Bonjour à toutes et à tous,

Sincèrement désolée pour cette éternité depuis le dernier chapitre publié. Celui-ci fut une galère à écrire, c'est notamment pour ça qu'il est si court.

J'espère qu'il vous plaira quand même !

Bonne lecture


Pattenrond cherchait à se frayait un chemin à travers les buissons épineux qui bordaient la cabane, en miaulant de toutes ses forces pour qu'on vienne l'aider. Hermione retrouva ses esprits et put enfin se redresser pour aller l'aider. Après quelques efforts pour se traîner jusqu'aux abords de la cabane, elle constata avec horreur que le vent poussait les flammes vers les buissons dans lesquels était coincé Pattenrond. C'est alors qu'un soudain regain d'énergie d'insuffla en elle. Elle se redressa, poussa sur ses jambes engourdies, ignora la douleur qui lui cingla les genoux et put enfin faire un pas en avant. Au prix d'un effort incommensurable pour ne pas hurler de douleur, elle parvint à atteindre le buisson dont émanait les miaulements effrayés du chat.

- Je suis là Pattenrond, cria-t-elle pour couvrir le vacarme provoqué par la chute d'un pan de mur de la cabane en flamme.

Le chat miaula de plus belle. Hermione plongea ses mains nues entre les branches et sentit les épines lui lacérer les avant-bras, mais elle s'en fichait. Une seconde plus tard, elle sentit le pelage de Pattenrond entre ses doigts.

- Je te tiens !

Elle tira vers elle de toutes ses forces restantes et bascula en arrière pour se retrouver une nouvelle fois allongée dans l'herbe, Pattenrond blottit contre elle. Son regard fut alors attiré par une gerbe de flammes qui jaillirent d'une fenêtre explosée de la cabane. Hermione attrapa Pattenrond et dans un dernier effort poussa sur ses jambes pour s'écarter du mur qui manqua de les écraser en se fracassant sur le sol.

- HERMIONE ! hurla Harry de l'autre côté de la cabane.

- Je suis là Harry ! répondit-elle.

Elle sentit l'air lui griffer les poumons, vicié par les poussières qui émanaient du brasier et envahissaient l'air. Pattenrond lui sauta des bras pour s'éloigner et se mettre à l'abris, tout en miaulant pour lui indiquer de le suivre. Mais Hermione était à bout de force. Les semaines passées immobile sur le sol gelé avaient finalement eu raison d'elle. Elle laissa retomber sa tête sur le sol, ouvrit les yeux sur le ciel étoilé, de plus en plus obstrué par la fumée épaisse qui s'élevait de la cabane en flamme. Les herbes humines lui chatouillaient le cou malgré ses épais cheveux qui formaient une masse sous sa tête. Elle senti Pattenrond venir se lover à côté d'elle, comme s'il ne voulait pas la laisser seule dans la mort. Harry n'allait pas tarder à arriver, il la sauverait, encore une fois. Mais son regard se voilà et bientôt tout disparu. Le crépitement claquant des flammes, le vacarme des pierres qui s'écroulent sur le sol, le vent dans les arbres, les sortilèges de la bataille qui faisait encore rage non loin d'elle, le picotement des herbes, la douceur de la fourrure de Pattenrond entre ses doigts…

Elle flottait désormais dans les ténèbres. Aucun son, aucune lueur, aucune odeur, rien ne lui parvenait. Même le gout du sang pourtant si présent dans sa bouche quelques instant auparavant, ne parvenait pas à faire comprendre à Hermione qu'elle était encore vivante. Elle sembla voguer ainsi, portée par une force inconnue, pendant des heures, des jours, des mois, des années. La terre aurait eu le temps de dépérir et d'être engloutit par le soleil mourant. Mais un jour, alors qu'Hermione avait même oublié la sensation de penser, elle entendit son nom. Comme un lointain souvenir, tel un murmure prononcé à des kilomètres de soi, et porté par un vent doux. Son nom se fit entendre une fois, mais les ténèbres l'enveloppèrent de nouveau, pour la laisser seule l'espace d'un instant qui dura l'équivalent de mille ans.

