Voilà un nouveau chapitre qui marque le début d'une nouvelle collaboration avec ma Beta des monts et merveilles, Shima-chan. Témoignez lui votre reconnaissance en laissant une petite review à la fin de votre lecture, pleeeaaase.

Je vous jure que même si vous ne vous en rendez pas compte, ça à un réel impact sur moi, ça m'aide à trouver l'inspiration et à me motiver.

Surtout que là franchement, (sans me vanter) j'atteinds le sommet de l'action dans ce chapitre. Alors si il vous percute pas, je rends mon tablier.

Allez, blague à part : je vous souhaite une bonne lecture.


Le lendemain matin, Arthur fut réveillé de bonne heure, une fois n'est pas coutume, avant l'arrivée de son serviteur. Guenièvre était à ses côtés, le coude appuyé sur les oreillers.

– Tu me regardes depuis longtemps ? demanda Arthur.

– Je ne voulais pas te réveiller. Tu as si mal dormi cette nuit. Tu remuais dans tous les sens en marmonnant des mots sans suite.

– Excuse-moi, je t'ai dérangée…

– Non, c'est normal. Je comprends. Tu profitais enfin d'une accalmie et tout semble de nouveau se déchaîner contre toi, contre notre peuple.

– On ne se fait pas que des amis en devenant roi, répliqua Arthur avec philosophie. D'autant plus que mon père m'a légué ses ennemis en mourant. J'avoue que je me serais bien passé de cet héritage…

Gwen caressa d'une main la joue de son époux et s'approcha doucement pour cueillir un baiser sur ses lèvres.

– Il te reste tout de même des amis…

Ce fut ce moment que choisit la porte des appartements royaux pour s'ouvrirent sur… le capitaine de la garde.

– Seigneur Keu, s'emporta Arthur, passablement outré par l'entrée cavalière de ce dernier, que signifient ces façons ?

Gwen s'était réfugiée sous les draps, en chemise de nuit. Déjà qu'avec Merlin ce n'était pas facile, mais si maintenant les gardes s'y mettaient !…

– Majesté, s'excusa le seigneur Keu, je vous demande pardon pour cette entrée inconvenante, mais il fallait absolument que je vous parle en privé.

– Et ça ne pouvait pas attendre que je sois habillé ! s'exclama Arthur en sortant sans cérémonie de son lit, tandis que la pauvre Gwen ramenait toutes les couvertures autour d'elle en se faisant aussi discrète qu'une souris.

– C'est très important, Altesse. Je devais vous voir avant que…

– Quoique vous ayez à me dire, ça peut attendre que je sois dans une tenue descente, râlait toujours Arthur en ouvrant ses placards. Faites appeler Merlin. Pour une fois, c'est moi qui vais le tirer du lit…

– Non, Sire !

Arthur se retourna bouche-bée.

– Si je viens vous voir aussi tôt, c'est justement pour éviter votre serviteur…

– Pourquoi ? Vous lui devez de l'argent ? Vous avez joué aux cartes à la taverne ?

Au lieu de répondre, Keu alla verrouiller la porte des appartements, il courut ensuite aux fenêtres dont il vérifia les fermetures et tira les rideaux. Il passa ensuite en revue tous les appartements royaux, à l'exception du lit où Gwen était toujours recroquevillée, sous le regard médusé d'Arthur.

– Allez-vous enfin me dire ce qui se passe ou faudrait-il que je fasse appeler Gaius pour qu'il vous examine ?

– Je m'assure qu'il n'y a pas d'espion, Majesté.

– Dans mon pot de chambre… ?

– Avec les sorciers, on n'est jamais trop prudent, répliqua Keu avec amertume.

Inquiet, Arthur se précipita aux fenêtres qui donnaient sur la cour. Il écarta les rideaux pour voir la foule amassée dehors.

– L'un d'eux manque à l'appel ? demanda-t-il avec l'angoisse d'un homme qui dormirait sur un nid de serpents.

– Non, Majesté. Mes hommes sont formels, aucun d'eux n'a bougé.

– Alors pourquoi venir faire un tel cirque dans mes appartements ? s'emporta Arthur en repoussant les tentures.

– Altesse, l'homme que je soupçonne ne fait pas partie du groupe que vous avez fait entrer dans le château. C'est un des domestiques de Camelot…

– Lequel ?

– Votre propre serviteur, Sire. Merlin.

Si Arthur avait eu quelque chose dans la bouche à se moment là, il se serait probablement étranglé avec.

– Très bien, dit-il posément. Si j'avais des doutes sur votre santé mentale, vous venez de les confirmer, trancha-t-il ironiquement avec une pointe de colère dans la voix.

– Majesté, des gardes l'ont vu parler avec les sorciers, plaida Keu.

– Comme les chevaliers, répliqua Arthur, comme la Reine, comme moi-même. Allez-vous tous nous soupçonner ?

