manta.
- Peut-être, mais l'heure n'est pas à la distinction.
- On pourrait peut-être essayer de parlementer avec eux, non ? demanda Lyserg.
- C'est bien une idée de poltron ça, commenta Tokagerô.
- J'aime bien l'idée de Lyserg, intervint Yoh. Allez me chercher un haut-parleur.
- Le capitaine ne va pas être content, prévint Bason.
- Bah il dressera son pic sur sa tête, sortira son épée pour donner quelques coups à Chocolove ou Horohoro et finira bien par se calmer, fit Yoh avec désinvolture.
…
- Que se passe-t-il ? demanda Jeanne en voyant Manta débarquer dans la cabine.
- Je cherche un haut-parleur, on va essayer de parlementer avec l'ennemi.
- On ne discute pas avec l'adversaire, fit Jeanne. Ceux qui ont enfreint la justice doivent être punis.
- Je ne vois pas trop de quelle justice tu parles et pourquoi eux l'auraient plus enfreinte que nous, mais avec ce genre de raisonnements Ren aurait ordonné d'envoyer le X-law par le fond, fit remarquer Manta avec bon sens.
Jeanne sembla ébranlée mais il ne s'en soucia pas plus longtemps. Ayant mis la main sur un haut-parleur, il fila le ramener à Yoh et Jeanne, désobéissante, le suivit, curieuse de savoir quelle tournure allaient prendre les évènements.
- Merci Manta, fit Yoh en empoignant l'objet. Cessez le feu ! cria-t-il à l'intérieur.
Il itéra son ordre et se plaça à découvert sur le pont, déclenchant un juron très peu convenable dans la bouche de Ren.
- Nous avons des armes plus performantes que les autres mais nous ne souhaitons pas qu'il y ait d'autres blessés, clama Yoh dans son haut-parleur. Montrez-vous ! Pourquoi nous attaquez-vous ?
Une des silhouettes s'avança et ôta son capuchon.
- Je suis Pino, des Ice Men, déclara-t-il d'une voix forte qui parvint jusqu'au The Ren malgré les intempéries. Et je vous retourne la question. Que venez-vous faire ici ?
- Nous voulons juste traverser pour se rendre aux rivages Paches, répondit Yoh.
- Dans ce cas pourquoi nous avoir attaqués ?
- Mais on ne vous a pas attaqué ! s'insurgea Horohoro depuis la vigie. C'est vous qui nous avez tendu une embuscade !
- Vous osez prétendre venir en paix ! s'écria Pino. Vous, des pirates ! Cessez de mentir, que venez-vous faire ici ? Pourquoi cette attaque ? Vous n'auriez pas hissé votre pavillon noir si vous vous contentiez comme vous le dites de rejoindre les rives Paches.
Yoh leva la tête vers la voile noire avec la tête de mort des pirates inscrite dessus.
- Ah zut, on a oublié de l'enlever après l'abordage du X-law, fit-il dans son haut-parleur par inadvertance.
- Comment ça vous avez oublié de l'enlever ? s'énerva Pino.
- Ben on a abordé un bateau il n'y a pas longtemps, donc on a hissé nos couleurs, et après on a oublié de redescendre le pavillon, expliqua Yoh. En fait tout ça n'est qu'un grand malentendu. Si vous voulez on vous invite à déjeuner pour se faire pardonner, il nous reste de la viande piquée dans les cales du X-law. Et nos médecins pourront examiner votre compagnon.
- Il est vraiment irrécupérable, grommela Ren.
- Moi je dirai plutôt vive la diplomatie, rit Chocolove.