Un autre jour, ce fut une odeur familière qui vint la sortir des ténèbres. Du parchemin neuf. Tout comme son nom, cette odeur ne fut que passagère et disparut comme elle était arrivée. Ce ne fut qu'après ce qui lui sembla être mille vies, qu'Hermione entendit une voix. Elle ne distinguait pas bien ce qu'elle disait, mais ce n'était certainement pas son nom. C'était plutôt un ensemble de mot. La voix était féminine, douce et dorée. Hermione ne voulait pas qu'elle s'arrête. Elle sentit alors pour la première fois depuis ce qui semblait être la création du monde, son cœur battre dans sa poitrine, ses poumons se remplir d'air, et son cerveau fonctionner. Tout était toujours noir autour d'elle mais elle pouvait ressentir qu'elle était. La voix féminine se fit de plus en plus nette et Hermione put enfin comprendre les mots qu'elle prononçait.

- Nathanaëlle s'adossa contre le mur de la maison et observa la plage qui s'étendait devant elle, et la mer plus loin. La marée était basse mais on pouvait distinguer l'écume blanche déposée par chaque retrait de vague.

On lui lisait un livre. Le prénom de Nathanaëlle revint alors à la mémoire renaissante d'Hermione. C'était le roman lesbien que Ginny lui avait prêté lorsqu'elle l'avait invitée chez elle, un univers plus tôt. Après l'ouïe et le toucher, ce fut l'odorat qui revint à Hermione. Elle sentit tout d'abord un air de draps propres, puis la plus agréable des odeurs, de l'herbe coupée. La voix s'arrêta soudainement de lire.

- Hermione ? dit-elle doucement près de son oreille. Hermione tu m'entends ?

Cette dernière aurait voulu répondre mais l'air dans ses poumons avait du mal à sortir. Mais bientôt, le noir absolu dans lequel elle était plongée s'éclaircit peu à peu.

- Hermione ouvre les yeux, murmura la voix. Je suis là.

Sans réfléchir, les paupières closes d'Hermione se soulevèrent doucement pour la laisser voir ce qui l'entourait. Elle était allongée sur un lit, dans une chambre sobre, claire et bien rangée, avec une fenêtre sur la gauche et au fond, une douche séparée du reste par une paroi vitrée. Au-dessus d'elle était penchée une femme aux longs cheveux roux flamboyants qui lui souriait comme si c'était la première fois qu'elle la revoyait depuis des années. Ses yeux étaient fatigués mais rieurs. Dans sa main se trouvait le livre qu'elle lisait encore quelques minutes plus tôt, et sur ses genoux était assis un gros chat orange qui agitait la queue en signe de contentement.

- Tu es réveillée… murmura Ginny en lui prenant la main.

- J'ai… tenta Hermione d'une voix faible. J'ai dormi longtemps ?

- Ne parle pas, répondit simplement Ginny. Repose-toi. Veux-tu que je t'apporte quelque chose à boire ? A manger ?

Hermione secoua doucement la tête. Elle n'avait étrangement ni faim ni soif. Elle tenta de se redresser mais elle était trop faible, alors elle se contenta simplement de remonter sa main jusqu'à sa tête pour vérifier l'état de sa plaie, et à sa grande surprise, constata que celle-ci était totalement refermée.

- Mais… Ginny. Combien de temps ais-je dormi ?

Celle-ci lui lança un regard attendri accompagné d'un petit sourire compatissant.

- Longtemps, répondit-elle finalement.

Face à l'air insistant d'Hermione, Ginny ne put résister plus longtemps et ajouta d'une voix faible.

- Cela fait cinq mois que tu es dans le coma.

- Cinq mois ?! s'écria Hermione d'une voix qu'elle voulut forte. Mais…

- Calme toi, tout va bien. Je vais tout t'expliquer. Mais il faut que tu me jures de rester calme. Laisse-moi juste prévenir Harry que tu es réveillée.

- Je… Oui d'accord.

