Disclaimer en première partie
Chapitre 13 - Mises au poing
...
Dans la salle de vie du vaisseau, Vanessa buvait tranquillement sa pinte de café en surveillant le jeune homme en noir qui gisait par terre. Elle se disait qu'il ne se ferait pas plus mal et qu'il valait mieux ne pas le réveiller. Puis elle leva le nez, renifla et se dirigea vers le sas en faisant attention à ne pas glisser dans la pente du vaisseau. Le capitaine entrait en tirant quelque chose derrière elle. Sa main gauche dégoulinait de sang. Elle avait l'air énervé.
« Ah, Vanessa, contente de vous revoir. Vous vous sentez comment?
_ Bien Capitaine. Que puis-je faire pour vous aider?
_ Tenez, si vous voulez bien, prenez cette cheville et emmenez Owazuri dans l'unité médicale, dit Anthéa en lui tendant la pièce à conviction. Et s'il se réveille, vous l'assommez de nouveau, s'il-vous-plait. »
La lieutenant se pencha et prit la cheville d'Owa de la main d'Anthéa. Elle souleva l'asiatique au maximum et le porta derrière son capitaine, continuant à siroter son café de l'autre main.
« Vous avez été en caisson bios pendant trois jours, lieutenant, résuma Anthéa en parcourant le couloir à grands pas. Avant-hier, à 08:19, le vaisseau s'est crashé sur un monde isolé du cardant abîmé dans la situation que vous pouvez constater. »
Elles passèrent le sas qui menait à la passerelle et Anthéa désigna le cockpit :
« Nous ne sommes pas ensevelis, juste plantés dans un immeuble. Nous sommes dans une ville désertée par la présence humaine à l'exception d'une poignée d'autochtones. Et de beaucoup de sans-cœurs, vous êtes au courant du phénomène sans-cœurs?
_ Oui, Capitaine, fit Vanessa en soulevant un peu plus Owazuri pour éviter que sa tête ne heurte le rail du second sas vers la pièce principale.
_ Les autochtones nous ont sorti, Owa et moi, du vaisseau pour nous emprisonner et nous interroger sur qui et ce que nous sommes. Ils sont intéressés par notre technologie et le voyage dans l'espace. Mais ils ne sont hostiles qu'à un niveau de trois sur mon échelle. Owazuri a réussi à retirer son collier d'obéissance et à sortir de sa prison. Je me suis déplacée grâce au module de jumping pour le poursuivre, craignant qu'il ne fasse... bah comme d'habitude, il a piqué des armes et a voulu se taper un des indigènes. »
Anthéa désigna la table centrale en pénétrant dans la pièce :
« Tenez, posez moi ça là, svp. »
Vanessa effectua une manœuvre simple et étala le prisonnier toujours inconscient sur la table.
« Faut-il me préparer à me battre contre les autochtones, Capitaine?
_ Pour l'instant non. Où il est passé M. bleu? »
La manticore analysa la question, constata la disparition du jeune homme à cheveux bleus-gris et habillé de noir par terre et en vint aux conclusions :
« Il a du partir. Il était encore ici quand je suis sortie pour vous voir au sas. »
Anthéa haussa les épaules, rouvrit la porte de l'unité médicale et se mit à farfouiller dedans bruyamment. Elle en ressortit une première fois :
« Il a dû aller chercher ses copains, tenez, enfilez votre peignoir, Vanessa. Vous savez, je vous ai déjà dit, vous avez un physique très impressionnant pour des gens qui ne sont pas habitués... »
La femme acquiesça vaguement et se munit de l'accessoire mentionné.
« Maintenant qu'on a récupéré notre boulet, je vais demander aux gens dont je vous ai parlé de nous foutre la paix le temps qu'on répare le vaisseau. Notre objectif est bien sûr de décoller dès que possible. » dit Anthéa en rentrant de nouveau dans l'unité pour en revenir avec des bacs qu'elle disposa sur la table, à l'opposé du corps inconscient.
