Salut!
Des nouvelles lectrices! Troooooop bien :)
Bienvenue!
Guest 1 : Merci pour ton gentil commentaire :) La suite arrive tout de suite!
Guest 2 : C'est exactement ça ;) Merci pour ton commentaire.
Annabelle : Ah oui il a bien un peu de caractère aussi Edward, ce serait trop facile si Bella faisait ce qu'elle voulait ;)
Emmett est pas tout à fait comme Jasper, lui c'est tout ou rien;) et Rosalie non elle se laisse pas faire.
Merci de commenter :)
Je vous adore!
Bon alors, il va faire chaud (et rien avoir avec le réchauffement climatique :)) je vous aurais prévenu!
Bonne lecture!
A mercredi!
¤o¤o¤
Chapitre 12
Sexyback
(Justin Timberlake)
La semaine est passée à une vitesse hallucinante.
Je n'ai pas eu de nouvelles d'Edward.
Sans le vouloir vraiment, j'attendais un coup de fil, un message, quelque chose…
Mais rien, le silence.
Mon esprit détraqué a pensé à lui chaque matin et chaque soir. Mes rêves étaient très franchement érotiques et moi je suis tendue au possible en réalisant que je vais le voir aujourd'hui. Je ne sais pas si j'ai envie de lui ou si j'ai envie de l'affronter. Je ne sais plus vraiment quel comportement adopter.
Je contrôle, toujours et tout. Avec lui je ne peux pas me comporter ainsi. Sa personnalité est trop pugnace pour qu'il se laisse faire et la mienne trop forte pour accepter. C'est surement la raison pour laquelle j'ai l'impression de lui céder et non de gagner une nuit de plaisir avec un mec sexy comme l'enfer.
Et alors ? Quel est le problème ? Une nuit ou deux et comme avec les autres je n'aurais plus le gout de le revoir.
Ce serait la logique que je suivrais si je ne sentais pas qu'Edward est différent. Il est différent de tous les hommes avec qui j'ai couché et même de tous ceux que je connais ou que je fréquente. Je n'arrive pas à mettre le doigt sur ce qui le rend à ce point unique.
J'ai rencontré et j'ai été intime avec des hommes très distincts, des beaux, des drôles, des bizarres, des renfermés… mais des comme lui, jamais. Jamais aucun d'entre eux n'a eu ce toucher si particulier, cette présence qui attise mon corps même quand il est loin, ce regard qui me happe chaque fois qu'il croise le mien. Je ne me l'explique pas.
Si je n'ai pas vu Edward cette semaine, c'est aussi parce que j'ai évité une soirée où je savais qu'il se trouverait.
Emmett m'a proposé de boire un verre mercredi mais pas avec les gars du salon. Cette idée était déjà louche parce que d'habitude nous allons tous ensemble, mais plus encore lorsqu'il m'a dit que nous retrouverions un ou deux potes à lui. Je l'ai envoyé promener et je suis allée boxer. Malgré Jacob dont le regard traine sur mon corps à la façon d'un chien en rut, j'aime aller au club et j'aime ce sport presqu'autant que le tatouage.
Quand je suis sortie de la salle, Rosalie m'avait envoyé un message. Comme Emmett elle m'invitait à sortir mais au contraire de lui elle a été très claire. Elle m'a donné les noms de toutes les personnes présentes : Emmett, Seth, Angela et…Edward.
Si retrouver Angela et passer du temps avec Rosalie me tentait, rencontrer Edward dans cette ambiance m'inquiétait. J'étais trop crevée pour lui faire face. Il avait refusé mon rendez-vous, je ne savais pas quelle serait son attitude quand nous nous reverrions. J'ai donc refusé la proposition de Rosalie prétextant que j'étais déjà au lit. Ce qui n'était pas loin d'être la vérité.
Emmett m'avait fait un récit succin de leur soirée. En gros, Edward était un type génial et Rosalie une bourgeoise imbue de sa personne. J'essayais de le persuader qu'elle était vraiment drôle et franchement différente de l'air qu'elle se donnait, il ne m'écoutait pas et préférait camper sur ses positions. De même quand je lui suggérais qu'Edward était un tombeur avéré et prétentieux. Il m'avait assuré qu'Edward avait eu plus d'une fois l'occasion de prendre les numéros de téléphone de jolies filles mais qu'il ne l'avait jamais fait. Il les avait même repoussées gentiment. Je ne savais pas trop quoi penser de ça, alors je n'en pensais rien.
En plus, il le trouvait humble. Il ne se vantait pas de ses talents de musicien, fameux selon Emmett, de son travail, estimable toujours d'après Emmett, ou de son succès auprès des femmes.
Mon ami apprécie réellement Edward et son opinion m'assure qu'il est un gars bien. Emmett est très sociable mais le cercle de ses amis proches est restreint, il ne s'entiche pas de personnes fourbes ou égoïstes. Et plus que tout, j'ai confiance en lui et en son jugement.
Nous sommes vendredi, je suis en train de tatouer le client qui précède mon rendez-vous avec Edward. Je suis au pied du mur. Je n'ai quasiment rien mangé de la journée, trop nouée par l'impatience et l'appréhension. Parce que oui, j'ai envie de le voir et pour une fois, je ne pense pas que ce soit une mauvaise chose. Je suis persuadée que cette attraction entre nous sera moins prégnante quand nous serons passés à l'étape supérieure. Je n'ai presque pas de doute là-dessus. Alors autant tenter l'expérience et me débarrasser de ces foutues pensées étouffantes.