– Sire, Merlin est revenu auprès des sorciers bien après que vous et les chevaliers soyez partis. Il est resté une heure entière à parler avec trois d'entre eux. Mes hommes m'ont dit qu'ils paraissaient complices…

– Complices de quoi ? Allons c'est absurde ! Avez-vous au moins entendu ce qu'ils se disaient ?

– Non, hélas. Mais quand les deux autres sont allés se coucher, il est resté avec le troisième. Ils ont parlé encore un moment, puis le sorcier a jeté quelque chose au feu…

Quelque chose ?...

– Un talisman ou une amulette… De loin les gardes n'ont pas pu voir.

– Et c'est cela qui vous effraie ?

– Majesté, et s'il s'agissait d'un sortilège !

– Seigneur Keu, vous devenez ridicule avec vos soupçons. Merlin, sorcier ! Et pourquoi pas un fils de dragonnier, pendant qu'on y est ! Quiconque connait Merlin verrait toute l'absurdité de ces accusations…

– Et pourquoi pas, Altesse ?

Arthur vit à la mine déterminée de Keu qu'il n'était pas prêt d'abandonner son idée. Et cela le mit dans une colère froide. S'en prendre à Merlin, c'était la bêtise même !

– Ce ne serait pas la première fois qu'un sorcier parvient à nous tromper, rétorqua le capitaine des gardes, venimeux.

– En effet, concéda Arthur. Et vous savez qui s'est toujours tenu à mes côtés pour les affronter ? Qui m'a toujours soutenu dans le danger ? Et a risqué sa vie au moins aussi souvent que moi ? Merlin…

Le Roi et son capitaine se défièrent du regard un long instant, avant qu'Arthur renchérisse :

– Merlin est mon ami. Mon compagnon d'arme. Mon frère. Si je dois douter de sa loyauté, je n'ai plus qu'à douter de la mienne !

– Mais, Sire…

– Il suffit ! trancha Arthur. Je ne veux plus entendre un mot à ce sujet. Allez donner les consignes à vos hommes et préparez-vous pour la bataille.

Le seigneur Keu finit par comprendre qu'il fallait sonner la retraite et quitta les appartements précipitamment.

Une demi-heure plus tard, Merlin marchait dans les couloirs pour rejoindre les appartements royaux, lorsqu'il croisa Gwen, passablement échevelée et vêtue de manière très simple. Pour détendre l'atmosphère, il voulut faire une plaisanterie en lui demandant si Arthur l'avait finalement répudiée, mais il s'abstint en voyant la mine grave de la jeune femme.

– Gwen, quelque chose ne va pas ? demanda-t-il inquiet.

– Tu devrais vite rejoindre Arthur.

– J'y allais. J'attendais que tu sois sortie…

Gwen paraissait très préoccupée, jetant des regards un peu partout autour d'elle.

– Gwen, que ce passe-t-il ? On dirait que tu as vu un fantôme.

– Le capitaine des gardes est venu voir Arthur pendant que tu n'étais pas là. Il a lancé de graves accusations contre toi.

– Oh, fit Merlin, soudain angoissé. Mais je n'ai pas…

– Je sais, l'interrompit Guenièvre. Tu n'as pas à te justifier, j'ai entièrement confiance en toi. Mais dépêche-toi d'aller retrouver Arthur. Il était déjà suffisamment préoccupé sans que le seigneur Keu ne lui prenne la tête avec de telles broutilles…

Sa dernière phrase semblait avoir été dite plus pour elle-même que pour Merlin, tandis qu'elle poursuivait son chemin en marmonnant dans la barbe qu'elle n'avait pas.

Ce fut avec une pierre au fond de l'estomac que Merlin rejoignit la chambre d'Arthur. Il toqua à la porte, attendant qu'on lui dise d'entrer.

– Ah Merlin ! s'exclama le Roi en voyant son serviteur entrer. Tu en as mis du temps.

– Je suis passé à la salle d'armes, chercher votre armure. Et puis j'attendais que Gwen soit sortie.

– L'armure, je veux bien, mais pourquoi Gwen…

– Je crois qu'elle n'est pas très à l'aise que j'entre et que je sorte comme je veux de vos appartements.

– Pourquoi ? Moi ça ne me gêne pas.

– Mais vous vous n'êtes pas… Enfin, pour elle c'est… Et puis, moi je…

Merlin renonça devant l'expression de benêt d'Arthur. Il y avait des choses qu'un Roi ne pourrait jamais comprendre…

– Il faudrait penser à distribuer des bannières aux druides, commenta Merlin tandis qu'il aidait Arthur à ajuster son armure.

– Pourquoi faire ?

– Et bien, les soldats auront l'air bêtes si, pendant le combat, ils se mettent à viser les sorciers qui sont avec nous.

– C'est juste, concéda Arthur. J'en ferai part à Sire Léon.