« Faut faire gaffe aux sans-cœurs, pas désactiver le champ Axiom. » dit Anthéa en refaisant un trajet avec une mallette cette fois.
« Quels sont les étapes à respecter, Capitaine? Demanda Vanessa en s'asseyant à côté d'Owazuri pour le surveiller.
_ Je m'occupe de ma main. On remets un collier à Owa. Je fais dégager les messieurs en noir, on réactive le générateur et Nicole pour un self-check du vaisseau. On le répare selon. Il faudrait vérifier la situation dans les cales quant aux secousses occasionnées par le crash. Ensuite on dégage.
_ Si les autochtones se montrent plus agressifs, Capitaine?
_ On les latte!
_ Je ne comprends pas, Capitaine, dit patiemment la lieutenant.
_ On se bat contre eux jusqu'à ce qu'ils nous foutent la paix, reformula Anthéa.
_ Compris. »
Vanessa finit sa tasse d'un trait, la déposa dans un coin précis de l'évier puis se mit en route vers les cales pendant qu'Anthéa se mettait à se soigner.
….
Anthéa était en train de plonger sa main dans un petit bac de gélatine rosâtre quand les deux Nobodies se décidèrent à revenir au vaisseau. Ils devaient avoir mis un moment à décider quoi faire.. Xaldin ouvrit un portail séparé de celui de Xigbar dans la pièce à vivre du vaisseau. Il fut accueilli par une voix pleine de fiel qui cracha :
« Tiens, les Men In Black... Alors le spectacle leur a plu aux pedzouilles?! Ça va, c'était bien de regarder de loin?! »
Xaldin eut vaguement conscience que ce genre de réplique un peu nébuleuse aurait du lui inspirer l'envie de la frapper. Elle plongea rageusement sa main dans un autre bac emplit d'une gélatine bleue et cria de douleur quand la mixture dissout ses chairs mortes.
« Oh putaind'lavachefacet! ça fait mal. »
Xaldin verdit et porta la main à sa bouche quand elle ressortit sa propre main aux chairs à vif et aux os apparents du bac.
« Essayez de vomir dans le même coin que moi » prévint Anthéa.
Puis, avec un sourire sadique, elle agita sa main blessée dans la direction du Numéro III. Flop flop! Fit un morceau de peau pendouillant dans sa paume. S'ensuivit un bruit de régurgitation du côté du Numéro III et un :
« Beeeeeeeuh, mais c'est dégueu! De la part d'une voix quelque part dans l'espace intra-dimensionnel.
_ Mais non, on s'y fait, rétorqua Anthéa en enduisant sa main d'une solution en spray. Puis elle versa une substance translucide, gluante, dans un plat à gratin, faute d'avoir un bac propre à portée.
_ Et qu'est-ce que tu fais avec... p'tain ce truc ressemble à... à... » Xigbar hésita même à finir sa phrase mais la voyager le fit pour lui :
« A du gel pour cheveux, ouais. Mais c'est pas ça. »
Elle grimaça en ajoutant des sels énergétiques dans la substance avant d'y mettre sa main. Ça picotait et tirait atrocement avant d'atteindre un stade presque insupportable, même avec plusieurs piqûres d'anesthésiant. Mais les chairs se reformaient, lentement, poussant sur les parties à vif, tissus poreux qui laisseraient de la place pour les nerfs et le réseau sanguin. Le tout, c'était de penser à autre chose pendant ce temps là.
« Alors, on fait quoi maintenant, monsieur Gris ?
- Pour commencer, tu t'en es mêlée alors que j'avais bien ordonné... maman! » Et il tomba du plafond.
Vanessa venait d'entrer, un collier à la main, et quelques neurones mâles avaient grillé instantanément.
