Me revoilà ! Comme c'est un chapitre assez court, j'ai décidé de le poster assez tôt. Il sert surtout de notice d'explication sur l'état de Merlin. La suite sera plus centrée autour des sentiments et des réflexions d'Arthur après la découverte de la vérité. Et vous allez vous rendre compte que même si premier réflexe a été de sauver Merlin, notre jeune roi n'est pas prêt à passer l'éponge si rapidement… (Je pense surtout à Mariepolska )
PS : J'ai fait quelques petits dessins de Mâab (l'un d'eux est sur mon profil) l'ennui c'est que je suis une quiche en informatique et j'ignore comment les mettre en lien. Si quelqu'un a une idée… ?
Cela faisait maintenant plus d'une heure qu'Arthur était au chevet de Merlin. Perceval, Gauvain, Elyan et Léon s'étaient tous réunis dans la salle d'armes après que Gaius les ait chassés de son laboratoire, affirmant qu'ils gênaient ses opérations. Aucun d'eux n'avait encore parlé. Ce fut finalement messire Léon qui rompit le silence :
– Il était ici… A nos côtés… Depuis tout ce temps… souffla-t-il dans un murmure.
– Aucun de nous ne s'est rendu compte de rien, répliqua Gauvain. Arthur lui-même ne l'a jamais soupçonné. Et pourtant quand on y réfléchit ça parait tellement évident ! Merlin ne le quitte jamais d'une semelle. Il se tient toujours à ses côtés, face au danger…
– Depuis que les attaques magiques contre le prince ont commencé, poursuivit Léon, il a toujours bénéficié d'une chance insolente. Mais peut-être que ça n'avait rien à voir avec la chance. Les druides ont parlé d'une puissance œuvrant dans l'ombre pour préserver Arthur et son royaume…
– Mais s'il était une puissance bienveillante, intervint Elyan, pourquoi n'a-t-il jamais avoué qui il était ? Pourquoi s'être tût aussi longtemps ?
– La raison est simple, répondit Léon. S'il parlait, Uther l'aurait conduit au bûcher sans prendre la peine de discuter. Il est sorcier, il n'est pas fou.
– Qu'il se taise face à Uther, ça va de soi, répliqua Gauvain. Arthur encore je peux comprendre. Il peut être tellement borné quand il s'y met. Mais nous… Mais moi ! Ne suis-je pas son ami ? Pourquoi ne s'est-il jamais confié à moi ?
– Quand on prend l'habitude de mentir, il est parfois difficile de s'arrêter ? intervint Elyan. Il a dû penser que nous ne comprendrions pas. Ou que nous ferions passer notre loyauté envers Arthur avant la sienne. Que notre jugement changerait en découvrant ce qu'il est…
– Ce qu'il est ! s'emporta Gauvain. Il est l'un des nôtres ! Voilà ce qu'il est ! Qu'il soit un sorcier ne change rien !... Lorsque nous nous battions pour défendre Camelot, lorsque nous étions prêts à sacrifier nos vies pour Arthur, qui était toujours à nos côtés ? Qui était toujours le premier à se risquer face au danger ? Merlin… Il est le seul dont la loyauté et le dévouement envers Arthur et Camelot n'ont jamais faiblis… Et le fait qu'il soit un magicien ne devrait que renforcer notre reconnaissance envers lui : car plus que n'importe lequel d'entre nous, il avait tout à perdre en restant à nos côtés. Le simple fait d'être découvert aurait suffit à le mettre en danger ! Et aujourd'hui encore, c'est en défendant notre Roi, en défendant Camelot, qu'il s'est finalement trahi… Si Arthur n'est pas capable de lui pardonner pour cela… c'est qu'il n'est définitivement pas le souverain pour lequel je me suis battu. Pour lequel Merlin s'est sacrifié…
– Sacrifié ! lança une voix scandalisée. Merlin respire encore, mais vous parlez déjà de lui comme s'il n'était plus de ce monde…
A l'entrée d'Arthur dans la salle d'armes, tous les chevaliers se redressèrent d'un bond, et se donnèrent une attitude respectueuse. Sauf Gauvain, qui était demeuré figé sur place, le visage déformé par la perplexité et l'appréhension.
