Chapitre 19 – Obligés de coopérer

...

Alors qu'ils sortaient une porte s'ouvrit au bout du couloir. Une tête en émergea et les héla :

« Numéro VII, Madame...

_ Oui, Numéro VI ?

_ La maladie culmine pour moi, le médicament commence à faire effet, je vais dormir, ne me dérangez pas je serais inopérant. »

Sur ce, il ferma sa porte, laissant les deux autres en plan, légèrement stupéfaits par une déclaration aussi tranchée. Ils prirent une distance respectable et Saïx murmura :

« Tss, il me reste seulement Numéro V et Numéro VIII pour m'aider... »

Il laissa sa phrase en suspens. Numéro V l'aiderait grandement, aucun soucis, mais Axel... C'était une autre histoire. Les problèmes médicaux, ce n'était pas son fort. Anthéa leva sa pile de formulaires :

« Hmm, Numéro... sept... J'ai toujours besoin que l'un de vous me signe cette paperasse, pour prouver que j'ai bien utilisé mes médicaments. »

Saïx lui jeta un regard lourd mais sentit qu'elle allait ajouter quelque chose. Elle soupira. Il leva un sourcil interrogateur.

« Alors je vous propose un deal, je vous aide pour surveiller les premières prises de médocs de vos collègues - Après tout, j'ai été formée à ce genre de cas, je connais le protocole médical - et vous, vous me signerez le formulaire une fois que tout le monde ira mieux. De toute façon on doit encore attendre un peu avant de pouvoir redécoller. »

Au défi de toute expression faciale concrète, Saïx leva deux sourcils soupçonneux. Puis ils s'abaissèrent et se levèrent successivement alors qu'il réfléchissait rapidement. Il finit par vriller son regard le plus féroce sur la jeune femme.

« Dans les circonstances actuelles, Madame, je considère que vous faites votre devoir, en tant que... responsable de la situation. Mais si vous devez travailler à la santé des membres de cette organisation, vous devez aussi en respecter les règles. Malgré mon numéro, je suis le plus gradé ici et je veux que vous suiviez mes instructions en ce qui concerne vos activités. Nous nous concertons sur ce que vous allez faire, vous le faites à la lettre et vous me faites vos rapports aussitôt. Vous ne posez pas de questions indiscrètes à nos membres, vous ne vous aventurez pas au-delà de ce que je vous indique... est-ce clair ? »

Ses derniers mots étaient secs, et il les avait lâchés comme deux pitbulls assoiffés de sang. Il se redressait de toute sa taille et inclinait la tête vers Anthéa pour la dominer le plus possible. L'agent soutint son regard et eut un soupir mental. Il n'y avait pas de médicament contre ça. Certains hommes ont besoin d'avoir la situation en main, de dominer leur monde. Parfois ça se tient à toujours avoir des serviettes propres disposées à égales distance sur une barre, parfois ça se manifeste dans un besoin de toujours finir les phrases de madame et parfois par le besoin compulsif de conquérir un univers ou deux et d'y faire graver son visage sur les pièces de monnaies et les frontons des bâtiments.

Au moins celui-là n'en était qu'au stade de petit chef. Il aurait peut être besoin d'un bon laxatif aussi. Elle concéda donc :

« Daccord d'accord, on va faire comme vous voulez, mais vous me laisserez au moins vous dire quels sont les symptômes à surveiller. Et il faudra peut-être que je rentre au vaisseau si mon lieutenant m'appelle. Quand à interroger vos membres sur qui ou quoi vous êtes, je m'en fous toujours autant. Ce qui m'intéresse, c'est que la maladie ne vous emporte pas tous. »

Saïx digéra la réponse, la considéra comme suffisante puis songea à une autre difficulté. C'était inévitable si elle faisait les vérifications médicales basiques.