J'en ai fini avec mon client, un homme d'une quarantaine d'années, de ceux que j'appelle les « vieux beaux ». Il est charmant et l'émotion que lui procure mon tatouage me touche. Je lui ai dessiné une hirondelle sur l'omoplate en souvenir de sa mère. Jusqu'à la porte du salon il n'en finit pas de me remercier et de me féliciter pour mon talent. Je suis habituée aux compliments, mais au bout d'un moment, son insistance est gênante et même excessive. Je regagne ma cabine avec un sentiment mitigé. Je me demande si ce n'est pas une technique maladroite de drague.
C'est en rangeant mon chantier que je m'aperçois qu'Edward n'est pas arrivé. Il était pourtant en avance la dernière fois. Il faut croire que son empressement à me voir a diminué.
J'entends le rire gras d'Emmett, oui les cabines sont mal insonorisées et il rit très fort. Je soupçonne Edward d'être là. Mon cœur accélère. Je ne tiens pas à subir, alors je prends les devants. J'ouvre discrètement la porte de la cabine et je m'appuie sur le montant.
Effectivement, Edward discute gaiment avec mon ami. Son visage est éclairé, ses bras s'agitent pour imager la conversation et Emmett n'en finit pas de se marrer.
Je prends quelques secondes pour le regarder avant qu'il ne me remarque. Il est détendu, naturel, et sans en faire des tonnes il est séduisant au possible. Sa main vient ébouriffer ses cheveux qui finissent dans un désordre sexy qui n'appartient qu'à lui. Ses yeux limpides expriment toujours la joie, accompagnés souvent par son sourire et cette dent à peine un peu moins droite que les autres, à peine moins parfaite qui rend ce rictus si charmant.
J'écoute enfin le sujet de leur bavardage. Edward raconte qu'une fille qu'ils ont rencontré l'autre soir l'attendait dans sa voiture à demi nue, qu'il a dû jouer de ruse pour la faire descendre et que finalement, comme elle était complètement soule, il l'a raccompagnée chez elle en faisant mille détours parce qu'elle ne se rappelait pas son adresse. Il a fini par appeler la personne mentionnée « chéri » dans le répertoire de son téléphone pour qu'il la lui donne. Ledit « chéri » l'attendait devant l'immeuble. Il voulait lui donner un billet pour le remercier et s'excuser du comportement de sa petite amie. Edward a refusé, aussi gêné que stupéfait par la scène.
Oui, Edward est beau, plus que la moyenne, son charisme le rend presque irrésistible. Je comprends qu'il puisse déclencher une sorte de folie chez les femmes.
Il m'aperçoit enfin. Son rire se calme et ses yeux entrent dans les miens. Il me sert son sourire en coin, celui qu'il semble ne réserver qu'à moi. Dans ces moments-là, j'ai une impression flagrante d'intimité, l'impression qu'il ne voit que moi, que nous sommes seuls au monde. De nouveau, je n'arrive pas à saisir l'essence de ce sentiment, ni pourquoi mon corps se réchauffe ainsi. Non, je ne me laisse pas aller, je réfléchis, j'intellectualise, peut-être trop, peut-être pas.
Il avance dans ma direction comme aimanté, les mains dans les poches, ses yeux accrochés aux miens par-dessous ses cils. Je ne peux pas bouger, je crois même que je souris parce qu'au fond je suis contente de le voir. Quand il est proche, son air enjoué disparait pour devenir plus sérieux. Il murmure un « salut » d'une voix grave et profonde, un frisson parcours mes reins. Je suis à sa merci et je suis d'accord avec ça. Je veux voir jusqu'où m'entraine l'effet que chacune de ses attitudes a sur moi.
Je l'envisage presque comme une expérience, un peu comme une scientifique étudie les réactions de l'alliance de plusieurs composants et je dissèque toutes ces sensations nouvelles.
- Allons-y.
Ma voix n'est pas froide aujourd'hui, elle est naturelle, celle que j'utilise d'ordinaire avec les clients. Je sens qu'Emmett dans mon dos est resté un peu pantois face à Edward qui me suit sans un mot pour lui.
- Ton tatouage se porte bien ?
- Je crois…
- Déshabille-toi.
Comme il ne fait pas ses blagues habituelles, je lève la tête vers lui. Ses pupilles m'indiquent qu'il se retient mais sa malice ne m'échappe pas, il n'a pas besoin de le dire je comprends exactement.
Je ris un peu, son sourire s'agrandit.
Il enlève son tee-shirt et s'assoit à califourchon sur le fauteuil. Je ne m'attarde pas sur sa plastique, je vérifie le dessin, la cicatrisation. Tout me parait parfait.
Je prépare le calque, l'applique sur sa peau et j'entreprends de tatouer la suite. Comme la dernière fois, je commence par la partie la moins sensible pour qu'il s'habitue.
- Comment va Carmen ?
Sa question me surprend un peu mais je n'en laisse rien paraitre.
Je l'ai eu au téléphone quelques jours plus tôt et elle ne tarit pas d'éloges sur Edward. Elle le fait avec tact, délicatement, pour ne pas brusquer. Elle a compris que le sujet était épineux mais je la connais bien et je sais qu'elle l'envisage comme un petit-ami possible pour moi. « Petit-ami », ce mot me fait frémir.
Bien entendu j'omets délibérément les détails de notre conversation dans ma réponse.
- Elle va bien.
- Elle travaille dans quel salon ?
- Pourquoi ça t'intéresse ?
- Parce que je l'aime bien, peut-être que je passerai la voir un de ces jours.
- Tu veux vraiment qu'Eléazar te casse les jambes ? je blague.