Un silence gêné s'installa entre les deux jeunes gens. Arthur s'efforçait de garder le contrôle, mais c'était plus fort que lui : les accusations du seigneur Keu lui martelaient le crâne comme des gouttes de pluie sur une vitre. Il était furieux contre son capitaine, d'avoir semé le trouble dans son esprit, à quelques heures seulement d'une bataille importante. Il aurait dû l'envoyer au cachot. Mais le doute était là maintenant, et même s'il s'efforçait de le repousser, il ne pouvait s'empêcher de repenser à l'attitude assez inhabituelle de Merlin, depuis l'arrivée de Méléagant. Arthur s'en voulait d'avoir ne serait-ce que l'ombre d'un soupçon envers son ami. Mais il devait crever l'abcès.

– Merlin…

– Oui, Arthur ?

– Tu te préoccupes énormément de ces sorciers…

Le jeune magicien redressa la tête, sentait son sang afflué vers ses oreilles.

– J'essaie de penser à tout. S'ils doivent nous aider, ce serait dommage qu'on les perde inutilement.

Après un moment d'hésitation, il demanda :

– Vous regrettez d'avoir suivi mon conseil ?

– Non ! Enfin… La question n'est pas là.

– Je n'aurais peut-être pas dû insister autant et vous forcer la main. Mais ça me paraissait être la meilleure solution…

– Tu n'étais pas le seul à le penser. Et si tu crois que tu as les moyens de me faire plier à ta volonté, tu te trompes.

– Si vous le dites…

Arthur se sentait de plus en plus nerveux.

– Merlin… surtout ne prend pas mal ce que je vais te dire mais… Le capitaine des gardes est venu me dire que tu étais retourné voir les sorciers après notre départ…

– En effet. Je voulais essayer d'en savoir un peu plus sur eux. Leur histoire. Ce qui les avait poussés à rejoindre Camelot. Ce ne sont pas tous des gens assoiffés de sang, Arthur. Eux aussi ont des proches qu'ils veulent protéger…

– A t'entendre, on dirait que tu préfères leur compagnie…

Arthur regretta immédiatement d'avoir dit cela. C'était puéril et vexant. D'ailleurs, Merlin prit la mouche. Le serviteur se planta face à son maître et dit :

– Il arrive, Majesté, qu'on n'ait pas choisi d'être ce que l'on est, mais qu'on soit obligé de faire avec. Vous, Arthur, personne ne vous a demandé si vous vouliez naître fils de roi, si vous étiez ravi que votre mère soit morte en vous mettant au monde, si ça vous a soulagé qu'Uther lance une Grande Purge contre tous les sorciers du Royaume. Pourtant vous en subissez encore les conséquences aujourd'hui.

– Tu n'es pas obligé d'être désagréable, tempera Arthur.

Il aurait dû être plus sec avec Merlin, qui faisait preuve d'une véritable insolence – à la limite de la lèse-majesté – en évoquant des choses si douloureuses. Mais Arthur se sentait coupable d'avoir douté de lui – ne fusse qu'une seconde – et il devait avouer que sous ces répliques insolentes, Merlin disait juste – comme souvent.

– Voulez-vous savoir de quoi me parlait le sorcier avec qui les gardes m'ont vu ? poursuivit Merlin. Il me parlait de sa femme, que Jazor a tuée parce qu'elle exhortait les autres sorciers à ne pas entrer en guerre contre vous. Si vous vous étiez donné la peine de vous intéresser à eux, vous auriez entendu cent récits comparables à celui-là. Vous les voyez comme des monstres, mais savez-vous ce qu'ils ont souffert toutes ces années ? Ils méritent mieux que votre mépris ou votre condescendance… Et puis, moi aussi ! Si j'avais eu l'intention de vous trahir, j'avais mille occasions de le faire. Et puis, je ne serais pas allé comploter avec un sorcier au milieu de la cour, où tout le monde pouvait me voir et m'entendre. Je ne suis pas assez fou, ni assez stupide pour cela, contrairement à ce que vous pensez…

– Excuse-moi.

La réplique fut si brève et si rapide, que Merlin douta un moment de l'avoir vraiment entendue. Il fit une tête d'ahurie qui mit presque le sourire aux lèvres d'Arthur. Ce dernier posa ses deux mains sur les épaules de son serviteur et répéta :

– Excuse-moi. Je sais que tu es le dernier de qui je puis douter. C'était offensant et déplacé de ma part de prêter l'oreille aux accusations de Keu. Cet homme a toujours vu des complots partout. C'est même pour cela que mon père l'avait engagé. Tu es un homme loyal et j'ai toute confiance en toi. Je sais que tu ne me mentirais pas et ne chercherais jamais à me tromper…

Comme toujours, en croyant le réconforter, Arthur appuyait là où ça faisait mal. Merlin, qui s'était senti en droit d'être en colère quelques secondes avant, se voyait à présent accablé de remords et de culpabilité. Des larmes amères lui vinrent aux yeux tandis qu'Arthur se détournait pour sortir de la chambre.