A la décharge des deux Nobodies, il fallait dire que Vanessa portait toujours son peignoir. Un peignoir conçu pour un rugbyman mais il était encore trop court, il dépareillait sur ses deux mètres 10. Les manches stoppaient aux avant-bras et le bas s'arrêtait à mi-cuisses. Mais tout comme sa sage combinaison de travail, on sentait qu'il était là par obligation plutôt que par réel souci vestimentaire. Elle avait noué ses cheveux en une natte épaisse et courte qui luisait et donnait des reflets violets à sa chevelure. Et aucun cheveu ne dépassait, on aurait dit toute sa tête sculptée d'un bloc dans de l'onyx. D'ailleurs, tout son corps semblait taillé dans la roche. La décrire comme fortement bâtie ou très musclée n'aurait pas été lui rendre justice. Vanessa était taillée comme une armoire à glace, avec en bonus des attributs féminins généreux de dame nature. Mais sa corpulence ne l'empêchait pas de se déplacer comme un animal en chasse, avec une grâce légèrement féline.
Elle observa attentivement les nouveaux venus, comme des proies potentielles, de ses yeux bleu sombre. Ils étaient bleu sombre à l'instant mais Anthéa savait qu'ils étaient d'un noir violacé, sans prunelle à l'état naturel. Elle devait porter des lentilles pour les cacher. Même sans les voir, on devinait que Vanessa n'était pas humaine.
Anthéa fit les présentations :
« Voici ma lieutenant, Vanessa. »
Xigbar était tombé de sa station du plafond et tentait de reprendre contenance. Le Numéro III restait statufié sur place, choqué de trouver une femme plus grande et plus musclée que lui. Ses yeux faisaient un va et vient obstiné entre l'échancrure de peignoir et les jambes de Vanessa, des jambes dont la peau était tatouée de lignes bleutées qui suivaient le tracé de ses os, jusqu'aux orteils. Et il pouvait deviner que ces tatouages s'étendaient sur tout son corps, au vu de ceux qui dépassaient de son décolleté et de ses manches. Bon sang, s'il s'approchait d'elle assez près, il pouvait enfoncer sa tête entre ses...
« Par la sainte Lollobrigida! Vous êtes toutes comme ça de là où vous venez? Demanda Xigbar avec espoir.
_ Vanessa est unique, dit Anthéa en touillant son bain de main, blasée aux réactions masculines en présence de sa lieutenant. Xigbar eut un air déçu.
_ Messieurs, salua Vanessa d'une voix neutre, elle aussi habituée à ce genre de comportement en sa présence. Puis elle se tourna vers Anthéa et parla une langue que les deux Nobodies ne purent comprendre :
« Il y a du désordre dans la cale. Mais puis-je rester, le temps que les autochtones sont ici?
Si vous voulez Lieutenant, répondit Anthéa dans la même langue.
Hé! On est là! Signala Xigbar, laissez-nous participer à la conversation.
Cool, M. Gris. Ah oui, d'ailleurs, Vanessa : voici M. Gris et M. Dreadlocks.
Ça va, c'est Numéro II et Numéro III, précisa Xigbar avec lassitude.
Ah bon? Parce que vous vous appelez par des numéros?
C'est le patron qui veut ça, c'est un anonymat qui nous protège, selon lui, dit Xaldin.
Personnellement, je préfère, hein ! Dit Anthéa. C'est moins dur à retenir et en plus ça m'évite de rajouter à votre paranoïa.
Hé là! Prévint Xigbar, Parle de la paranoïa du patron. Moi je suis tout à fait d'accord pour filer mon nom et mon numéro de téléphone... d'ailleurs si ça t'intéresse toi et ta copine...
Mon lieutenant, redit Anthéa. Et désolée, je suis mariée et heureuse en couple. »
Là dessus, elle plongea sa main dans l'ultime bac pendant que Xigbar levait les bras au ciel en invoquant :
« Mais c'est pas vrai, pour une fois qu'on a des panthères qui nous tombent du ciel, faut qu'en y ait une qui soit maquée...
_ Arrête, Xig, fit le Numéro III. Mais mignonne, il est pas là ton mari alors...