Après avoir envoyé un patronus à destination de Harry, Ginny entrepris alors, non sans quelques difficultés, d'expliquer à Hermione les raisons de son départ de Londres quelques mois plus tôt, sa rencontre avec Embit, la découverte de qui elle était vraiment, son retour précipité au ministère et la découverte de la disparition d'Hermione. Cette dernière l'écoutait sans la couper, luttant ardemment contre son corps pour ne pas lui sauter au cou et lui dire à quel point elle avait été stupide de ne pas lui parler.

- Après ta disparition, nous avons compris que Dolosa et Embit communiquaient par des moyens moldus, et ce ne fut pas une mince affaire que de comprendre comment. Mais avec l'aide du bureau de liaison avec les moldus et des désenchantements de l'artisanat moldu, on a pu infiltrer leur ligne téléphonique et identifier le lieu où elles te retenaient captives.

- Alors tu faisais semblant hein ? demanda finalement Hermione après un silence pesant.

- Oui, répondit Ginny en posant doucement sa main sur la sienne. Les images que tu as vues de moi et la fausse toi étaient bien réelles, mais je savais que ce n'était pas toi. J'ai dû jouer le jeu pour ne pas risquer ta vie. J'espère que tu pourras me pardonner un jour…

- Bien sûr que je te pardonne, souffla Hermione.

- Tout va bien maintenant, la rassura Ginny. Elles sont hors d'état de nuire, et tu es réveillée.

- Comment va Harry ?

- Bien, il a été blessé pendant la bataille mais s'est vite remis. Il s'est beaucoup inquiété pour toi et est venu te rendre visite presque tous les jours. Il a eu beaucoup à faire pour gérer la pagaille au ministère depuis…

Elle s'arrêta au milieu de sa phrase et détourna le regard.

- Depuis ma démission tu veux dire ?

- ça été très compliqué pour tout le monde. Il a fallu trouver une explication et gérer les conséquences que cette annonce a eu au niveau relations internationales.

- J'imagine…

- Harry et Drago ont fait ce qu'il fallait. Les directeurs des différents départements ont été mis au courant de la situation et tous ensemble nous avons trouvé une excuse. On a expliqué que tu avais été victime d'une attaque d'origine inconnue, et qu'une enquête était en cours. Bien entendu, la nouvelle n'a pas manqué de faire le tour du monde magique.

- Qui est…

- C'est Drago qui a été élu suppléant en attendant ton rétablissement. Il fait un travail incroyable et a géré la situation comme un chef.

- Y a-t-il autre chose que je dois savoir ? demanda alors Hermione en se redressant sur ses oreillers.

- Dolosa est morte dans l'incendie de la cabane, répondit doucement Ginny en guettant avec un regard en coin la réaction d'Hermione.

Une réaction qui n'arriva pas car Hermione connaissait déjà cette information. Elle avait vu Dolosa dans les flemmes et n'avait pas douté une seconde qu'elle y avait péri.

- Je suis désolée Hermione, murmura Ginny. Harry m'a raconté et je me doute que tu devais beaucoup tenir à elle.

Une larme coula sur la joue d'Hermione sans qu'elle cherche à la retenir.

- Oui c'était le cas. Mais tout ce que nous avons vécu était faux alors… je dois me faire à l'idée qu'en fait, je ne la connaissais pas.

- Je suis là pour toi tu sais ?

- Je sais.

Trois grands coups retentirent soudainement à la porte, sortant les deux femmes de leur échange de regard.

- Ce doit être Harry, annonça Ginny en se levant d'un geste brusque.

Mais avant qu'elle n'ait pu se détourner pour aller ouvrir, Hermione lui attrapa le bras et la tira un peu vers elle.

- Ginny, tu ne vas pas à nouveau partir n'est-ce pas ?

Le regard que Ginny lui lança alors valait toutes les réponses du monde. Elle reconnut immédiatement sa meilleure amie de toujours et cette femme qu'elle aimait d'un amour plus que sincère et passionné. Ses cheveux flamboyant tombaient en cascade sur ses épaules, son regard étincelait dans la lumière du soleil qui rayonnait dans la pièce et de son sourire transparaissait toute la volonté et le courage de lui répondre.