- Non, j'ai déjà donné ! rit-il. Je voulais les inviter à une soirée que mon groupe organise.
Je ne réponds pas. Je ne veux aucun détail de cette soirée, je ne veux pas qu'il m'y invite. Nous ne sommes pas un couple, je préfère que nous nous voyions le moins possible.
Je continue sur un autre sujet, le faire parler pendant que je le tatoue est une bonne chose. Il va se projeter sur autre chose que les aiguilles qui percent sa peau.
- Tes jambes ont donc été cassées ?
- Elles ont été broyées.
Son ton s'est assombri.
- Ça doit faire mal.
- Je confirme.
- Et qu'est-ce qui est arrivé à ton dos ?
Je suis sur ses cicatrices, j'espère que ma conversation va l'aider à se détendre et atténuer la douleur.
- Ma colonne vertébrale a été touchée, gravement. A mon réveil, même mes bras été paralysés. Mon père a créé un programme d'étude spécial pour fabriquer et remplacer des vertèbres endommagées. Cette technique était expérimentale, j'ai donc subi plusieurs opérations avec plus ou moins de succès. Mais au final, c'est de cette façon que je peux marcher aujourd'hui, comme d'autres personnes dans mon cas.
- Est-ce qu'on a retrouvé celui qui t'a fait ça ?
Ses poings se serrent sur la chaise. Je ne sais pas si c'est à cause de la douleur du tatouage ou de son récit.
- Non. La voiture l'a été mais pas la personne. Je n'ai rien vu, ni moi ni les gens avec qui j'étais.
- De toute façon ça n'aurait rien changé.
- Je ne sais pas. J'aurais au moins eu une cible pour libérer ma haine au lieu d'en vouloir au monde entier qui n'y était pour rien.
- A qui en as-tu voulu ?
Je suis concentrée sur mon dessin et je parle sans vraiment réfléchir, je l'écoute d'une oreille distraite.
- J'en ai voulu à mes parents qui m'avaient forcé à aller à ce stupide spectacle de danse, à ma sœur qui n'a été d'aucun soutien, à mes amis qui marchaient alors que je ne pouvais plus, aux médecins qui passaient m'annoncer des nouvelles plus horribles les unes que les autres, à moi qui étais si faible et dépendant.
Edward échappe un grognement. Je sais, je lui fais mal mais je ne peux pas faire autrement et je trouve qu'il encaisse vraiment très bien. Il n'est pas du tout douillet. Il a l'habitude je suppose.
- Et puis avec les mois et le temps infini que j'avais, j'ai fait la part des choses. Personne n'était responsable, c'était juste comme ça, la vie… C'est assez difficile de se résigner. Je ne suis pas sûr d'y être tout à fait arrivé.
- Ta sœur ne t'a pas aidé ?
Je connais l'histoire mais Edward ne le sait pas et je suis intéressée par son point de vue.
- Alice est une fille fragile. Elle est à peine capable de s'occuper d'elle, alors des autres…
Il est un peu acide, il n'a pas l'air très proche d'elle.
- Pourtant elle m'a dit qu'elle se débrouillait seule, pour son travail du moins.
- Oui pour son travail. Le reste est très difficile à gérer pour elle.
Je n'entre pas dans les détails. Son ton est plus ferme et je sens qu'il se tend.
- Et toi ? demande-t-il tout à coup.
- Moi ?
Je relève la machine et le regarde. Il ne peut pas me voir mais je suis surprise que la conversation dérive sur moi.
- Vivre en foyer si jeune n'a pas dû être très simple.
Mes doigts se resserrent sur la bécane. J'ai du mal à parler de ça.
Je cherche mes mots avant de répondre.
- Avec le recul, je pense que c'était la meilleure solution.
Je reprends mon ouvrage.
- Et puis, j'y ai rencontré Sue. Cette femme a été un moteur dans ma vie, elle a été déterminante. Sans elle…
Je ne sais pas où je serais, mais je ne finis pas ma phrase.
- Sue est admirable effectivement.
- Oui, elle se donne beaucoup de mal.
- Tu as dû rencontrer des gens peu recommandables.
Je pouffe.
- J'ai rencontré toutes sortes de gens et je n'ai pas eu besoin du foyer pour ça. Ma mère avait déjà ce genre de fréquentation.
Quand on rencontre des dealers chez soi à l'heure du petit déjeuner, on n'a plus peur de grand-chose.
- J'imagine que c'est la raison pour laquelle tu as intégré le foyer.
- Oui, je n'ai pas eu une mère… ordinaire.
- Tu n'as pas l'air de lui en vouloir. Tu as l'air détachée.
- J'ai grandi et j'ai avancé. Avec le recul, je crois que je ne m'en sors pas trop mal.
En réalité, tout n'est pas si facile et encore aujourd'hui je compose avec les stigmates de mon enfance, mais me dévoiler plus sonne comme une faiblesse et je me défends de me montrer faible face à lui ou à n'importe qui.
- Je crois que tu t'en sors même très bien.
Je ne sais pas comment réagir à son compliment alors je ne dis rien.
Après un long silence que seul le bruit de la bécane et la musique en fond viennent troubler, Edward reprend.
- Quelque chose m'échappe, il y a d'autres alternatives au foyer, on ne t'a pas proposé une famille d'accueil ?
- Si.
Concentrée sur ma tâche, j'ai laissé filer les mots sans vraiment réfléchir. Je ne m'en veux pas, après tout ce n'est pas un secret, mais je trouve que j'en ai déjà dit beaucoup, je n'ai pas envie de parler de moi outre mesure.
- Et…
- Ça n'a pas marché.
