2 Avril - Manoir Phantomhive.

Cela faisait moins d'une semaine qu'elle était arrivée en Angleterre, qu'elle tournait en rond, que les insomnies l'a traqué et que l'affaire sur les jeunes filles vierges n'avançait pas. Saleté d'Angleterre, cette phrase elle l'a clamé haut et fort dans son esprit, cela l'aidé à se calmer. Mais tous ces aléas n'étaient que le cadet de ses soucis. Elle regarda de la fenêtre de sa chambre, les 2 jeunes comtes se baladant dans les jardins du manoir. L'un, plus petit que l'autre avait une mine renfrognée presque indifférent, l'autre, les mains dans le dos, marchait d'un pas de conquérant, sourire aux lèvres. Lucy laissa échapper un long soupir d'exaspération, il était prévu qu'elle soit la seule hôte de Ciel, Alois en avait transgressé la règle. Pendant 2 heures non-stop il avait supplié Ciel de loger chez lui, prétextant que son manoir était bien trop loin et que cela les gêneraient dans leur enquête. Ciel avait finit par accepter, il était aussi pressée que la Française que l'enquête aboutisse. Nicolas lui avait envoyé une lettre comme elle le lui avait demandé, celle-ci était accompagné de la liste de ses conquêtes semestrielles.

- Imbécile…

Elle survola la liste pour la énième fois et se rendit soudain compte de la mise en page. Chaque première lettre des noms des jeunes femmes formaient un et unique nom; Lacrinoline. En effet La Crinoline était le nom d'un célèbre restaurant situé en plein cœur de Paris. Cela n'était pas une coïncidence, elle il était déjà allée avec ce dernier pour une mission.

Quelqu'un toqua à la porte et rentra. Meyrin fit son apparition, un immense paquet en main.

- M…Monsieur m'a dit de v…vous remettre ceci !

Elle posa prestement le paquet sur le lit et sortit le plus vite possible. Lucy se dirigea vers le paquet, prête à l'ouvrir lorsqu'un bruit sourd se fit entendre dans le couloir, suivit quelques secondes plus tard des excuses de la servante puis des éclats de rire de cette dernière quand elle s'aperçut qu'elle s'adressait à un mur.

- … Les Anglais sont vraiment des êtres pathétiques …

Elle ouvrit le paquet et en sortit une grande robe de soirée en velours bleu-nuit, elle l'effleura du bout des doigts. Elle regarda à l'intérieur du paquet, une carte y était déposée, elle l'a prit et l'a lu.

« Un peu de féminité vous fera le plus grand bien. »

Elle fulmina, leur compagnie était déjà une chose, alors, si ils commençaient à se mêler de ses habitudes vestimentaires ! Elle jeta la robe sur le lit et sortit en trombe de sa chambre, dévalant les escaliers elle voulait rendre des comptes le plus vite possible, elle traversa le Hall, son haute queue de cheval se balançant au rythme de ses pas, elle ouvrit la grande porte donnant sur le jardin. Elle scruta ce dernier et aperçut ses « proies ». Mine renfrognée et air digne, elle se dirigea vers eux et toussota pour indiquer sa présence, les deux comtes sursautèrent et se retournèrent vers elle.

- Que nous vaut l'honneur de cette reprise de parole, pour le moins, inattendue ?

Ciel arqua un sourcil, Alois croisa les bras. En effet cela faisait maintenant 3 jours qu'elle les évitaient, elle n'en pouvait plus, depuis « l'incident » c'était comme la guerre froide. Elle fusilla Alois du regard.

- L… Lucy. Je te promet que je ne savais absolument pas qu'il y avait quelqu'un dans la salle de bain et quand je t'ai vu sortir du bain, il était déjà trop tard ! *il eut un rire nerveux face au regard haineux de la française* Tu comprends, j'avais oublié mes bas …

Elle l'ignora avec superbe et reporta son attention sur Ciel.

- Te concernant, mes goûts vestimentaires ne te concerne le moins du monde, tu peux reprendre ta robe !

Elle tourna les talons, prête à partir, Ciel répliqua, Alois fit mine de bouder en marmonnant des mots incompréhensibles.

- Soit prête pour 19h veux-tu ? Nous avons une réception de la plus haute importance au manoir de la famille Astor. Cela sera bénéfique pour l'enquête, bien sûr. Pour ce qui est de la robe, nous n'avons pas pour habitude, nous, les Anglais de voir des jeunes filles venir aux réceptions vêtues en homme. Je te prierai donc de te vêtir comme une parfaite aristocrate. Sans oublier qu'au plus nous serons performants au plus l'enquête avancera, plus tôt nous finirons.

Elle esquissa un sourire suite à cette logique et partit docilement se préparer.

- 18 h 56 - Manoir Phantomhive.

Ciel attendait depuis 10 min dans le Hall, accompagné de son majordome. Vêtu d'un somptueux costume bordeaux sertit de dentelle, il regardait l'escalier central avec insistance tandis que Sebastian jetait des coups d'yeux furtifs à sa montre de gousset.

- Par la Reine ! Que les femmes sont longues !