Léon fut le premier à marcher vers son souverain, le regard hésitant et l'allure incertaine.
– Majesté… Pardonnez-nous… Les derniers évènements paraissent si extraordinaires… nous ne savions que penser. Allez-vous bien ?...
– Vous me demandez si je vais bien ?
Arthur paraissait incrédule, comme si Léon venait de lui annoncer qu'il allait pleuvoir des grenouilles.
Le chevalier baissa le regard. Arthur examina chacun de ses hommes. Tous avaient la même question au fond des yeux, mais aucun ne semblait avoir le courage de la poser. Ces hommes qui s'étaient battus contre des dragons, des spectres, des soldats immortels et de puissants sorciers, avaient peur d'une simple question.
– Aucun de vous n'osera prendre de ses nouvelles ou faudra-t-il que je le fasse moi-même ?
– Comment va Merlin, Sire ? osa enfin demander Perceval.
– Il est en vie. Il respire, son état est stable, mais…
– Mais ?...
– En dépit de tous ses efforts, Gaius ne parvient pas à le ranimer. Il ne bouge pas, ne pousse pas un gémissement… C'est comme s'il n'était plus qu'une enveloppe charnelle sans âme à l'intérieure.
Le silence revint s'installer au milieu des chevaliers. Plus lourd, si cela fut possible, que quelques minutes auparavant. Et chacun d'eux ressentit alors le manque que provoquerait la perte de Merlin. Gauvain avait raison : sorcier ou pas, il était l'un des leurs. Sa mort leur était simplement intolérable, comme l'avait été celle de Lancelot. Certains se demandèrent même furtivement quelle aurait été la réaction de ce dernier. Sans doute aurait-il tenu le même discours que Gauvain…
– N'y a-t-il rien à faire ? demanda timidement Perceval.
– Si, répondit Arthur. Il nous faut un druide. Ceux qui nous ont aidés durant la bataille sont-ils toujours là ?
– À ce que je sache, dit Léon, ils n'ont pas bougé. Ils semblent attendre.
– Bien. Conduisez-moi à eux. Je veux leur parler.
Les druides et les mages qui avaient assisté les soldats durant le combat s'étaient réunis dans la ville-basse, près de la fontaine principale. Reconnaissable à leurs capes vertes ou, pour certains, aux tatouages qu'ils portaient sur le visage et le corps, ils restaient groupés comme du bétail dans un pré. Se savoir entourés de leurs semblables devait les rassurer. D'autant que les gardes et les badauds les toisaient avec suspicion. Bien que quelque villageois se soient montrés assez hardis, ou reconnaissants – c'était selon –, pour leur apporter quelque maigre pitance. Cependant, lorsque l'on vit Arthur fendre la foule, suivi des chevaliers, pour se diriger vers le groupe, tous ceux qui n'étaient ni druides ni sorciers s'écartèrent prestement. La peur d'être assimilé aux ennemis déclarés du Royaume n'avait pas quitté les esprits ni les réflexes des Camélotiens.
Sans hésitation, Arthur marcha droit vers Méléagant, celui qui avait apporté le Cristal magique.
– Il me faut votre aide, dit-il sans préambule. Merlin est au plus mal, et la médecine est impuissante à le rétablir. Le médecin de la cour affirme que c'est dû à la Magie. Et pour ma part, je suis persuadé que Mâab n'y est pas étrangère. Alors, je vous le demande, s'il existe un moyen de le sauver, dites-le-moi.
– Vous feriez cela, Altesse ? lança l'un des mages au crâne chauve avec des marques étranges sur le cou. Vous seriez prêt à sauver l'un d'entre nous…
Arthur refoula un frisson à la pensée qu'effectivement, Merlin pouvait être assimilé à ces individus. Pourtant, une part de lui s'y refusait. Non, Merlin n'était pas l'un des leurs. Il était son ami, son serviteur, avant d'être qui que ce soit d'autre. Mais cela, il se garda de leur dire à haute voix.
– Et vous ? Etes-vous prêt à l'aider ? Après tout, c'est lui qui a plaidé votre cause, qui m'a convaincu de vous laisser entrer dans l'enceinte de la citadelle quand maints de mes officiers étaient prêts à vous exécuter sans sommation.
