Disclaimer = Premier chapitre


Chapitre 3 – Le réveil

Anthéa se réveilla de nouveau, dans un autre endroit. Elle se sentait plus en forme à présent. Le sérum avait achevé ses soins. Il était temps d'évaluer l'environnement où elle avait échoué et de déterminer la teneur des autochtones. La cellule où elle se trouvait n'était pas très grande mais plus spacieuse que la plupart des bouges où elle avait échoué. Et c'était propre et lumineux. A croire que l'architecte avait entendu parler du concept de prison mais il n'en avait pas vu une en réalité.

Elle se leva et effectua quelques vérifications : Personne dans le couloir qui passait devant sa cellule, des barreaux en acier bien ancrés dans le béton du sol, des néons pour éclairer et... bingo, des lentilles dissimulées dans les coins des néons. Elle était surveillée donc. Elle devait s'abstenir de montrer son interface de module et ses quelques atouts technologiques. On l'avait délestée de ses bracelets et de ses ceintures, mais on lui avait laissé ses vêtements, heureusement pour eux. Elle fit le tour de son nouveau domaine consciencieusement, en comptant ses enjambées. 6 en longueur, 5 en largeur. Une couchette, les convenances, un mur bas pour les dissimuler et un lavabo...et le reste était de la pierre à nu. Le sol était en béton et les murs étaient peints en blanc. Elle ne voyait aucune fenêtre... Hmpff. Dommage, elle aurait aimé un peu voir le ciel. Ça sentait l'humidité. On aurait dit un sous-sol.

Elle s'assit sur sa couchette et activa son module sur le mode oculaire. L'interface n'apparaissait donc pour personne d'autre qu'elle-même, sur la surface de ses lentilles. Elle checka sa boussole : elle se trouvait dans le même monde que celui dans lequel elle avait ...atterri : Le quardant abîmé, une zone connue des cartes de navigation ST de Voyager mais bizarrement dans aucun monde répertorié par la société Voyager. Elle mit en mémoire les coordonnées de celui-ci pour les soumettre à examen plus tard. Ensuite, elle fit un appel à distance de l'IA1 de son vaisseau. Nicole2 lui envoya une liste des dégâts et des activités à bord du vaisseau. Le réacteur de matière noire était à sec, les générateurs principaux étaient stoppés en raison de l'accident, les réacteurs refroidissaient. Différentes parties des ailes et du bouclier avaient subi des dégâts mais rien qui ne puisse être handicapant. Le champ de protection ne montrait aucune faille pourtant on avait réussi à la retirer du vaisseau. Owazuri aussi. Et la porte de l'unité médicale était restée close. Elle parvint à interroger l'unité à distance : Vanessa était toujours dans le tube de régénération.

Ce qui était un soulagement. Par contre, quelqu'un avait véritablement pénétré dans le vaisseau malgré le champ? Bizarre. De plus, ils se trouvaient dans une zone touchée par le phénomène sans-cœur. Quelqu'un les avait-il tiré du vaisseau pour les en protéger? Peu probable s'il l'avait enfermée ensuite. Survivait-il parmi ces créatures? Toutes ces questions passaient en second plan. Il fallait d'abord qu'elle remette son vaisseau en état de marche : Impossible de s'échapper de ce monde sans le Casus Belli, ils ne pouvaient pas moduler directement à partir d'un monde en conglomérat3 car le risque de fluctuation dans le CET(4) rendait la réintégration hasardeuse. Pour ça, il fallait régénérer la réserve de matière noire. Ensuite, elle devait s'assurer qu'il/ils/elle/elles avai(en)t bien isolé Owazuri. Mais à la première estimation, elle jugeait que ce ne serait pas un séjour très ardu. Celui/ceux/Celle/Celles qui l'avaient enfermée là n'imaginaient pas à quel point un petit séjour dans une prison aussi confortable pouvait être agréable pour elle.