« Il y a une seule chose que vous devez savoir pour la suite de notre... coopération. Nous.. n'avons pas de cœur. »

A cette phrase prononcée d'une voix sentencieuse, Anthéa le dévisagea d'un air neutre.

« Ah. Vous êtes des sans-cœurs ?

_ Non, nous sommes... un autre genre d'être.

_ Ah bon, ok, cool. »

Le Numéro VII manqua s'étrangler :

« Pardon ?! 'ok' ? 'cool' ? C'est tout ce que ça vous fait ?!

_ Bah m'sieur sept, je travaille avec des gens qui n'ont parfois pas de colonne vertébrale, deux foies, plus de trois bras et qui sont globalement pas toujours humanoïdes. J'ai rencontré des types qui avaient techniquement un cœur mais métaphoriquement ils s'en servaient pas. D'autres c'étaient le cerveau. Alors bon, des gens qui sont dépourvus de cœur, bah pourquoi pas. Ça sera un peu chiant pour prendre le pouls, c'est tout. »

Saïx resta immobile et sans voix.

« Bon alors on fait un check avant la prise, puis à 4h et à 8h après la prise ? »

Ce qui permit au Numéro VII d'atterrir de sa léthargie mentale.

« Euh... c'est ce que le Numéro IV avait prévu... les fiches...

Super, je prends la première. C'est Numéro III ? Troisième chambre, c'est ça ?

Oui... et...

Oui, oui, je lui demande rien d'autre. A tout de suite. »

Elle entra dans l'infirmerie, laissant le Numéro VII flotter dans un léger nuage d'incertitudes. C'était trop simple, ça allait trop vite. Il se sentait déstabilisé par le fait que la femme n'avait même pas essayer de contester, de protester, de s'affirmer, de lui résister, de râler... Est-ce que ça cachait quelque chose ?

Il éternua à plusieurs reprises et les explosions sonores retentirent dans tout le couloir. Suivirent la maltraitance d'un mouchoir éprouvé et le reniflement du Numéro VII dont l'instinct commençait à se manifester. Il voulait se rouler en boule dans un coin et dormir jusqu'à guérison. Tout ceci, la situation, comme la maladie, lui flanquaient un mal de crâne en expansion. Mais avant, il avait quelque chose de très important à faire.

...

La poubelle débordait de mouchoirs. Un reflet la poussa de côté pour la faire basculer sur le sol. Les mouchoirs s'éparpillèrent et les autres reflets se mirent à taper dedans pour les envoyer dans l'ouverture d'un grand sac qu'ils avaient laborieusement traîné jusque là. D'autres pulvérisaient du désinfectant à intervalles réguliers et enfin leurs collègues passaient plus ou moins activement des chiffons sur les surfaces pulvérisées.

Xemnas leur accorda à peine un regard, rattrapa un stylo qui glissait sur un des dossiers qu'il tenait et fit un geste peu élégant du pied pour ouvrir un Corridor des Ténèbres. Ses deux mains étaient prises, il fallait bien qu'il trouve un autre moyen de désigner l'emplacement du Corridor. Il le passa, son chargement en équilibre dans ses bras et se retrouva dans le couloir deux étages au dessus de celui qui servait d'infirmerie temporaire.

Il poussa une porte du pied, déposa son chargement. Quelques allers et retours plus tard, il s'était installé un bureau dans une des pièces inoccupées. Il avait réussi à y faire entrer son fauteuil préféré. Quitte à être malade, autant que ce soit avec un minimum de confort. Et il avait encore tellement à faire. Planifier cette attaque à Port Royal, prévoir les mouvements du porteur de Keyblade et envisager un scénario pour éliminer ces intrus si leur présence persistait.

Il planchait sur un de ses schémas machiavéliques quand il entendit des pas dans le couloir, puis une voix enrhumée :

« Lord Xemnas ?

_ Je suis ici, Numéro VII. »

Saïx rejoint son bureau temporaire, une feuille sur noteboard à la main.