– Il ne l'a pas fait pour nous, mais pour vous, Sire. Emrys a fait passer votre intérêt avant le nôtre. Mais cela est normal. C'est dans l'ordre des choses. Il a obéi à la volonté de Mâab. Et si c'est la volonté de Mâab qu'il soit dans cet état, alors qui sommes-nous pour contrecarrer cela ?
Arthur réprima un soubresaut d'indignation.
– Vous le laisseriez ainsi… L'un des vôtres… Pour obéir aux préceptes d'une déesse qui n'a pas levé le petit doigt quand vous en aviez besoin. Alors que lui a risqué sa vie pour que vous soyez ici, aujourd'hui…
– La question n'est pas de savoir si nous voulons agir ou pas, Majesté. Car le fait est que nous n'avons pas les moyens de contrecarrer la volonté de Mâab. L'état d'Emrys n'est pas que le simple effet d'un maléfice. A vrai dire, il est sûrement déjà condamné.
Cette déclaration fit bouillir Arthur de rage. Le Souverain dut faire un immense effort pour ne pas s'emporter et ordonner l'arrestation pure et simple de ces individus.
– Feriez-vous au moins l'effort de venir l'examiner, articula-t-il d'une voix crispée, avant de le condamner si prestement…
Alator, le mage au crâne rasé, s'avança alors hors du cercle, poussant devant lui un autre plus mince aux cheveux auburn et aux yeux pâles. Celui-là même qui n'avait pas caché son hostilité envers Camelot et ses citoyens, et plus particulièrement envers Gaius. Aussi le premier réflexe de Gauvain et des autres chevaliers fut-il de le repousser.
– Lupius est notre meilleur guérisseur, argua l'aîné. Si lui déclare qu'on ne peut rien pour Emrys, alors c'est qu'on ne peut vraiment rien faire.
De mauvaise grâce, mais prestement tout de même, le dénommé Lupius fut conduit au chevet de Merlin. Une fois dans le laboratoire, le guérisseur toisa ouvertement et avec le plus grand mépris Gaius, qui se trouvait toujours au chevet de son protégé, avant de prendre sa place. A peine eut-il posé une main sur la poitrine de Merlin, qu'il leva un regard abasourdi vers Alator.
– Qu'y a-t-il Mal-Foi ?
– Je ne pensais pas que c'était Dieu possible, mais elle l'a fait, répondit celui-ci, énigmatique. Il est froid, Alator. Sentez. Elle est parvenue à l'endiguer.
Le sorcier s'exécuta. Avant d'imiter son acolyte en arborant la même expression ébahie.
– Allez-vous nous dire ce qui se passe ? s'emporta Gauvain, qui se tenait devant l'entrée du laboratoire.
– La bonne nouvelle, déclara Mal-Foi d'un ton doc, c'est que votre serviteur est sauvé, Altesse. La mauvaise est que je ne peux rien pour lui.
Tous se regardèrent sans comprendre.
– Après son combat contre Jazor, poursuivit Alator, Emrys aurait dû mourir dans l'heure mais Mâab l'a sauvé…
– Mourir… Comment cela ? s'exclama Léon assez naïvement. Il l'a vaincu. Jazor n'a même pas eu le loisir de l'atteindre avec ses sortilèges. Pourquoi Merlin aurait-il été en danger ?
– Vous, les stupides mortels, fulmina Mal-Foi entre ses dents, vous croyez que tout se règle en un claquement de doigts. Vous ne comprenez rien à rien et vous vous permettez de nous juger…
S'en était trop pour Arthur.
– N'est-il ou n'est-il pas Emrys ? s'emporta-t-il. Le soi-disant sorcier le plus sage et le plus puissant que le monde ait jamais connu… Vous, sorciers de malheur, vous méprisez les simples mortels parce qu'ils n'ont pas votre puissance, et vous haïssez ceux qui tentent de vous égaler ! Dîtes-moi à quoi vous sert cette magie qui ne fait que détruire ? Vous prétendez être des êtres supérieurs et vous ne parvenez même pas à sauver l'un des vôtres…
Mal-Foi, qui semblait sur le point d'exploser, quitta son siège pour en découdre avec le Roi, mais il fut retenu par Alator, qui déclara posément :
– Vous avez raison, Sire. La Magie est une source d'énergie puissante et dévastatrice. Elle peut être révélée grâce à certaines formules et certaines alchimies qu'un simple mortel, s'il est suffisamment savant, peut apprendre à connaître.
