29 Mars 1889 - Londres

Cela faisait maintenant un quart d'heure qu'elle était là, à attendre que le blondinet se souvienne du chemin exacte. Dix heures du soir étaient largement passées et le froid lui glacé les os.

- Tu ne connais même pas la Capitale de ton propre pays ?! *la jeune fille se pinça l'arête du nez, exaspérée* C'en est déplorable…

- Ce n'est absolument pas ma faute Lucy, *il scruta les alentours, concentré* Ta présence brouille mes capacités mentales. Mais je te pardonne, tu es jolie comme un cœur.

Il ricana, il se trouvait qu'en effet Lucy arborée une magnifique tenue de soubrette, aussi courte qu'indécente. Malgré les efforts inespérés de Lucy, pour éviter cela, le jeune homme ne voulait rien savoir et elle tentait vainement de tirer sur les bords de la robe pour cacher ses cuisses.

- Enfin ! Ciel nous a dit de nous rendre chez un croque-mort, et tu as toi-même que tu connaissais le chemin . Je le savais ! J'aurais dû rester avec lui, incapable ! Où est ton majordome ?

Alois lui prit soudainement le bras et le tira pour commencer à marcher d'un pas pressé.

- Idiote ! Ne parle pas si fort ! D'une part je ne suis pas un incapable ! *il accéléra le pas, Lucy trébucha* Et je te le répète encore une fois, Claude est partit porté une lettre à la Reine. Maintenant sois docile et tais-toi, tu es censée être ma servante.

Elle se tut, en effet personne ne devait les reconnaitre, que ce soit Scotland Yard ou simples citoyens.

Même si il faisait sombre, ils devaient prendre les précautions nécessaires. Ainsi, sachant que les citoyens de Londres croient que les deux limiers de la Reine ne s'entendent absolument pas, Ciel et Alois ne devaient jamais se parler ou simplement se rencontrer en public sous leur aspect naturel, le déguisement était donc de rigueur, à la grande joie d'Alois et au grand damne des deux derniers.

Alois, lui habillé en riche Lady, arboré une longue perruque de cheveux bouclés et blonds lui tombant jusqu'en bas du dos. Il lui lâcha le bras, en voyant un homme à quelques mètres. L'homme était adossé à un mur et semblait lire un journal. Alois se stoppa et murmura.

- C'est ici …

Il fit un signe de tête vers une immense pancarte avec pour légende « UNDERTAKER » . Il regarda Lucy et à peine eut-il fait un pas que celle-ci le tira par le bras et le poussa dans une ruelle située, par chance, à quelques mètres de l'endroit où ils s'étaient trouvés, il le rejoignit.

- Mais enfin, qu'est-ce qu'il t'arrive ? *il prit un sourire pervers et l'a prit par la taille* Chérie … Ces choses là ne se font pas dehors … *il soupira, et lui prit son menton entre ses doigts* Par contre, je serai tout à toi après et -

Elle le coupa et se détacha rapidement de son « étreinte »

- Espèce de sombre crétin ! *elle se calma un peu* Avoue que cela paraitrait singulier si quelqu'un voyait une riche Lady et sa servante rentrer chez un croque-mort à 22 heures du soir !

- Hn… Tu parles de ce type ? *il tourna son regard vers la rue principale* Attendons qu'il parte, tant qu'il y a un tant soit peu de lumière…

- 10 min plus tard -

Après une attente presque interminable, l'homme plia son journal et passa devant la ruelle où se trouvait les deux « fugitifs », occupés à se coller aux murs en le regardant passer. L'homme enleva sa veste laissant apparaitre une cape mi-longue, noire et un insigne argenté, un uniforme…

Ils attendirent quelques minutes et se décollèrent des murs le plus discrètement possible, regardant si la voie est libre, ils coururent vers la porte de l'undertaker et Alois toqua, un homme à l'aspect plutôt étrange vînt leur ouvrir, de longs cheveux gris tombés le long de son dos et de grandes mèches cachées entièrement ses yeux.

- Bienvenue mes chères ladies…

Il s'écarta en pouffant, leur laissant la place pour entrer, Ciel était là, non déguisé et passablement énervé.

- Vous avez plus d'une demie heure de retard ! *il posa son regard sévère sur Alois, celui-ci répliqua*

- Il se trouvait que Mademoiselle, *il désigna Lucy d'un revers de main* souhaitait visiter les ruelles de notre belle Capitale, et en tant que parfait gentleman je me devais de répondre à ses désirs.

Ciel regarda Lucy d'un air désespéré et reprit froidement.

- Ceci n'est pas une visite touristique ! *Elle ouvrit la bouche voulant répondre* Je ne veux rien savoir ! *Elle l'a referma, piteuse sous l'air goguenard d'Alois* Bien… Si nous sommes ici-

- Ciel, vas en droit au fait !

- Il se trouve que l'Undertaker ait fait une autopsie des deux dernières victimes.

- Vraiment ? *Lucy arqua un sourcil et regarda l'Undertaker* Je pensais que ces pratiques étaient illégales.

- Elles le sont, en effet. *l'homme ria* Mais ma personne ne dépend pas de la Reine et de ses lois. Je suis une sorte de … rebelle. *il accentua le mot en regardant Ciel* Si vous vous donnez la peine de me suivre…

Il quitta la pièce, passant par une petite porte à peine dissimulée, Ciel le suivit, Lucy lui emboîta le pas suivit d'Alois. Au milieu de la pièce trônait un cercueil en chêne massif. Une jeune fille aux longs cheveux couleur de jais et à la peau anormalement blanche reposait en position mortuaire. Ils se rapprochèrent du cercueil.

- Je vous présente Jane Cronwell, jeune Lady âgée de 16 ans, décédée il y a deux jours de 15 coups de couteau en plein thorax.

Personne ne répondit, trop occupé a contemplé le cadavre.

- Les quelques informations des journaux sont vraies, mais quelques peu déformées. De plus sur les deux corps que j'ai moi-même examinés, quelques doses de narcotines étaient dissimulées.

Lucy prit la main de la jeune femme et examina le dessous de ses ongles et retourna son poignet sous l'air inquisiteur de Ciel, ravit de la voir à l'œuvre. Apercevant une sorte de marque sur la peau du poignet, elle fronça les sourcils, Alois prit la parole.

- Qu'est-ce que cette marque ?

- C'est une sorte de fleur croisée d'un poignard, toutes les victimes en portent une. Sûrement une signature du meurtrier, marquée bien sûr au fer blanc.