_ Ouais mais quand même. » Devant le ton inflexible d'Anthéa, les deux Nobodies tournèrent la tête d'un bloc vers Vanessa qui dit :
« Si ça peut vous faire plaisir, vous pouvez me donner vos noms et numéro. » Son ton suggérait qu'elle ne voyait pas trop ce qu'elle en ferait mais si ça pouvait les calmer.
….
Anthéa coupa la discussion en retirant sa main du bac avant de se plier en deux de douleur tandis que le sang revenait petit à petit dans les extrémités de ses doigts, forçant les vaisseaux sanguins à retracer leur chemin dans sa chair. Le pire serait dans les jours à venir, elle allait devoir se piquer régulièrement à coup de produits divers pour faire repousser ses nerfs. Enfin, elle enfila un gant prélevé dans sa mallette de soin par-dessus les chairs encore molles. Ce n'était pas encore parfait mais ça suffirait.
« Bon maintenant, on va s'occuper d'Owa. »
Xigbar et Xaldin se déplacèrent en grommelant le temps que Vanessa ne sorte une valise en céramique blanche d'un placard et ne l'active. Elle se transforma en une station de soudage high-tech, compacte, alimentée par un liquide brun qui remuait dans le réservoir apparent. Anthéa manœuvra Owa d'une main et le positionna à sa convenance, courbé contre le bord de la table, les fesses en l'air, le torse collé contre la table. Elle lui passa le collier métallique fait de diverses petites pièces métalliques et l'ajusta à la taille du cou de son prisonnier. La lieutenant le maintint et donna le fer à souder à pointe fine à son capitaine. Alors qu'il s'attendait à un festival de sons et lumières aveuglant, Xigbar remarqua que la gamine n'avait pas mis de masque de soudeur. Quand elle toucha le collier métallique de son fer, il entendit un « pfuiiiiiiiiit » aigu, répété à plusieurs reprises et ce fut tout.
« Encore une chance que IV soit pas là, il deviendrait fou avec ces trucs, dit-il à Xaldin.
_ Il l'est déjà, mon vieux.
_ Bonne réponse, mon pote. Ou bien il serait déjà en train de chercher comment disséquer la géante. »
Ils regardèrent de nouveau Vanessa qui se penchait sur le patient, donnant encore quelques coups de bélier à leurs libidos, puis se concertèrent :
« Faut demander au patron si on peut pas la garder. »
….
Pendant qu'ils fantasmaient, Anthéa termina de ressouder le collier d'Owazuri, toujours dans les pommes. Elle vérifia que le collier tenait bien en tirant plusieurs fois dessus, manquant faire glisser le combattant de la table où il était plié. Ayant éteint le fer et fermé la valise que Vanessa rangea, elle eut un réflexe vu la position d'Owazuri et lui ficha une claque sonore sur les fesses en ordonnant :
« Allez p'tit con, on se réveille! »
Le mercenaire mit quelques temps à émerger. Il poussa un grondement désagréable et revint à la conscience. Il grogna, gémit, glissa un peu, puis se releva de la table en titubant. Tout le monde l'observait en attendant sa réaction, qui ne tarda pas : :
« Bordel! Mais ce... » Il porta une main hésitante à son cou. « Ah merde! Salope!
Soit bon perdant pour une fois, Owa. Je t'ai couru après trop longtemps pour te tuer simplement. Tu seras jugé par Voyager, un point c'est tout! »
L'asiatique émit un grondement et la fureur s'alluma dans ses yeux. Il tourna la tête pour repérer Anthéa et la chargea, poings levés en position de boxe thaï. Mais la voyageuse pointa un doigt impérieux sur lui et ordonna d'une voix forte :
« COUCHé! »(1)
Owa s'écrasa au sol en se tenant le collier à deux mains.
« Salope...!
_ TAIS-TOI! »
Le chapelet de jurons fut donc interrompu. Vanessa s'avança pour se placer à côté du corps tortillant et Owa repéra ses pieds nus taille 45 :
« Rah et l'autre monstre aussi... quelle...