C'était trop ! Il devait parler ou son cœur allait éclater !

– Arthur !

L'interpelé se retourna avant de franchir la porte.

– Je…

Devant le visage pur et innocent d'Arthur, il sut qu'il n'y arrivait pas !

– Je n'ai pas la prétention d'être un homme parfait… Je ne suis pas sans défauts et j'ai parfois du mal à savoir ce qui est le mieux. Mais ma plus grande peur… serait d'un jour vous décevoir. Si je devais perdre l'estime que vous avez pour moi… Je n'y survivrais pas.

Arthur fut ébranlé par ses paroles et resta un moment sans rien dire, avant de déclarer :

– Continue de me servir comme tu le fais, Merlin, et ce jour n'arrivera jamais.

A midi, tous les chevaliers étaient réunis sur les remparts, les sorciers étaient devant les portes de Camelot, mélangés au gros des troupes, arborant l'emblème des Pendragon, comme l'avait conseillé Merlin. Celui-ci se trouvait sur les remparts, au côté d'Arthur, comme toujours, et jusqu'à la fin. Guenièvre se tenait prête avec Gaius à l'arrière, pour soigner les blessés, qui ne manqueraient pas d'affluer. De plus, son époux lui avait confié la mission secrète, si vraiment la situation devenait désespérée, de prendre en charge l'évacuation des civils à travers les souterrains. Qu'Arthur périsse en défendant Camelot, c'était son devoir de roi, mais jamais il ne tolèrerait que son peuple soit décimé par la rage d'un sorcier rendu fou par la Haine.

Tous attendaient, le cœur battant, le sang coulant dans leurs veines comme de la lave en fusion. Soudain, un bruit de tambours résonna dans la forêt. Ils virent de la fumée s'échapper d'entre les arbres. Et les cris des vouivres percèrent le ciel.

Ils étaient là.

– L'avantage pour toi Merlin, lança soudain Arthur en badinant, c'est que si les choses tournent mal, je n'aurais sûrement pas le loisir de te faire exécuter.

– Dans ce cas, répondit l'intéressé sur la même note légère, si nous nous retrouvons dans la même barque, au moment de notre passage à Avalon, vous pourrez me dire : « Je savais que c'était une mauvaise idée. »

Les deux jeunes hommes échangèrent un sourire et Arthur donna le signal de l'attaque.

Les portes de la citadelle s'ouvrirent, pour laisser passer les premiers rangs. La bataille commencerait dans la forêt.

Qui donna le premier coup ? Qui envoya le premier sortilège ? Ce fut impossible à dire. En pénétrant dans les bois, les guerriers de Camelot furent assaillis par les griffons et les vouivres qui jaillirent de la cime des arbres pour s'abattre sur eux, les paralysant par des cris aigus qui leur perçaient les tympans. Les chevaliers purent alors se rendre compte de tout l'intérêt de disposer de sorciers à leurs côtés. Alator, qui marchait en tête, se saisit de la lance de Gauvain, qui se trouvait près de lui, prononçant un sortilège, il jeta l'arme vers l'une des créatures – un griffon – qu'il transperça. La bête s'abattit sur le sol, morte. D'autres sorciers imitèrent Alator et ensemble ils parvinrent à repousser les créatures. Puis ce fut le tour des guerriers de Jazor. La ruse des griffons et des vouivres leur avait permis de repérer les sorciers dans les rangs, ils furent donc les premiers à être attaqués. Heureusement, les chevaliers se tenaient prêts et défendirent leurs compagnons avec acharnement.

Bientôt la mêlée fut générale. Lances, flèches, sortilèges volèrent dans tous les sens. Les épées et les glaives s'entrechoquèrent. Les incantations et les cris de guerre montaient vers le ciel.

Arthur avait rejoint les combattants dans la forêt, Merlin le talonnant de près. Epée en main, les deux jeunes hommes se jetèrent à corps perdu dans la bataille. Merlin avait l'impression d'être divisé en deux, devant d'un côté protéger Arthur des sortilèges que les sorciers lançaient contre lui et de l'autre se protéger lui-même contre les assauts. Il vit une sorcière au visage déterminée foncer sur le Roi avec une dague brandie dans la main droite, alors que ce dernier avait maille à partir avec un autre sorcier qui le harcelait à coup de projectiles volants. Merlin fit soulever la racine d'un arbre dans laquelle la sorcière se prit les pieds, s'abattant sur le sol et perdant son arme. Par sécurité, il préféra la repousser un peu plus loin, hors de portée d'Arthur. Pendant ce temps, celui-ci était passé au suivant.