C'est tout, je ne tiens pas à étaler ma vie privée.
Je ne sais pas comment il le prend, je ne vois pas son visage, mais il continue la conversation sur des sujets plus légers, un film qu'il aimerait voir, un concert auquel il voudrait assister. Je m'aperçois que nous avons beaucoup de gouts communs et pendant une seconde, je m'imagine partager ce film ou ce concert avec lui mais j'élude rapidement. Je ne suis pas celles qui ont un petit copain et encore moins de celles qui ont pour petit copain Edward Cullen.
- J'ai terminé.
- Déjà ? Tu peux continuer, je crois que je me suis habitué à la douleur.
- Edward, ça fait deux heures et demie que je tatoue et une heure de plus que la dernière fois c'est déjà beaucoup. En plus la peau est fine, je ne veux pas l'abimer.
- Bien, c'est toi qui décides.
- Dans ma cabine, c'est moi oui.
- On ne peut pas toujours décider de tout.
Il fait allusion aux conditions un rien absurdes que j'ai énumérées sur la plage et à mon message auquel il a répondu par la négative. Je ne suis pas dupe, je comprends bien le sens caché de ses phrases.
- Je sais, mais j'essaie quand même.
- J'ai remarqué.
Je ne vois toujours pas ses traits mais j'entends le sourire dans sa voix. Ce gars ne s'offusque donc de rien. Il fait avec, toujours doté de cet élan jovial qui ne le quitte vraisemblablement jamais.
Je protège son tatouage et je l'aide à se rhabiller. Je me prends une pleine bouffée de son odeur au passage. Mes pensées s'égarent et je me vois dans la situation inverse, en train de le dénuder. Je me sens mieux quand son tee-shirt couvre son corps.
Je lui offre un verre d'eau et lui propose d'attendre un peu avant de se lever puis je lui tourne le dos pour ranger mes affaires.
Je sens la tension m'envahir, envahir l'espace et toutes choses autour de nous. C'est le moment fatidique, celui où nous décidons ou non de nous voir. Je ne peux pas expliquer comment je le sais mais je le sais, et je sais aussi de façon certaine qu'Edward pense comme moi.
- Je suis libre ce soir.
Sa voix douce a crevé le silence. Je me tends. Je ne veux pas résister, je veux aller jusqu'au bout avec lui alors pourquoi m'est-il si difficile de l'avouer ?
Mon mutisme trahit mon consentement.
Je ne me retourne pas, je n'ose pas le regarder. J'ai l'impression d'être vaincue alors que je sais très bien que ce n'est pas le cas. Je me servirais d'Edward comme des autres, pour mon seul plaisir.
- Allons diner.
Au son de sa voix, je constate qu'il s'est rapproché.
- Non.
- J'ai besoin de manger.
Il est encore plus près.
- Pas de resto, je ne veux pas qu'on nous voie ensemble.
- C'est ridicule, nous avons déjà mangé ensemble et on nous a vus.
- Justement.
- Rien de mal n'est arrivé. On est juste des amis.
- On n'est pas amis.
- On n'est pas obligé de le préciser.
Ses mains glissent sur ma taille jusqu'à mon ventre. Celui-ci se noue au même moment. Ce n'est pas désagréable au contraire et je dois me retenir de ne pas coller mon bassin contre lui.
- C'est toujours non.
Ses mains remontent pour atteindre l'armature de mon soutien-gorge. J'ai tellement envie de lui à ce moment précis que je pourrais le laisser entreprendre tout ce qu'il désire directement sur le bureau.
- Alors chez moi. Je t'emmène.
- Non, je te rejoins.
Il serre son torse contre mon dos et je relève la tête en arrière pour la poser sur son épaule. Il vient embrasser mon cou et suce ma peau avec une sensualité presque intolérable.
- S'il te plait, murmure-t-il contre mon oreille.
Je me retourne et prends ses poignets pour les dégager de mon corps. Je le fixe avec intensité pour tenter de lui ôter cette étincelle malicieuse mais au contraire je me noie dans le vert limpide de son regard et je flanche légèrement.
- Je n'ai pas fini ici. Donne-moi ton adresse, je te rejoins, j'affirme avec le plus d'autorité dont je suis capable à ce moment-là.
Il essaie d'embrasser une nouvelle fois ma mâchoire mais je recule mon visage. Ça suffit, nous sommes sur mon lieu de travail.
Il sourit, pas le moins du monde déstabilisé ou étonné par mon entêtement.
Il prend son téléphone et m'envoie son adresse. Je ne suis pas surprise qu'il ait gardé mon numéro. Il m'indique comment arriver chez lui par le tram. Il vit sur la baie. Est-ce que son appartement donne sur l'océan ? Il se pourrait bien que ce soit le cas.
D'un mouvement fluide il prend ma main et donne un baiser à mon poignet, à l'endroit exact où se trouve la fleur de pissenlit. Ses doigts se raffermissent un peu avant que ses yeux ne quittent les miens.
Je caresse mon poignet du pouce. La sensation de ses lèvres est restée intacte. Je me demande par quel stratagème il parvient à me faire ressentir ces picotements bizarres.
Je mets ma cabine au carré. Je prends tout mon temps, je ne suis pas pressée de retrouver Edward. L'idée d'un rendez-vous est atypique et en même temps excitante. Je suis plus spontanée d'habitude. Mais quelque part, l'attente est une bonne chose. J'ai l'esprit clair, je sais où je vais et pourquoi j'y vais, je maitrise et il n'y a rien de plus que j'aime que maitriser.
Je pars du salon la dernière. Les gars sont tous rentrés, pas de soirée prévue.