« Je viens vous proposer les médicaments, Supérieur. Numéro IV les a vérifié, ils sont sûrs. Lui-même en a pris. Et Numéro VIII n'a pas montré le moindre signe de problème. Tout le monde est installé dans l'étage prévu. La femme est aussi présente, Numéro IV est tombé de sommeil et VI s'étant déclaré inapte, elle m'aide à faire les bilans médicaux. »

Xemnas ne fit pas de commentaires sur les Numéros IV et VI. Vexen travaillait souvent à en tomber de sommeil et Numéro VI savait quelles étaient ses limites.

« La femme ? La plus … petite des deux intruses ?

_ Oui Supérieur » fit très calmement Saïx, devinant qu'il n'avait pas pris la décision la plus sûre en acceptant l'aide de l'intruse. « Dans les circonstances actuelles, elle connaît mieux les protocoles médicaux et les symptômes...

_ Si vous avez estimé que c'était nécessaire, Numéro VII, je m'en remets à votre jugement. Je compte que vous la surveilliez attentivement... »

Saïx sentit un frisson lui parcourir l'échine mais acquiesça :

« Oui Supérieur. »

Il déposa la boîte de médicaments sur le bureau puis commença à poser des questions d'ordre médical. La situation était extrêmement irritante pour Xemnas qui répondit le plus vite possible aux questions puis le congédia. Il voulait que son subordonné quitte la pièce avant que son nez ne se remette à couler comme un robinet abîmé.

« Je viendrais faire un nouveau check dans 4h, Supérieur, afin de m'assurer que tout se passe bien. » dit le Numéro VII avant de sortir. Xemnas attendit quelques instants d'entendre ses pas s'éloigner et tira un nouveau paquet de mouchoirs en papier de son manteau pour y contenir son écoulement nasal. Il éternua ensuite. La lassitude le prit. Il considéra la boîte de médicaments un moment... Bah, sur ce sujet, il pouvait faire confiance à Vexen. Le scientifique aurait été vexé de ne pas découvrir un danger dans ces médicaments. Et Saîx n'avait aucun intérêt à tenter de l'empoisonner par ce biais. Il manifestait, à sa façon, un grand intérêt à retrouver son cœur et était pleinement conscient qu'il ne parviendrait à ce but que par l'intermédiaire des connaissances et des manœuvres de Xemnas. Il prit deux médicaments. Sans savoir quels étaient les effets secondaires. Les grands hommes très occupés ont tendance à négliger des petits détails.

….

Anthéa regarda la fiche du Numéro III qu'elle devait checker. Apparemment le scientifique n'avait relevé que des signes minimes de la maladie chez lui. Quelques éternuements mais pas d'écoulement nasal surabondant ni de fièvre. C'était il y a 3h, c'était le moment de voir s'il devait prendre le médoc ou pas.

Elle toqua poliment et s'annonça :

« C'est Anthéa... la madame-du-vaisseau. Je viens vous checker, vous êtes visible ? »

Elle entendit un « Humpf ? » puis des bruits de pas précipités, des froissements de tissu et enfin une voix grave à l'intérieur :

« Vous pouvez entrer. »

Elle entra. Et se retrouva en présence de M. Dreadlocks. Manifestement, il avait très vite réagi à l'annonce que c'était une femme qui allait entrer. Le lit était tourné vers la porte et Anthéa se trouva directement à son pied. Le Numéro III se tenait allongé dans ce même lit, la couverture le recouvrant des pieds jusqu'au pubis, juste assez pour être décent. Tout le reste était à découvert et indécent. Son manteau gisait en tas dans un coin de la pièce. Le Numéro III avait les bras croisés sous la tête de façon à faire ressortir ses muscles et souriait d'un air à se faire damner un ange, du moins une ange. Son torse était recouvert d'une toison virile aussi drue et noire que ses cheveux, formant des monts et des vallées sur des muscles qu'un athlète aurait envié.