A chaque fois que le Roi combattait un sorcier, un deuxième se glissait dans son dos et tentait de le prendre en traitre. Comprenant le stratagème, Merlin invoqua un sortilège autour d'Arthur donnant aux adversaires l'illusion que le Roi se tenait toujours face à eux.

L'avantage d'une bataille où des sorciers s'affrontent dans des camps opposés, c'est qu'il est impossible pour l'œil humain de voir d'où partent les coups. Les soldats et chevaliers voyaient des rais de lumière partir dans toutes les directions sans savoir qui – amis ou ennemis – en étaient l'origine. Dans cette mêlée, un sortilège passe facilement inaperçu, même s'il est lancé juste à côté du Roi. Ce rendant compte de ce fait, Merlin ne tarda pas à déchainer les foudres sur ses ennemis. Sans plus la moindre contrainte, il repoussait les uns d'un seul regard, faisait voler le reste d'un simple mouvement du poignet.

La situation était sous contrôle, jusqu'à ce qu'une boule de feu ne fonce droit sur eux. Chacun fut obligé de se jeter sur le côté, et dans le mouvement de la foule, Merlin et Arthur se perdirent de vue.

Elyan et Léon se battaient contre une bande sorcières coriaces. Par honneur ou courtoisie mal placée, les deux chevaliers retenaient leurs coups face à des combattantes qui s'en donnèrent à cœur joie. Il fallut qu'un arbre s'abatte sur elles pour que les deux hommes en soient débarrassés. Se retournant, ils virent Gwyneth la main encore levée après le sortilège qu'elle avait lancé pour déraciner l'arbre. Un autre sorcier surgit derrière la jeune femme et se jeta sur elle. Elyan eut juste le temps de lui envoyer une flèche avec son arbalète avant qu'il ne l'égorge.

Perceval se battait au côté de Kay. Il parvint à assommer un sorcier, qui tentait d'éloigner le jeune homme. Ce dernier envoya voler au-dessus des arbres un autre, qui avait tenté d'attaquer le chevalier sur le côté.

Gauvain se battait avec trois sorciers qui tentaient de le jeter à terre. Il parvint à en tuer un et à blesser le deuxième, mais le troisième sauta sur la scelle de son cheval et le désarçonna. Tombé au sol, Gauvain vit les sabots de sa monture prêts à s'abattre sur lui, mais Méléagant se matérialisa près de lui et tira sur les brides du cheval pour l'écarter de son maître. Le troisième sorcier prit la fuite.

Saune livrait un duel contre un autre sorcier, lorsqu'une boule de feu passa juste à côté de lui, lui brûlant le bras au premier degré. Terrassé par la douleur, il tomba à genoux. Son adversaire allait l'achever lorsqu'une épée lui transperça l'estomac. Il eut juste le temps de voir Arthur lui jeter un regard avant de s'attaquer à un autre ennemi.

Merlin tentait désespérément de rejoindre son ami, tandis que les autres sorciers faisaient tout pour les tenir séparés. Qu'ils aient compris qu'il était Emrys ou qu'ils aient simplement remarqué son manège avec les sortilèges pour les empêcher d'approcher le Roi, un groupe s'acharnaient contre lui. Poussé à bout, Merlin envoya des coups de glaive dans toutes les directions. Il transperça même la poitrine d'un homme et envoya valdinguer le reste contre les arbres et les pierres de la forêt. Gauvain vit la secousse, dont Merlin était l'épicentre, qui l'avait libéré de ses assaillants. Sans trop savoir pourquoi, il voulut courir vers son ami, mais une sorcière lui barra la route et lui jeta un sortilège. Avant de comprendre, le chevalier était repoussé contre un arbre.

– Ils cherchent à isoler Arthur ! hurla le jeune magicien à l'adresse de qui pouvait l'entendre. Protégez le Roi !

Arthur donnait des coups d'épées dans tous les sens. La lame dansait toute seule au bout de son bras, animée d'une vie propre. Se plongeant dans la poitrine des sorciers qui s'agglutinaient autour de lui. Entaillant la chair d'un griffon qui passa tout prêt de lui. Face à ce phénomène, les guerriers de Jazor reculèrent, horrifiés.

Magie… feula l'un d'entre eux. Cette épée est enchantée !

Le Roi profita de cette baisse d'agressivité pour faire un maximum de dégâts. Tranchant les rangs ennemis, il fit étendre la plupart de ses adversaires. Les autres prirent la fuite en criant : Magie, magie… C'est la magie des dragons !

Arthur ne prêta qu'à moitié attention à cela, lorsqu'un cri s'éleva au-dessus de la mêlée.

– Pendragon !

Les têtes se tournèrent alors vers le haut d'une déclivité surplombée par un gros rocher et encadré par les arbres. Là, debout sur son piédestal, enveloppé dans un grand manteau noir, se soutenant à l'aide d'un grand bâton, le nez crochu, des yeux de vautour et le visage mangé par une barbe noire, se tenait Jazor.