Je prends le tram qui me conduit chez Edward. J'adore ces vieux « cable cars » si typiques et sur lesquels on peut s'installer sur un banc à découvert. C'est d'ailleurs ce que je fais. Je laisse le vent emmêler les mèches rebelles de mes cheveux attachés, l'air iodé souffler sur mon visage. Je suis calme, ni impatiente, ni excitée.
Je descends dans sa rue. Comme je l'avais imaginé, il s'agit d'un quartier plutôt huppé. Pas d'appartements, pas de maisons mitoyennes comme dans le centre, chaque demeure a son jardin ou sa terrasse qui donne sur la baie.
Edward a beau être un garçon simple, il n'en garde pas moins des gouts de luxe.
Je sonne à l'interphone devant un portail de bois brut. Le grésillement de l'ouverture de la porte se fait entendre. Je passe.
La maison n'a pas l'air immense. La façade anthracite est simple, une porte d'entrée, une porte de garage, toutes deux en bois comme le portail et deux grandes fenêtres.
- Je t'en prie entre.
Edward se tient sur le pas de la porte. Je ne l'avais pas entendu ouvrir.
J'avance à petits pas. Lorsque je passe près de lui, l'électricité réapparait, pourtant je ne lui offre pas le moindre regard.
Je pose mon sac dans l'entrée et ma veste sur une patère.
L'intérieur ressemble à un loft. Le plafond mansardé est très haut, une coursive court sur une partie de l'étage. La première chose qui attire mon attention est la vue. Pas de mur de ce côté mais de grandes baies vitrées qui donnent sur une terrasse parquetée qui s'étend jusqu'au terrain sur lequel court un sentier en pente. Au fond, j'aperçois l'océan illuminé par les reflets du soleil qui commence à déserter le ciel rosi.
Bon sang ! C'est stupéfiant !
- Tu veux boire quelque chose ? J'ai du vin blanc.
- Oui pourquoi pas.
Je réponds distraitement, trop occupée à observer.
Le blanc est définitivement la couleur dominante avec le bois. Sur un côté, tout un pan de mur est garni d'étagères et de livres. A l'opposé, dans une sorte de renfoncement large, j'aperçois des instruments de musique, un piano au centre puis accroché sur les murs ou posé sur des supports, des guitares sèches et électriques, peut-être aussi des basses, une caisse claire.
Dans le fond, Edward s'affaire dans une cuisine résolument moderne, noire mat, juste séparée de la salle à manger par un bar. Un canapé gigantesque fait face à l'océan. L'ensemble est résolument minimaliste et peu coloré, des tons taupes, des dégradés de gris. Son intérieur reste masculin et cosy.
Le tout serait paradisiaque s'il n'y avait pas autant de bordel.
Le plan de travail qui sépare la pièce à vivre de la cuisine est jonché d'assiettes et de couverts, des vêtements trainent sur les hauts tabourets, des verres et des livres sur la table basse, deux paires de baskets usés étaient dans l'entrée. Un intérieur très masculin sans aucun doute.
J'approche de la cuisine mais je fais demi-tour quand j'aperçois des casseroles sales sur la plaque à induction. Je préfère me concentrer sur le paysage extérieur, je ne supporte pas le désordre.
J'entends le bruit des verres de vin sur la table basse en bois et quelques pas vers moi.
Sans discours inutile, il pose ses mains sur mes hanches. Voilà où je voulais en venir. J'appuie mon corps sur ses mains pour lui signaler que je suis d'accord pour qu'il continue, tout de suite. Ses doigts remontent doucement sur mes cotes et passent délicatement sur mes épaules.
Tout ceci est trop doux, je prends les commandes.
Je cogne presque mes fesses contre lui. Il grogne de contentement. Il saisit mes cheveux et tire dessus pour amener mon oreille contre ses lèvres.
- Es-tu pressée ?
Il mordille mon lobe et je me cambre d'autant plus. Sa bouche descend sur mon cou et sa douceur laisse place à un début d'ardeur très satisfaisant.
- Qu'attends-tu ?
Sa voix résonne dans mon bas-ventre qui se contracte dans l'instant.
Je gémis mollement. Je saisis sa hanche et la tire vers mon bassin. Une de ses mains empoigne fermement mon sein tandis que l'autre vient cambrer mes reins contre sa protubérance plus qu'évidente.
- Dis-moi, souffle-t-il.
Spontanément je pense « Je te veux, toi » mais je ne vais pas jusque-là. Je reste dans les limites que je me suis imposées.
- Baiser Edward… je veux baiser… maintenant… je souffle.
Il mord franchement mon cou et je pousse un soupir de surprise et de plaisir. Nos bassins se frottent sans vergogne mais ce n'est pas assez, je veux plus, bien plus.
- On a tout le temps, dit-il en me lâchant complètement.
Il se dirige vers la table basse, prend un verre et s'assoit sur le canapé.
- Viens, goute le vin.
Ce disant, il me tend ma boisson.
Je n'ai pas envie de « prendre le temps ». Je suis chaude et je le veux maintenant. S'il veut jouer, il va trouver un adversaire à sa hauteur.
Je saisis le verre, le repose sur la table et très naturellement, je prends place sur ses genoux. Je m'appuie sur le dossier du canapé, mes mains de chaque côté de sa tête et sans préambule j'ondule sur sa longueur encore emprisonnée dans ses vêtements. Mon front se colle au sien.
Sa bouche s'entrouvre sous la surprise et son haleine m'envoute, ses yeux sont vitreux, il profite du plaisir que je lui procure autant que moi. Il se laisse diriger, ça me plait.