Pour les Nobodies, la prisonnière se présentait comme une jeune femme brune d'une vingtaine d'années environ. Le Numéro III, Xaldin, l'avait estimée d'un bon mètre 75 quand il l'avait portée et Numéro IV avait bien souligné qu'elle avait un physique entretenu, presque athlétique(5). Après l'avoir délestée de ses ceintures, de ses couteaux de jambes et de ses bracelets, ses geôliers l'avait laissée dans ses vêtements, soit un pantalon noir à pli droit, un débardeur gris et une chemise marron dans une matière élastique douce au toucher. Ils lui avaient aussi laissé sa pince à cheveux qui, malgré le fait qu'elle soit en métal, n'avait pas attiré l'attention de celui qui l'avait examinée. Enfin, Vexen avait voulu fouillé une première fois ses bottes, avait abandonné avant de revenir armé d'un masque à gaz et de gants épais. Il avait trouvé un poignard, des chaussettes trouées par l'usure et avait finalement remis les bottes en place rapidement suite aux protestations outragées du Numéro VI. Et c'était ainsi appareillée qu'elle avait été déposée dans sa cellule.

Heureusement pour les membres chargés de surveiller la prisonnière, une de ses premières activités avait été de se débarbouiller et d'opérer une toilette de chat. Puis elle s'était contentée de dormir beaucoup, de se lever de temps en temps, de faire le tour de sa cellule en étirant ses membres puis de retourner se coucher. Une fois elle fit des abdos, puis des pompes, fit quelques mouvements d'arts martiaux et retourna se coucher. Parfois, sur les écrans de surveillance, on la voyait assise sur sa couchette, regardant dans le vide longuement.

A la fin du premier jour, le numéro VII, Saïx, vint l'observer à travers les barreaux. Elle venait de se réveiller et restait assise à fixer le mur sans un mot. Elle sembla sortir de sa contemplation quand il commença :

« Mademoiselle, nous avons du prendre des mesures lors votre arrivée ici. Votre enfermement sert à assurer notre sécurité et la votre. Si vous répondez à mes questions, nous reconsidérerons votre incarcération. »

Anthéa le regarda fixement, sans un mot, détaillant son allure, son manteau noir à capuche, les cordons argentés qui pendaient de chaque côté de son cou et ses cheveux d'un bleu incroyable coiffés en mèches vers l'arrière.

« Est-ce que vous me comprenez quand je vous parle ? »

Elle mit un long moment avant d'acquiescer, très lentement.

« Si vous commenciez par me dire votre nom? Nous communiquerions plus facilement. »

Anthéa regarda ses yeux d'un jaune félin. Son air neutre et dénué d'expression avait quelque chose d'agaçant.

« Votre vaisseau est en très mauvais état et je pourrais vous donner des nouvelles des autres occupants si vous acceptez de parler. D'où venez vous? Comment êtes vous arrivés ici? »

Silence. Anthéa avait son module pour savoir comment allait Vanessa. Pour Owa, elle savait juste qu'il était toujours vivant. Elle n'avait pas besoin d'en savoir plus. Déjà elle recueillait des informations : ils étaient plusieurs. Autre information : S'ils parlaient de ses compagnons, donc ils avaient pris Owa aussi. Pas difficile, vu comment elle l'avait attaché dans le vaisseau en partant. Et il n'évoquait pas les dégâts et les morts qu'elle avait du faire. Donc la ville était déserte.

« Votre silence ne pourra pas durer éternellement, mademoiselle. Nous ne vous ferons pas sortir d'ici sans en savoir plus sur vous. »

Anthéa sourit. Si ce n'était que ça, alors...

Saix fut étonné quand elle sourit, puis il étouffa une réaction d'énervement quand elle se rallongea et se tourna vers le mur pour lui présenter son dos. Elle avait de la chance qu'il ai reçu l'ordre de ne pas l'approcher tant que certains examens médicaux n'auraient été effectué. Contrarié sans pouvoir l'admettre, il quitta la pièce pour aller faire un compte rendu.


4 - Continuum Espace Temps

5 - Ce qui lui avait valu des remarques diffamantes sur ce qu'il avait vraiment ausculté chez la prisonnière.