_ LA FERME J'AI DIT! »
C'est ce moment que choisirent Numéro VI et VII pour ouvrir un portail dans la pièce. Les volutes ténébreuses du portail fleurirent devant Vanessa qui recula instinctivement et feula de surprise. Xigbar et Xaldin réagirent en conséquence et levèrent leurs armes, surpris par le bruit menaçant émis par la femme.
M. Bleu émergea le premier, une gigantesque claymore à la main et s'avança comme une bête en chasse, suivi par Numéro VI, son Lexicon à la main.
« Je vais vous faire passer l'envie de vous évader à jamais... grogna le Numéro VII d'un ton rogue.
_ Numéro II, Numéro III, où est l'autre...? »
Zexion tourna la tête et le portail disparut, révélant une Vanessa légèrement hérissée, qui se hérissa encore plus en voyant tous ces hommes en noir sortir des armes. Anthéa porta sa main valide à sa bouche :
« Ouhla, ça se corse... euh... Vanessa ? »
Laquelle oublia Owazuri qui restait par terre et mit la main sur l'épaule du danger le plus immédiat, l'homme à la claymore. Il gronda de surprise et se retourna vers elle avec hargne. Ce fut une erreur. Il pivota quasiment sous la main de Vanessa et se retrouva directement face à face avec elle. Enfin pas face à face. Malgré sa taille, il se retrouva face à ce que Xigbar aurait appelé « Juste la bonne hauteur pour admirer le paysage ».
« Du calme Berserk Boy! » Tenta Xigbar.
Il n'eut pas besoin d'aller plus loin, Saïx se figea et ses yeux passèrent d'une fureur animale à une découverte stupéfiante au fur et à mesure qu'il levait la tête. Il avait l'impression de découvrir un nouveau continent, plein de montagnes et de vallées, peut-être aussi équipé d'un volcan. Une femme plus grande que lui... des yeux noirs félins... DANGER!
« Vanessa! Restez calme, pas de... »
La femme en peignoir tendit le bras, saisit prestement le poignet de qui devenait un animal enragé et émit un grondement de menace :
« Du calme... » Elle serra et instinctivement, Saïx tenta de se libérer, furieux. Il poussa un rugissement et se débattit en vain, son bras ne bougea pas d'un pouce. Quelqu'un cria :
« Arrêtez ce bordel immédiatement! Numéro VII! Calmez-vous et vous, la grande, lâchez le! TOUT DE SUITE! »
Xigbar pointa chacune de ses armes sur un protagoniste en hurlant l'avertissement. Vanessa se figea, lui jeta un coup d'œil noir puis un autre vers Anthéa qui acquiesça. La femme manticore défia son adversaire du regard, gronda nez à nez avec lui, attendit qu'il se calme et desserra son étreinte, lentement, à contrecœur.
Saïx quant à lui s'exécuta en continuant à émettre un grondement sourd, pas encore tout à fait revenu à la normale. Il sentait trop le danger mais son instinct était jugulé par la voix de son supérieur. Par le passé, Xigbar lui avait donné une leçon afin de se faire respecter et il en avait gardé un souvenir cuisant. C'était le forcer à aller contre son instinct, ce qui le maintenait en vie, c'était le soumettre à une loi qui n'était pas la sienne. Lui aussi recula lentement et à contrecœur.
« Qu'est-ce que ça signifie Numéro II?! S'indigna Zexion d'un air dramatique. Il faut nous débaras...
_ Rien du tout, VI ! Nos ordres étaient de retrouver nos prisonniers. Elle est là » il désigna Anthéa qui travaillait à calmer sa lieutenant toujours hérissée «...et l'autre gus aussi. » Il fit un geste du bout de son arme vers Chun-Tao qui essayait de se relever avec peine, marmonnant des injures. Xaldin, quant à lui, restait entre les deux groupes, deux lances à la main, surveillant aussi bien les femmes que Saïx qui s'était tourné vers un coin pour cacher ses difficultés à accepter l'autorité et revenir à un état... moins hérissé lui aussi, sa claymore toujours à la main.
