Nous sommes le 29 août, dans quatre jours Drago et moi partiront pour Poudlard en compagnie de Severus. Même si je sais ce qui m'attends à la rentrée, j'ai hâte de quitter cette demeure et de me concentrer de nouveau sur mes études.

- Miss Richards, m'écoutez-vous ou faut-il encore que je vous punisse?

Je secoue ma tête de gauche à droite et réponds rapidement à l'homme face à moi :

- Je vous prie d'excuser mes rêveries, monsieur Malfoy. Cependant, je dois vous avouer déjà connaitre les sortilège de torture psychique.

- Ah oui? me demande-t-il alors curieux.

- Oui, disons que je n'ai pas pu m'empêcher de lire les livres de la bibliothèque de ma mère sur ce sujet. Je les ai trouvés tout à fait fascinants.

- Vous m'étonnez de jour en jour, miss.

Je lui fis l'un de mes plus beaux sourires, je m'apprêtais à lui demander de sortir me rafraichir, quand un énorme bruit se fit entendre dans la salle de réunion de l'étage. Je fronce les sourcils, Lucius me fait signe de rester à ma place et se dirige vers la porte qu'il ouvre avec prudence. Un long silence se fait entendre avant que des cris de désespoir résonnent dans tout le manoir. Je frisonne en comprenant que nous assistons à une nouvelle crise de fureur de Voldemort. Il est de plus en plus en colère chaque jour et n'hésite pas à déverser son courroux sur ses serviteurs.

- Lucius ! Diana !

Je sursaute violemment à l'entente de mon prénom. Cela faisait toute une semaine que j'avais réussi à échapper à sa présence mais voilà qu'il nous demandait de venir le rejoindre. Monsieur Malfoy me fit signe de le suivre et nous entrons sans un mot dans la salle où se trouve Voldemort et deux mangemorts dont un que je reconnais comme étant Dolohov. Je ne peux m'empêcher de regarder mon violeur avec dédain et surtout avec satisfaction. Il est au sol, la figure ensanglantée et le souffle coupé.

- Ces misérables sont revenu sans souvenir de leur mission. Ils ont été assez stupide pour se faire oublietté par cette sale sang-de-bourbe. Diana, tu vas pouvoir mettre en pratique les cours de Lucius.

- Je vous demande pardon? dis-je affolé.

- Tu as très bien entendu, montre moi de quoi tu es capable.

- Non.

Il se rapproche à une vitesse phénoménale de moi et m'empoigne les cheveux de sa main droite. Il me les tire en arrière jusqu'à ce que je me retrouve à genoux devant lui.

- Lâchez-moi !

- Faut-il réellement que je te remontre qui est ton maître, sale petite insolente !

- Vous me faites mal ! Arrêtez !

- Il serait dommage d'abimer un si beau visage n'est-ce pas? Lucius va me chercher ton fils.

- Non, je vous en prie, laissez Drago en dehors de tout cela. Je vais le faire.

- Bonne fille. me murmure-t-il à l'oreille en me lâchant les cheveux et en tapotant le dessus de ma tête.

Je me relève en gardant la tête haute et regarde avec mépris les mangemorts déjà à terre. Je songe alors à ma leçon de ce matin et pense fortement à un maléfice de souvenirs maudits. Les deux mangemorts se mettent à gesticuler dans tous les sens en se tenant la tête et en hurlant à la mort. Je détourne le regard pour ne pas voir leur souffrance. Voldemort applaudit et rigole comme un aliéné. Plus j'utilise la magie noire et plus je sens la noirceur des ténèbres envahir mon être, il le sait c'est pour cela qu'il jubile autant.

- Tu es un joyau précieux, ma douce Diana, toi et moi, nous allons accomplir de grandes choses.

Je garde le silence, je ne veux pas lui répondre, je ne veux pas lui donner satisfaction et l'ignorance est la meilleure manière de lui faire comprendre ma contrariété. Il nous fait signe de partir avec monsieur Malfoy, cependant avant que nous franchissions la grande porte en bois vernis, je peux l'entendre dire d'une voix doucereuse :

- Tu succomberas aux ténèbres, ce n'est qu'une question de temps. Tu as finis par comprendre les impacts du rituel sur toi, n'est-ce pas? C'est amusant de te voir lutter, alors que tu sais ce qui t'attend si tu résistes.

