Parce que je n'avais qu'une crainte. Que les anglais connaissent le même sort que nous. Parce que j'avais besoin d'écrire, encore. Pour me rassurer, pour me dire que peut-être, si rien ne s'est passé, Sherlock et John n'y étaient pas pour rien.

Je vous remercie tous, pour vos reviews. A vous, qui êtes parisiens, qui connaissez des parisiens, qui ont perdu quelqu'un ce 13 novembre 2015, à toi SomeCoolName qui n'a pas pu finir le premier chapitre, à nous, français, que l'avenir nous soit meilleur, que l'on puisse entrevoir une lueur d'espoir. Riez, buvez, faîtes la fête, amusez-vous, soyez créatifs! A vous, qui vous dîtes que vous ne savez rien faire, c'est faux. On sait tous faire quelque chose, aussi minime que cela puisse paraître.

Readers, reviewers, je vous aime!


Et Après?

Le silence régnait dans l'appartement du 221b Baker Street. Ce n'était pas très habituel. Mais les deux locataires tenaient à rester dans ce silence assourdissant. Nous étions le mardi 17 novembre, il était 22 heures, toute l'Angleterre entonnait la Marseillaise aux côtés des français à Wembley, ce stade mythique qui a vu jouer les plus grands, où The Show Must Go On de Queen a résonné et envoûté des milliers de personnes.

Sherlock et John n'avaient pas besoin de cela. Ils étaient exténués, tout ce dont ils avaient besoin, c'était du repos, pourtant le sommeil ne venait pas. Morphée les avait oublié tous les deux. Le détective se trémoussait dans son fauteuil, tentant de trouver une position confortable lui permettant de soulager son que John fixait le vide, arborant un visage d'effrois. Il faut dire, que ces trois derniers jours ne furent pas de tout repos pour eux. Mycroft les avait contacté, à sa manière bien entendu, et les deux colocataires se retrouvèrent une fois de plus à Buckingham Palace. Le ton était donné, la Reine Elizabeth II en personne. Sherlock su comprendre l'état émotionnel de sa Reine, sans même qu'elle n'ait eu à ouvrir la bouche. C'est à ce moment précis qu'il su que l'heure était grave. Pas seulement pour les français, mais pour les anglais également, il en allait de la sécurité nationale. Une attaque allait sans doute avoir lieu, il fallait éviter le pire, et si elle n'avait pas foi en les renseignement, que ce soit Service Secret ou MI6, la Souveraine croyait en Sherlock Holmes.

Ce furent trois jours de traque. Le logicien avait expliqué sa stratégie à John, qui l'eut compris immédiatement. «Ses rats» comme il les appelle. Même méthode que pour coincer Moran. Il espérait néanmoins que cela aille beaucoup plus vite. Mycroft souhaitait être le premier informé, mais le cadet avait oublié cette demande.

Il avait embarqué John à Wimbledon, non loin de Collins Wood Station, dans un hôtel, où il avait des soupçons quant au séjour de trois hommes. Ils n'étaient pas fous, ils n'allaient pas se baser au cœur de la capitale britannique. Sherlock ne connaissait pas leurs noms, il n'avait que des photos. Il les montra au personnel de l'hôtel, qui dans un premier temps, ne semblait pas très coopératifs.

«Dîtes-moi, où ils se trouvent?! Quelle chambre?! Cria Sherlock.

- Je suis désolé monsieur, mais je n'ai pas le droit de vous divulguer cette information, c'est dans les règles.

- Oh je vois... dit-il en plissant les yeux, analysant le réceptionniste. Et que direz-vous à vos enfants et votre ex-femme ainsi que votre très chère mère lorsque ces personnes auront tué des centaines de personnes à Wembley ce soir?! S'emporta-t-il.

- 311, chambre 311, balbutia-t-il.»

Sherlock et John s'empressèrent alors de monter au troisième étage. Il n'y avait pas de temps à perdre. Seulement, il y avait un problème, même plusieurs, d'une important fondamentale: que faire une fois devant leur porte? Armés d'un simple Browning? Tous les deux allaient se faire tuer. Sherlock envoya à la vitesse de l'éclair un texto à son aîné.

« Ibis Hotel, Wimbledon.

Collins Wood Station.

C311

Sur place.»

Et il avait bien fait, puisqu'ils se retrouvèrent nez à nez avec l'un d'eux. Ils firent comme si de rien n'était. Le détective analysa une fois de plus son adversaire, et en déduis qu'il n'était, ni armé, ni bourré d'explosifs. Il avait vérifié trois fois avant de le coincer dans la cage d'escalier, suivit de John le menaçant avec son arme. Ce que le détective n'avait pas calculé, c'était le couteau que ce terroriste avait sur lui, et il ne se fit pas prié pour l'utiliser, poignardant le logicien dans le dos, à deux reprises. Sherlock tant bien que mal tenta de contenir sa douleur, suppliant John de ne pas tirer, afin d'éviter l'émeute et leur présence dans l'hôtel.

John plongea son regard plein de haine à présent dans ceux de son ami, la pression et la colère d'une puissance rare chez lui, monta d'un cran. Il rangea son arme, dans un sang froid et un calme sans précédent. Il débarrassa Sherlock de son adversaire, d'une seule frappe.

«Voilà, comment briser une nuque. Écoute bien l'ami, on attaque les nerfs diaphragmatiques, la colonne vertébrale se brise, provoquant une paralysie respiratoire, puisque la moelle épinière est touchée, conclusion, la mort par asphyxie.»

Ses mouvements furent rapides, brefs et d'une extrême violence. Mais quoi de plus rassurant que d'entendre la seule voix de son compagnon de toujours.

«Tu peux être effrayant parfois, John.

- Souviens-toi bien que je peux te briser les os en les nommant.

- Je ne l'oublierais pas. Tiens, voilà Mycroft.»

En effet, les équipes d'intervention anti-terroristes venaient d'arriver. On demanda aux deux hommes de quitter le bâtiment. Mycroft les attendait en bas. Sherlock tentait vainement de se tenir droit, mais l'aîné des Holmes connaissait son petit frère comme sa poche. Il l'envoya immédiatement à l'hôpital, sans les râles de contestations de son cadet.

C'est ainsi qu'ils se retrouvèrent dans leurs fauteuils respectifs. Le regard dans le vide pour l'un, plongé dans son Mind Palace à faire du tri pour l'autre. Ce fut une dure journée pour deux hommes qui auraient peut-être préféré une enquête de niveau 5. Le son de la télévision était coupé, les bruits de la rue ne se faisaient plus entendre. De temps en temps des phares d'un cab faisant demi tour se faisaient voir dans l'appartement. Rien d'autre. Si ce n'est l'imperturbable Madame Hudson, qui débarqua dans le salon, pleine de bonnes intentions comme à son habitude.

«Vous voulez du thé et des biscuits les garçons?

- Oui, dirent-ils en cœur, s'il vous plaît, rajouta John.

- Je vous rapporte tout ça, dit-elle en descendant les escaliers.

- Tu sais ce qui n'arrangerait rien? Dit John.

- Non, mais je te soupçonne de te trahir incessamment sous peu.

- Qu'elle me voit en train de te changer tes pansements, rit-il doucement.

- Il n'y a pas de mal à cela, mais c'est Madame Hudson après tout! Dit Sherlock en souriant.»