J'agrippe le bas de son tee-shirt et commence à le soulever mais il m'arrête. Je ne comprends pas pourquoi.
- Si je ne peux pas t'embrasser…
Ce disant son pouce passe sur ma lèvre inférieure. Je sors ma langue pour le lécher et le sucer éhontément. Ses yeux brillent d'envie, mon ventre se tord d'anticipation.
Il approche sa bouche de la mienne mais je recule avec un sourire. Vaincu il se laisse tomber contre le canapé.
- Alors je garde mon tee-shirt.
Mon sourire s'agrandit. Il vient de mettre une condition à nos ébats, mais elle est sans importance à mes yeux.
Mes doigts passent sous son haut et viennent caresser ses abdos si bien sculptés. Je pince son ventre et son bassin remonte d'un coup vers le mien. Il aime un peu de douleur mesurée au milieu du plaisir, comme moi.
Je défais sa ceinture d'une main. Je glisse entre ses jambes et m'agenouille devant lui. Je tire sans ménagement sur son jean et son boxer en même temps et ce que je découvre est… juste fabuleux.
- Attends… ne fais pas ça…
J'ancre mes yeux aux siens.
- Tu ne pourras pas m'en empêcher, je soupire.
Il balance sa tête en arrière.
Je le caresse avec tendresse. Il gémit en prononçant mon prénom. Il défait mon chignon improvisé et sa main se perd dans mes cheveux. Il ne me force pas, il me laisse maitre du jeu. J'aime.
Ma bouche s'affaire avec mes doigts. Les râles qu'il pousse m'indiquent qu'il aime ça. Je dois avouer que je partage son attrait. Je me régale de son gout, de la douceur de sa peau et d'entendre ses soupirs.
J'alterne caresses et sucions. Je sens qu'il ne va pas tenir longtemps. Je veux le finir. Si le sexe est un pouvoir, alors je veux l'exercer sur lui jusqu'au bout.
Au moment où il va jouir, il crie « non ! » attrape mes épaules et me remonte durement sur ses genoux comme si j'étais aussi légère qu'une brindille.
Spontanément, il empoigne mes cheveux et me dirige vers son visage. Je relève la tête d'un coup sec à juste quelques millimètres de sa bouche.
Il est essoufflé, son regard est à la fois sur mes lèvres et dans mes yeux. Il est fébrile, frustré et fiévreux. Pendant deux secondes je reste suspendue devant ce spectacle si excitant.
Je me décolle de son torse et ôte mon tee-shirt et mon soutien-gorge. Je ne lâche pas ses yeux sombres, pleins de désir pour moi.
- Touche-moi, dis-je en prenant ses mains pour les guider.
Je me délecte de la façon dont ses pupilles me dévisagent. Je m'enflamme sous l'intensité de son regard, je me sens plus désirable et sexy que jamais.
Ses doigts caressent ma poitrine, pincent. Je soupire et je me cambre plus encore. Mes mains se placent sur les siennes et appuient plus durement, je ferme les yeux et laisse partir ma tête en arrière.
Alors il sort de son immobilisme. Il me goute avec fougue, mes doigts accrochent ses cheveux pour forcer ses baisers. Une de ses mains descend dans mon dos et passe sous mon short pour venir masser ma fesse.
- Oui ! je lâche.
Je n'en peux plus, je suis brulante et il ne m'a même pas touché là où j'en ai le plus besoin.
Rapidement je me défais de son étreinte et je me lève.
Ses yeux sont interrogatifs mais il comprend vite. Je ramène mes cheveux en arrière pour le regarder. Il est splendide, sexy au possible.
Je sors un préservatif de la poche arrière de mon short et le lance sur son torse. J'enlève mon vêtement et ma culotte d'un même mouvement.
Ses yeux brillent d'envie et quand il a fini de couvrir son membre de plastique, je viens sur lui à califourchon, mais de dos. Je m'empale doucement sur sa longueur et nous soupirons ensemble.
Putain ! Tout mon corps s'embrase d'un feu puissant, intense. Je ne suis pas sûre d'avoir déjà ressenti cette sensation.
Mes mains prennent appui sur ses genoux et j'entreprends un mouvement de va et vient sensuel. Ses doigts serrent mes hanches et écartent mes fesses.
- Oh putain Bella c'est… c'est…
Il s'enfonce brutalement et je crie. Il entre si profondément en moi qu'il créé à chaque poussée une décharge qui électrise tout mon corps.
- Oui ! je réponds.
Oui c'est bon, c'est foutrement bon !
Il empoigne mes cheveux qu'il tire pour me caler contre son torse. Cette nouvelle position me stimule plus encore, mes gémissements deviennent incessants.
Sa main glisse sur ma mâchoire. J'attrape un de ses doigts que j'avale, je le fais tourner autour de ma langue. Ses râles sont la preuve évidente qu'il aime ce que je lui fais. Sa main délaisse ma bouche pour trouver mon sein. Je me cambre pour qu'il le prenne fermement.
Je me déhanche, lui me pénètre en rythme avec mes mouvements. Nous bougeons en harmonie. Je sens que quelque chose passe entre nous, notre instinct nous guide dans la même direction, avec la même urgence. C'est puissant, c'est presque violent mais irrésistible.
Je conduis sa main où j'ai besoin qu'il me touche, j'ai besoin de jouir, là, maintenant.
- Attends, murmure-t-il difficilement.
Attendre ? Hors de question, s'il ne veut pas m'aider, je me débrouillerai seule.