Il jeta un regard à la dérobée sur Gaius, avant de poursuivre :
– Mais dans notre cas, et dans celui d'Emrys, elle est plus qu'un simple outil. Elle est en nous. Elle fait partie de nous. Comme la sève d'un arbre. Comme le sang qui circule dans nos veines. Nous somme nés avec ce fardeau à porter, que nos ancêtres avant nous ont dû apprendre à apprivoiser. Maîtriser cette puissance, Sire, s'apparente à tenter de saisir la foudre à mains nues. Voilà pourquoi notre savoir et notre science ne sont réservés qu'aux élus. Voilà pourquoi nous regardons avec méfiance ceux qui veulent s'en emparer.
Il se tourna alors vers la table où reposait le corps de Merlin.
– Un magicien, tout puissant qu'il soit, doit toujours savoir où sont ses limites et doit toujours être très prudent avec l'énergie qu'il distille dans ses sortilèges, ou bien il court à sa propre perte. Cela prend du temps, pour maîtriser l'étendue de sa puissance. Une poussée trop élevée peut entrainer de graves conséquences sur le corps et l'esprit.
– C'est ce qui s'est passé dans la cour, intervint timidement Gaius, lorsqu'il s'est battu contre Jazor.
– Emrys a déclenché une tempête, formé un bouclier pour protéger le Roi et en plus de cela, il est parvenu à réduire Jazor – dont les défenses n'étaient pas petites, croyez-moi – en poussières. Vous n'avez pas la moindre idée de la dose d'énergie qu'il faut dépenser pour parvenir à ce résultat.
Mal-Foi jeta un nouveau regard lourd de mépris à toute l'assistance.
– Imaginez un char tiré par des chevaux sauvages rendus complètement fous. Imaginez cet attelage infernal fonçant à travers la campagne, écrasant tout sur son passage. Et même si les courroies lâchent, même si les chevaux finissent par être libérés et que le char poursuit son chemin seul, pensez-vous qu'il va s'arrêter ? Non. Il va continuer sa course, jusqu'à ce qu'il tombe dans un ravin ou qu'il se heurte à un arbre ou un rocher.
– C'est ce qui est arrivé lorsque Merlin à déchainé ses pouvoir contre Jazor.
Alator acquiesça.
– En ne donnant plus aucune limite à ses pouvoirs, Emrys a provoqué une « surchauffe ». Sans plus aucune retenue, sa magie à couler en lui comme de la lave en fusion. C'est la pire chose qui puisse arriver à un sorcier. La puissance de cette énergie aurait dû le consumer de l'intérieur. Tous ses membres se seraient embrasés et il serait mort dans les pires souffrances, réduit en cendre par sa propre puissance(1).
Les chevaliers se regardèrent, horrifiés par cette image qui venait se poser dans leurs esprits. Arthur lui-même observait à présent les deux sorciers avec circonspection. Lui à qui on avait toujours inculqué que les magiciens étaient une menace, des êtres vils, versatiles et hors de contrôle. Qui aurait pu dire que ces êtres craignaient leur propre puissance ? Puis son regard se posa à nouveau sur Merlin.
– Vous dites qu'il aurait dû mourir… être réduit en cendre. Pourtant il est intact. Et lorsque je l'ai touché tout à l'heure, il était à peine tiède…
– Parce que Mâab l'a sauvé, Sire.
– Comment ?
– En faisant la seule chose susceptible de le préserver. Pour que la puissance de la magie ne consume pas le corps mortel d'Emrys, elle les a séparés…
– Vous… vous voulez dire que… ?
L'idée qui s'imposa à Arthur le fit tellement frémir qu'il n'osa la formuler à voix haute. Il fallut que Mal-Foi s'avance et écarte les pans de la chemise de Merlin, pour que tous voient l'emprunte noire et griffue qui barrait sa poitrine.