- Plus jamais je ne te quitterai, et ce n'est pas une information que je te donne, c'est une promesse que je te fais.

Elle se pencha en avant pour embrasser tendrement Hermione en lui caressant la joue, puis fila ouvrir à Harry qui commençait à tambouriner sur la porte d'entrée, laissant Hermione avec ses larmes de joie qui avaient remplacé la tristesse de la trahison de Dolosa. Quelques secondes plus tard, Harry entra dans la pièce, doté d'un large sourire lui traversant le visage.

- Enfin te voilà de retour parmi nous ! s'exclama-t-il en s'approchant d'elle pour la serrer dans ses bras. Comment te sens-tu ?

- On ne peut mieux ! répondit Hermione en souriant à son tour.

- Parfait ! Il ne manque plus que le banquet de fin d'année pour se croire revenu vingt ans en arrière !

Hermione et Ginny éclatèrent de rire à l'unisson sous le regard amusé de Harry.

- Assez ri, coupa-t-il d'un ton brusque. Il faut qu'on parle sérieusement.

- Comment-ça ? s'interrogea Hermione.

- Il faut qu'on sache ce que tu veux faire. J'ai envoyé un hibou à Drago qui est ravi de te savoir réveillée, mais qui s'inquiète déjà de la date de ton retour au poste de ministre !

- Euh… bafouilla Hermione prise au dépourvu. Je suis obligé de décider maintenant ?

- Bien sûr que non, répondit Ginny en s'asseyant sur le lit. Drago va bien supporter de patienter quelques jours n'est-ce pas ?

Harry jeta un regard en coin à Ginny, ne laissant aucun doute sur la réponse qu'il voulait lui apporter.

- En fait… ajouta Hermione en baissant les yeux vers ses mains posées sur son ventre, je crois que je n'ai pas envie de revenir à mon poste.

- QUOI ?! s'exclama Harry.

Ginny, quant à elle, ne réagit pas, comme si la nouvelle ne la surprenait pas plus que cela. Elle plongea son intense regard dans celui d'Hermione qui ne se troubla pas et lui sourit.

- Je pense avoir fait mon temps en tant que Ministre. Drago peut très bien gérer l'intérim en attendant les prochaines élections, et je pense que tout ce que j'ai pu mettre en place depuis ma première nomination sera une bonne base pour le ou la future ministre. Il reste encore beaucoup de choses à faire, certes. Mais par quelqu'un d'autre cette fois-ci.

- Mais et toi ? demanda Harry d'un air inquiet. Qu'est-ce que tu vas faire ?

- Prendre des vacances déjà, répondit Ginny à sa place.

- Oui, confirma Hermione en souriant de plus belle. Et si je me souviens bien, le professeur Flitwick prend sa retraite cette année n'est-ce pas ?

- Tu veux prendre sa suite ? s'étonna Harry.

- Et pourquoi pas ? J'ai toujours été la meilleure en sortilèges.

- Je pense que c'est une excellente idée, approuva Ginny en s'adossant contre le mur, toujours assise sur le lit.

- Tu sais ce que ça implique n'est-ce pas ? ajouta Harry toujours aussi perplexe. Il va falloir que tu quittes Londres pour Poudlard.

- Tu as peur que je te manque ? s'amusa Hermione en lui tapotant le dessus de la tête, comme on le ferait à un enfant timide.

- Non, grommela-t-il gêné. Mais c'est sûr qu'on se verra moins…

- Allons Harry, le rassura-t-elle. Il y a des vacances tous les deux mois. On devrait pouvoir s'en sortir non ?

- Et toi ? dit-il en se tournant vers Ginny. Ça ne te dérange pas qu'elle parte ?

- Oh tu sais moi… je m'en fiche vu que je vais partir avec elle.

A suivre...


Et voilà ! Encore désolée pour l'attente.

Je pense qu'il nous reste encore un chapitre et l'épilogue et on aura fini cette FF !

A très vite,

Vivi.