Ma main caresse sans son aide. Je gémis bruyamment. Il doit comprendre ce que je fais parce que sa main rejoint la mienne. Je peux me soulager seule mais je préfère que ce soit lui et une fois de plus il suit la même logique.
Il guide mes doigts. Putain ! C'est tellement érotique, j'en ai presque le souffle coupé tant il me fait du bien.
- Bella… grogne-t-il.
Tout mon corps se tend dans un spasme.
- Bella ! râle-t-il plus fort.
Le plaisir grisant que je ressens est encore accentué par sa voix.
Il prend la place de ma main, il appuie fermement et je me sens partir.
- Encore ! je crie d'une voix aigüe.
Il pince avec une précision incroyable, l'exacte dose de pression nécessaire pour provoquer la juste douleur qui accompagne un plaisir incommensurable.
Il accélère ses poussées et moi mes déhanchements. Il va jouir et je suis au bord.
- Je vais venir, marmonne-t-il.
- Oui !
Nos cris envahissent l'espace. Je me tortille pour éviter ses doigts mais il ne l'entend pas ainsi et continue son traitement. Ses coups de rein sont secs et ne me ménagent pas, ses bras me maintiennent et mes tremblements sont incontrôlables.
J'ai l'impression de planer dans l'atmosphère, entourée d'un million d'étoiles qui se posent sur moi et picotent agréablement ma peau et plus particulièrement mes entrailles. Je suis ailleurs, totalement déconnectée de la réalité.
J'aime ça ! Putain ! J'adore ce qu'il me fait !
Nos corps se ramollissent ensemble. Tout mon poids pèse sur lui mais ça n'a pas l'air de le déranger. Nous sommes à bout de souffle. Ses lèvres trainent sur mon épaule et je ne sais plus trop quoi faire de mes mains. Les siennes caressent mon ventre nonchalamment. Il ne cherche pas à m'exciter, il me câline et je me sens…bizarre, pas tout à fait à l'aise.
Soudain je grelotte. Il le sent immédiatement et ses bras m'enlacent. De nouveau, je suis étrange, un peu perdue. Sa peau, son odeur, son souffle m'apaisent mais un je-ne-sais-quoi obscurcit le tableau. Comme si je n'étais pas à ma place, comme si je faisais quelque chose de mal.
- On devrait prendre une douche, suggère-t-il doucement.
Oui ? Non ? Je ne sais pas comment agir. Mon esprit est bouleversé, de nombreuses sensations contradictoires me perturbent.
Je parviens à me relever, mon corps lourd et mes idées embrumées. Il prend ma main et je le suis, incapable de me décider.
La salle de bains est propre et plutôt bien rangée comparé au reste de la maison. Edward s'empresse de mettre dans le panier à linge sale un boxer et une paire de chaussettes qui trainent à terre.
- Je suis désolé, le rangement c'est pas mon truc.
C'est le moins qu'on puisse dire mais je tais ce commentaire, il fait ce qu'il veut chez lui, je ne suis pas sa mère.
La grande double vasque est comme en bas, couleur bois, et un long miroir la surplombe. J'évite mon reflet. Nous entrons dans une douche à l'italienne large, séparée de la pièce par une simple paroi de verre.
Edward prend du gel-douche dans la paume de sa main et commence à l'étaler sur mes bras. Ses yeux sont dans les miens. Il semble jauger mes réactions, comme s'il attendait le moment où je lui demanderais d'arrêter. Je le laisse faire. Je détaille les sensations que son toucher me procure. Ses doigts mousseux passent sur ma poitrine, mon ventre. C'est doux, calme, sensuel, mais ce n'est pas moi.
- Qu'est-ce que tu fais ? je demande.
- Je te lave, sourit-il.
- Je peux le faire toute seule.
Son sourire fait pétiller ses yeux.
- Je sais que tu le peux.
- Laisse-moi faire.
Il recule immédiatement, visiblement déçu mais pas surpris.
- Regarde, je murmure.
Ses yeux s'obscurcissent, intéressés.
Mes mains trainent sur mes fesses et descendent lentement le long d'une jambe, puis l'autre. Sa bouche s'ouvre et sa langue passe sur ses lèvres. Sexy !
Mes mains continuent leur route sur mon ventre puis remontent pour étreindre ma poitrine. Mes soupirs se font plus bruyants. Je ne lâche pas ses yeux, je l'allume très ouvertement et j'aime voir ses réactions. Je continue à masser en me cambrant.
Son sexe commence à se réveiller. Alors, Edward le prend dans sa main et commence à se caresser.
L'érotisme de la situation est à son paroxysme. Nous savons ce qui va se passer et nous savons que ça va se passer, l'attente fait monter la pression d'une façon délicieusement excitante.
Je mords ma lèvre, il fait un pas vers moi.
- Attends, je chuchote.
Ma voix est rauque de désir et je vois un juron que je n'entends pas lui échapper.
Je me colle contre la paroi de la douche et pousse un râle comme je frissonne. Ma main descend sur mon ventre, j'ai besoin de plus. Mon souffle s'accélère.
N'y tenant plus, Edward s'approche et pose sa main près de ma tête contre la paroi. Ses pupilles foncées par le désir dans les miennes et son corps si proche m'excitent encore un peu plus.
- Bella, laisse-moi te faire du bien.
- Comme ça ?
Je geins en appuyant mes caresses. Ses yeux lascifs concentrés sur mon corps et mes gestes m'allument au possible.
- Mieux que ça Bella, je veux faire mieux que ça.
Son regard s'affole comme s'il avait besoin de me soulager dans la seconde.
- Dis-moi ce que tu veux me faire, dis-je d'une voix voilée par le plaisir.
