Chapitre 15

Une petite troupe chantonnait dans une camionnette. Les sept personnes avaient « un je ne sais quoi au cœur » qui les mettaient de bonne humeur. Il faut bien dire que c'était la première fois que le lieutenant Hawkeye leur laissait un message caché et codé. Grâce au lieutenant, ils faisaient route pour retrouver le Fullmétal et la jeune femme qui refusaient de revenir à Central pour le bien d'Edward.
Riza avait prit des précautions avant de rejoindre la famille du jeune alchimiste à Resembool. Celle de trouver une cachette pour ne pas remettre les pieds à la capitale à cause du psychopathe de psychologue. Elle était à des lieues de penser retrouver Mustang sur sa route et encore moins de savoir que lui aussi prendrait cette direction.

Fuery, Falman, Breda, Havoc, Armstrong, Broche et Ross voulaient réconforter leur ami et loin du QG de l'armée de Central, ils avaient toutes leurs chances de mener leur mission à bien. North-City pointait le bout de son nez et bientôt ils retrouveraient les Elric et Hawkeye afin de les cacher à proximité du fort de Brigg's, une contrée très désertique et dangereuse par le froid et les animaux qui y habitent.

Il faut dire que leur nouveau colonel venant du sud leur tapait sur le système. Ils regrettaient tous Mustang, vraiment. Car même si ce dernier avait certains défauts dont l'arrogance, il savait ce qu'il faisait et surtout il agissait dans le bien des gens du pays, tandis que le nouvel 'imbécile' comme ils aimaient le surnommer était imbu de lui et détruisait au fur et à mesure, toutes les choses mises en œuvre par son prédécesseur pour implanter les lois homonculus de ce cher Bradley. Tant pis pour leur supérieur, ils avaient décidé de déserter en toute connaissance de cause et surtout fait le serment de devenir la Team Elric à présent.

Sous le siège passager d'Havoc, un petit cocon de toile protégeait une splendide épeire très particulière. Son corps était de couleur noire au reflet d'un vert foncé particulier et ses yeux reflétaient des tons de mauves et de violets. Elle aussi chantonnait tout en battant la mesure par les deux pattes les plus proches de sa mandibule, car bientôt le jour promis arriverait avec son lot de chaos et de démesure.

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Izumi avait mis les choses au calme la veille et avait renvoyé tout le monde dans les compartiments assignés. Ils auraient tout le temps de discuter de la suite du procès pendant les longues journées qu'ils allaient devoir affronter. Et le sommeil ne ferait que du bien pour apaiser les tensions et réveiller les esprits pour monter « le plan » parfait contre les homonculus.

Un bruissement de drap éveilla le jeune blond. Le soleil pointait déjà le bout de son nez au travers des carreaux et ouvrant délicatement les yeux, il fut surpris de voir Roy déjà debout et prêt à descendre du train, enfin presque puisqu'il n'avait pas encore transmuté son apparence.

« Allez la marmotte, habille-toi et range ton sac, le trajet ne va pas être de tout repos surtout avec ce froid ».

La seule réponse fut un grognement entre les dents d'Edward qui se leva d'un air ronchon. Ed détestait North city et ce froid à vous geler sur place surtout si vous n'avez pas un automail adapté. Il avait eu l'occasion d'en faire les frais une fois et s'en serait bien passé. Roy lui ébouriffa ses jolies boucles blondes et l'embrassa tendrement afin de lui donner un peu de baume au cœur.

Tous les bagages avaient étés bouclés et Edward ne lâchait pas d'une semelle son Mustang. Il avait tellement peur de le perdre à nouveau ou de le voir sombrer dans de noires pensées. Bien pratique pour Roy qui obligea Edward à s'asseoir. Il ôta les boots compensées du petit blond pour lui mettre des chaussures antidérapantes ignorant les protestation de son petit-ami qui rallait sur le fait de perdre 3 cm de hauteur.

« J'en ai marre de toujours te rattraper sur les sols glissants. Tu vas encore chuter tous les 100 mètres. Je prends mes précautions et c'est un ordre » affirma l'ancien colonel.
Edward bouda mais pas longtemps car il fut surpris d'un murmure de son corbeau de flamme.
« Mon amour, je t'aime sans artifices et si quelqu'un ose dire quelque chose, je me charge de lui ».

Ed fut prit d'un léger fou rire repensant à la façon dont Mustang l'avait défendu vis-à-vis de Russel. Au pire, il transmuterait les chaussures une fois seul.

Le train étant au terminus, le groupe prit le temps de regrouper les bagages afin de sortir au grand froid. Les premiers descendus furent étonnés de l'escorte qui les attendait. Riza, elle, souriait, son message était bien passé.
Havoc se proposa de descendre les valises et entra dans le train pour accéder au couloir. Il en sortit tout aussi vite le visage plus blanc que la neige du dehors.

« Le co...co, le co... co, le ...ne...nel ». Bafouillait le lieutenant qui venait de voir Edward et Roy s'embrasser une dernière fois avant que le noiraud ne reprenne l'apparence du roux au catogan pour descendre du train.

C'est d'ailleurs devant un Havoc médusé que les deux hommes firent leur apparition. L'homme à la cigarette fonça dans le train et fit le tour de tous les compartiments sous l'œil amusé de Riza. Cette dernière avait comprit aux balbutiements de son collègue, qu'il avait découvert la vérité. En parlant de collègue, Jean descendit et sur un ton énervé balança.
« Le colonel Mustang, il était là, il embrassait Edward, je l'ai vu. Ça y est, je suis bon pour l'asile de fou ».

Reprenant sa voix originale, le rouquin s'approcha d'Havoc et lui glissa à l'oreille.