Le sorcier darda sur Arthur un regard si noir, que ce dernier, malgré tout son courage, sentit ses entrailles se remplir d'une eau glacée. Jazor leva le bras et une boule de feu vola droit sur Arthur. Ce dernier ne dut son salut qu'à l'un de ses hommes, qui se précipita pour le pousser en arrière. Le roi fut sauvé, mais l'homme était mort en atteignant le sol. Les autres chevaliers se précipitèrent pour venir en aide à leur souverain. L'un d'eux tenta d'envoyer une flèche, à l'aide de son arbalète, contre Jazor. Mais d'un seul regard, celui-ci la réduisit en poussière avant qu'elle n'ait pu l'atteindre. Il jeta alors un dernier regard à Arthur et un sourire cruel étira ses lèvres. Il frappa alors le sol de son bâton et la terre se mit à trembler.

Arbres et rochers se détachèrent du sol et s'abattirent sur les deux camps confondus. La terre se fendit sous leurs pas et ceux qui n'avaient pas eu le temps de s'écarter tombèrent dans la brèche.

– Repliez-vous ! hurla Arthur à ses hommes.

Ce fut un raz-de-marée humain qui se déversa dans la forêt. Dans la confusion la plus totale, hommes et femmes couraient désespérément vers Camelot. Gauvain, soutenu par Elyan, Léon tenant par la main Gwyneth, Saune portant presqu'Ana, malgré son bras invalide. Cette dernière, le visage défait, s'obstinait à demeurer immobile regardant dans toutes les directions à la recherche de quelque chose ou de quelqu'un. Perceval aidait deux de ses compagnons d'armes à avancer, quand la route leur fut barrée par un immense chêne qui s'abattit devant eux. Celui-ci se redressa soudainement, leur laissant juste assez de place pour se glisser dessous.

– Dépêchez-vous ! hurla la voix de Kay de l'autre côté. Je ne pourrais pas le tenir longtemps !

Aussitôt, ils roulèrent dessous et parvinrent de l'autre côté, Camelot en vue. Kay rabaissait ses bras, l'air épuisé, quand un allié de Jazor apparut derrière lui et le repoussa contre un gros rocher. Perceval vit Kay s'effondrer sur le sol, frappé de plein fouet par le sortilège. Poussant un cri de rage, il se jeta sur l'attaquant et lui planta son glaive dans la poitrine. Puis, alors que ses compagnons l'abjuraient à fuir, il se précipita sur le corps de Kay, le jeta en travers de ses épaules et se mit à courir vers les portes de la citadelle.

Pendant ce temps, Arthur tentait tant bien que mal d'apercevoir Merlin au milieu des fugitifs, mais en vain. Il craignit que la terre ne l'ait englouti. Le Roi voulut rester en arrière pour tenter de le retrouver, mais ses hommes le poussaient obstinément vers la ville. Arthur, le cœur battant, dut se résigner à la fuite.

Arrivés aux portes du château, les guerriers purent se réorganiser. Arthur sépara les blessés, les envoya se faire soigner dans la cour du château et réunit les chevaliers valides, qui n'étaient guère plus d'une poignée. Il divisa ce peu en deux groupes, ordonna à Sir Léon de prendre le commandement de la troupe qui assurerait la défense du château tandis qu'il se mettrait avec les autres dans la ville basse, lorsque Jazor tenterait de franchir les portes. Avant qu'ils ne se séparent, Arthur saisit Léon par le bras et, le regardant droit dans les yeux, lui demanda :

– Avez-vous vu Merlin ?

– Altesse, souffla Léon angoissé, la dernière fois que je l'ai vu, il était près du rocher de Jazor, là où la terre s'est ouverte…

Le cœur d'Arthur battit si fort à ses oreilles qu'il le crut sur le point d'éclater. Chassant l'image de son ami s'enfonçant dans les entrailles de la Terre, il se retourna vers ses hommes pour leur donner ses derniers ordres.

Lorsque Jazor était apparu aux yeux de tous, le premier réflexe de Merlin avait été de courir vers lui, bien décidé à se battre en duel avec le sorcier il l'avait fait avec Nimue, avec Cornélius Sigan… et même contre Morgane. Mais la terre s'ouvrit sous ses pieds et il fut happé par le vide avant même d'avoir pu atteindre le rocher.

Il ne sut pas très bien comment cela se produisit. Il se rappellerait toute sa vie le moment où l'obscurité s'était faite autour de lui, où il n'avait plus eu de contact avec rien. La peur et la panique qu'il avait ressenties à ce moment-là, lui avaient fait désirer de se trouver dans un endroit sûr et réconfortant. Il avait dû fermer les yeux, entièrement soumis à la sensation du vide qui le tirait toujours plus vers le bas, quand soudain, il sentit quelque chose de moelleux et de chaud sous lui, la pression de la gravité ayant brusquement cessé. Il ouvrit les yeux et réalisa, non sans un certain ahurissement, qu'il se trouvait dans sa chambre, celle attenante au laboratoire de Gaius.

