Disclaimer : Les personnages appartiennent à Gaston Leroux et les chansons à Andrew Lloyd Weber pour la plupart.
J'ai laissé les paroles des chansons en français, mais si vous souhaitez être transportés, je vous conseille les versions originales. Personnellement, je me suis collée énormément au film (2004). Autant sur les physiques que costumes, décors.
Pour toutes chansons au cours de cette fiction qui ne serait pas présente dans film/comédie musicale de base, vous trouverez les références à la fin du chapitre.
Bonne lecture !
R0mancière.
Chapitre 15. Down once More
Erik traînait la jeune femme à sa suite, les hurlements se faisaient entendre plus encore… Combien de morts ? Combien de blessés ? Qu'avait-il fait ? Comment osait-il ? La jeune femme se débattait… C'était elle donc trompée tout ce temps ? Son Ange n'avait-il de ce fait jamais existé ? La jeune femme tentait tant bien que mal de résister, mais Erik était bien plus fort qu'elle.
Raoul avait-il raison ?
« Descendons au cachot de mon noir désespoir,
Retournons aux prisons de ma détresse,
Si obscures et profondes comme l'enfer ! »
La haine et la colère dans sa voix n'avait d'égale que celle de Christine qui se sentait trahit. Son Ange l'avait trompé, une fois de plus. Et désormais, elle était à la merci de ce meurtrier qui avait sûrement tuer des dizaines de personnes… Pourquoi ? Pourquoi faisait-elle les mauvais choix ?!
« Pourquoi ai-je été enchaîné dans ce lieu aussi funeste ?!
Non pour un péché mortel, mais la vilenie de mon odieux faciès ! »
Christine se débattait, elle voulait rejoindre la surface, elle voulait rejoindre Raoul. L'homme qui désormais criait sa haine n'était nullement l'homme qu'elle aimait, mais le Fantôme qui se cachait derrière le masque d'un ange.
Le visage d'Erik était déformé par la haine. La moitié de son visage était d'un rouge éclatant, boursouflés de part et d'autre, son œil tombant, sa lèvre boursouflé, il n'avait aucun sourcil… Le contraste était si flagrant entre ses deux faces… L'une parfaite… L'autre proche de l'horreur pour qui ne savait regarder au-delà. La perruque noire était tombée avec le masque, offrant ainsi la vision sur ses cheveux châtains et non ébène. Une chevelure mi-longue d'un côté, et absente de l'autre… Il était un monstre de laideur pour tous ceux qui le voyait.
Il lui faisait horriblement mal au poignet, la tirant avec une force des plus épouvantable. Où était donc sa douceur ? Sa galanterie… Sa sensualité… L'Ange avait définitivement disparu… Il ne restait que le Fantôme et sa folie. Alors qu'à peine quelques instants avant… Il lui avait procuré des sensations si douces…
Violemment, il la porta dans sa barque, l'attachant à l'intérieur, il traversa le souterrain tout en continuant à cracher sa haine. Terrorisée, la jeune Soprane pleurait tout en fixant celui qu'elle était persuadée d'aimer être englouti dans son chagrin.
Le voyage ne dura que quelques minutes et bientôt, il la détacha avant de la traîner de force jusqu'à la robe de mariée.
« Pourchassé de toute part,
Cerné de haine,
Jamais une parole aimable,
Pas de compassion nulle part ! »
Ils étaient tous deux face à la robe et sa voix fut secouée d'un sanglot. Prenant son visage entre ses mains, il lui imposa de le regarder. De regarder son visage, et Christine vit tout le tourment du Fantôme.
« Christine… Pourquoi ? »
La jeune femme sentit sa gorge se serrée, mais fut incapable de répondre.
Pourquoi lui avait-elle enlevé son masque ? Pourquoi ne souhaitait-elle plus partir avec lui ? Pourquoi l'avait-elle piégée ?
« Pourquoi ?! »
La jeune femme resta toujours sans réponse tandis que ce qui fut son Ange la fixait d'un regard empli de désespoir.
« Change-toi. »
Il la poussa dans la chambre, la forçant à se changer, et la jeune femme le fit. Les sanglots amers de la déception brisant le silence de l'antre du lac. Qu'avait-elle fait pour ainsi être puni ? Elle avait tant rêvé ce moment où son Ange et elle disparaitrait de l'Opéra… Désormais le rêve avait viré au cauchemar… Et l'Ange à la folie…
La robe était parfaite, autant à sa taille qu'esthétiquement. Christine sentait son cœur se briser plus encore tandis que ses yeux se posèrent sur son reflet dans un miroir. Cela aurait pu être le plus beau jour de sa vie… Elle ne se laisserait pas faire. Jamais ! Elle allait lui dire ce qu'elle avait sur le cœur. Il l'avait trahi ! C'était elle la victime !
« Votre soif de sang est-elle satisfaite enfin ?!
Suis-je maintenant la proie de vos désirs charnels ?! »
Une lueur de désir passa dans le regard d'Erik. Elle était belle, parfaite. La définition même de la beauté. Pourquoi tout ne pouvait-il pas se passer comme il l'avait souhaité ? Pourquoi fallait-il que tout tourne au désastre ?
Les mots de Christine résonnaient tels des poignards en lui tandis que la jeune femme s'avançait telle une tigresse prête à tuer sa proie. Elle était si belle… Et lui si laid…
« Ce hasard qui m'oblige à vivre dans le sang
Exclut également les joies de la chair. »
Erik avança sa main vers la jeune femme, mais elle détourna son visage… La douleur de la trahison était telle qu'elle sentait un dégoût amer envahir sa bouche. Mais le Fantôme cru comprendre immédiatement que cela venait de son visage repoussant…
Même elle, le trouvait laid…
« Ce visage effrayant…
Empoisonne nos âmes…
Cette tête m'offrit,
D'une mère le reniement.
Un masque…
Me fut donné pour premier vêtement. »
Christine sentait le désespoir s'emparer d'elle. Pourquoi pensait-il que son dégoût venait de son visage ? Il n'en était nullement la cause… C'était son comportement le véritable problème… Erik se détourna lentement d'elle, prenant entre ses mains le voile de la mariée, il le plaqua sur sa chevelure bouclée. Elle était merveilleuse, mais son visage n'était nullement heureux.
« Trop tard pour une grâce.
Ton destin affronte en face.
Tes yeux verront toujours ça ! »
La voix du Fantôme se brisait sous la rage et la colère tandis qu'il forçait Christine à le regarder. La haine luisait dans son regard bleuté, une haine que la jeune Soprane ne savait comment apaiser… Une haine qu'elle ne voulait pas apaiser. Elle-même ressentant une colère indomptable.
« Piteux visage… »
Dans sa main gauche, il déposa la bague de fiançailles de Raoul… L'avait-il donc gardé depuis tout ce temps ?... Christine l'avait tant trahi par le passé… Était-elle réellement capable de le juger ? …
Il a tué… Il avait promis…
Mais il fallait également qu'il comprenne, que ce n'était nullement son visage qui inspirait à Christine ce dégoût… Lentement, elle retira le voile et se dirigea vers un miroir recouvert d'une épaisse couverture… Elle tira celle-ci à elle, et obligea le Fantôme à se regarder à l'intérieur de la glace.
« Ce que je vois ne m'inspire nulle répulsion…
C'est dans votre âme que réside l'altération… »
Et tandis qu'Erik fixait Christine d'un regard empli de désespoir… Des clapotis se firent entendre… Quelqu'un arrivait.
Note :
On approche de la fin ! Plus que deux chapitres ! :)
Merci pour votre fidélité et à Mercredi