A peine eut-il conclu sa phrase que Lucy fit son apparition, une cape sur ses épaules, tentant vainement de cacher ses parties féminines ressortant grâce au corset Ses cheveux étaient retenus en un chignon plus ou moins serré laissant quelques mèches libres. Ciel fronça les sourcils en l'a voyant descendre les escaliers, pieds nus peinant à respirer. Elle s'assit sur la dernière marche afin de mettre les escarpins à talons qu'elle tenait en main.

- Tu manques atrocement de féminité…

Elle lui répondit haletante à cause du corset.

- Je ne … sais pas … m-marcher avec… talons !

Elle se mordit la lèvre inférieure et tenta de faire quelques pas, sa démarche était tendue, elle regarda Ciel.

- Partons maintenant ou nous allons être en retard.

Il lui ouvrit la grande porte, une calèche attendait près du perron, Sebastian attendait en tenant la porte de cette dernière. Elle arqua un sourcil devant tant de rapidité, se dirigea ers la calèche et y rentra, suivit de Ciel.

- Alois est déjà sur place, il a préféré « tâter » le terrain.

- Ou peut-être a-t-il enfin comprit que sa simple présence m'insupporte ?

Ciel ne répondit rien et regarda le paysage durant toute la durée du trajet.

19 h 30 - Manoir Astor.

La calèche s'arrêta, Sebastian ouvrit la porte. Ciel descendit en premier et attendit Lucy afin de lui tendre la bras qu'elle prit sans mot dire. Ils se dirigèrent vers l'entrée, un domestique leur ouvrit et leur débarrassèrent de leurs capes. Lucy rougit, elle n'avait désormais plus aucun moyen pour cacher sa poitrine. Ils entrèrent dans la salle de réception et se mêlèrent à la « foule ».

- Bon sang ! Que fait-il ? *Ciel scruta la pièce, cherchant Alois des yeux*

- Comme il te l'a dit. *elle lui lâcha le bras et prit une coupe de vin qu'un domestique blond lui tendait avec insistance* Il est occupé à tâter le terrain…

Elle but une longue gorgée et fit un geste de main désinvolte désignant l'opposé de la pièce, montrant à Ciel, un Alois tout en beauté, vêtu d'un costume mauve. Il parlait avec frénésie, entouré d'une demi-douzaine de jeunes filles de son âge. Elles gloussaient et rougissaient sous les airs dépités de Ciel et Lucy.

- Quel crétin ! *cracha t-il*

- Il faut de tout pour faire un monde… Je vais faire le tour de la salle, question de voir si il y a de potentiels suspects…

Elle le laissa seul et commença son inspection. Marchant droite et lançant des sourires enjôleurs aux quelques « bonsoir », elle dévisageait certains et examinait le comportement d'autres. Son attention étant attiré sur un homme d'une trentaine d'années occupé à faire la conversation à une jeune femme, elle ne vu pas le jeune homme lui faisant obstacle et se le prit de plein fouet. L'homme lui rattrapa son verre de vin in-extremis et Lucy se stoppa net, l'individus faisait une tête plus qu'elle, elle avait donc ses yeux rivés sur son torse. Elle inspecta les habits ou plutôt l'uniforme, elle avait le même. L'uniforme de l'armée française … Et cette odeur de cannelle… Elle ne regarda pas le visage de l'individus, non, cela était trop existant de deviner, de se rappeler. Elle vu le grade scintillant de lieutenant, elle avait trouvé.

- Nicolas ! Que fais-tu ici ?!

Elle parlait précipitamment et à voix très basse pour que personne ne les entendent.

- Eh bien ? Je pensais que ma présence te ferais plus d'effets…

- Mais enfin, c'est insensé !

Nicolas ne lui répondit pas, bu le restant du verre d'une traite, le posa sur une des tables, prit le bras de sa « complice » et l'entraîna en dehors de la salle principale. Il marchait d'un pas pressé, Lucy manqua de trébucher à plusieurs reprises à cause de ses talons. Il finit enfin par s'arrêter devant une petite porte et passa une main dans ses cheveux les ébouriffant un peu plus.

- Nicolas ! J'ignore ce que tu manigances encore mais je dois retrouver mes deux collègues.

- Bon, alors ! Tu rentres en me suivant, ne la regarde pas dans les yeux, elle le prendrait pour un affront. Une fois devant elle tu fais ta révérence et tu te retires en faisant marche arrière… Compris ?

Il n'attendit pas sa réponse, souffla et ouvrit la porte. Lucy en eut le souffle coupé. Ce n'était pas la salle, sombre et étroite qui l'a déstabilisé mais ses occupants. Alois et Ciel se tenait légèrement à l'écart devant leurs majordomes respectifs, droits et fiers, ils regardaient Nicolas d'un air dubitatif. Alois se pencha légèrement vers Ciel et lui chuchota quelques bribes de mots. Ciel semblait réfléchir et hoche la tête puis reporta son attention vers le centre de la pièce. Lucy fit de même, c'est alors qu'elle s'aperçut de sa présence. Elle savait désormais pourquoi Nicolas était ici. Légèrement penché et essayant tant bien que mal de parler Anglais, son Président parlait à une femme assise et voilée qui était la Reine des Iles Britanniques.