Cela faisait maintenant deux semaines que Cuddy avait été emmenée. Et Dieu seul savait ce qu'elle était devenue. House sentait son cœur s'accélérer douloureusement quand il pensait à elle. Oh non, il n'avait aucun espoir. Personne ne revenait.
Alors il se contentait de travailler d'arrache pied à l'hôpital, pour ne plus rien penser, et de maudire les Boches.
Il aurait préféré ne rien savoir.
Mais sans Cuddy… Déjà il avait sentit la différence de travailler dans un hôpital où elle n'avait plus eut le droit d'exercer, alors maintenant quand il imaginait vivre dans un monde où elle n'existait peut-être plus, quand il imaginait ce qu'elle était devenue… Il secoua la tête. Non. Aussi logique, aussi cartésien qu'il pouvait être il ne pouvait admettre les évidences. Cuddy vivait. Il n'avait jamais autant douté de son existence et pourtant, jamais il n'avait eut autant de force à repousser ce que son cerveau brillant lui dictait.
Il fixa le mur devant lui et essaya d'arrêter de penser à la jeune femme. Il vivait dans une incertitude grandissante. Car après tout, cela faisait bien une semaine qu'il n'avait plus vu, ou même entre-aperçu Wilson. Depuis que ce dernier lui avait annoncé la vérité, il s'efforçait et ce malgré ses « occupations » de passer le voir le plus souvent possible. Après l'avoir perdu de vue pendant plusieurs mois et ensuite l'avoir eut sur le dos pendant une semaine pour de nouveau le reperdre de vue… Wilson avait il donc jugé qu'il ne lui fallait qu'une semaine pour récupérer du choc ? Ou était il peut-être parti dans une autre ville pour une plus longue mission ?
En se comparant avec Wilson, il n'avait même pas l'envie de se voir comme un lâche. Il savait depuis le début ce que ce dernier complotait, ce que lui et ses amis faisaient. Il le savait mais savait aussi qu'il ne voulait pas d'une vie de clandestin. En ces temps troubles House n'avait pas oublié qui il était. Pas un lâche, non. Pas un courageux non plus certainement. Juste un intelligent diagnosticien qui n'aimait pas les nazis et qui leur faisait bien sentir.
Ce n'était peut-être pas grand-chose mais il se félicitait de garder une certaine lucidité sur ce qu'il était et sur ce qu'il sera.
Il but une longue gorgée de liquide que contenait sa flaque sur son bureau. Il avait besoin de quelque chose qui apaisait sa douleur, quelque chose qui pouvait lui brûler l'intérieur de façon scientifique plutôt que d'une manière que la science n'expliquait pas vraiment.
Il pensait à Wilson. A Cuddy. Au débarquement qui se déroulait quelque part sur les côtes normandes. A ces soldats qui tombaient, aux médecins qui devaient manquer. Aux lèvres de Cuddy. A ses yeux. A ce que pouvait manigancer son ami pour aider l'avancée des Alliés. La nuit dernière, il n'avait pas rêver de Cuddy mais d'un Wilson courant dans les champs, à découvert comme un lapin qu'on pouvait si facilement abattre. Les coups de feu de son cauchemar l'avaient réveillé en sursaut.
Il pensait à tout ca quand les Allemands arrivèrent. Il n'eut pas peur.
Jamais il n'aurait peur d'eux, il ne tomberait pas si bas.
-Quoi ? marmonna-t-il, sans les regarder.
-Bonjour monsieur House. La Croix Rouge à besoin de vous.
L'homme qui parlait n'avait pratiquement plus d'accent. Combien de médailles avait-il du gagner, combien de juifs avait-il traqué pour pouvoir se reposer en France et de ne pas rester sur le front ?
-Quoi ? Répéta t'il en enlevant ses lunettes
-Un train de déportés à été pris pour cible par la Royal Air Force...
-Et...?
-Il n'y a pas beaucoup de médecins dans le coin. Venez avec moi.
Le plus lentement possible, il se leva et le suivit.
"Pas beaucoup de médecins"...Ca c'est sur, pensa House, c'était grâce à ca qu'il se noyait dans le travail. Le visage de Cuddy dansa devant ses yeux un moment et il pensa aux déportés. Avait-elle été déportée ou tout de suite fusillée ?
Il se promit de faire tous ce qu'il pourrait pour ces pauvres bougres mais une fois arrivée à la gare, la vue des infirmières débordées, le manque cruel des moyens et surtout, les blessures graves et les morts le paralysèrent. L'odeur, cette odeur de chair à l'air faillit le faire tourner de l'œil, et il était toubib !
Malgré tout, sa petite mallette bien maigre a la main, il se mit au travail au premier wagon... Voilà mon maigre acte de résistance…se dit il avant de commencer.
Il ne pensait pas, des visages sales, maigres, laids, empli de peur et de solitude passait devant ses yeux, la puanteur des cadavres des excréments et de l'urine était rendue plus forte encore par la chaleur accablante et les blessées mouraient comme des mouches.
Dans un des wagons, une femme tenait un enfant mort dans ses bras. Une de ses compagnes essayait en vain de lui enlever mais rien à faire. Les larmes lui brouillaient la vue, elle ne voyait probablement plus son bébé, était surement déjà avec lui.
Jamais il ne cru que son cœur se serrerait pour ca, et pourtant il recula, refusant d'entrer dans ce wagon, une moue de dégout à la figure, dégout de ce qu'il voyait, dégout de ce qu'il ressentait, quand soudain une main l'agrippa.
-House...?
La voix était faible, mais toujours la même.
Il se retourna, sa maigreur lui avait prit sa beauté, ses joues étaient creuses, il ne l'aurait jamais reconnu, son visage était devenu anonyme.
Elle était vivante, vivante...!
-Halte !
Son cœur se serra
-Je ne vous laisserai pas ici.
Rapidement, il prit un tissu rouge de sang d'un mort et le lui enfila.
Un soldat lui pointa une mitraillette dans son dos
-Vous me demandez mon aide et puis vous me traitez comme ca ?
-Il est temps, nous allons repartir
-Vous rigolé ? il y a encore beaucoup trop de blesses !
-Tous les morts ont été évacués, nous allons repartir ! répéta le soldat
-Bon, écoutez moi, sans désinfections, les blessés, come cette femme par exemple peuvent colporter le typhus. Vous savez ce que c'est n'est ce pas ? Vos wagons privés ne seront pas épargner, les virus sont plus forts que la meilleure des races.
Il était allé loin...pensa Cuddy. Malgré elle une lueur d'espoir s'insinua dans son esprit.
Le soldat refusa, House poussa quelques cris, suffisamment pour qu'un supérieur arrive
-Qu'est ce qui se passe ici ?
House était à cour d'argument.
Lorsqu'il vit ce SS à l'air arrogant, il ne reconnu pas tout de suite l'homme, portant l'uniforme, qui se trouvait derrière.
Son cœur fit un bond quand il le reconnu...
J'espère que vous avez apprécié ! :)
J'ai vraiment hâte de savoir ce que vous pensez !