« Alors ma belle, on vient jouer à l'infirmière? »

Oui, manifestement, il savait exprimer exactement le manque de présence féminine dont il avait souffert et qu'Anthéa avait cru déceler à plusieurs reprises. Anthéa resta bouche bée, vaguement intéressée par la vue, déglutit puis réfléchit quelques instants. C'était le moment de s'amuser. Elle commença par refermer la porte et se fendit d'un sourire appréciateur.

« Hmmm, charmant spectacle. Alors vous voulez jouer au patient consentant? »

Elle en rajouta en se passant les doigts sur les lèvres d'un air songeur et vit littéralement le message « VICTOIRE YAHOU! » dans les yeux du Nobody.

« Ou bien le méchant patient qui va se débattre pendant sa piqûre? »

Bien que partiellement étonné que sa provocation tourne aussi bien, Xaldin se prit très facilement au jeu.

« Ouh, et tu vas m'attacher si je me débats?

_ ça dépend... fit Anthéa en glissant littéralement le long du lit pour venir plus près.

_ Grrr... et ça dépend de quoi? fit le Whirlwind Lancer en sentant sa température augmenter.

Anthéa posa délicatement un doigt joueur sur le torse de son patient et le déplaça le long de la ravine de ses abdominaux en souriant, atteignant la limite du drap.

_ Si tu fais ce que je dis, mon bel hidalgo. »

Proche d'atteindre le paradis des fantasmes enfin réalisés, Xaldin acquiesça aussitôt en tentant de ne pas casser le moment par son enthousiasme débordant.

« Tout ce que tu voudras ma jolie, je suis sûr qu'on sera d'accord tous les deux pour en venir à nos fins. »

Anthéa feignit un grondement félin qui soulignait ses mouvements quand elle s'assit à côté de lui. Elle fixa son regard langoureux sur lui et posa très lentement la tête sur son torse. Sa main se posa là où aurait du se trouver le cœur de son interlocuteur et chatouilla sa toison.

« Ouiii j'en suis sûre. Et là j'adorerais mon beau...

_ Oui?

_... que tu tousses. »

Xaldin resta un moment interdit. Même s'il était au courant que certaines femmes avaient des déviations et des fantasmes sexuels particuliers, voire excentriques, il était loin d'imaginer qu'une femme serait excitée par... un homme qui tousse.

« J'aime quand on joue le jeu jusqu'au bout mon grand » fit Anthéa en frottant ses cheveux contre son torse.

Le Nobody décida que s'il en fallait que ça pour en venir à des choses plus intéressantes, bah... Il toussa.

« Encore... encore... » fit Anthéa en accentuant le frottement, avec une voix à faire hurler n'importe quel mâle normalement constitué.

Il réitéra et se demanda s'il n'était pas en train de développer une affinité avec l'élément du feu, vu celui qui courait dans ses veines. Anthéa se redressa, prit la plaquette qu'elle avait posé sur la table à côté du lit et d'un ton qui ne souffrait plus aucune sensualité, déclara :

« Donc le sujet a une température normale, pas d'encombrement des poumons, rythme cardiaque... bah sans objet, respiration dégagée et visiblement pas épuisé par la maladie. »

Elle se tourna vers Xaldin qui refroidit immédiatement en la voyant aussi normale qu'à son entrée :

« Vous pouvez vous passez du médoc, par contre, je recommande vivement les calmants et que vous sortiez un peu voir des dames à l'affection négociable de temps en temps. J'en parlerais à votre patron si possible. »

Anthéa rejoignit la porte avant qu'une tempête de protestations autant que d'air surchauffé ne monte trop fort dans la pièce.

« Hé! MAIS... REVENEZ! »

Elle claqua la porte et alla placer sa fiche d'observations sur le bureau. Pff, avec un cœur ou pas, les hommes étaient tous les mêmes. Monsieur Numéro VII n'avait pas précisé quels moyens elle pouvait mettre en œuvre pour faire ses checks. L'un dans l'autre, elle suivait ce qu'il lui avait dit. Ceci ne pouvait pas constituer une agression.

