Cuddy ouvrit les yeux.
Elle vit d'abord un plafond. Elle n'était donc plus dans ce train, avait-elle été malade ? Pourquoi se trouvait-elle dans un lit et plus sur le plancher de bois dur et sale d'un wagon à bestiaux ?
Son cœur s'arrêta. Un visage était apparu devant ses yeux, un visage pale, barbu avec deux yeux bleus... Une douleur suraigüe la fit se redresser, elle cherchait l'air, il l'avait sauvé de ce cauchemar, il l'avait fait, et maintenant, il avait prit sa place...
Cameron, la jeune infirmière, arriva précipitamment, lui prit la main fermement, essayant de calmer ce retour trop brutal à la réalité.
Cuddy lui lança un regard interrogatif, encore plein d'espoir, mais elle murmura « non... ».
Ainsi, ce médecin qu'elle aimait, ce médecin qui détestait tout contact humain et qui s'était ouvert comme jamais ces dernières années, était partit en sauvant sa vie.
Lui, si égoïste, si renfermé, si vicieux, il avait donné ses derniers moments de liberté pour sauver d'autres personnes...
Mais ou allait le monde ?
Et puis, elle, ou allait-elle maintenant que les rôles étaient inversés ?
Elle pleura de rage et de chagrin, se vidant de dernières forces qu'elle avait encore après ce terrible voyage ou ils étaient revenus de là ou ils étaient partis, pour éviter les alliés et les résistants, après la terrible méprise de ces aviateurs anglais...
Elle resta quelques jours à l'hôpital, sous la protection de Cameron, pensant à House, à Wilson, à M Grant, et à la famille Stone.
Qui était encore en vie à l'heure actuelle ?
Une petite fille de six ans se noua d'amitié avec cette drôle de femme qui pleurait souvent, elle aussi avait connu le wagon, pas le même, elle avait été séparé de son père qui depuis le décès de sa femme vivait caché avec sa petite fille. Cameron l'avait presque assommée pour qu'elle paraisse inconsciente, mais la petite fille n'arrivait pas à lui en vouloir. Elle avait juste eut un peu de mal à quitter le train « où son papa était ».
Elle était juive et orpheline et elle s'appelait Rachel.
Ce jour la, le 23 aout 1944, le sixième dans ce wagon pour House, il avait eut un malaise, trop de fatigue, et il s'était écroulé par terre. Ses compagnons, autour de lui, s'étaient levés pour lui laisser de la place et l'avaient même porté jusqu'a la petite lucarne pour qu'il puisse respirer un peu d'air. Car d'autres les avaient rejoins, et il fallait s'allonger a tour de rôle pour se reposer. Dans ce wagon, il avait vu une femme s'arracher les yeux, en déchirant peu à peu sa peau, des larmes plein les paupières, d'autres se mettaient à hurler, à tourner sur eux même et à s'écrouler pour ne plus jamais se relever.
Mais dans ce wagon, il avait rencontré une belle bande d'humain, dont un petit groupe d'adolescents, qui avaient été arrêtés pour leur appartenance à la 35eme brigade de Marcel Langer.
Des résistants, des vrais de vrai, et jamais House n'aurait cru voir de si jeunes combattants. L'un d'eux n'avait pas 16 ans, et tous, ils trouvaient la force de rire encore, de raconter leur histoire, d'en inventer d'autres pour passer le temps, de s'occuper de la distribution des rations...
Ce jour là, près d'eux, il avait entendu leur projet de prendre la tangente, ils allaient creuser un trou et se laisser glisser entre les essieux, sans bouger, avec ce risque d'être broyé. Il ne put se retenir de dire ce qu'il pensait, c'est à dire "Creuser dans du bois va vous épuiser plus que vos jeunes cerveaux naifs ne puissent imaginer et vous n'aurez plus assez de forces pour vous soutenir sous ce wagon"
Pourtant, c'est House qui se releva péniblement et qui se laissa tomber à genou. Et il commença à creuser. Les jeunes voulaient l'aider mais il les repoussait, les mains en sang.
Enfin, le vent s'engouffra joyeusement sur eux, et il sourit. Il avait dessiné la porte pour ses enfants de la liberté. Cet ultime acte de résistance le mit K.O, mais il était heureux et pouvait arriver là bas sans craindre la mort.
Cuddy était sauvée, et ces pauvres bougres allaient tenter leurs chances.
Quatre disparurent sous le plancher, un bout de tissu dans la bouche pour éviter de prendre le risque d'alerter les soldats par un cri. Le train s'arrêta, lorsque le cinquième à bout de force allait se laisser tomber.
Les Allemands le tabassèrent jusqu'a ce qu'il s'évanouisse et cinq jours plus tard, le convoi avait atteint Dachau.
Lisa regardait Rachel. Depuis dis jours qu'elle était là, ne se souciant de rien d'autre si ce n'est son chagrin d'avoir définitivement perdu House, elle regardait Rachel.
La petite fille était toute aussi malade qu'elle, c'est-à-dire, en très bonne santé si on omettait le fait qu'elle aussi, avait perdu quelqu'un qu'elle aimait dans ce wagon. Son père.
Cuddy se disait vraiment chanceuse. En ces temps qui court, elle avait eut plus de répits qu'elle n'aurait pu espérer. Elle se doutait bien que Cameron, cette jeune infirmière, faisait le tout pour le tout pour sa sécurité. Elle se demandait combien de dossiers elle avait falsifié ainsi, prétextant que des gens en bonne santé étaient mourants.
Elle soupira tandis que Rachel montait sur son lit. La petite fille avait réussi l'exploit de la faire sourire. Et elle lui racontait bien des choses à cet enfant...S'attachant de plus en plus à elle, elle sentit qu'elle ne l'abandonnerait jamais.
De nouveau, un chapitre un peu court, je sais, mais bon ^^
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