Je frissonne et le regarde avec des yeux larmoyants que je ne peux contrôler. J'ai compris oui, moins j'utilise la magie noire et plus celle-ci s'immisce en moi lorsque je ne me maîtrise plus. Cela explique mon changement d'apparence et la satisfaction que je peux éprouver face à la douleur de mes ennemis. Je le haïs, je le haïs plus que tout au monde. Si Harry ne le tue pas, je trouverai un moyen de le faire moi-même.

Les derniers jours de vacances se sont écoulés et il est maintenant temps pour Drago et moi de nous rentre à Poudlard. Je suis heureuse, je suis heureuse de pouvoir retourner à l'école et de retrouver quelques uns de mes amis comme Neville, Ginny et Luna, même si j'ai beaucoup moins d'affinité avec eux, je vais toutefois les revoir et cela me réjouit. Severus arrive et nous transplanons avec lui dans le parc du château. Arrivés dans le hall, le nouveau directeur se tourne vers Drago et lui dit :

- Tu peux aller défaire tes affaires Drago, je dois montrer nos appartements à Diana.

- Bien, Severus. A tout à l'heure, Diana.

Je lui souris et lui réponds affirmativement. Le maître des potions nous regarde avec jalousie, je souris davantage face à cette réaction et le suis jusqu'à notre futur logement. J'appréhende beaucoup notre cohabitation, malgré son choix égoïste de me livrer à Voldemort, je sais qu'il l'a fait avant tout pour que je reste à ses côtés, néanmoins je ne peux réprimer cette peur d'être seule avec lui le jour et surtout la nuit. Nous arrivons devant un tableau représentant deux serpents enlacés l'un avec l'autre et cela me met encore plus mal à l'aise.

- Amortentia. dit-il de manière assez audible pour que je puisse entendre.

Je suis étonnée de ce mot de passe, mais ne dis rien et me contente de le suivre à l'intérieur de l'appartement. Je suis estomaqué devant le raffinement du salon, une cheminée se trouve face à des fauteuils et à un canapé en cuir noir, une grande bibliothèque trône dans un coin de la pièce et une table couleur chêne noir avec des chaises aux assises et aux dossiers en velours bordeaux sont au milieu de la salle de vie. Il me montre par la suite la salle de bain et son laboratoire où il m'autorise à le déranger uniquement en cas d'extrême urgence. Enfin, nous finissons par notre chambre, je tremble en constatant que nous dormirons dans la même pièce. Severus semble l'avoir remarqué puisqu'il pose sa main sur mon épaule et me dit de sa voix douce :

- Nous dormirons uniquement, je ne vous ferais rien. Je n'éprouve aucune satisfaction à forcer une femme.

Je hoche la tête et continue de regarder le grand lit à baldaquin avec appréhension.

- Je vous laisse défaire votre malle, il y a de la place pour vos habits et vos affaires de toilette. Nous nous revoyons après le banquet, il aura lieu à 19h30, ne soyez pas en retard.

- Oui, monsieur.

- Nous serons mariés dans quatre mois, je vous autorise donc à m'appeler Severus, quand nous sommes seuls bien évidement.

- D'accord, Severus.

Appeler mon prince par son prénom m'avait manqué. Il me laisse sans une parole de plus et je range mes vêtements dans le dressing de la chambre, rempli de capes, de chemises et de pantalons noirs. Ensuite, je fais de même avec ma trousse de toilette que je mets dans la salle de bain. Une fois cela fait, je constate qu'il n'est que 18h30, je décide alors d'aller découvrir les ouvrages de la bibliothèque du salon. Je trouve un livre sur les potions de guérison et décide de m'installer confortablement sur le canapé pour le lire. A 19h15, je remonte dans la grande salle qui commence déjà à être bien remplie. Il y a cependant beaucoup d'absents par rapport à l'année dernière. L'atmosphère est plus morose et la terreur se lit sur les visages, quand les élèves découvrent les Carrow et Severus à la table des professeurs. Je me dirige vers la table des Serpentard et m'assieds à côté de Drago.