- Putain Bella, je veux te faire voler bébé, je veux te donner plus de plaisir que tu n'en n'as jamais eu.
Mes yeux s'ancrent aux siens. La vision d'Edward, son membre tendu dans la main est la chose la plus sexy qu'il m'ait été donné de voir. Sa voix dénote une urgence vive mais contenue et je ne résiste pas parce que j'en ai foutrement envie moi aussi.
Il est contre moi avant que je n'aie pu m'en rendre compte et en moi tout aussi vite.
Une de ses mains emprisonne mes poignets au-dessus de ma tête, la seconde maintient ma jambe soulevée et bien écartée. Il me pénètre profondément, durement, et nos cris partent en symbiose avec ses poussées.
De nouveau, notre osmose est puissante et intense. Ses lèvres sont sur ma mâchoire qu'il dévore littéralement, il s'attaque à mon menton et je relève la tête. Il n'insiste pas et descend dans mon cou.
Je ne vais pas tenir. La jouissance monte à une vitesse fulgurante.
- Plus fort !
Je hurle presque tant la nécessité de jouir est forte.
- C'est trop bon Bella ! Je vais venir !
Sa voix a raison de moi et déclenche un orgasme éclatant. Il mord mon cou pour étouffer ses cris et la sensation décuple encore mon plaisir. Ses impulsions fermes ralentissent en rythme avec nos tremblements qui se calment.
Nous reprenons notre souffle l'un dans l'autre. Ses doigts passent dans mes cheveux, sur ma taille. Il me caresse avec lasciveté.
Il prend mon visage en coupe et me force à le regarder. La lueur de ses yeux est indescriptible. Il me sonde comme si quelque chose lui échappait, comme s'il cherchait une réponse qu'il ne trouve pas.
Je le repousse doucement, pas tout à fait à l'aise.
Tandis que je me rince, une idée fait son chemin et je m'affole.
- Le préservatif ! Tu n'as pas utilisé de capote ?!
Je ne connais pas la vie sexuelle d'Edward, je ne fais que des suppositions sur le fait qu'il soit un tombeur, mais tout de même, j'ai du mal à croire qu'il n'ait pas fréquenté des dizaines de femmes.
- Merde ! Tu… Tu prends la pilule ? demande-t-il tout aussi horrifié que moi.
- Oui et je me protège tout le temps. Mais toi ?
C'est un mot d'ordre, toujours mettre une capote. D'ailleurs je ne comprends pas bien comment j'ai pu l'oublier.
- Je me protège toujours et je sais que je suis clean. J'ai fait un test il y a peu.
- Tu as fait un test ? Mais pourquoi ?
- Parce que je tiens à la vie, dit-il tout à fait sérieux. Je me protège toujours mais on ne sait jamais. S'il te plait Bella, j'aimerais que tu fasses un test.
Son air est grave, il semble démuni.
- Je te dis que je n'oublie jamais les préservatifs, j'insiste. J'en avais même sur moi.
- Je sais et je te crois mais c'est mieux. Je ne veux prendre aucun risque. Je peux te montrer mon test, il est très récent.
Je vois qu'il y tient. Je lui réponds que je le ferai en pensant que d'ici peu, nous ne nous verrons surement plus et que cette nécessité sera oubliée.
Je sors de la douche la première. Je suis nue sur le tapis, ruisselante et j'attends. Je n'ai pas de problème avec la nudité, je dirais même que je suis impudique. C'est surement dû au fait que ma mère me laissait me trimballer nue ou en culotte dans l'appartement jusqu'à ce que je comprenne seule, ou qu'on me fasse comprendre je ne sais plus, qu'on devait se vêtir devant les gens qu'on ne connaissait pas.
Edward prend une serviette et me couvre, m'enveloppant par la même occasion dans ses bras. Je recule pour me défaire de son emprise.
Ses yeux me scrutent avant que ses lèvres ne bougent.
- Qu'est-ce qui te rend si sauvage ? murmure-t-il.
J'ai l'impression qu'il se parle à lui-même, qu'il n'attend pas vraiment de réponse. Tant mieux, je n'en ai pas à lui donner. Je ne me considère pas comme quelqu'un de sauvage, prudente tout au plus.
Je me sèche rapidement et retourne au salon pour m'habiller. Une fois prête je me dirige vers l'entrée.
- Attends ! Tu ne veux pas manger ? J'ai pris des sushis.
Edward est dans mon dos en boxer. J'ai soigneusement pris soin de ne pas le regarder pour m'en tenir à mon plan : une baise et je m'en vais.
- Non, je vais rentrer.
Je mets mon sac sur l'épaule. Il est devant moi en trois pas.
Avec tendresse, sa main se pose sur mon visage et son pouce caresse ma joue. Je suis un peu ébranlée.
- Qu'est-ce que tu fais ? je demande.
Il me donne son sourire en coin pour toute réponse. Son visage avance vers le mien, je recule un peu mais pas assez pour l'éviter. Il dépose un baiser doux, chaste, juste à la commissure de mes lèvres, à la limite invisible officieusement autorisée. Il s'attarde quelques secondes.
Il s'éloigne et le sérieux de ses traits m'inquiète.
- Je suppose que tu ne veux pas que je te raccompagne.
Je hoche la tête de droite à gauche.
Il ouvre la porte. Il ne lutte pas, n'insiste pas, et mon inquiétude monte d'un cran.
- Bonne nuit B. E. 2L. A.
Je ne réponds pas et sors sans un mot, sans un regard.
Devant le portail je m'arrête quelques secondes.
Attends… qu'est-ce qui vient de se passer ?