...

Saïx redescendit à l'étage de l'infirmerie, en prenant garde de ne pas tomber quand il éternuait. C'était de pire en pire. Il finit par prendre deux des médicaments qu'il s'était réservé. Les symptômes ne trompaient pas, il était atteint. Mais il devait tenir coûte que coûte. Il croisa Numéro V qui revenait du sous-sol où il avait préparé des déjeuners pour les malades. Et alors qu'il arrivait près de l'infirmerie, Numéro III ouvrit brutalement la porte de sa chambre et fit irruption dans le couloir, un drap négligemment noué autour des reins. Le spectacle avait de quoi relancer la hargne compulsive du Numéro VII.

« Héééé ! Madame-je-sais-pas-quoi... ! Cria Xaldin vers l'infirmerie.

_ Numéro III, qu'est-ce que c'est que cette tenue ?! » grinça Saïx juste derrière lui.

Xaldin poussa un 'yiiii' de surprise et se retourna. Il fit face au Numéro VII en essayant de conserver un tant soit peu de dignité et la main fermement serrée sur son drap.

« Hmm, je... heu.. j'avais besoin de demander...

_ Numéro V va répondre à toutes vos demandes, Numéro III, retournez dans votre chambre et couvrez vous, par égards pour vos collègues. »

Il ajouta, parce qu'il n'était pas si innocent tout de même :

« Et par égards pour madame-je-sais-pas-quoi. »

Numéro V arriva derrière lui et jeta un regard interrogateur à Xaldin qui battit en retraite :

« Non finalement, laissez tomber... »

….

Saïx entra dans l'infirmerie, suivi de Lexaeus. La femme était en train de terminer le rapport sur l'état de Xaldin. Il lui prit des mains :

« Rapport sur Numéro III ? Demanda t-il, la traitant comme un des membres.

_ Lisez. Je vais voir le Numéro X, il avait l'air... »

Une explosion entre le rugissement et l'attaque à la DCA jeta Anthéa à terre et ébranla légèrement le Numéro V qui attendait à la porte. Le Numéro VII dodelina de la tête et finit par s'asseoir sans élégance sur la chaise, sonné par la déflagration de son propre éternuement. Anthéa était allongée par terre, les mains sur la tête, par réflexe mais se releva quand il s'avéra que ce n'était pas une attaque armée. Le Numéro VII haletait et il sembla faire un effort surhumain pour porter la main à sa poche, en sortir un mouchoir et tenter de s'en servir.

Il resta le mouchoir à mi-chemin du nez, sembla regarder au delà d'Anthéa et Lexaeus qui observaient attentivement. Il restait immobile, ne disait rien et son air sauvage semblait se débattre avec un air plus calme et...

Il replia son bras en un réflexe admirable, peut-être parce que son corps venait de gagner face à son esprit et il plongea la tête dans son coude pour ne plus bouger. Les deux spectateurs attendirent encore un peu, se dévisagèrent et enfin, entendirent un très léger ronflement, presque un ronronnement provenant du Numéro VII. Anthéa en conclut :

« Médicament : 1- Numéro VII : 0. Il a une chambre de prévue ? »

Lexaeus acquiesça. Anthéa décrocha son communicateur :

« Je vais demander à mon lieutenant de venir nous donner un coup de main, je pense qu'on va en avoir besoin.

_ Je vais apporter des repas aux membres qui sont éveillés. »

Anthéa le regarda s'éloigner, le communicateur en attente. Et bien... lui aussi ne semblait pas vouloir s'occuper de M. Bleu... Bah, tant que le corps ronflottant était là, au moins, elle pouvait prétendre qu'il la surveillait et donnait son aval à toutes ses décisions.