- Vire de là, Richards ! C'est ma place ! s'exclame Parkinson.

Je soupire fortement et lui réponds avec dédain :

- Les places de ce banc ne sont pas attitrées Parkinson.

- Tu n'as pas le droit de t'asseoir à côté de mon Drago ! Ce n'est pas parce que tes amis t'ont abandonné qu'on va te ramasser, toi et ton sale sang de traitresse. Dégage, on veut pas de toi, ici !

Je me lève pour lui faire face et la regarde droit dans les yeux avant de lui dire avec un ton menaçant :

- Je te conseille vivement de faire attention à ton langage et à tes paroles, Parkinson. Je pourrais malencontreusement glisser un poison dans ton jus de citrouille du matin.

- Comment oses-tu me menacer sale...

- Pansy, ferme-là. dit Drago d'une voix froide.

- Mais...

Il lui lance un regard meurtrier et elle se tait d'un coup. Je dois mordre l'intérieur de ma joue pour ne pas éclater de rire face à l'autorité que le blondinet exerce sur cette pouffe. Severus se lève et fait un très bref discours pour expliquer les changements de cours et de professeurs. Je peux sentir son malaise d'ici, il ne se sent pas du tout à sa place au centre de la table des professeurs. Le diner se passe dans un grand silence pesant, personne n'ose trop parler. Quand vint le moment de la fin du repas, j'appréhende de me rendre dans les appartements du maître des potions. Drago doit sentir mon inquiétude, puisqu'avant de rejoindre la salle commune des Serpentard en compagnie de ses sbires, il me prend la main et me regarde droit dans les yeux en me disant :

- Ne t'inquiète pas, mon parrain ne te fera jamais de mal. Il t'aime, ça se voit, je ne l'ai jamais vu regarder une femme comme il te regarde toi.

- Merci Drago.

Il reprend un visage impassible et rejoint nos camarades de maison, tandis que moi je tourne dans le couloir de droite pour rejoindre Severus. Je rentre dans notre logement et constate l'absence de mon fiancé. Je décide d'en profiter pour aller occuper notre salle de bain et prendre un bon bain chaud. Je reste de longues minutes à me prélasser dans l'eau et à me perdre dans mes souvenirs. Je décide de me sécher et de me mettre en pyjama seulement quand j'entends la porte d'entrée claquer. Je descends dans le salon et vois Severus assis sur le canapé en face de la cheminée, un verre de whisky pur feu à la main. Il est de profil et j'en profite pour le détailler plus longuement. Ses cheveux noirs ont poussés depuis l'année dernière, il ne l'est a pas coupé à hauteur des épaules comme il le fait d'ordinaire, ils sont donc actuellement au niveau de son torse. Il a des cernes sous les yeux et semble plus fatigué et mélancolique. Cette vision de lui ne me plaît pas du tout.

- Avez-vous fini votre contemplation?

- Je suis désolé. Severus, vous semblez...troublé.

Il soupire fortement, boit une gorgée de son verre et me fait signe de venir m'asseoir à ses côtés. Il fait apparaître une tasse de tisane à la violette et au bleuet face à moi et regarde les flammes qui dansent devant nous. Je le remercie en lui souriant doucement, il n'a pas oublié mon attrait pour ces fleurs.

- Vous viendrez dans mon bureau, demain soir, après vos cours.

- D'accord. Dis-je déconcerté par ce changement de sujet.

Un silence gênant s'installe dans la pièce, les minutes passent et chacun de nous fixe les flammes de la cheminée avec attention. Il soupire une seconde fois, passe une main dans ses longs cheveux, bascule la tête en arrière et passe son bras autour de mes épaules pour me plaquer contre lui. Je suis confuse l'espace de quelques secondes, mais fini par lui demander d'une petite voix à peine audible :

- Severus, pourquoi est-ce que...

- Chut. Je vous en prie, Diana.

