Épilogue


Sansa se retourna, surprise, les yeux écarquillés. Il n'était pas impossible qu'elle se soit trompée – même s'il était fort peu probable que cela soit le cas. Une stature pareille et une démarche aussi lourde ne pouvait s'oublier.

Sandor ne l'avait pas appelée, ni contactée, lorsqu'il était sorti de prison – d'après ses calculs, cela faisait plus d'un an qu'il devait être sorti. Ça l'avait un peu attristée. Même si elle n'avait plus l'intention de reprendre une quelconque histoire romantique avec lui, il occupait toujours une place dans son cœur. Elle s'était dit que peut-être il avait quitté la ville – Braavos peut-être – et avait voulu coupé les ponts avec tout ce qui le rattachait à son ancienne vie. Elle n'avait pas voulu se montrer invasive – c'était injuste et déplacé – et avait relégué Sandor au rang de souvenirs.

Mais peut-être s'était-elle méprise.

Elle se trouvait dans un des nombreux centres commerciaux de la ville où elle effectuait quelques courses pour le dîner – elle avait emménagé avec Margaery dans un nouvel appartement quelques mois plus tôt – et s'était arrêtée devant un rayon, comme obnubilée par l'imposante silhouette en face d'elle.

Elle n'osait s'approcher pour vérifier que derrière l'importante tignasse qui cachait le visage de cette personne se trouvait Sandor.

Elle ne put plus reculer quand Sandor se retourna et l'aperçue. Il se figea un moment, avant de s'avancer vers elle.

Sansa se tenait seule au milieu de l'allée centrale – Margaery l'ayant laissée pour un autre rayon du magasin.

Ils se tinrent face à face sans rien dire pendant un moment, puis le silence étant trop lourd ils dirent en même temps :

« J'aurais dû t'appeler quand tu es sorti.

- Je suis désolé de t'avoir envoyée chier. »

Sansa sourit. Sandor n'avait perdu ni sa carrure, ni son langage fleuri. Il reprit :

« Je pensais que c'était mieux pour toi. J'aurais peut-être dû te demander ton avis ou au moins te parler autrement.

- Ce n'est pas grave. J'ai été triste, mais je ne t'en ai pas voulu. Je crois que j'ai rapidement compris. Pourquoi tu n'as pas contactée quand tu es sorti ? J'ai pensé que tu avais quitté Westeros et que … c'était peut-être ça.

- J'y ai pensé au début, puis j'ai appris que tu avais quelqu'un. Je me suis dit que c'était peut-être bizarre que je débarque comme ça. T'avais sans doute autre chose à faire que t'occuper de mes histoires et j'avais des affaires à régler.

- J'aurais quand même aimé avoir de tes nouvelles, confia Sansa. Tu vis toujours ici ?

- T'avais pas tout à fait tort quand tu pensais que j'avais quitté Westeros. Je me suis installé dans une campagne pas trop loin – Dorne, tu connais ? C'est plus tranquille et les gens m'y connaissent un peu moins là-bas.

- Tu as pu retrouver du travail ?

- Ouais. C'est toujours de la sécurité, mais plus pour les personnes. Seulement pour les bâtiments. Ça paye pas aussi bien que les Lannister, mais ça m'attire moins d'emmerdes.

- Je suis contente de savoir que tu vas bien.

- T'inquiète pas petit oiseau, je trouve toujours moyen de m'en sortir. Et puis, faut dire que ça m'a rassuré quand j'ai su que t'avais trouvé quelqu'un de bien. »

Sandor lui parut sincère et Sansa, à défaut de le serrer dans ses bras – pour ne pas s'étaler en public –, s'avança et prit sa main dans la sienne.

« Merci, pour ce que tu as fait. Ça a été important pour moi. Je n'oublierai pas.

- C'était normal. »

Quelques secondes plus tard, Margaery fit son apparition aux côtés de Sansa qui sentit un bras entourer ses hanches. Sandor prit automatiquement ses distances.

Il salua Margaery qui prit rapidement de ses nouvelles – avec l'air enjoué que Sansa lui connaissait – et il les quitta.