La chose lui parut si incohérente, qu'il crut un moment avoir rêvé toute cette histoire, mais un cri au dehors le détrompa. Merlin sortit de la chambre et courut vers la cour du château, où il vit avec dégoût les corps des combattants blessés ou mourants étendus sur le pavé. Gaius avec son éternel besace, marchait entre les corps, examinant celui-ci, fermant les yeux de celui-là. Il vit Perceval, accroupi près du corps sans vie de Kay. La belle Ana, les cheveux en bataille, le visage couvert de poussière et de sang séché, le regard éperdu appelait d'une voix enrouée :

Lupius ! Lupius !...

Il vit alors Mal-Foi, sale et déguenillé, boitillé vers elle et lui toucher timidement l'épaule. Dès qu'Ana le vit, elle se jeta dans ses bras et enfouit sa tête dans son cou.

Plus loin, Gwen, en tenue guerrière, le visage grave, parlait avec Léon et Elyan.

– Merlin !

L'interpelé se tourna vers celui qui avait prononcé son nom. Il fut surpris de voir Gauvain, un bandage lui entourant la tête, marcher vers lui.

– Où étais-tu ? lui demanda son ami. Nous t'avons cru mort… que tu étais tombé dans le ravin…

– Ce n'est pas passé loin… murmura Merlin.

Gauvain ne lui laissa pas l'occasion d'ajouter quoique ce soit. Le prenant par les épaules, il l'attira contre lui et le serra sur sa poitrine.

– Gauvain, tu m'étouffes… protesta le jeune homme.

Celui-ci le relâcha, non sans montrer une pointe d'inquiétude. Merlin ne pouvait pas voir son propre état, mais il était couvert de poussière, le visage maculé d'un mélange de terre et de sang séché, le regard hagard et tout hébété, comme un homme qui vient de réchapper de l'Enfer. Les autres s'étaient approchés en voyant Gauvain quitter sa civière pour aller droit sur Merlin. Tous n'en revenaient pas. Léon aurait pourtant juré l'avoir vu tomber dans le précipice bien qu'il n'est pas osé être franc avec Arthur, de peur de déstabiliser encore plus son roi au point culminant de la bataille. Seuls Gwen et Gaius osèrent s'approcher de lui, après Gauvain. La Reine était heureuse et soulagée de retrouver son ami en un seul morceau. Sa perte l'aurait dévastée autant que celle de son frère.

– Où est Arthur ? demanda Merlin, sans paraitre prendre en compte le reste.

Son état inquiéta ses amis. Le jeune homme semblait être comme… coupé du reste du monde. Sans plus aucune prise sur la réalité. Gaius comprit que son protégé était en état de choc. Quoiqu'il se soit passé, cela avait ébranlé le jeune homme au point que, pour reprendre pied, celui-ci se raccrochait à la seule idée solide que son esprit pouvait constituer.

– Où est Arthur ? répéta-t-il.

– En bas, finit par répondre Elyan. Jazor va franchir les portes d'une minute à l'autre. Le roi a pris des hommes pour l'accueillir…

– Il est fou ! s'exclama Merlin. Jazor l'aura réduit en miette avant qu'il ait levé son épée... Je dois l'aider…

– Tu n'iras nulle part ! rétorqua Gauvain. Tu es en état de choc. C'est un miracle que tu arrives à mettre un pied devant l'autre…

– Et vous ? répliqua le jeune sorcier. Pourquoi vous n'êtes pas avec lui ?

– Il faut qu'on assure la défense intérieure, répondit posément Léon. Tous les civils sont refugiés dans le château. Il faut nous préparer à une évacuation si les choses tournent mal…

Si les choses tournent mal… Non, il ne faut pas… Je dois protéger Arthur…

– Merlin, reprend tes esprits pour l'amour du ciel !

Un grand bruit de fracas fit trembler les murs de la citadelle. Tous sans exception coururent aux remparts pour voir ce qui se passait dans la ville basse.

Arthur, en compagnie de vingt hommes, épées et boucliers levés, se tenait face à la grande porte de la citadelle, fracassé comme si un troupeau de buffles était passé au travers. Devant la troupe de fortune, se tenait Jazor. Seul. Un sourire narquois. Il dévisageait Arthur avec une insolente arrogance.

– Enfin, nous nous retrouvons, fils de Pendragon, dit-il posément.

Sa voix vieillissait son apparence. Il devait sans doute être bien plus âgé que l'âge qu'il semblait avoir.

