Chapitre 9
Il monta les marches quatre à quatre et se retrouva devant l'appartement. Il entra. Tout était en désordre tellement les policiers avaient fouillé. Mais Richard remarqua tout de suite qu'il n'avaient pas bougé le mobilier. Il fit signe à deux agents du SWAT de l'aider à déplacer une grande armoire. Mais il n'y avait pas de porte derrière. Castle remarqua néanmoins une légère différence de couleur de papier peint sur un grand rectangle placé auparavant derrière l'armoire. Il revêtit son gilet pare-balle, prit l'arme de service de rechange de Ryan et ordonna au SWAT de le suivre. Il poussa le pan du mur qui s'ouvrit sur une pièce insonorisée. Visiblement elle était vide. Mais Tyson jaillit de derrière la porte, menaçant la tempe de Beckett avec son arme de service.
Le SWAT ne pouvait pas agir, si ils tiraient, Beckett pourrait être touchée. Alors Castle laissa Tyson faire son magnifique discours de roi du monde et se jeta sans prévenir sur lui, ce qui fit valser l'arme à l'autre bout de la pièce. Les deux hommes se battaient à mains nues quand tout à coup, Jerry sortit quelque chose de sa poche. C'était un couteau Stiletto à cran d'arrêt (*NDT j'ai pas pu m'en empêcher...).Castle recula, Kate cria. Tyson prit la parole.
-Maintenant, vous allez me laisser partir, doucement. Au fait, Beckett, ta mère avait la même expression de peur et de désespoir quand Coonan l'a exécutée sous mes ordres.
La jeune femme recula. Elle tenta un petit pourquoi, mais Tyson lui cracha au visage en guise de réponse. Puis, il se décida à répondre quand même.
-Cette p*** d'avocate a ressorti des affaires qui ne valaient pas la peine de l'être. Elle a découvert trop de choses. Fallait la faire taire...
Kate lança un cri de guerre, se jeta sur lui et enchaîna les coups de poings, se moquant bien du couteau qui lui lacérait le bras. Castle essaya de la retenir mais elle se débattit. Voyant le couteau qui se rapprochait dangereusement du visage de la muse, Rick la tira d'un coup sec en arrière et le couteau lui déchira la peau du bras gauche. Il passa outre sa douleur prit le couteau par la lame, tordit le bras du psycopathe et fit signe à Esposito de lui passer les menottes.
L'avant-bras de l'écrivain était ensanglanté et une large coupure zébrait sa main, dûe au fait qu'il tenait encore le couteau par la lame. Il referma tant bien que mal le Stiletto et le tendit à Ryan. Le SWAT raccompagnait le 3xK et Esposito appelait une ambulance. Kate était recroquevillée dans un coin de la pièce, le corps se balançant d'avant en arrière. Elle sanglotait, encore sous le choc des évênements récents Rick se tenait le bras, il perdait beaucoup de sang.
*Quelques jours plus tard, St Vincent's hospital*
Alexis passa la porte de la chambre pour la troisième fois cette semaine. Son père était assis sur un lit d'hôpital, l'avant-bras gauche bandé jusqu'à la main. Sur le lit à côté de lui, Kate était allongée, elle dormait. Elle avait des sparadraps un peu partout et on pouvait voir une dixaine d'ecchymoses sur ses bras et son visage. Castle la regardait tristement et n'entendit pas sa fille entrer dans la pièce. Alexis se racla la gorge, ce qui fit sursauter son père. Un sourire illumina les visages du père et de la fille. C'était la première fois en trois jours qu'Alexis put voir les yeux océan rieurs de son père. Ils discutèrent de tout et de rien, de l'école d'Alexis, du nouveau roman de Rick, mais quand la jeune fille aborda le sujet de Kate, l'écrivain referma sa coquille. Il avait pourtant l'habitude de dire tout ce qui le tracassait à sa fille et aussi à sa mère, mais là il n'en avait aucune envie. Ce fut le regard suppliant de sa fille qui le fit changer d'avis. Il prit la parole, son regard allant de sa fille à sa femme.
-Quand Johanna est née, Tyson l'a tuée sous les yeux de Kate. Il a utilisé le système de ventilation pour s'échapper de l'hôpital sans être remarqué. Kate s'en est voulue de ne pas avoir pû protéger sa fille, tout comme moi je m'en veux de ne pas avoir été là... On a eu une discussion, et elle m'a dit qu'elle avait besoin de temps pour tout réorganiser dans sa tête. Comme je ne voulais pas la laisser seule, elle a rompu avec moi. Je l'aime plus que tout, cette femme c'est toute ma vie et, jamais, jamais, je ne veux qu'il lui arrive quelque chose de mal à nouveau. Elle a réussi à me faire changer, elle seule alors que tant d'autres, comme par exemple ta mère ou même la mienne, Gina, mes amis... Elle a fait de moi quelqu'un d'agréable, elle a découvert l'homme qui se cachait derrière mon image playboy que donnent les critiques. Je l'aime plus que tout, et même si elle ne veut plus de moi, je n'arriverai jamais à l'oublier.
Dans son lit, Kate s'était réveillée en pleine conversation père/fille, mais n'osa pas se signaler. Elle garda les yeux fermés, tout en écoutant attentivement, et en étant très touchée par les dires de son écrivain. Quand il finit de parler, elle se signala involontairement d'un éternuement non contrôlé. Père et fille se retournèrent et Kate arbora un sourire gêné. Le silence du malaise plomba la pièce. Alexis embrassa son père sur le front et lui promit de revenir le lendemain. Rick, d'un air enfantin lui répondit :
-Tu pourras amener des croissants ? Le repas des hôpitaux c'est pas bon, et puis...
Il ne finit pas sa phrase qu'Alexis et Kate -malgré qu'elle ait mal partout- explosèrent de rire. Alexis lui dit qu'il fallait qu'il soit sage pour ça, et elle sortit de la chambre.
Rick et Kate étaient seuls. Ils allaient bien devoir se parler à un moment ou un autre...