– Elle a arraché Emrys de son propre corps. Ame et vaisseau sont désormais séparés. Elle s'est sûrement envolée avec l'âme d'Emrys. C'est une coquille vide que vous avez devant vous…
Un silence effroyable s'abattit dans le laboratoire. Un frisson de dégoût traversa les chevaliers, pourtant entrainés aux pires situations. Ame et corps séparés… Leur ami, leur frère, privé de sa liberté et de son libre arbitre… D'un côté, une coquille vide, de l'autre un esprit errant, sans attache, entre les griffes d'un démon de l'Ancien Temps.
Arthur se rappela ce qu'il avait ressenti en tenant contre lui le corps inanimé de Merlin : cette sensation de vide et d'absence, comme si ses bras portaient de l'air.
– Si Mâab est si puissante qu'elle peut ôter l'âme d'un homme de sa poitrine à main nue, pourquoi ne s'en ait-elle pas prise à Jazor ?
– Ce n'est pas si simple, Altesse. Emrys a été fait à partir de l'essence de Mâab. Il est son fruit. Les liens qui les unissent sont comparables à ceux d'une mère et de son enfant. Par conséquent, elle peut l'approcher et entrer en contact avec son être profond. Ce qu'elle ne peut faire avec aucun autre de ses disciples.
– Pourquoi n'a-t-elle pas réunifié l'âme et le corps de Merlin après l'avoir sauvé ?
– Je ne suis qu'un humble serviteur de la déesse. Je n'ai pas la prétention de connaître la raison de chacune de ses actions. Ce serait comme demander à un souriceau de comprendre les pensées d'un aigle. Je serais même en peine de dire si cette opération était réalisable. Mais peut-être l'avez-vous interrompu dans sa tâche, Sire. Alors qu'elle se trouvait encore auprès d'Emrys vous l'avez pour ainsi dire chassée comme un vulgaire volatile alors qu'elle tenait encore son âme entre ses mains…
– Cessez de l'appeler Emrys tout le temps ! s'emporta Arthur piqué au vif. Son nom est Merlin ! Mer-lin … C'est le nom que lui a donné sa mère, celui qu'il porte depuis sa naissance ! Et je n'ai rien interrompu ! Lorsque je les ai séparés, Elle allait l'enlever et pour le coup nous l'aurions définitivement perdu…
La colère et la frustration du Roi étaient montées d'un cran. Il avait beau retourner le problème dans tous les sens, il se retrouvait toujours coupable de l'état de Merlin. Il n'était pas intervenu. Il l'avait regardé impuissant se faire malmener par Jazor puis par Mâab.
Mais pourquoi cet idiot avait-il volé à son secours ? Pourquoi lui avoir caché ses pouvoirs ? S'il était venu le trouver, s'il lui avait parlé de son plan : ensemble ils auraient trouvé une solution, ils auraient piégé Jazor et Merlin n'aurait pas eu besoin de se sacrifier.
– Je croyais qu'il était un don de Mâab, destiné à me servir et me guider. Qu'est-ce donc que cette déesse qui reprend ce qu'elle a donné ? De quel droit s'est-elle emparée de lui ? Que fait-elle de la promesse qu'elle a faite à ma mère ?
– Mâab a tenu sa promesse, Altesse, protesta sans humeur Alator. Le destin d'Em… de Merlin était de vous préserver, d'écarter de vous tous les dangers. Ce qu'il a fait. Au péril de sa propre vie. Et il va sans dire que si Mâab n'était pas intervenue, vous auriez actuellement un tas de cendre sur cette table en guise de serviteur. Sans doute la Déesse estime-t-elle qu'Elle ne vous doit plus rien. Elle a repris ce qui lui revient de droit.
1 Résumé dans un langage moderne : Pour vaincre Jazor, Merlin a poussé les machines à fond, du coup les réacteurs ont pris feu. Pour éviter la catastrophe, Mâab a plongé les mains dans la carlingue pour sortir tout le matos avant que l'incendie se propage et n'atteigne la carcasse du vaisseau. En gros, elle a débranché l'ordinateur avant l'explosion. Seulement, Arthur l'a interrompue alors qu'elle tenait encore le moteur dans les mains du coup Merlin se retrouve avec sa carcasse intacte, mais il n'y a plus personne pour tenir le volant… Vous me suivez ?
J'envoie la suite bientôt c'est promis.