– Jazor, répliqua Arthur avec hauteur, le sang a suffisamment coulé, ne croyez-vous pas ? Je vous offre une dernière chance de vous…

Vous m'offrez une chance, persifla le Sorcier. Je reconnais bien là l'arrogance des Pendragon. J'ai fait disparaitre la moitié de votre armée, mis en déroute vos hommes… et vous vous croyez en position de négocier. Je ne suis pas venu pour qu'on m'offre une chance, Pendragon. Je suis venu pour me faire Justice. Pour laver mon honneur et celui de mes semblables, et faire comprendre au ramassis de vermines qui vous sert de peuple, ainsi qu'à tous les roitelets insolents qui se partagent Albion, qu'on ne piétine pas impunément les élus de l'Ancienne Religion, sans en subir les conséquences. Avant que le soleil se couche, tout ceci (et en ouvrant les bras, Jazor désigna Camelot toute entière) aura disparu de la surface de la Terre.

– Jamais je ne vous laisserais faire ! s'exclama Arthur.

– Qui a dit que vous aviez le choix ?

Et d'un geste du bras, Jazor envoya valdinguer les chevaliers ainsi qu'Arthur. Celui-ci, dans sa chute, perdit son épée, qu'il tenait en main. Il tenta aussitôt de la rattraper, mais deux étaux invisibles lui enserrèrent les chevilles et le trainèrent sur le sol pour le ramener devant Jazor.

– Supplie-moi de t'épargner.

– Jamais !

Un geste brusque du bras et la joue d'Arthur fut lacérée par une griffe invisible.

– Supplie-moi de ne pas te faire souffrir.

– Jamais !

Une autre lacération apparut sur le visage d'Arthur.

Soudain Jazor redressa la tête et fixa un point devant lui. Il leva la main et la flèche qui s'apprêtait à lui crever l'œil droit disparue en poussière. D'autres flèches suivirent, qui subirent le même sort. Il jeta un sortilège vers les remparts, et les archers et arbalétriers en postes furent poussés dans le vide.

Profitant de ce moment d'inattention, Arthur avait rampé jusqu'à son épée. Il n'eut que le temps de saisir le pommeau, avant qu'un nouveau sortilège de Jazor ne le projette contre un mur de pierre. Le jeune homme se cogna la tête dans sa chute et tomba lourdement sur le sol. Inconscient.

Au premier sortilège de Jazor, Merlin avait quitté les remparts et s'était précipité vers les portes du château.

– Merlin, où vas-tu ? s'exclama Gauvain.

– Je dois protéger Arthur !

– Nous t'accompagnons ! lancèrent en chœur Elyan, Léon et Perceval.

– Non ! C'est mon devoir ! Je dois y aller seul !

– Tu es fou ! Tu vas te faire tuer !

– Retenez-le !

Les gardes qui se jetèrent sur la route du jeune magicien furent brutalement projetés en arrière. Merlin courut aux portes de la cour, qui s'ouvrirent en un coup de vent pour le laisser passer. A peine les eut-il franchies qu'elles se refermèrent immédiatement, barrant le passage aux soldats et aux chevaliers qui avaient tenté de le suivre.

N'arrêtant pas sa course, il franchit le pont-levis, traversa la ville haute, passa le portail de séparation et se retrouva dans la ville basse. Arthur était à terre, inconscient, et Jazor se tenait à quelques mètres de lui, le regard chargé de haine.

– Toi et tous ceux de ta race, Arthur Pendragon, rugit le sorcier, êtes une abomination dont je vais débarrasser la Terre à tout jamais !

– Non ! hurla Merlin.

Levant la main, il repoussa Jazor loin d'Arthur. Si le Sorcier fut d'abord désarçonné par la soudaineté de l'attaque, il reprit vite pieds. Ne remarquant même pas la présence de Merlin – focalisé sur Arthur qui vivait encore –, il souleva d'un geste de la main une immense pierre, détachée de la muraille durant l'assaut, et la jeta sur le Roi toujours inconscient. Le projectile éclata en mille morceaux, mais sans atteindre sa cible. Jazor fit de même avec une enclume, un char… En bref, tout ce qui lui passait sous la main. A chaque fois, l'objet éclata ou déviait sa course, sans même effleurer Arthur. Jazor comprit alors qu'un dôme magique protégeait le Roi de ses attaques. Il ressentit alors qu'on essayait de le repousser en arrière. La brûlure fut brève, grâce à ses défenses, mais elle attira son attention sur la silhouette qui se tenait debout, à égale distance de lui et d'Arthur, formant avec eux un triangle parfait.

– Emrys ! rugit Jazor entre ses dents, avec autant de haine que lorsqu'il avait menacé Arthur.

Il jeta aussitôt un sortilège puissant dans la direction du jeune sorcier, auquel celui-ci répondit en déchainant le vent. Les deux sorts se percutèrent au milieu de la cour, déclenchant une immense tempête, qui dégénéra en tornade à l'épicentre du triangle formé par Arthur, Merlin et Jazor.