Pour lui-même, le Numéro III se disait qu'ils avaient peut -être enfin trouvé un spécimen féminin qui pourrait tenir tête au Numéro VII, ce dont tout le monde avait toujours douté jusqu'à aujourd'hui.
« On les a retrouvés, mission accomplie. Ce qu'on va faire d'eux ensuite, c'est le boss qui décide, t'as envie de discuter de ça ? Dit Xigbar en dardant son œil jaune menaçant sur son jeune subordonné.
_ Ils sont dangereux et dans notre monde, Numéro II! Insista Zexion d'un ton ferme.
_ Pour l'instant, le seul danger c'est que ce tas de ferrailles explose ou que VII bouffe quelqu'un pour se défouler!
_ Hé! J'ai entendu pour le tas de ferrailles ! » cria Anthéa depuis l'autre côté de la pièce. Elle servait un café en expliquant ses raisons à Vanessa qui boudait.
Xigbar se tourna vers Saïx qui reprenait contenance :
« VII, le patron a donné d'autres ordres ?
_ Non! Cracha Saïx. Mais je dois le tenir au courant de la situation.
_ Dites les mecs ! Fit Anthéa en venant vers eux. Je sors les petits gâteaux, on prend le café ou quoi? Fit-elle d'un air ironique.
Devant l'air incrédule des Nobodies, sauf Zexion qui soupira d'exaspération, Anthéa reprit :
« C'est pas que je m'ennuie mais j'aimerais vraiment faire les réparations et pouvoir me tirer pour emmener le peone là (elle montra Owazuri qui fit un doigt d'honneur dans son dos) se faire juger.
« Parce que tu es sûre de pouvoir faire redécoller ce... cet appareil ? Demanda Xaldin en levant un sourcil.
_ Oui, faut juste quelques réparations. »
Un long silence dubitatif s'ensuivit et Anthéa grimaça avant de grogner :
« Nan, mais dites qu'il est trop pourri pour redécoller aussi !
C'est un tas de ferraille. / Il est pourri de rouille ce truc ! / Il est trop désuet pour voler de nouveau. (2)» firent trois voix en même temps.
C'était facile. Il PEUT décoller de nouveau et... d'abord je crois pas que vous soyez qualifiés pour en juger ! »
Anthéa posa sa main sur sur sa hanche et revint à une attitude plus sérieuse.
« Je vous ai entendus toute à l'heure : Vous avez donc un chef, un patron, un leader je ne sais quoi... J'aimerais discuter directement avec lui. C'est pas que je vous aime pas mais la situation est compliquée et ça risque de durer longtemps si on fait transiter les messages vers le décisionnaire... Mais je vous parle d' une vraie conversation cette fois, dit-elle en appuyant sa dernière phrase d'un mouvement de doigt vers le bas.
_ Qu'entendez-vous par là? Demanda le Cloaked Schemer.
_ C'est évident que vous n'êtes pas contents de notre intrusion, des dégâts qu'on a fait et des petits désagréments occasionnés. Sans compter les questions restées en suspens. Donc, je propose que nous ayons une véritable discussion cette fois, sans barreaux, sans entraves et avec civilité. »
On la dévisagea comme si elle proposait un numéro de cirque exceptionnel.
« Bah, c'est ça ou on se tape dessus comme des barbares... » ajouta la voyager en faisant un geste fataliste de la main.
Depuis la chaise ou elle guettait de voir si quelqu'un allait une fois de plus tenter d'attaquer, Vanessa sourit, ce qui était rare et mérite d'être souligné. Surtout quand elle laissait apparaître ses canines légèrement plus grandes que la moyenne.
….
Fin 1er arc
1 - Petite dédicace à Inuyasha.
2- Dans l'ordre : Saïx, Xigbar, Zexion