Reprenant le fil de leurs courses, Margaery dut sans doute remarquer que cette rencontre inattendue avait légèrement ébranlée Sansa – qui se faisait volontairement muette. Elle lui glissa discrètement entre deux boîtes de conserve :

« Tu sais, ça m'est parfaitement égal si tu le revois. Je sais à quel point il a compté pour toi. Je ne serais pas jalouse.

- Je sais que tu ne le seras pas. Ce n'est pas ça …

- Tu t'en veux encore ? Tu crois que ce qui lui est arrivé est de ta faute ? »

Sansa se contenta d'un hochement de tête.

Margaery la retint, ses deux mains placées consciencieusement de chaque côté de son visage.

Elle la fixa de ses yeux chaleureux, mais il y avait une puissance dans son regard qui l'empêcha de se défiler.

Sansa devait rester forte et digne. Elle savait pertinemment que rien n'était de sa faute, qu'elle ne pouvait se blâmer pour quelque chose qu'elle n'avait pas contrôlé.

« Sansa, écoute-moi. Tu n'as rien fait, lui dit Margaery d'une voix sûre et convaincante. Les actes de Joffrey étaient les siens et les siens seuls. Les actes de Sandor étaient les siens également. Tu ne les as jamais encouragés à faire quoi que ce soit.

- Je sais … mais parfois, c'est plus fort que moi. Je me sens toujours concernée. Tu ne peux pas m'en vouloir.

- Je ne t'en veux pas, non. Tu sais que c'est pour ça que je t'aime. »

La remarque fit glousser Sansa qui déposa un baiser, doux et léger, sur les lèvres de sa petite-amie.

Elles finirent leurs achats, rentrèrent chez elles et la vie de Sansa reprit son cours normal. Elle avait passé tant de temps à laisser derrière elle les moments les plus sombres de ses années de lycée, à déchiffrer les bons des mauvais sentiments. Elle avait vu qu'elle qui n'avait autrefois cru qu'en une forme de beauté avait pu en distinguer d'autres – et apercevoir la laideur que certaines cachaient. Après tout ce chemin parcouru, elle ne pouvait plus faire marche arrière.

Elle n'oublierait pas Sandor – elle n'avait jamais pu se séparer de son briquet et de tous ces petits souvenirs qu'elle avait conservé de lui, mais lorsqu'elle les regarderait désormais, il n'y aurait plus de tristesse – et peut-être qu'elle le recontacterait, mais ce qui était sûre c'est que pour rien au monde elle ne pourrait abandonner son présent.

La voix de Margaery tonna jusque dans leur chambre où Sansa passait ses doigts sur le briquet et la boîte de cigarettes de son ancien petit-ami. Elle les rangea soigneusement sous une pile d'affaires – derrière des livres et des dessins, de vieux carnets qu'elle gardait en souvenir de son adolescence. Elle avait dit adieu à sa vie de petite fille pour devenir une femme en choisissant de faire sa vie avec Margaery.

Elle sut qu'elle avait fait le bon choix lorsque Margaery lui tendit un verre de vin ainsi qu'un script qu'elle aidait sa petite-amie à travailler. Elle lui retourna un sourire, le premier dénoué de toute mélancolie depuis des années.


Encore merci aux lecteurs et à ceux qui ont suivi de près ou de loin cette fiction que j'ai adoré écrire. J'ai tellement apprécié que je prépare déjà d'autres Modern!AU avec les personnages de GOT. J'ai commencé à écrire un Jon/Ygritte ( il y aura aussi Sam et mestre Aemon ) dans lequel Jon est un lycéen/musicien à la recherche de la véritable identité de sa mère. J'aimerais aussi écrire un Theon/Robb ( qui a déjà fait quelques apparitions dans cette fiction ) dans lequel Theon tente de renouer avec sa famille, mais il fait malheureusement quelques mauvaises rencontres, dont celle avec Ramsay. Et puis, et puis ... pour le reste, on verra ! Peut-être un Gendry/Arya ou un autre Sandor/Sansa ... à voir ! :) vous pouvez suivre mon profil régulièrement pour voir les projets qui y apparaissent ou m'envoyer un mail, j'y répondrai. En attendant, continuez à lire et à rêver.