A cet instant, je comprends qu'il a besoin de calme et qu'il veut juste penser à autre chose. J'arrête de parler, pose une main timide sur son torse et enfouis davantage ma tête dans son cou. Son odeur boisée et virile me rassure et m'enivre. Je frisonne face à mes ressentis et à mes pensées peu orthodoxes. Ma peur et mon angoisse de tout à l'heure ont laissées place à un désir de tendresse et de...lasciveté? Une nouvelle fois, je suis dans l'incompréhension totale. Je dégage ma tête doucement et relève mes yeux bleus-gris pour les poser sur le visage de Severus, qui regarde mes lèvres avec une lueur d'envie évidente. J'entrouvre la bouche, j'ai le souffle saccadé, je veux qu'il le fasse. Je veux qu'il m'embrasse passionnément. Je veux sentir la douceur de ses lèvres. Comme s'il avait lu dans mes pensées et n'y tenant plus, il rompt la distance entre nos deux bouches et les assemblent pour m'embrasser avec douceur et sensualité. Je ne peux m'empêcher de pousser un petit gémissement d'aise, ce baiser est merveilleux. Je n'imaginais pas Severus embrasser aussi bien. A vrai dire, je ne l'imaginais pas du tout embrasser une femme. Il pose ses mains sur ma taille, me soulève et me positionne à califourchon sur lui. Notre étreinte devient plus passionnée, plus sauvage. Quand je sens une bosse contre ma cuisse droite, je mets immédiatement fin à notre échange. Je baisse la tête gênée et balbutie :

- Je suis...euh... désolé pour votre...pour ça. lui dis-je en faisant un signe de la tête vers son entrejambe.

- Vous bafouillez maintenant, Diana. Quant à ceci, ce n'est rien d'autre que la manifestation naturelle de mon désir pour vous.

Je sens un frisson parcourir tout mon corps. Ce ton douceâtre et malicieux n'est pas du tout habituel chez lui et cela me déstabilise complétement.

- Je vais aller au lit.

Je me lève et me réfugie dans notre chambre. Je peux l'entendre rire avant de refermer la porte de notre chambre. Je me mets sous la couverture, plaque ma tête contre l'oreiller et souffle le sourire aux lèvres. On s'est embrassé, on s'est embrassé... Cette phrase ne cesse de se répéter dans mon esprit embrumé par tant d'émotions. Il était si doux, si sensuel, si...si différent. Cet homme est plein de mystères et de contradictions. C'est avec des questions plein la tête que je finis par sombrer dans les bras de Morphée.

Le lendemain, j'émerge doucement de mon sommeil en me redressant dans le grand lit à baldaquin, que je trouve vide. Je me demande alors si Severus a dormi avec moi cette nuit, mais en voyant les draps froissés de l'autre côté du lit et en percevant son odeur, je sais que la réponse à mon interrogation est positive. J'entends le bruit de l'eau dans la salle de bain adjacente à la chambre. Il prend une douche. Je sors du lit, prends un de mes uniformes dans notre armoire commune et attends patiemment qu'il sorte de la salle d'eau pour pouvoir, à mon tour, prendre une douche rapide avant ma journée de cours. Je n'ai qu'à attendre quelques secondes pour le voir revenir dans la chambre vêtu uniquement d'une serviette nouée autour de ses hanches. Il semble ne pas m'avoir remarqué puisqu'il se dirige vers l'armoire sans m'accorder un regard, plongé dans ses réflexions. Ce n'est que quand il se retourne vers le lit et qu'il comprend que je suis levé, qu'il me recherche dans la pièce. Ses yeux se posent sur moi, alors que je suis hypnotisé par son torse nu où ruissèlent encore quelques gouttes d'eau. Il est beau, il est même très beau. Ses cicatrices et sa petite musculature lui donne un certain charme, renforçant son côté ténébreux. Je secoue la tête et remarque qu'il me regarde avec un sourcil relevé et un regard amusé.

- Bonjour Diana. Dit-il d'une voix douce.

- Bonjour Severus. Puis-je prendre la salle de bain?

- Oui, allez-y. Mais ne tardez pas trop, vous allez être en retard au petit-déjeuner et à la distribution des emploi du temps.

- Je serai à l'heure, ne vous inquiétez pas. lui répondis-je.