« Content de te revoir, Jean ». Puis se tournant vers les six autres. « Je suis heureux de tous vous retrouver même si la situation est très incongrue. »

Ed et Riza acquiescèrent pour bien faire comprendre que c'était leur ancien supérieur qui se trouvait devant eux. Alphonse et May pressèrent le pas pour se rendre au chalet le plus rapidement possible car malgré la région assez désertique, l'état de choc des 7 militaires devant cette annonce risquait de mettre en danger la couverture de la résistance si quelqu'un les repérait.

Pendant ces joyeuses retrouvailles, la petite épeire aux yeux violets se faufila hors de la voiture avant de devenir un splendide ours blanc à la fourrure bien épaisse et résistant au froid. Être un humain, n'avait vraiment aucun avantage se disait Envy tout en observant le groupe et en se disant qu'il avait fait mouche en retrouvant quatre des cinq sacrifices en un seul coup. Le nabot avait vraiment tout fait pour lui faciliter la tâche. Des êtres tellement stupidespensa t'il une dernière fois avant de laisser le groupe prendre de l'avance afin de garder toute sa discrétion de pisteur. Non seulement, il allait pouvoir se débarrasser de tous les civils superflus qui le gênait depuis trop longtemps mais en plus il rapporterait à Père 4 sacrifices sur 5. Tout était parfait.

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Le chalet apparaissait devant eux malgré le blizzard qui ne les avait pas lâchés d'une semelle depuis la sortie du train. Bien trop petit pour accueillir tout le petit monde, différentes équipes avaient été formées afin de faire de ce bête chalet en bois, une fortification digne du groupe des résistants. Sieg, Armstrong, Scar et May étaient de corvée arbre et bois. En effet par l'alchimie a distance, la jeune femme coupait parfaitement la matière première pour Russell et Fletcher afin d'agrandir le chalet. Edward, Alphonse et leur maitre Izumi dressaient des clôtures camouflées. Ces dernières faites en utilisant le sol argileux étaient très résistantes et recouvertes d'une épaisse couche de neige et de glace. Elles donnaient l'illusion de grands rochers et protégeaient la bâtisse des animaux nordiques. Riza aidé du renfort des troupes rangeait tout le matériel apporté de Central. Armes, couvertures, munitions, nourriture, tout était classé et ordonné grâce aux armoires fabriqués par les deux botanistes. Winry et Yoki faisait le ménage pendant que Marcoh et Mustang établissaient les tours de garde.

Alors que chacun d'entre eux prenaient leurs quartiers dans les chambres faites en partie avec le bois et en partie dans la roche, Russell se décida à avouer la vérité à la mécanicienne blonde.
Il l'emmena dans sa chambre et lui balança de but en blanc :

« Winry, je t'aime, et ce depuis le jour où l'on s'est rencontré ».

La jeune femme, un peu perturbée par les derniers évènements fut surprise au départ, mais après tout, elle avait le droit de vivre, elle aussi une belle romance. Et Russell était quelqu'un en qui elle avait une parfaite confiance et dont le physique ne la laissait pas de marbre, surtout cet air mystérieux dû à cette mèche de cheveux trop longue qui lui balayait le visage. Edward n'était qu'une erreur et pour se le prouver, elle s'approcha du botaniste afin de l'embrasser fougueusement. Fletcher, juste derrière la porte à épier son frère, souriait de voir les deux jeunes gens enfin réunis.

Ed et Al, quant à eux, installaient toutes les protections possibles et imaginables afin de sécuriser l'endroit. L'ainé malgré le froid, prit le temps d'insonoriser toute la bâtisse de l'extérieur. Il ne voulait prendre aucun risque, surtout que la vie de trop de gens était en danger désormais avec les nouveaux renforts. Il se demandait aussi où était l'endroit où se trouvait son père. Malgré sa rancune, les derniers évènements avaient permis d'apaiser les tensions entre les deux hommes. Sans Hohenheim, jamais le train où se trouvait l'alchimiste de flamme n'aurait prit un retard pareil, permettant à Edward de retrouver et de protéger l'homme qu'il aimait par-dessus tout.

Il ne pouvait s'empêcher de repenser à la sentence, à la façon dont ces gens avaient dicté leurs lois sans se soucier de faire du mal à autrui. Roy avait eu de la chance d'avoir été choisi comme sacrifice pour le jour promis, sinon, cela aurait bel et bien été son corps qui aurait reçu de plein fouet les balles des tireurs d'élites du peloton d'exécution. Il s'en voulait pour ne pas avoir été le chercher dans les geôles de la prison et pour toute la souffrance qu'il avait du endurer dans les sous-sols du laboratoire n°5. Ils avaient tous les deux vécus l'enfer et ce n'était pas prêt de s'arrêter. Sans se rendre compte quelques larmes coulaient le long de ses joues alors qu'il terminait l'isolation phonique. Larmes qui se transformaient immédiatement en glace au contact de l'air gelé de la contrée.

Riza le surveillait par la fenêtre tout en rangeant le matériel, et lorsqu'elle vit le chagrin sur le visage du jeune homme, elle prit la couverture la plus épaisse possible pour aller le chercher et le consoler. Voir Edward pleurer lui déchirait son cœur de mère par procuration. Elle le fit entrer en toute discrétion dans sa chambre afin de lui donner des vêtements chauds et de lui permettre de reprendre ses esprits. Une mère sait toujours quand son enfant refuse de montrer sa faiblesse et là le jeune blond s'endormit sur le lit de la lieutenant alors qu'elle passait tendrement sa main dans ses belles boucles d'or comme le ferait une mère quand son enfant a besoin de réconfort.

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TBC

Merci à sabine pur la relecture

Ariane

merci a vous si le chapitre vous à plu de de laisser vos reviews